31/03/2010

Mon premier livre, enfin !

Bonne nouvelle reçue par voie postale, mon premier livre va être publié, une édition confidentielle à 2200 exemplaires, mais c'est un heureux début.

Sortie fin mai, sous le titre "Comment ne pas abandonner son âme dans le métier de Flic sans penser au suicide d'une profession", aux éditions Requin Blanc (Lyon).

Bonne lecture à vous !

 

19/11/2009

L'automne annonce le renouveau !

Alors que je suis encore au repos, j’aime apprécier les couleurs de l’automne.

 

Cette saison annonce la fin d’un cycle et le renouveau. Les arbres trop vieux sont élagués de leurs mortes branches alors que les arbrisseaux sont jugulés dans leur croissance dispersée. La nature reprend ses droits, elle mue, comme pour se libérer des pollutions subies durant le reste de l’année. Alors que l’on brûle nos déchets, la nature va composter les éléments végétaux résiduels, pour nourrir la terre et la rendre plus riche. De nouvelles graines pourront ainsi bénéficier de cet apport naturel, génétique, écologique et renouvelable. La nature est ainsi faite, et le cycle des saisons pourvoie naturellement aux besoins de notre végétation, de la flore et de la faune qui y vit.

 

La nature est bien structurée, logique, et la politique de la terre brûlée, importée par l’homme, n’est pas un élément inscrit dans ses gênes, même si le feu, tout comme l’eau, l’air et la terre sont les quatre symboles de la force des éléments.

 

L’homme s’est égaré et il se rend compte actuellement qu’il doit faire marche arrière s’il veut préserver cette terre nourricière. L’être humain doit donc se ressourcer auprès de ces valeurs éternelles que l’écosystème nous a imposées naturellement.

 

Ces repères sont valables pour les quatre éléments, mais ils peuvent aussi servir dans le développement personnel, familial, politique, dans le cycle de l’homme, à travers son développement, sa croissance, sa gestion, sa réflexion, ses actions, ses décisions, ses choix.

 

Malheureusement, le cycle de l’homme, constitué des sept pêchés capitaux, n’est pas prêt d’accepter ces règles, juste pour sauver les institutions établies, au détriment de l'avenir. 

 

 

21/09/2009

Lettre d'un jeune gendarme genevois qui se sent trahi par l'Etat.

(Un des nombreux courriers reçus par votre serviteur)

 

Cher président,

 

Par ces quelques lignes, je voulais te faire part de mes remerciements, à ton égard, ainsi qu’à l’égard de tous les collègues qui luttent pour notre bien commun. Votre tâche, ardue et qui doit certainement vous prendre un temps considérable et qui souvent, empiète sur votre vie familiale, n’est je l’imagine pas facile à vivre tous les jours. 

 

 Je suis dans ma septième année maintenant et il est très dur pour moi, parfois même frustrant, de constater que nos syndicats doivent se battre aujourd’hui pour conserver nos acquis sociaux. Ils ont été obtenus pour certains, depuis de  nombreuses années. Il est en effet peu réjouissant de se dire qu’au jour d’aujourd’hui, il est encore tout juste possible de lutter afin de conserver ces acquis.  Il paraît clair voir évident, qu’il n’est même plus envisageable ne serait-ce que d’imaginer obtenir de nouvelles améliorations, quelques elles soient.

 

Alors que je m’engageais dans notre belle corporation, l’âge de la retraite était fixé à 52 ans minimum. Un argument d’ailleurs, que notre employeur n’a pas manqué de souligner lorsqu’il faisait miroiter les avantages de la profession.  Fraîchement débarqués dans les postes,  ils nous arrivaient d’en parler avec les plus anciens. On nous expliquait alors, qu’il serait tout bonnement impossible  de modifier cet état de fait sans quoi, nos élus devraient s’attendre à une résistance acharnée.

 

Je constate tristement qu’aujourd’hui, à cause d'une loi fédérale, nous sommes passés de l’impensable  au très probable ! Même si pour l’instant rien n’est encore fait.  Je ne peux m’empêcher de penser que l’on se moque de nous. Nul ne tient compte de l’engagement que nous avons pris, le jour de notre assermentation, auprès de l’État de Genève et de nos concitoyens.

 

Nous sommes toujours restés fidèles à notre engagement. Pour preuve, il me semble que lors des grands événements tels que l’ont été le G8 ou l’Euro 08, la police dans tout son ensemble s’est montrée plus que présente et les collaborateurs ont su faire preuve d’une disponibilité exemplaire sans jamais rechigner.   Mais qui reste fidèle aux choses que l’on nous a promises. Personne ! Nous travaillons avec nos cœurs et nous subissons des attaques de toutes parts sans nous en défendre pour autant. Lorsque l’on ne nous fait pas passer pour des  fous du volant ou des flics à la gâchette facile, nous sommes des voleurs de paye.

 

Voilà, jusqu’à il y a quelques mois de cela, lorsque je prenais mon service, j’avais cette petite flamme qui faisait que j’étais impatient, parfois comme un gamin, de commencer mon travail, de retrouver mes collègues avec qui, j’allais exercer la plus belle des professions. 

 

Aujourd’hui, je suis démoralisé  et me je me sens dupé, comme pas mal de mes collègues. Les nouveaux aspirants qui ont terminé leur formation et qui arrivent dans les postes se retrouvent face à des jeunes, voir très jeunes, déjà dégoûtés par le système qui nous oblige à fournir toujours plus en nous donnant toujours moins. Comment dans de pareils cas, pouvoir garder la tête haute en leur expliquant que tout ira mieux à l’avenir ?

 

J’espère vivement que les jours futurs seront porteurs de meilleures nouvelles. Sans cela, j’ai bien peur que la qualité de travail et la disponibilité de bon nombre de collaborateurs ne s’en trouvent affectées.

 

Je te remercie d’avoir pris de ton temps, pour lire ces quelques lignes. Je réitère encore une fois tous mes vœux de succès au syndicat, dans l’accomplissement de votre mission.

 

Merci, un jeune gendarme révolté.

                                                                                        

 

 

 

 

29/03/2009

Un regard différent de M. MABUT sur le métier de Policier

 Bravo M. MABUT, vous avez raison, sur votre blog, de prendre du recul afin d'aborder notre profession avec un regard différent, humain, proche des réalités de notre travail et des parcours de vie de nos citoyens.  La mort est la fin d’un chemin, et comme sur nos routes, il s'y trouve souvent un policier au bout.

 

mort.jpgDurant les années où j'ai travaillé en poste de quartier, j'ai souvent été confronté à ce que vous décrivez. La mort d'un être humain est à chaque fois une petite histoire, un  chemin de vie que l'on doit reconstituer rapidement lors de nos interventions. Ainsi nous pénétrons,  sans l’avoir souhaité, dans l'intimité du défunt et de ses dernières heures de vie.

 

Fin juin, une habitante du quartier  n'a plus de nouvelle de sa voisine depuis trois semaines. Elle se fait du souci et appelle les gendarmes.  A notre arrivée derrière la porte de ce petit trois pièces des Eaux-Vives, nous reconnaissons immédiatement cette odeur  distincte qui nous informe  que la mort rôde.  A l'ouverture de l'appartement par le serrurier sollicité, cette odeur nous attaque de face, exportée vers l'extérieur par le courant d'air provoqué. C'est certain, nous allons être confrontés à la grande faucheuse. C'est là que notre cœur s'accélère alors que notre souffle se coupe, car nous pénétrons dans le logis, ne sachant pas qui nous allons trouver, dans quelle position, dans quelle situation, ni dans quel état. De plus, sachant qu'un corps se trouve en ce lieu, le policier se doit aussi de protéger des traces, car l'origine du décès reste une énigme jusqu'aux premières investigations. Ouvrir la porte d'une salle de bain, et tirer un rideau de douche en craignant de trouver la personne sans vie dans sa baignoire, couchée, pendue, noyée, ou en sang est un instant redoutable. Et si le corps n'est pas là, il nous faudra alors répéter cette démarche dans chaque pièce. Au fond de soi, on souhaite découvrir la vieille dame couchée dans son lit, afin de deviner une mort paisible, mais c'est rarement le cas. Touts les recoins de l'appartement ont été visités, reste la porte de la cuisine, qui est fermée. Plus de doute, la défunte se trouve derrière celle-ci. Il nous faut alors poser la main sur la poignée et doucement, avec respect,  actionner le mécanisme d'ouverture pour pénétrer dans ce lieu glacial, alors que nous sommes en été. L'eau du robinet coule, la radio diffuse une légère musique. Sur la table un repas pas terminé en décomposition et sur la chaise, la locataire, assise, la tête en arrière, le corps affaissé dans ce siège. Ses bas se sont déchirés sous les effets  de la putréfaction, ses jambes ayant doublé de volume. Sa petite robe bleue est propre mais pourtant on dirait un vêtement souillé. La moitié du visage n'est plus qu'un squelette alors que sur le reste les lambeaux de chair se détachent. Et puis, il y a ces mouches qui nous tournent autour, comme si nous étions leurs nouvelles proies. Nous les chassons de la main, ouvrons rapidement la fenêtre pour aérer les lieux. Mon collègue sort, de peur de vomir. Là il faut devenir très froid, oublier que cette dame est morte il y a trois semaines, en mangeant un morceau de fromage tout en attendant probablement que l'eau de son vétuste robinet devienne plus fraiche pour s'en servir un verre. Elle ne boira jamais ces dernières gouttes. Rapidement l'on comprend que la nature a probablement repris ses droits sans prévenir, mais que la solitude accompagnait aussi ce départ. Reste à mettre en route la machine administrative, trouver de la famille, faire venir les pompes, le Commissaire, trouver une pièce d'identité en fouillant un ou deux tiroirs. C'est là que l'on devine le parcours de vie de cette dame âgée. Des photos de sa jeunesse en noir et blanc, des vieux livres soigneusement rangés, un livret d’épargne échu, le portrait d'un chien qui a du être son compagnon de vie durant quelques années. Mais sinon, pas d'image de famille, quelques souvenirs de petits voyages effectués à Paris et Rome en car ou en train, une ordonnance avec l'adresse d'un médecin à côté de boîtes de divers médicaments. Cette femme est morte, seule, malade, avec ses souvenirs et en écoutant probablement une émission radio qui lui donnait l'impression d'avoir un hôte à la maison. Le corps a été levé, nous refermons la porte de ce logement dans lequel, durant trois heures, j'ai partagé la vie d'une femme que je ne connaissais pas, mais qui me semble plus proche maintenant, à travers le dessin de sa mort.

 

Le soir, il nous faut rentrer avec ça. Un drame de la solitude et le visage d’un mort. Ce sont des choses que l’on ne raconte pas à sa femme et ses enfants, car ils doivent pouvoir trouver le sommeil après. Mais nous, on  tente d'oublier cette journée en s'endormant, tout en sachant que ces réalités là existent, car demain, nous devrons y retourner, car c'est aussi ça mon métier.

 

Walter SCHLECHTEN - Gendarme à Genève - Voleur de paie !

08/12/2008

Cris du coeur

Avez-vous déjà :

Fait du bouche-à-bouche à un bébé de 4 mois venant de se noyer qui est mort dans vos bras 

Fait du bouche-à-nez à un drogué en overdose en attendant l’ambulance, pour lui sauver la vie

Eté piqué par une aiguille d’une seringue d’un drogué

Annoncé le décès d’un bon père de famille de 44 ans à ses enfants

Ramassé un morceau d’un corps d’un motard sur le lieu d’un accident

Ouvert un appartement avec un cadavre en décomposition depuis 6 semaines

 

Avez-vous déjà :

Tenu dans vos bras une jeune fille de 15 ans venant de se faire violer

Eu un ligament sectionné à 85 % en brisant une vitre pour sauver une femme mourante

Braqué un homme, un être humain, avec une arme a feu

Eté braqué par une arme à feu, ou menacé d’un couteau

Reçu des pavés et des cocktails Molotov sur la gueule

Travaillé 43 heures de suite pour 7 arrestations

 

Avez-vous déjà :

Reçu des menaces de mort dans le cadre de votre travail

Eté blessé en vous battant avec un voleur, un agresseur, un drogué, une crevure

Fait rapidement le test du VIH suite à une de vos interventions professionnelles

Reçu un cracha au visage d’un drogué ayant le Sida

Annulé vos vacances pour le boulot

Quitté votre famille un dimanche pour retourner bosser sur alarme

 

Avez-vous déjà :

Perdu vos amis à cause de votre métier

Achevé un animal blessé sur la route

Pénétré dans un appartement en feu pour tenter d’y sauver une vie

Avez-vous déjà pleuré en rentrant du travail dans les bras de votre femme, car vous veniez de vivre un événement humain insupportable.

Moi OUI, car je suis flic à Genève depuis 20 ans !

Stop aux mensonges, stop à cette campagne de dénigrement des policiers.

Nous restons dignes, nous voulons simplement obtenir le respect qui est dû à notre métier.

Walter SCHLECHTEN – Gendarme à Genève.