27/06/2010

Grandes conférences ou quand la violence s'invite !

Juin 2010 - G20 à Toronto :

«Nous n'avions jamais vu un tel niveau de criminalité gratuite, de vandalisme et de destruction dans nos rues», a dit le chef de la police de Toronto Bill Blair lors d'une conférence de presse

Juillet 2009 - G8 à Aquila :

«Parti de Paganica, près de L'Aquila, où se trouve un grand camp de tentes pour les réfugiés, le cortège qui a parcouru sept kilomètres a rejoint l'une des entrées de la ville, bien loin de la "zone rouge" décrétée par les autorités autour de la caserne qui accueille le G8. La tension était forte entre forces de l'ordre et manifestants qui ont mis deux heures et demie sous un soleil de plomb pour parcourir ce trajet, encadrés par de nombreux policiers»

Avril 2009 - OTAN à Strasbourg :

«Très vite, les organisateurs du défilé pacifique ont été débordés par le «Black Block» et ont dû écourter sensiblement leur démonstration. Désormais seuls en lice, les casseurs ont saccagé la cité Port du Rhin, un quartier de Strasbourg considéré comme défavorisé. Les «Blackblockeurs» ont mis le feu à un poste de douane, puis à l’Hôtel Ibis et enfin à l’Office du tourisme, où se trouve une pharmacie qui est entièrement détruite. Les portes d’une chapelle orthodoxe ont été pulvérisées, de même que des commerces»

Juin 2007 - G8 à Rostock :

«Les associations impliquées dans l'organisation du contre-sommet, ainsi que les forces de l'ordre, ont fait un récit similaire de la manière dont se sont déroulées les émeutes, qui ont fait des centaines de blessés parmi la police et les manifestants - une cinquantaine de personnes au total ont été hospitalisées-, et se sont soldées par 128 interpellations»

Juillet 2005 - G8 à Gleneagles :

«A deux jours du sommet du G8 à Gleneagles, les manifestants hier soir n’ont pas baissé les armes face à la police anti-émeute. Une trentaine d’anarchistes ont violemment repoussé les policiers, s’en sont suivi 90 arrestations et une vingtaine de blessés»

Juin 2003 - G8 à Evian :

«Plus jamais ça! Traumatisés par le G8, les commerçants genevois ne veulent plus revivre des journées d’émeutes comme ils en ont connu en juin 2003. Plus de cinq ans après le grand raout altermondialiste, ils n’ont pas oublié les boutiques des Rues-Basses pillées et incendiées. Il y avait alors eu pour plusieurs millions de francs de dégâts»

Juillet 2001 - G8 à Gênes :

«Au terme de trois jours d'émeutes et de répression, le bilan est de 1 mort, 600 blessés du côté des manifestants, près de 200 voitures brûlées, des dizaines de banques, de stations essences, d'agences immobilières et autres symboles du capitalisme explosés»

03/05/2010

Les premiers pas du Président de l'UPCP dans le train de la Réorganisation.

Depuis le 27 avril 2010, vers 2100, l'Union du Personnel du Corps de Police a un nouveau Président.

Christian Antonietti, puisqu'il s'agit de lui dont je vais vous parler, est monté ce soir là dans le wagon de tête d'un train en marche. Ce voyageur de l'esprit, qui aime les mots pour leur force, leur pouvoir mais aussi leur pragmatisme, n'aura que peu d'arrêt en gare pour se dégourdir les jambes et découvrir le monde, car les sujets sont là, en attente, ses sujets aussi.

Il lui faudra terminer des débats sur une réorganisation de la police qui n'a pas encore abouti. En passant par les paysages de nos horaires, de nos débours, de nos heures supplémentaires et de la retraite, il lui faudra espérer qu'un chef de gare saura l'attendre sur chaque quai le moment venu afin d'aiguiller ce grand train de mesures sur les bons rails.

Heureusement, notre serviteur n'est pas seul et nul doute qu'il trouvera dans ce convoi un Comité soudé, qui lui a commencé ce long voyage il y a plusieurs années, non pas pour traverser l'Orient en Express, mais bien pour retrouver le Nord d'une société qui perd la boussole en se désorganisant à ses pôles.  

De gare en gare, tous ensemble nous avancerons à la rencontre de nos élus à l'arrêt "Hôtel-de-Ville", des journalistes à l'arrêt "Café de la Presse", de nos hiérarchies à l'arrêt "Dussaud-Gravière", de quelques technocrates à l'arrêt "Hôtel-des-Finances" et de nos membres et amis à l'arrêt "Rue de l'Avenir", en plein centre de Figaro, comme si le sifflement de ce train allait pouvoir se mélanger harmonieusement avec les eaux vives ruisselantes qui finissent toutes dans ce grand lac, qui lui restera perpétuellement le reflet de notre ville la nuit et notre miroir de jour au petit matin. 

Minet.

 

 

 

 

 

26/04/2010

Walter SCHLECHTEN, dernier jour de présidence ou "si c'est mon dernier mot, je veux qu'il soit celui-ci"

Le 2 décembre 2008,le blog de Minet arrivait sur la toile. Walter SCHLECHTEN n'a qu'un but en lançant ce blog, défendre sa profession et ses membres à travers un outil de communication moderne et rapide.

Depuis, bien des mots sur ces écrits ont fait couler beaucoup d'encre, avec plus d'un millier de commentaires. Aujourd'hui, 95 notes plus tard, la question du maintien de ce blog se pose. La réponse va dépendre du futur président de l'UPCP, de son comité et de la place que votre serviteur tiendra dans celui-ci. De plus, la mise en route prochainement du nouveau site de notre association nous offrira aussi la possibilité d'y entretenir un blog indépendant.

Dans le doute, et avant d'éventuellement vous quitter, Minet s'est retourné sur ces mois d'écriture, et c'est avec douleur, regret, mais aussi force et volonté qu'il se me rend compte que les propos tenus lors de son premier mot, intitulé "Cris du coeur", restent d'une brûlante actualité. Pour cette raison, car si telle devait être la conclusion de ce blog, je désire vous faire partager une nouvelle fois ce texte qui avait déjà touché le plus grand nombre et qui n'a pas pris une ride. 

Minet.

"Cris du Coeur"

02.12.2008 - 27.04.2010

Avez-vous déjà :

Fait du bouche-à-bouche à un bébé de 4 mois venant de se noyer qui est mort dans vos bras 

Fait du bouche-à-nez à un drogué en overdose en attendant l’ambulance, pour lui sauver la vie

Eté piqué par une aiguille d’une seringue d’un drogué

Annoncé le décès d’un bon père de famille de 44 ans à ses enfants

Ramassé un morceau d’un corps d’un motard sur le lieu d’un accident

Ouvert un appartement avec un cadavre en décomposition depuis 6 semaines

 

Avez-vous déjà :

Tenu dans vos bras une jeune fille de 15 ans venant de se faire violer

Eu un ligament sectionné à 85 % en brisant une vitre pour sauver une femme mourante

Braqué un homme, un être humain, avec une arme a feu

Eté braqué par une arme à feu, ou menacé d’un couteau

Reçu des pavés et des cocktails Molotov sur la gueule

Travaillé 43 heures de suite pour 7 arrestations

 

Avez-vous déjà :

Reçu des menaces de mort dans le cadre de votre travail

Eté blessé en vous battant avec un voleur, un agresseur, un drogué, une crevure

Fait rapidement le test du VIH suite à une de vos interventions professionnelles

Reçu un cracha au visage d’un drogué ayant le Sida

Annulé vos vacances pour le boulot

Quitté votre famille un dimanche pour retourner bosser sur alarme

 

Avez-vous déjà :

Perdu vos amis à cause de votre métier

Achevé un animal blessé sur la route

Pénétré dans un appartement en feu pour tenter d’y sauver une vie

Avez-vous déjà pleuré en rentrant du travail dans les bras de votre femme, car vous veniez de vivre un événement humain insupportable.

Moi OUI, car je suis flic à Genève depuis 20 ans !

Stop aux mensonges, stop à cette campagne de dénigrement des policiers.

Nous restons dignes, nous voulons simplement obtenir le respect qui est dû à notre métier.

Walter SCHLECHTEN – Président de l'UPCP.

 

25/04/2010

Enquête du journal Le Temps sur l’histoire carcérale de Skander Vogt et l’engrenage infernal qui a abouti à sa mort dans sa cellule de la prison de Bochuz

On peut être le Président d'une organisation syndicale (UPCP), qui représente notamment des gendarmes et le personnel pénitentiaire d'une grande prison, et garder une vision humaine d'une actualité romande assombrie par la Mort.

Deux affaires sont actuellement sous les feux de la rampe.

- Le décès tragique de Skander Vogt à la prison de Bochuz, intoxiqué mortellement durant un incendie.  

- Le décès tragique d'un jeune homme, touché mortellement lors d'une tentative d'interpellation.

Dans les deux cas, le "feu" est venu porter le discrédit et le deuil. La mort d'un être humain n'est jamais le but initial recherché par des fonctionnaires dotés de pouvoirs d'autorité. Elle demeure néanmoins une issue possible avec de terribles conséquences.

Si ces deux affaires sont entre les mains de la justice, il n'est pas dans ma volonté d'entrer dans un débat sur les circonstances des ces deux événements tragiques, pour les victimes, pour les personnels intervenants, pour les familles et les proches de tous les protagonistes.

Bien souvent, la presse pend haut et vite les policiers ou le personnel pénitentiaire dans ce genre d'affaire. Il faut dire que, tant les responsabilités professionnelles de ces employés d'Etat sont grandes et évidentes, tant les décisions importantes prises durant les faits sont bien souvent inéluctables et dictées par les circonstances et leur contexte immédiat.

Laissons la justice faire sereinement son travail, mais laissons aussi les journalistes de qualité nous rapporter leurs investigations pertinentes et une lumière différente sur cette actualité, car derrière chaque drame il s'en cache bien souvent un autre.

L'article proposé, paru vendredi dans le journal Le Temps, en est un exemple pour moi. Bravo à Mme Fati Mansour pour la qualité de son écrit, que je vous invite donc à lire sur ce lien.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/259aee4a-4f18-11df-8d8c-7...

Minet.

18/04/2010

Nous restons en attente d'une vision d'avenir pour la police genevoise, avec l'espoir personnel d'avoir été écouté et entendu durant ces 1086 jours de présidence à la tête de l'UPCP !

1086 jours à la tête de l'Union du Personnel du Corps de Police du canton de Genève. Des centaines d'heures consacrées pour des discussions, des négociations, des écritures, des échanges médiatiques, des rencontres politiques, des entretiens hiérarchiques, des comités mutualistes, des assemblées décisives, des protocoles d'accords historiques mais au final une réorganisation de la police si peu prolifique en idées nouvelles, en actes essentiels, en améliorations attendues pour un avenir encore prénommé inconnu.

La plus grande richesse que l'UPCP a pu offrir durant ces dix dernières années au monde politique et hiérarchique, c'est celle d'avoir été perpétuellement participative pour veiller à l'évolution d'une police qui se heurte à une société pourtant à la dérive, avec l'espoir d'apporter des solutions issues de réflexions qui ont pris corps à la base de la police, proches du terrain et des véritables problèmes rencontrés.

Nous n'avons pas toujours raison, c'est certains, nous avons pu nous tromper, c'est probable, mais nous ne disposions bien souvent pas de tous les éléments pour nous prononcer avec exactitude, qu'ils soient économiques, politiques ou autres. Ce qui demeure une certitude, c'est que nous n'avons jamais voulu tromper l'autre, notre volonté de crédibilité ayant été notre leitmotiv afin de convaincre nos interlocuteurs.

C'est donc la tête haute que nous continuerons notre mission représentative des personnels de police, avec cette doctrine d'honneur qui passe par le respect, la droiture, la vérité et la liberté d'expression, ultime moteur pour faire progresser les débats, nourrir les échanges et construire la police de demain.

La police genevoise n'est pas encore entrée dans le XXIème siècle, elle va devoir le faire dans les trois ans qui arrivent si nous voulons que Genève garde la place qui est la sienne dans le monde. Mais pour cela, il nous manque une pièce essentielle à ce pas décisif, c'est une clef de voûte qui se devra de soutenir une vison d'avenir attendue pour notre profession, pour nos métiers, pour les conditions de travail de nos collaborateurs et surtout pour la sécurité de la population genevoise.

A l'impossible nul n'est tenu, mais là nous sommes tous tenus de faire l'impossible pour tailler cette clef de voûte !

 

 

 

 

 

 

  

31/03/2010

Mon premier livre, enfin !

Bonne nouvelle reçue par voie postale, mon premier livre va être publié, une édition confidentielle à 2200 exemplaires, mais c'est un heureux début.

Sortie fin mai, sous le titre "Comment ne pas abandonner son âme dans le métier de Flic sans penser au suicide d'une profession", aux éditions Requin Blanc (Lyon).

Bonne lecture à vous !

 

25/03/2010

Schengen et la position courageuse et réaliste de Madame la Cheffe de la Police !

Hier matin sur Radio-Cité, Mme Bonfanti, Cheffe de la Police confirmait que les accords de Schengen représentent un problème lié à l'augmentation des infractions et des délits à Genève, en répondant à une question dirigée de Pascal Décaillet.

À travers sa réponse courageuse, en confirmant que Schengen n'arrange clairement pas les choses, Madame la Cheffe de la Police a mis à jour ce que nombreux pensent tout bas à la police, et sur certain banc du Parlement. Le fruit de cette réponse n'est pas issu d'une réflexion personnelle ou politique, mais bien d'une analyse professionnelle de la criminalité genevoise et des dernières statistiques. Cette analyse venait d'être confirmée par le Chef État-Major, M. SCHMUTZ qui indiquait que "cet accord n'arrange pas les choses, c'est un outil de moins dans la répression". 

Ce matin, M. Pierre Weiss, député libéral, attaquait virulemment Mme Bonfanti sur les ondes de cette même radio, déclarant que la Cheffe de la Police n'avait pas respecté son devoir de réserve. Pour cet élu, une Cheffe de la Police n'est qu'une haute fonctionnaire et n'a pas à exposé ses états d'âme.

Malheureusement pour les détracteurs de Mme Bonfanti, l'analyse professionnelle de la Cheffe de la Police correspond à une réalité, à des chiffres, à des faits, que tous les policiers genevois ont pu constater au quotidien. Ce que la troupe ne peut pas affirmer haut et fort, s'il est bien une personne qui peut, qui doit le faire, lors d'une analyse, d'un bilan, d'un exposé des causes et des effets devant une catastrophe que l'on nomme hausse de la criminalité ou insécurité, c'est la Cheffe de la Police.

À travers sa position, Mme Bonfanti n'a pas critiqué un choix ni une décision politique, soit la libre circulation des personnes dans l'UE, mais elle n'a fait qu'en tirer un bilan à travers l'analyse des conséquences de la mise en application de cet accord.

L'attaque irrespectueuse de ce député libéral ne peut pas rester sans réaction.

En comparant Mme Bonfanti au Président de la République italienne, M. COSSIGA, un spécialiste en "exlamatione" selon lui, soit    l'extériorisation de ses états d'âme, tout en insinuant que "Madame Bonfanti n'est que Cheffe de la Police, qu'elle devrait devenir la petite muette, qu'elle n'a pas les capacités de s'exprimer", ce député tient premièrement des propos irrespectueux vis-à-vis d'un Chef d'État, puis tient des propos totalement inaproptiés contre Mme la Cheffe de la Police, dans un discours qui ne sert qu'à défendre un accord dont son parti était un des plus fervents défenseurs, visiblement pour éviter d'en reconnaître les effets pervers induits.

Autres commentaires politiques durant cette même émission :    

M. Guy Mettan "Madame Bonfanti a partiellement raison" ;

M. Éric Bertinat "Schengen est nuisible, c'est très fort ce que la Cheffe de la Police a déclaré" ;

M. Roger Golay "Schengen, c'est partiellement faux de dire que cet accord nous a apporté cette criminalité, mais depuis nos frontières ont des pertes échappatoires " ;

M. Alberto Velasco "Schengen n'est pas aussi efficace que l'on nous l'avait dit, cela devient grave" ;

M. Jean-Luc Ardit "Il y a un problème concret avec Schengen" ;

M. Yvan Rochat "C'est assez surprenant ce que Mme Bonfanti a déclaré, elle aurait mieux fait de se taire".

Pour conclure, relevons que Mme Bonfanti a fait des démarches auprès de la Berne fédérale afin d'obtenir plus de moyens, requête sans réponse à ce jour.

Pour nous, la Cheffe de la Police n'a fait que tirer un bilan sur un système issu d'un choix politique, sans critiquer cette décision, mais en relevant simplement que l'ouverture des frontières et la libre circulation des personnes représentent clairement un problème pour endiguer la hausse de la criminalité.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

 

 

 

19/12/2009

Le ras-le-bol des gendarmes à travers un courrier reçu !

Alors que le budget 2010 a été voté, alors qu'une nouvelle grille salariale sera mise en œuvre au 1er janvier, alors que nos syndicats de police négocient depuis des mois pour le bien de leurs collaborateurs, du métier, de la sécurité des genevois, alors que la réorganisation de la police devrait se poursuivre 1er semestre 2010, les gendarmes en ont ras-le-bol de ces attaques venues de toutes parts. On ne peut plus travailler sereinement dans un tel climat d'incertitude et d'irrévérence. Le respect demandé est attendu dans les mois à venir, car ce n'est pas le protocole d'accord transitoire signé qui a rassuré nos policiers.

Pour le démontrer, nous vous faisons partager un courriel reçu de la part d'un collègue, un flic de quartier, de rue, depuis plus de 20 ans !

Ce courriel est très bien écrit, car nombreux sont les collègues qui se retrouveront dans ces mots, bonne lecture à vous.

 

 RAS-LE-BOL D’UN FLIC DE QUARTIER !

Beaucoup de gendarmes vivent un grand moment de mélancolie en ce moment. Comment expliquer à ces Messieurs dames de la scène politique, et ce depuis les années nonante, qu’ils se fourvoient totalement sur les fondements même du métier que pratiquent les soldats cantonaux de la République? Ont-ils ne serait-ce que l’once d’une idée du poids énorme que représente le simple fait de sortir dans la rue avec l’uniforme sur les épaules? Certes le métier est beau mais le gendarme doit avoir réponse à tout, depuis l’horaire des transports publics jusqu’au fonctionnement de l’horodateur, en passant par des problèmes de gardes d’enfants, de chevaux échappés de leur enclos, d’aînés tombés de leur lit, d’ivrognes vomissant, de dealers, de voleurs et j’en passe un nombre hallucinant. Oui Messieurs dames, aussi bizarre que cela puisse vous paraître, le gendarme ne se contente pas de vous sanctionner et d’enlever votre véhicule que vous avez stationné à l’endroit interdit et dûment signalé, cette interdiction que vous avez méprisée juste pour ne pas marcher dix mètres. Lorsque je lis les commentaires sur le site de la Tribune de Genève, je suis absolument convaincu que vous et une partie des médias avez fait un excellent travail de sape pour vous mettre une partie de la population dans votre poche. Ce qui est navrant, c’est que vous le fassiez en racontant et en publiant des tissus de mensonges. Ce qui est triste, c’est que vous émettiez des avis fermes sur un métier dont vous ne connaissez pas le dixième. Et ce sont des gens comme vous qui doivent prendre des décisions nous concernant! Pas une fois je n’ai vu l’un des hommes cravatés ou l’une des femmes se pavanant en tailleur dans l’hémicycle se proposer pour venir dans le terrain, dans cette voiture de police sur laquelle vous crachez à longueur d’année. Cette voiture qui s’arrête cent fois pour le même mendiant au même carrefour, mille fois pour le même dealer en provenance d’outre-Sarine, dix fois par jour pour régler des problèmes de violences conjugales, encore et encore pour ramasser l’alcoolique rempli de vomi et de sang, que les ambulanciers et les hôpitaux ne veulent ou ne peuvent pas accueillir, sur demande pour des indésirables dans des établissements publics, etc…?  Seriez-vous prêts à venir vous faire insulter sans pouvoir répondre, de peur de faire l’objet d’une enquête. Seriez-vous prêts à faire le piquet, ne serait-ce que quatre heures durant, au comptoir d’un poste de police ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, à enregistrer plainte sur plainte pour vol et autres délits, à réceptionner des femmes victimes d’agressions sexuelles, à consoler des parents qui pleurent pour avoir perdu la maîtrise de leurs enfants, à tenter de calmer des touristes étrangers hurlant leur dépit, en anglais, en allemand, en espagnol… en « bourré »? Seriez-vous prêts, à ce même comptoir , à venir systématiquement en aide aux différents services publics dans l’identification d’un individu sans papiers, à répondre à tous les téléphones, dénonçant le bruit du voisin, le bruit du café d’en face, la gêne d’une voiture, le regroupement de personnes hurlantes? Seriez-vous prêts à être systématiquement accusés d’avoir frappé, volé ou insulté ces gens qui ont bu jusqu’à plus soif et qui au moment des faits ne se souvenaient même plus comment ils s’appelaient, mais qui sont juste assez lucides après coup pour ouvrir une affaire pénale auprès du Parquet pour lésions corporelles ou abus d’autorité? Seriez-vous prêts à vous faire réveiller la nuit ou à vous faire déranger en congé pour aller au pas de course enfiler l’équipement lourd de maintien de l’ordre, à tendre la tête au pots de peinture, de cailloux, de cocktails incendiaires et autres projectiles provenant de quelques imbéciles, alors même que vous êtes peut-être d’accord avec la cause défendue? Enfin, seriez-vous prêts à vous faire lyncher à tout va par les politiciens de tout bord, par une partie de journalistes affamés de pseudo-sensations, par des citoyens soixante-huitards qui ont oublié d’évoluer, et cela quelle que soit votre manière de travailler? Les choses sont claires pour ce qui me concerne. Il y a 25 ans que je fais ce métier et malgré tout ce que nous subissons je l’aime encore. Mais, Mesdames et Messieurs les politiques égoïstes, Mesdames et Messieurs les citoyens profitant d’un pseudonyme pour vomir des grossièretés sur le net (pas tous bien sûr), Mesdames et Messieurs les journalistes de la rubrique des chiens écrasés, vous êtes en train de perdre votre Police. Cette Police qui fait au mieux pour vous protéger, cette Police qui, contre vents et marées, continue à vous aimer et à vous servir. Cette Police là  est fatiguée. Elle est fatiguée de devoir dépenser plus d’énergie à vous expliquer ce que vous ne voulez pas entendre. Cette Police que vous ne cherchez d’ailleurs même pas à entendre, estimant qu’elle n’a qu’à obéir sans rechigner. Mais sous l’uniforme, Mesdames et Messieurs, il y a des femmes et des hommes avec un cœur et cela vous semblez l’oublier. Ces femmes et ces hommes qui seront encore plus fatigués à l’avenir, car contrairement à ce qui se dit, ils ne se contentent pas de faire du travail administratif à partir d’un certain âge. Non, ils continueront à être présents dans la rue plus que de raison pour faire ce que vous… vous n’oseriez même pas imaginer un seul instant faire à leur place depuis vos fauteuils chauds et rembourrés.

 

Là, y’en a ras-le-bol !

 

 

 

27/11/2009

Laurent Moutinot est mécontent, moi aussi !

Laurent Moutinot est mécontent

Laurent Moutinot désapprouve la manière dont la police a ­conduit son enquête à la suite du rodéo urbain de Bellevue. Interrogé hier par Léman Bleu , le conseiller d’Etat en charge des forces de l’ordre a déclaré que les «règles d’intervention en matière d’accident de la circulation avec blessé n’avaient pas été respectées». Le magistrat, qui parle de «lacunes», estime qu’un officier de police aurait dû intervenir plus tôt afin entendre tous les protagonistes.

* * *

Walter Schlechten est mécontent

Bien qu'étant éloigné de Genève, Walter Schlechten désapprouve la manière dont la presse et le DI ont commenté l'enquête suite au rodéo présumé de Bellevue. Souvent interrogé mais voulant pourtant garder une certaine réserve, le Président du Syndicat des gendarmes déclare que "les règles d'intervention en matière d'accident de la circulation avec blessé sont déterminées par la Direction de la police et le Procureur Général". Si des lacunes se sont introduites dans ces règles, outil de travail des gendarmes qui sont livrés à cette appréciation, il n'était donc pas possible à un officier de police d'intervenir plus tôt afin d'entendre tous les protagonistes, contre lesquels il aurait fallu délivrer des mandats d'amener (pour quels motifs, on se le demande encore).

Laissons l'enquête se dérouler avant de prendre des positions partiales qui n'aideront, ni la police, ni la victime, ni la sérénité de l'enquête.

* * *

Petite question, si ce même accident avait concerné un jeune portugais au chômage, avec une Audi A4 et trois copains espagnols, conduisant une Subaru, une VW Golf et une Toyota, aurions-nous eu les mêmes réactions du PG, du DI, de la presse ?

Je pose juste la question, je vous laisse prendre position !

26/11/2009

Accident de la route de Lausanne vu de loin !

Étant toujours au repos, je suis l'affaire du "Rodéo de Bellevue" de loin, de très loin.

Cependant, je ne peux, ce matin, que constater que la police est une nouvelle fois attaquée sans vergogne, et de toutes parts.

- Le Procureur Général critique la lenteur de l'action de la police.

- Le Président du Département abonde dans son sens.

- La Cheffe de la police ne s'exprime pas.

- Le service de presse de la police parle d'une éventuelle erreur d'appréciation.

- Le remplaçant du Commandant a donné une brève réponse, digne d'un homme de terrain.

- Diverses prises de positions policières créent la discorde.

- Me Barillon présente son client comme une personne responsable qui reconnaît les faits qui lui sont reprochés (vitesse - alcoolémie).

- Me Jeanneret, qui n'a pas accès au dossier, déclare qu'il aurait fallu arrêter toutes les personnes au moment des faits.

- Les députés sortent du bois.

- Les journalistes s'en donnent à coeur joie.

Minet regarde ça de loin, mais ...

- L'auteur principal de l'accident est identifié, il a été auditionné, il a été inculpé, il reconnaît les premiers éléments reprochés.

- Les trois conducteurs des voitures mises en fourrière, qui ne présentaient pas d'alcoolémie, sont identifiés. Certes ils ont quitté la Suisse mais il n'ont pas disparu.

- Une enquête de ce genre demande plusieurs jours, voire plusieurs semaines, surtout s'il y a recherche de témoins, reconstitution, examen des mesures relevées, résultat médico-légale, etc.

Minet ne comprend pas l'acharnement médiatique sur la police et se pose les questions suivantes ;

- Y a-t-il une presse anti-flics à Genève, qui se permet de faire l'enquête et de tirer des conclusions hâtives sans avoir accès au dossier ?

- Y a-t-il un syndrome Kadhafi à Genève ?

- Y a-t-il un enjeu politique dans la réaction du PG, dans le cadre de l'affectation du DI ?

- Y a-t-il un problème entre divers services de la police, des conflits d'intérêts ?

- A travers tout cette affaire, qui cherche-t-on à atteindre, dans quel but ?

- Tout ça à quelques jours d'une énorme manifestation Anti-OMC, souvenirs souvenirs, veut-on décridibiliser la police ?

 

Comme je l'ai souvent écrit, je le redis ;

Genève n'a pas mal à sa police, Genève va mal, c'est tout.

Les faits, les rapports, les condamnations et l'analyse de ces événements révéleront si une erreur d'appréciation ont été commise.

Laissez donc la police faire son travail et cessez de tirer sur le pianiste !

 

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