11/09/2011

"Une date qui demeurera comme indélébile dan nos esprits"

Il fait beau ce jour là, un grand soleil d'été indien comme on l'aime à Genève. Je me trouve en patrouille avec un jeune collègue.

 

Une journée banale à Rive, réquisition sur réquisition, mais ça va encore. Une journée comme les autres, qui nous réserve son lot d'imprévu et de surprise, ce qui fait tout l'intérêt de ma profession.

 

Une journée où l'on pense à ce dont sera fait demain en oubliant déjà un peu hier. Une journée où l'on est plongé dans notre travail, oubliant nos proches dans le stress de la fonction.

 

Il n'est pas encore 15 heures lorsque je reçois un sms de ma femme « Regarde vite la télé, un avion s'est écrasé sur New-York, ils ne savent pas si c'est un accident ou un attentat, mais c'est horrible ». Je regarde mon collègue qui devine que quelque chose ne va pas. Je lui lis alors le texto et lui dis que l'on doit trouver un poste de télévision rapidement.

 

Nous sommes rue de Montchoisy, à quelques mètres d'Auto-Secours, un garage où Bisetto qui dispose bien d'une télévision dans son bureau, départ. A notre arrivée nous constatons que la place est prise. Le patron, le pompiste et trois collègues gendarmes sont déjà là. Ils sont livides et comme hypnotisés devant un tout petit poste de télé de remplacement, le grand écran du patron ayant lâché. Il y règne un silence de mort alors que CNN est au programme.

 

« Venez voir les gars, c'est incroyable, c'est un attentat pas un accident » me lâche le chef de l'autre patrouille. Nous nous installons comme on peut. Je saisi une petite chaise d'enfant, rouge je m'en souviens, et me pose à droite de l'écran. Les premières images sont celles d'un avion qui percute le WTC, elles repassent en boucle.

 

Immédiatement je me dis que ce n'est pas possible, que c'est un film, c'est du Spielberg. Je connais bien ces tours pour y être monté à trois reprises au sommet en dix ans. Je n'arrive pas à détacher mes yeux de l'écran. Les images de l'incendie sont effroyables et très vite l'on croit deviner le calvaire des gens qui se trouvent dans le bâtiment, une véritable tour infernale. Je me rapproche encore de l'écran, comme si je voulais me convaincre que ce que je vois n'est pas réel, que ce n'est pas un attentat, que c'est une bande annonce d'un film.

 

Nous sommes dans l'horreur. Cinq minutes que nous sommes rivés devant les informations et nous avons déjà perdu tous nos repères. L'incompréhension est grande, les interrogations aussi. Qui, comment, pourquoi. L'événement nous dépasse et nul n'a de réponse.

 

Et puis soudain, c'est le choc, celui des images en directe, où la réalité vient nous frapper de face pour nous assommer encore plus. Un deuxième avion s'écrase en "Live" sur la tour no 2 du WTC. C'est l'effroi qui nous gagne, avec ce sentiment terrible d'être nous aussi dans la tour au moment de l'impacte. Nos exclamations d'horreur accompagnent les images.

 

La monstruosité de l'acte brise définitivement nos valeurs, nos croyances en l'humain. Ce n'est pas possible que l'homme commette de tels actes. On pense aux victimes, celles qui se trouvaient dans les tours en premier lieu, puis comme si nous les avions évincés, les passagers des avions détournés.

 

Les informations tombent une à une. La situation est empirique aux Etats-Unis. D'autres attentats se produisent sur sol américain, dans la confusion la plus totale. Le Pentagone est la cible d'un troisième avion. Puis c'est en Pennsylvanie où un avion s'écrase. On redoute alors que des dizaines d'avions servent de bombes humaines. L'espace aérien est fermé par mesure de sécurité. Chaque nouveau flash d'informations retient toute notre attention, comme si l'on pouvait, mais est-ce possible, nous annoncer encore pire.

 

Dans le bureau, nos regards se croisent, mais pas un mot, un silence religieux règne, nous sommes déjà en communion avec les victimes, avec le peuple américain, avec l'humanité entière aussi, mais nous ne le savons encore pas. Mes sentiments personnels se bousculent, je me sens vidé, comme si je venais de perdre quelque chose d'important en moi.

 

Mes souvenirs se brouillent, mais je me rappelle qu'une patrouille est demandée pour deux cambrioleuses mises en fuite au centre-ville, je me souviens que personnes n'a répondu. Je me souviens que nous sommes restés deux heures dans ce bureau, à suivre les événements. Je me souviens que le comble de l'horreur est arrivé au moment de l'effondrement des tours, comme si tout ce que nous venions de vivre n'était pas suffisant, comme s'il fallait que ce jour effroyable se termine par le comble de l'horreur. Nous étions ko debout, vivant certes mais détruits par les émotions.

 

Nous nous souvenons tous où nous étions ce jour là, c'était le 11 septembre 2001. Il a marqué nos mémoires, il a probablement changé nos vies, nos valeurs, nos croyances, notre avenir.

 

Aujourd'hui, je suis en pensées avec les victimes de ces attentats, avec ces morts innocents et ces milliers de blessés, avec leurs familles, leurs proches et tous mes collègues policiers, les pompiers et autres urgentistes qui ce jour là n'ont pas reculé face à un ennemi invisible, la cruauté des lâches.

 

Minet.

14:50 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3)

27/06/2010

Grandes conférences ou quand la violence s'invite !

Juin 2010 - G20 à Toronto :

«Nous n'avions jamais vu un tel niveau de criminalité gratuite, de vandalisme et de destruction dans nos rues», a dit le chef de la police de Toronto Bill Blair lors d'une conférence de presse

Juillet 2009 - G8 à Aquila :

«Parti de Paganica, près de L'Aquila, où se trouve un grand camp de tentes pour les réfugiés, le cortège qui a parcouru sept kilomètres a rejoint l'une des entrées de la ville, bien loin de la "zone rouge" décrétée par les autorités autour de la caserne qui accueille le G8. La tension était forte entre forces de l'ordre et manifestants qui ont mis deux heures et demie sous un soleil de plomb pour parcourir ce trajet, encadrés par de nombreux policiers»

Avril 2009 - OTAN à Strasbourg :

«Très vite, les organisateurs du défilé pacifique ont été débordés par le «Black Block» et ont dû écourter sensiblement leur démonstration. Désormais seuls en lice, les casseurs ont saccagé la cité Port du Rhin, un quartier de Strasbourg considéré comme défavorisé. Les «Blackblockeurs» ont mis le feu à un poste de douane, puis à l’Hôtel Ibis et enfin à l’Office du tourisme, où se trouve une pharmacie qui est entièrement détruite. Les portes d’une chapelle orthodoxe ont été pulvérisées, de même que des commerces»

Juin 2007 - G8 à Rostock :

«Les associations impliquées dans l'organisation du contre-sommet, ainsi que les forces de l'ordre, ont fait un récit similaire de la manière dont se sont déroulées les émeutes, qui ont fait des centaines de blessés parmi la police et les manifestants - une cinquantaine de personnes au total ont été hospitalisées-, et se sont soldées par 128 interpellations»

Juillet 2005 - G8 à Gleneagles :

«A deux jours du sommet du G8 à Gleneagles, les manifestants hier soir n’ont pas baissé les armes face à la police anti-émeute. Une trentaine d’anarchistes ont violemment repoussé les policiers, s’en sont suivi 90 arrestations et une vingtaine de blessés»

Juin 2003 - G8 à Evian :

«Plus jamais ça! Traumatisés par le G8, les commerçants genevois ne veulent plus revivre des journées d’émeutes comme ils en ont connu en juin 2003. Plus de cinq ans après le grand raout altermondialiste, ils n’ont pas oublié les boutiques des Rues-Basses pillées et incendiées. Il y avait alors eu pour plusieurs millions de francs de dégâts»

Juillet 2001 - G8 à Gênes :

«Au terme de trois jours d'émeutes et de répression, le bilan est de 1 mort, 600 blessés du côté des manifestants, près de 200 voitures brûlées, des dizaines de banques, de stations essences, d'agences immobilières et autres symboles du capitalisme explosés»

24/05/2010

Faut-il demander une révision du code de procédure pénale afin que la justice obtienne enfin les moyens de ses ambitions ?

Sept coups de feu à Martigny, un mort, des personnes mises en cause connues, récidivistes dans divers délits selon la police cantonale valaisane. L'intégration difficile des étrangers n'est pas en cause dans ce drame, ce sont les comportements humains qui sont répréhensibles, comme souvent, et pourtant.

Comme partout, les polices cantonales se retrouvent dans un grand désarroi, un ras-le-bol sur des phénomènes urbains devenus incontrôlables car démesurés par leur violence. La prévention est le nerf de la guerre et doit le rester, à tous les niveaux, mais pour que cela fonctionne il faut aussi que la répression, à travers la sanction, soit aussi dissuasive, ce qui n'est pas le cas avec le code de procédure pénale en vigueur. Et ce n'est pas la nouvelle mouture au 1er janvier 2011 qui va améliorer les choses.

http://info.rsr.ch/fr/rsr.html?siteSect=201&playerMod...=

Les policiers, qui se retrouvent devant de grandes incompréhensions, ne lancent pas la pierre à la justice, car celle-ci doit oeuvrer avec les moyens législatifs à disposition, qui ne sont pas, qui ne sont plus adaptés aux situations rencontrées, ni pénalement, ni administrativement.

Les technocrates qui rédigent les textes de loi devraient prendre le temps d'être à l'écoute des procureurs, des juges d'instruction, des chefs des polices cantonales et des commandants de polices, car donner de plus en plus de droits aux auteurs d'infractions, ou sanctionner avec de simples jours-amende, c'est aussi offrir un message conciliant et laxiste aux récidivistes.

http://info.rsr.ch/fr/rsr.html?siteSect=201&playerMod...=

La récidive doit être sévèrement punie et les multirécidivistes doivent subir des sanctions crédibles, pour dissuader, réinsérer, voire expulser pour éliminer.

N'oublions jamais qu'au-delà des auteurs, bien souvent étrangers, les victimes sont des habitants de notre pays, sans distinction de nationalité, d'origine, d'âge, de sexe. Lutter contre les récidivistes c'est protéger cette population, qui comme tous les policiers suisses, dit halte à la violence.

Les jours-amende sont un véritable échec. Il devient nécessaire de commencer aujourd'hui une révision du code de procédure pénale, des sanctions, des mesures, afin d'obtenir une application adaptée aux besoins des procureurs, aux attentes des policiers, aux voeux de la population.

"HALTE A LA VIOLENCE"

Minet.

 

 

18/10/2009

Rapport Goldstone, ou le silence de l'occident face aux vérités d'un organe indépendant !

Réf. L'express. fr

Le Conseil des droits de l'homme (CDH) de l'Onu a repris vendredi à son compte le rapport de la commission d'enquête indépendante conduite par le juriste sud-africain Richard Goldstone, qui fait état de crimes de guerre commis par Israël et le Hamas.

"Israël doit discréditer le discrédit", a lancé le chef du gouvernement, selon un membre de son équipe. Cette campagne, a ajouté Benjamin Netanyahu, "ne prendra pas seulement quelques semaines, mais peut-être des années".

Au terme d'une session extraordinaire de deux jours, 25 des 47 Etats membres de l'instance onusienne basée à Genève ont voté pour une résolution endossant le document et condamnant le seul Etat juif pour son refus de collaborer à l'enquête, ainsi que pour la poursuite de son occupation et le blocus de Gaza.

UN PRÉCÉDENT

Le rapport Goldstone invite le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) si Israël et le Hamas ne mènent pas dans les six mois des investigations crédibles.

La résolution adoptée par le CDH, contre l'avis des Etats-Unis et de cinq autres pays, se borne toutefois à soumettre le rapport à l'Assemblée générale et à requérir du secrétaire général de l'Onu un compte rendu sur la mise en oeuvre de ses recommandations.

Le gouvernement israélien, qui rejette en bloc le rapport Goldstone, jugé absurde il y a quelques jours par Benjamin Netanyahu, a réagi en estimant que "cette résolution encourage les organisations terroristes à travers le monde" et sape les efforts de paix.

Le texte adopté vendredi a été rédigé par l'Autorité palestinienne sous le parrainage de l'Egypte pour les Non-alignés, du Nigeria, pour l'Afrique, du Pakistan pour l'Organisation de la conférence islamique et de la Tunisie pour la Ligue arabe.

Pour Nabil Aboud Rdaïnah, collaborateur du président palestinien Mahmoud Abbas, la communauté internationale a le devoir de faire en sorte que le vote intervenu à Genève établisse "un précédent qui assurera la protection du peuple palestinien contre toute agression".

MON ANALYSE TRES PERSONNELLE DE LA SITUATION

J'ai grandi en Suisse en apprenant à l'armée que les rouges étaient les méchants, les bleus les gentils. J'ai grandi à Genève, en apprenant par la presse que les palestiniens étaient des terroristes et les juifs leurs victimes. J'ai grandi à Genève en apprenant que la France était le pays de droits de l'homme, que les USA étaient les "gendarmes du monde", que la Suisse était neutre.

En grandissant, on découvre naturellement que les méchants ne sont pas toujours ceux que l'on croit, mais l'on remarque aussi que la victimisation d'un peuple lui autorise bien des actes que l'on reproche pourtant à d'autres. M. Netanyahu n'a pas le courage de reconnaître les exactions commises par l'armée israélienne, alors que ce rapport devra être pris en compte par l'ONU, pour protéger le peuple palestinien, pour condamné l'armée israélienne, pour exiger le dépôt des armes des antagonistes. Il en va de la paix entre les peuples, il en va du devoir de vérité, il en va de l'avenir des enfants d'Israël et de Palestine, il en va de l'histoire de l'humanité.  

Il n'y a pas de guerre propre, dans tous les conflis il y a des crimes de commis, au préjudice des populations.