06/07/2010

Le chat s'est effacé ce matin, en silence il s'est éteint !

Minet s'est éteint ce matin,

Comme une âme de peau de chagrin,

Son blog malin n'y survivra,

Sous un autre nom il revivra,

Car demain c'est l'infini,

Et sûrement mieux qu'aujourd'hui,

* * *

Minet s'est éteint ce matin,

Sans jamais se retourner sur demain,

Ses écrits on les relira,

Ses mots on se souviendra,

Car fuir n'est pas sa répartie,

Sur ses pas il est reparti,

* * *

Minet s'est éteint ce matin,

Heureusement il est arrivé à ses fins,

La liberté il retrouvera,

Sous un autre site il l'ouvrira,

Car ceux qui croyaient qu'il était fini,

Devront encore patienter quelques nuits.

* * *

Le chat n'est pas mort ce matin,

Sous Walter SCHLECHTEN, Minet libre-penseur est son destin,

En deux blogs il n'en a plus qu'un,

En deux mots il n'en devient quelqu'un,

Et n'en déplaise à certains,

Il demeure ainsi le plus serein.

Minet.

 

"Un grand merci aux nombreux lecteurs qui m'ont suivi, un grand merci à mes détracteurs qui m'ont nourri."

 

 

14/06/2010

Réorganisation de la désorganisation, le bout du tunnel, enfin ... !?

Le 16 décembre 2009, les syndicats de police et le Conseil d'Etat signaient un protocole d'accord traitant de la réorganisation de la police voulue par le prédécesseur de Mme Isabel Rochat. Divers éléments entraient immédiatement en action, comme la suppression de l'OS Spoerri ou la mise en application d'une grille salariale lissée, la fiscalisation des inconvénients de service ou la valorisation de la classe d'engagement.

Ce document précisait que les partis devaient s'efforcer de parvenir à des accords, au 1er janvier 2010 sur la mise en place d'un nouvel horaire, au 31 janvier 2010 sur un nouveau système forfaitaire de débours, au 31 mars 2010 sur le paiement des heures supplémentaires accumulées au 31 décembre 2009.

Ce lundi, un accord verbal de principe est enfin intervenu entre les représentants du personnel et la délégation du Conseil d'Etat, six mois après la signature dudit protocole, hors des délais préconisés.

Sachant que de nouveaux horaires ont été mis en place au 1er juin, sachant que la problématique des débours trouve enfin un épilogue, sachant que la liquidation financière des heures supplémentaires accumulées pourrait être achevée sous peu, l'on peut dire que nous sortons enfin d'un tunnel dans lequel les syndicats de police ont respecté leurs engagements.

En effet, ils ont été plus que participatifs lors de ces négociations, tout en faisant fi des échéances non respectées sur le protocole d'accord, en s'abstenant surtout d'engager des mesures de lutte tant que les négociations étaient en cours, si longues fussent-elles.

Le Conseil d'Etat tient là une occasion unique de terminer cette symphonie qui se devait d'être inachevée lors de son écriture initiale.

Le Parlement tient là une chance d'offrir toute la transparence exigée par la Cour des Comptes lors de son audit.

  • Reste au Conseil d'Etat de trouver la solution équitable pour le pont-retraite que le Parlement s'est engagé à produire suite à la modification de l'âge de la retraite, et que nos députés se devront de soutenir, par respect pour ses employés d'autorité.
  • Reste que la véritable réorganisation de la police doit encore se dérouler durant les mois à venir, opérationnellement parlant, dans sa gestion, dans ses valeurs, dans ses fonctions et ses rapports avec les partenaires liés à la sécurité.
  • Reste le projet Phenix, pour lequel les associations représentatives du personnel ne sont pas conviées, ce qui est probablement une première erreur, qui a été placé sur les rails par Madame la Présidente du département. 
  • Reste que Champ-Dollon demeure une poudrière et que les solutions préconisées ne sont pas en adéquation avec le facteur temps, avec le facteur risque de la situation.
  • Reste que le plan de carrière des policiers et des gardiens de prison a été brisé par l'application du système salarial étatique de promotion qui se veut insignifiant et si peu valorisant.
  • Reste que les conditions d'entrée à l'école de police, revues et non corrigées à ce jour, ne sont pas garantes de l'arrivée de nouveaux collaborateurs au profil suffisant pour nos professions en pleine mutation.

Reste que la réorganisation de la désorganisation n'est pas terminée.

Camaraderie - Mutualité

 

 

 

29/05/2010

Prévention et Caves Ouvertes ; ne gâchez rien, ni le vin, ni la vie !

En ce samedi ensoleillé, ce week-end s'annonce reposant et revivifiant, même si pour certains il sera spécialement goûteux lors des Caves Ouvertes.

De Soral à Anières, de Dardagny à Céligny, ces rencontres se veulent arrosées, commerciales, amicales car elles sont aussi un moment de partage, d'échange, de convivialité, de rires, d'allégresse, de retrouvailles, dans l'ivresse du bonheur partagé. De beaux instants qui nous laisseront des souvenirs joyeux ou une migraine ennuyeuse.

Afin de ne pas gâcher ces gouttes de bonheur, du contenu des verres au sang qui coule en nos veines, n'oublions pas qu'après l'étourdissement de la fête il nous faudra rentrer chez nous, sans incident, sans accident.

Pour ne pas gâcher cette fête, ayons le bon goût de prendre un Capitaine d'épique ce jour, celui qui conduit ne boit pas d'alcool, il devient de garant de la vie de ses amis, mais aussi de celle des autres, de ceux qui n'ont rien demandé aujourd'hui, si ce n'est de faire une balade en vélo, en moto, en famille, sans risquer de subir un plaisir goûteux excessif qui n'était pas partagé.

Vive le vin genevois !

"Genève, le respect en soi"

 

Minet

15/05/2010

Appel du témoin, les voleurs sont là !

Ce matin je suis en congé. Je me lève et la nuit m'a enlevé les soucis syndicaux avec lesquels je m'étais endormi. Tout va bien, ce soir c'est l'anniversaire de ma mère, je vais descendre en ville pour prendre en main le cadeau commandé. Je trouve une place vers les rues Basses, un miracle, non le pont de l'ascension, comme toujours les gens quittent Genève à la première occasion.

Alors que je chemine rue de la Croix-d'Or, mon attention est détournée par des vociférations. De l'autre côté de la rue, trois femmes et une dizaine d'hommes sont regroupés, deux d'entre eux s'insultent dans une langue étrangère. Ils attirent l'oeil, les passants se détournent. En trois secondes j'analyse ces gens visiblement sans grand argent, à leurs vêtements, origine, comportement, attitude en rue. Pour moi se sont des voleurs à la tire, ils sont d'ailleurs déjà par groupe de trois et scrutent les gens, cherchent visiblement une proie. Ils préparent leur journée de travail, dans les rues Basses en plus, haut lieu des vols à la tire.

En congé, pas de délit, l'intention n'étant pas punissable, je poursuis ma route. Mes collègues travaillent et feront, comme tous les samedis, leur possible pour lutter contre cette délinquance de rue. Arrivé devant l'UBS, une mendiante, une de plus. Je l'ignore, comme tous les clients qui partent du bancomat.

De retour sur mes pas, après un arrêt café, je devine devant chez Martel un homme qui fait le guet. Il est le long des voies de tram et scrute de gauche à droite l'arrivée éventuelle de la police. Je le reconnais, il était dans mes premiers suspects. Mes voleurs se sont mis en oeuvre.

Mais là surprise, une dizaine de mètres plus loin un groupe, avec un homme qui à la criée gère cet attroupement. Ciel je me suis trompé, une terrible erreur, ces gens ne sont pas des voleurs à la tire, mais des joueurs de bonneteau. Un léger remord me prend, mais il ne dure qu'une seconde. Un pigeon est déjà là, l'oeil qui brille, avide de gagner de l'argent facile. Une des trois femmes est une fausse joueuse, tout comme deux hommes, un jeune et un vieux. La partie se déroule, je regarde, j'ai envie de traverser la rue pour prévenir ce client qu'il va se faire avoir, que c'est une arnaque, un jeux d'astuce truqué par la manipulation, et que s'il se rebiffe pour récupérer sa mise perdue, trois où quatre costauds vont immédiatement l'intimider, voir le menacer. Le client, s'arrête de jouer, pas convaincu. Il vient de sauver 20 ou 50 francs de sa poche, c'est bien.

Je poursuis ma route, et constate la présence d'un deuxième groupe de joueurs, puis un troisième. La quinzaine de suspects que j'avais mouché sont donc là, en place, trois guetteurs, trois crieurs et les autres qui jouent les clients heureux. Des badauds vont se faire détrousser cet après midi, c'est moche, mais ils vont aussi choisir de jouer, et de perdre surtout. Mes souvenirs d'enfance remontent, vacances en Italie, l'huile d'olive et le soleil, mais aussi les arrêts sur les parkings des restoroutes, les Pavési, et les fameux joueurs. Les touristes suisses étaient mis en garde à l'époque avant de partir, ne jouez pas vous allez vous faire plumer.

Là, c'est dans nos rues que les pigeons se font attraper. Je me dis que Figaro va passer par là sous peu, je me dis que les collègues de Rive vont immanquablement passer dans les rues Basses un samedi, je me dis que que je suis en congé et que je ne vais pas me faire casser la figure pour ça, donc je passe mon chemin. Je me dis encore que je pourrais les signaler à la Cecal, mais que des commerçants ont probablement déjà fait cette démarche, ils supportent souvent les musiciens, mais ils n'aiment pas les mendiants, ils n'aiment pas les joueurs de bonneteau non plus.

Au volant de mon véhicule, je rentre pour préparer cet anniversaire, mais cet incident me travaille et le présent texte prend déjà forme. Que faire pour que la population et les touristes ne se fassent pas avoir par ces voleurs agiles où l'astuce et le jeux ne sont pas vraiment des armes dangereuses, si ce n'est pour nos porte-monnaie.

La police ne peut plus tout faire. Un samedi, en ville, les voleurs à l'étalage et à la tire sont les principaux clients, avec nos petits vendeurs de drogue, et nos automobilistes mal parqués qui gênent souvent les TPG, quand ce n'est pas une manif. A un certain moment, il faut que la population se responsabilise. Si elle ne veut plus de mendiant, elle doit cesser de donner de l'argent à ces gens. Si elle ne veut plus se faire voler par des gens astucieux, elle ne doit plus jouer au bonneteau. Si elle ne veut plus se faire voler son porte-monnaie, elle ne doit plus laisser un sac à main sans surveillance ou ouvert.

N'oublions jamais que pour de nombreux délits, c'est l'opportunité qui crée celui-ci. N'offrons plus ces opportunités, l'amélioration de la situation à Genève passe aussi par une modification des comportements des citoyens de cette ville. Au fait, vous avez joué à l'Euromillion hier soir, moi oui, et j'ai perdu !  

Minet !

 

06/05/2010

Les polices se marchent sur les pieds (Le Temps, Yves Petignat), ou quel avenir pour les polices cantonales ?

"Avec l'accord Schengen le rôle des gardes-frontières prend toujours plus d'importance."

Selon un article du journal Le Temps, depuis l'entrée de la Suisse dans l'espace Schengen, en décembre 2008, et la suppression du contrôle automatique aux frontières, on croise les voitures de patrouille bleues des gardes-frontière jusqu'au cœur de la Suisse.

Dans plusieurs cantons, ces agents peuvent verbaliser des conducteurs en infraction, procéder à des arrestations de suspects en vue d'une remise à la police. Faut-il craindre la réapparition insidieuse d'une "police fédérale de sécurité" ?

Cet article, succinctement résumé ci-dessus, a le mérite de poser la bonne question dans un contexte trouble sur les missions et les tâches de l'armée, en regard des polices cantonales.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e67184e6-5885-11df-b657-eeefaea2bba8/Les_polices_se_marchent_sur_les_pieds

Ce que l'on constate immédiatement, ce sont deux choses : 

  • La recherche de la détention du pouvoir d'autorité et des tâches de police est de plus en plus disputée, soit par des privés, soit par la grande muette qui cherche encore sa place nouvelle dans une société en perpétuelle démilitarisation . A travers cette course, il y a des intérêts financiers pour les privés, avec un marché qui, s'il s'ouvrait, offrirait de belles opportunités. Pour d'autres, qui nous regardent de la Berne fédérale, la recherche de la détention du pouvoir, de l'autorité et du contrôle policier du pays ne sont probablement que des aspirations qui doivent servir des ambitions personnelles ou corporatistes.   
  • L'obtention de ces pouvoirs d'autorité et de police ne sont que le dessin d'un brouillon sur la main mise sécuritaire de armée sur les cantons, pourtant souverains sur leur territoire, et qui ne cherche qu'une chose, éviter le démantèlement d'un corps armé qui ne peut pas se permettre de rester sur le bord de la route à travers la réorganisation d'une profession qui ne devra jamais perdre sa légitimité, accords de Schengen ou pas.

A Genève, nous retrouvons ce schéma, avec des privés omniprésents, l'émergence de polices municipales, la gourmandise d'une police de la sécurité internationale et des gardes-frontière rattachés à la spécificité géographique de notre canton.

  1. Les privés sont en attente, la délégation de tâches de police représenterait une manne financière importante sur le marché saturé de la sécurité privée.
  2. La police municipale était statutairement insuffisamment implantée dans le paysage genevois, ceci a été corrigé législativement, mais l'appétit de certains élus communaux pourrait porter atteinte à cette police de proximité qui serait alors prioritairement engagée dans du maintien de l'ordre et des tâches de police judiciaire pour lesquelles ces agents ne disposent pas de toutes les prérogatives administratives et légales.
  3. La PSI n'a été qu'un projet policier embryonnaire, car avoir créé une police dans la police a été une grande erreur lors de l'instauration de cette entité. Des choix politiques, voire hiérarchiques, qu'il faut assumer aujourd'hui alors que les agents de ce corps aspirent encore aux promesses non tenues, car trop liées au démantèlement du cahier des charges de ce corps pourtant rattaché à des missions et des fonctions spécifiques.
  4. Le corps des gardes-frontière (Cgfr) s'est éloigné des frontières tout en restant encore sur les axes qui mènent à celles-ci, une présence heureuse pour une mission que la police cantonale ne peut plus assurer pleinement dans une région atypique géographiquement. Par contre, la délégation complète que quelques tâches aux employés fédéraux n'a pas résolu le principal problème lié à la finalité de leurs interventions, soit des remises police.

Car sur ce sujet, le véritable débat doit se situer à ce niveau. En parlant des privés, des polices municipales, des agents de la PSI, du Cgfr,  il demeure un mode de fonctionnement qui n'est déjà pas en adéquation avec les disponibilités de la police cantonale, les remises police.

Depuis des années nous travaillons ainsi, alors que tous les acteurs de la réorganisation de la police cantonale veulent lutter contre la montée des tâches administratives, alors que les policiers doivent retrouver le terrain perdu, alors que le nouveau code de procédure pénal arrive à grand pas, avec des contraintes légales et d'investigations encore plus grandes limitées par le facteur temps, il n'est pas possible d'envisager l'avenir ainsi. La police judiciaire et la gendarmerie ne doivent pas devenir les rédacteurs d'actes de police que d'autres ne peuvent pas assumer, assurer.

Nous demandons depuis des mois une redistribution des cahiers des charges de chaque entité, à travers la mission accomplie et la tâche qui en résulte, afin d'éviter des remises police, des doublons, afin aussi d'optimiser le capital humain disponible, pour que cesse cet engrenage administratif et législatif qui vient nuire au bon fonctionnement de nos institutions, et par là même à la sécurité publique de notre population.

Il y a la police, il y a le métier de policier, il y a des professions liées à la sécurité, il y a des fonctions rattachées à la sécurité, il y a des organisations ou des associations attentives à la sécurité, il y a des choix à faire afin que nous disposions enfin d'une vision claire du paysage sécuritaire que veulent nos élus, qu'attendent nos policiers, que réclament indirectement notre population et qui devront aussi répondre aux attentes de nos partenaires, pour ne plus se marcher sur les pieds, et visiblement ce problème est national.

                                                                                                                                                     Minet

Complément d'information tombé après la rédaction de ce mot, comme quoi ;

http://www.tdg.ch/actu/suisse/armee-maurer-ne-faire-guerr...

03/05/2010

Les premiers pas du Président de l'UPCP dans le train de la Réorganisation.

Depuis le 27 avril 2010, vers 2100, l'Union du Personnel du Corps de Police a un nouveau Président.

Christian Antonietti, puisqu'il s'agit de lui dont je vais vous parler, est monté ce soir là dans le wagon de tête d'un train en marche. Ce voyageur de l'esprit, qui aime les mots pour leur force, leur pouvoir mais aussi leur pragmatisme, n'aura que peu d'arrêt en gare pour se dégourdir les jambes et découvrir le monde, car les sujets sont là, en attente, ses sujets aussi.

Il lui faudra terminer des débats sur une réorganisation de la police qui n'a pas encore abouti. En passant par les paysages de nos horaires, de nos débours, de nos heures supplémentaires et de la retraite, il lui faudra espérer qu'un chef de gare saura l'attendre sur chaque quai le moment venu afin d'aiguiller ce grand train de mesures sur les bons rails.

Heureusement, notre serviteur n'est pas seul et nul doute qu'il trouvera dans ce convoi un Comité soudé, qui lui a commencé ce long voyage il y a plusieurs années, non pas pour traverser l'Orient en Express, mais bien pour retrouver le Nord d'une société qui perd la boussole en se désorganisant à ses pôles.  

De gare en gare, tous ensemble nous avancerons à la rencontre de nos élus à l'arrêt "Hôtel-de-Ville", des journalistes à l'arrêt "Café de la Presse", de nos hiérarchies à l'arrêt "Dussaud-Gravière", de quelques technocrates à l'arrêt "Hôtel-des-Finances" et de nos membres et amis à l'arrêt "Rue de l'Avenir", en plein centre de Figaro, comme si le sifflement de ce train allait pouvoir se mélanger harmonieusement avec les eaux vives ruisselantes qui finissent toutes dans ce grand lac, qui lui restera perpétuellement le reflet de notre ville la nuit et notre miroir de jour au petit matin. 

Minet.

 

 

 

 

 

26/04/2010

Walter SCHLECHTEN, dernier jour de présidence ou "si c'est mon dernier mot, je veux qu'il soit celui-ci"

Le 2 décembre 2008,le blog de Minet arrivait sur la toile. Walter SCHLECHTEN n'a qu'un but en lançant ce blog, défendre sa profession et ses membres à travers un outil de communication moderne et rapide.

Depuis, bien des mots sur ces écrits ont fait couler beaucoup d'encre, avec plus d'un millier de commentaires. Aujourd'hui, 95 notes plus tard, la question du maintien de ce blog se pose. La réponse va dépendre du futur président de l'UPCP, de son comité et de la place que votre serviteur tiendra dans celui-ci. De plus, la mise en route prochainement du nouveau site de notre association nous offrira aussi la possibilité d'y entretenir un blog indépendant.

Dans le doute, et avant d'éventuellement vous quitter, Minet s'est retourné sur ces mois d'écriture, et c'est avec douleur, regret, mais aussi force et volonté qu'il se me rend compte que les propos tenus lors de son premier mot, intitulé "Cris du coeur", restent d'une brûlante actualité. Pour cette raison, car si telle devait être la conclusion de ce blog, je désire vous faire partager une nouvelle fois ce texte qui avait déjà touché le plus grand nombre et qui n'a pas pris une ride. 

Minet.

"Cris du Coeur"

02.12.2008 - 27.04.2010

Avez-vous déjà :

Fait du bouche-à-bouche à un bébé de 4 mois venant de se noyer qui est mort dans vos bras 

Fait du bouche-à-nez à un drogué en overdose en attendant l’ambulance, pour lui sauver la vie

Eté piqué par une aiguille d’une seringue d’un drogué

Annoncé le décès d’un bon père de famille de 44 ans à ses enfants

Ramassé un morceau d’un corps d’un motard sur le lieu d’un accident

Ouvert un appartement avec un cadavre en décomposition depuis 6 semaines

 

Avez-vous déjà :

Tenu dans vos bras une jeune fille de 15 ans venant de se faire violer

Eu un ligament sectionné à 85 % en brisant une vitre pour sauver une femme mourante

Braqué un homme, un être humain, avec une arme a feu

Eté braqué par une arme à feu, ou menacé d’un couteau

Reçu des pavés et des cocktails Molotov sur la gueule

Travaillé 43 heures de suite pour 7 arrestations

 

Avez-vous déjà :

Reçu des menaces de mort dans le cadre de votre travail

Eté blessé en vous battant avec un voleur, un agresseur, un drogué, une crevure

Fait rapidement le test du VIH suite à une de vos interventions professionnelles

Reçu un cracha au visage d’un drogué ayant le Sida

Annulé vos vacances pour le boulot

Quitté votre famille un dimanche pour retourner bosser sur alarme

 

Avez-vous déjà :

Perdu vos amis à cause de votre métier

Achevé un animal blessé sur la route

Pénétré dans un appartement en feu pour tenter d’y sauver une vie

Avez-vous déjà pleuré en rentrant du travail dans les bras de votre femme, car vous veniez de vivre un événement humain insupportable.

Moi OUI, car je suis flic à Genève depuis 20 ans !

Stop aux mensonges, stop à cette campagne de dénigrement des policiers.

Nous restons dignes, nous voulons simplement obtenir le respect qui est dû à notre métier.

Walter SCHLECHTEN – Président de l'UPCP.

 

18/04/2010

Nous restons en attente d'une vision d'avenir pour la police genevoise, avec l'espoir personnel d'avoir été écouté et entendu durant ces 1086 jours de présidence à la tête de l'UPCP !

1086 jours à la tête de l'Union du Personnel du Corps de Police du canton de Genève. Des centaines d'heures consacrées pour des discussions, des négociations, des écritures, des échanges médiatiques, des rencontres politiques, des entretiens hiérarchiques, des comités mutualistes, des assemblées décisives, des protocoles d'accords historiques mais au final une réorganisation de la police si peu prolifique en idées nouvelles, en actes essentiels, en améliorations attendues pour un avenir encore prénommé inconnu.

La plus grande richesse que l'UPCP a pu offrir durant ces dix dernières années au monde politique et hiérarchique, c'est celle d'avoir été perpétuellement participative pour veiller à l'évolution d'une police qui se heurte à une société pourtant à la dérive, avec l'espoir d'apporter des solutions issues de réflexions qui ont pris corps à la base de la police, proches du terrain et des véritables problèmes rencontrés.

Nous n'avons pas toujours raison, c'est certains, nous avons pu nous tromper, c'est probable, mais nous ne disposions bien souvent pas de tous les éléments pour nous prononcer avec exactitude, qu'ils soient économiques, politiques ou autres. Ce qui demeure une certitude, c'est que nous n'avons jamais voulu tromper l'autre, notre volonté de crédibilité ayant été notre leitmotiv afin de convaincre nos interlocuteurs.

C'est donc la tête haute que nous continuerons notre mission représentative des personnels de police, avec cette doctrine d'honneur qui passe par le respect, la droiture, la vérité et la liberté d'expression, ultime moteur pour faire progresser les débats, nourrir les échanges et construire la police de demain.

La police genevoise n'est pas encore entrée dans le XXIème siècle, elle va devoir le faire dans les trois ans qui arrivent si nous voulons que Genève garde la place qui est la sienne dans le monde. Mais pour cela, il nous manque une pièce essentielle à ce pas décisif, c'est une clef de voûte qui se devra de soutenir une vison d'avenir attendue pour notre profession, pour nos métiers, pour les conditions de travail de nos collaborateurs et surtout pour la sécurité de la population genevoise.

A l'impossible nul n'est tenu, mais là nous sommes tous tenus de faire l'impossible pour tailler cette clef de voûte !

 

 

 

 

 

 

  

25/03/2010

Schengen et la position courageuse et réaliste de Madame la Cheffe de la Police !

Hier matin sur Radio-Cité, Mme Bonfanti, Cheffe de la Police confirmait que les accords de Schengen représentent un problème lié à l'augmentation des infractions et des délits à Genève, en répondant à une question dirigée de Pascal Décaillet.

À travers sa réponse courageuse, en confirmant que Schengen n'arrange clairement pas les choses, Madame la Cheffe de la Police a mis à jour ce que nombreux pensent tout bas à la police, et sur certain banc du Parlement. Le fruit de cette réponse n'est pas issu d'une réflexion personnelle ou politique, mais bien d'une analyse professionnelle de la criminalité genevoise et des dernières statistiques. Cette analyse venait d'être confirmée par le Chef État-Major, M. SCHMUTZ qui indiquait que "cet accord n'arrange pas les choses, c'est un outil de moins dans la répression". 

Ce matin, M. Pierre Weiss, député libéral, attaquait virulemment Mme Bonfanti sur les ondes de cette même radio, déclarant que la Cheffe de la Police n'avait pas respecté son devoir de réserve. Pour cet élu, une Cheffe de la Police n'est qu'une haute fonctionnaire et n'a pas à exposé ses états d'âme.

Malheureusement pour les détracteurs de Mme Bonfanti, l'analyse professionnelle de la Cheffe de la Police correspond à une réalité, à des chiffres, à des faits, que tous les policiers genevois ont pu constater au quotidien. Ce que la troupe ne peut pas affirmer haut et fort, s'il est bien une personne qui peut, qui doit le faire, lors d'une analyse, d'un bilan, d'un exposé des causes et des effets devant une catastrophe que l'on nomme hausse de la criminalité ou insécurité, c'est la Cheffe de la Police.

À travers sa position, Mme Bonfanti n'a pas critiqué un choix ni une décision politique, soit la libre circulation des personnes dans l'UE, mais elle n'a fait qu'en tirer un bilan à travers l'analyse des conséquences de la mise en application de cet accord.

L'attaque irrespectueuse de ce député libéral ne peut pas rester sans réaction.

En comparant Mme Bonfanti au Président de la République italienne, M. COSSIGA, un spécialiste en "exlamatione" selon lui, soit    l'extériorisation de ses états d'âme, tout en insinuant que "Madame Bonfanti n'est que Cheffe de la Police, qu'elle devrait devenir la petite muette, qu'elle n'a pas les capacités de s'exprimer", ce député tient premièrement des propos irrespectueux vis-à-vis d'un Chef d'État, puis tient des propos totalement inaproptiés contre Mme la Cheffe de la Police, dans un discours qui ne sert qu'à défendre un accord dont son parti était un des plus fervents défenseurs, visiblement pour éviter d'en reconnaître les effets pervers induits.

Autres commentaires politiques durant cette même émission :    

M. Guy Mettan "Madame Bonfanti a partiellement raison" ;

M. Éric Bertinat "Schengen est nuisible, c'est très fort ce que la Cheffe de la Police a déclaré" ;

M. Roger Golay "Schengen, c'est partiellement faux de dire que cet accord nous a apporté cette criminalité, mais depuis nos frontières ont des pertes échappatoires " ;

M. Alberto Velasco "Schengen n'est pas aussi efficace que l'on nous l'avait dit, cela devient grave" ;

M. Jean-Luc Ardit "Il y a un problème concret avec Schengen" ;

M. Yvan Rochat "C'est assez surprenant ce que Mme Bonfanti a déclaré, elle aurait mieux fait de se taire".

Pour conclure, relevons que Mme Bonfanti a fait des démarches auprès de la Berne fédérale afin d'obtenir plus de moyens, requête sans réponse à ce jour.

Pour nous, la Cheffe de la Police n'a fait que tirer un bilan sur un système issu d'un choix politique, sans critiquer cette décision, mais en relevant simplement que l'ouverture des frontières et la libre circulation des personnes représentent clairement un problème pour endiguer la hausse de la criminalité.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

 

 

 

12/03/2010

Quelle police pour demain à Genève ?

Alors que le discours de Saint-Pierre a été prononcé il y a plus de cent jours, alors les le PL 10541 vient d'être amputé d'une bonne partie de son contenu, alors que les écrits restants au sujet de la réorganisation de la police se doivent d'être complétés, finalisés afin de trouver une véritable application législative et opérationnelle, un nouveau grand débat sur la police survient. L'engagement de personnes de nationalités étrangères dans le corps de police, voire d'autres fonctions d'autorité.

Notre première réflexion est de justement constater que la véritable réflexion, sur le fond et sur la forme, au sujet de la vision d'avenir que l'on veut accorder à la police genevoise n'a pas eu lieu. La réorganisation traitée ces douze derniers mois n'était qu'un placebo qui n'a servi qu'à colmater une brèche ouverte.  

Le temps est venu, au-delà des rapports Annoni ou de la Cour des comptes, qu'une véritable réflexion, analyse, recherche des sens  et des besoins se produise.  

Si des travers ont été relevés par différents audits au sujet du fonctionnement, de l'organisation ou des structures statutaires de la police, il reste un autre bilan à faire, celui des mesures mises en place récemment à travers des modifications déjà lourdes de conséquences. Avant de dessiner l'avenir, nous nous devons de relire le passé. Que constatons nous au quotidien.

- La suppression de l'obligation d'avoir servi dans une arme, à travers un service militaire accompli, a fait disparaître un sens aigu du respect de/des hiérarchies, de l'ordre, des ordres, de l'engagement pour autrui, du travail de groupe en corps constitué, pour nous diriger vers une police civile bien moins régie par des règles militaires, organisation pourtant nécessaires dans un corps comme le nôtre.

- La diminution des critères d'engagement ou d'examen, notamment cette fameuse suppression de la dictée, qui pour certains était à elle seule responsable d'un véritable problème de recrutement, nous plonge dans une problématique d'école et de formation, à savoir devoir enseigner les règles de base de la langue française, avec l'appui de cours de rattrapage, aux aspirants engagés en insuffisance flagrante de connaissances élémentaires. Des heures d'études qui viennent se greffer dans le planning déjà bien lourd de l'école de police.  

- La création de la PSI est historiquement issue d'une nécessité opérationnelle indiscutable. Le rapprochement avec la gendarmerie, à travers une fusion et/ou la création d'un seul corps en uniforme une utopie. La problématique d'une école unique, pour deux fonctions fondamentalement différentes,  mais avec au final un brevet fédéral identique et reconnu pour le métier de policier, une aberration. Les passerelles transversales attendues se doivent d'être enfin construites.  

- Les placebos proposés dans le cadre de la réorganisation de la police n'ont à ce jour en aucun cas résolu les problèmes qui nous occupaient il y a encore six mois. Les horaires, le travail de nuit, les heures supplémentaires, le piquet, l'école de police, le recrutement, les statuts des uns et des autres, la création d'une nouvelle entité d'assistant de sécurité, une appellation nouvelle pour une police municipale sans policier, voire l'organisation de la police et les tâches dévolues à chaque corps ou partenaire. Tel est le sentiment qui anime le syndicat de la gendarmerie, alors que certains dossiers avancent à reculons.

Une analyse froide qui ne fustige personne, mais qui relève un système de gestion de la cause, motivé par les circonstances, qui s'avère ne pas être opérationnel, les buts recherchés ne sont pas atteints et des effets pervers apparaissent.

Aujourd'hui, un débat sur l'engagement de personnels étrangers est activé. Ce débat n'a pas lieu de se produire, car les solutions attendues ne passent pas par là. La globalisation à travers les bases de la mondialisation des corps de polices est une vision d'avenir qui doit d'abord engendrer une véritable réflexion sur les droits humains, avant de passer aux devoirs de l'homme et à l'accomplissement de ses missions. Un droit de vote à accorder aux étrangers nous semble devoir être le premier pas de cette réflexion nouvelle.

La police genevoise n'est ni meilleure, ni pire que les autres, mais elle dispose des capacités nécessaires pour devenir plus performantes, plus en adéquation avec les besoins d'une société qui change trop vite, qui perd ses valeurs et ses repères si vite que les nouveaux jalons qui se devraient de redessiner l'avenir n'ont pas eu le temps d'être composés, proposés, déposés et appliqués, pour enfin guider la police dans un vingt et unième siècle en plein bouleversement.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP