27/06/2010

Grandes conférences ou quand la violence s'invite !

Juin 2010 - G20 à Toronto :

«Nous n'avions jamais vu un tel niveau de criminalité gratuite, de vandalisme et de destruction dans nos rues», a dit le chef de la police de Toronto Bill Blair lors d'une conférence de presse

Juillet 2009 - G8 à Aquila :

«Parti de Paganica, près de L'Aquila, où se trouve un grand camp de tentes pour les réfugiés, le cortège qui a parcouru sept kilomètres a rejoint l'une des entrées de la ville, bien loin de la "zone rouge" décrétée par les autorités autour de la caserne qui accueille le G8. La tension était forte entre forces de l'ordre et manifestants qui ont mis deux heures et demie sous un soleil de plomb pour parcourir ce trajet, encadrés par de nombreux policiers»

Avril 2009 - OTAN à Strasbourg :

«Très vite, les organisateurs du défilé pacifique ont été débordés par le «Black Block» et ont dû écourter sensiblement leur démonstration. Désormais seuls en lice, les casseurs ont saccagé la cité Port du Rhin, un quartier de Strasbourg considéré comme défavorisé. Les «Blackblockeurs» ont mis le feu à un poste de douane, puis à l’Hôtel Ibis et enfin à l’Office du tourisme, où se trouve une pharmacie qui est entièrement détruite. Les portes d’une chapelle orthodoxe ont été pulvérisées, de même que des commerces»

Juin 2007 - G8 à Rostock :

«Les associations impliquées dans l'organisation du contre-sommet, ainsi que les forces de l'ordre, ont fait un récit similaire de la manière dont se sont déroulées les émeutes, qui ont fait des centaines de blessés parmi la police et les manifestants - une cinquantaine de personnes au total ont été hospitalisées-, et se sont soldées par 128 interpellations»

Juillet 2005 - G8 à Gleneagles :

«A deux jours du sommet du G8 à Gleneagles, les manifestants hier soir n’ont pas baissé les armes face à la police anti-émeute. Une trentaine d’anarchistes ont violemment repoussé les policiers, s’en sont suivi 90 arrestations et une vingtaine de blessés»

Juin 2003 - G8 à Evian :

«Plus jamais ça! Traumatisés par le G8, les commerçants genevois ne veulent plus revivre des journées d’émeutes comme ils en ont connu en juin 2003. Plus de cinq ans après le grand raout altermondialiste, ils n’ont pas oublié les boutiques des Rues-Basses pillées et incendiées. Il y avait alors eu pour plusieurs millions de francs de dégâts»

Juillet 2001 - G8 à Gênes :

«Au terme de trois jours d'émeutes et de répression, le bilan est de 1 mort, 600 blessés du côté des manifestants, près de 200 voitures brûlées, des dizaines de banques, de stations essences, d'agences immobilières et autres symboles du capitalisme explosés»

08/06/2010

Présentation du programme de la législature ; Mais où sont passés Champ-Dollon II et le nouveau bâtiment de l'OCAN.

"Sous la forme d’un fastidieux catalogue énumératif, dans lequel on peine à voir émerger l’esquisse d’une priorité, le Conseil d’Etat genevois vient de publier son programme de législature."

Pascal Décaillet.

C'est en effet hier que s'est déroulée la grande messe durant laquelle le Conseil d'Etat a répondu aux exigences de la loi. Députés, groupes politiques, représentants des communes et de la région, médias et enfin représentants du personnel de l'Etat ont eu droit à la présentation de cet inventaire, presque attendu comme le Messie.  

A la lecture de ce "catalogue", il est vrai un peu désordonné dans la graduation des priorités accordées, nous avons disséqué le thème intitulé, sous le chiffre 05, "la sécurité publique".

En première décodage, ce qui surprend c'est l'absence de chiffres, de nombres, de coûts. C'est aussi le manque de jalons dans les projections annuelles proposées qui font défaut. Ainsi, tout est réuni pour que les délais ne soient pas respecté en finalité, quand délai il y a.

En seconde lecture, c'est sur le fond que l'on se retrouve envahi par le doute, par des doutes motivés par le manque de précisions, d'informations, voire l'absence de celles-ci.

Premièrement, l'Etat va recruter des policiers et des agents de détention supplémentaires ainsi que des assistants de sécurité, sur quatre ans, avec comme seule précision annuelle "augmentation des effectifs". Aucun nombre, aucune projection par secteur, aucun objectif même alors que pour être pro-actif il faudrait anticiper ceux-ci, pour en assurer la formation, la gestion, la planification et enfin l'attribution opérationnelle, tout en sachant que nous n'accepteront jamais une seconde baisse des conditions d'admission sur le profil des personnels recherchés.

Deuxièmement, l'Etat va promouvoir la construction de places de prison supplémentaire. Des places de prison ? Il nous semble que lors des élections, et même après, c'est bien de la construction d'une nouvelle prison préventive, avec 300 à 500 places, dont il était question. Ce ne sont pas nos députés qui pourront dire le contraire ;  http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/M01869A.pdf

Et bien à la lecture du "catalogue", point de nouvelle prison préventive à l'horizon 2013, ni même trace d'un projet d'étude ou du dépôt d'un PL par le Conseil d'Etat pour l'avenir. "Champ-Dollon 2" a disparu des discours politiques et sécuritaires. Il y a bien quelques places, avec la Brenaz 2, Curabilis et un projet pour une prison administrative, mais pas la solution à nos problèmes. Questionné par un représentant syndical, le Conseil d'Etat a répondu que ce projet n'était pas abandonné, qu'il fallait voir à l'horizon 2016 en étant optimiste. En clair, il faudra attendre une prochaine législature, et un nouveau "catalogue", pour espérer y deviner ce grand projet de prison préventive. C'est un peu comme un nouveau Palais de Justice, faut espérer, et surtout attendre, mais je ne suis pas certain qu'aujourd'hui nous pouvons nous payer le luxe de gaspiller, non pas de l'argent, mais du temps justement.

Troisièmement, la halle technique vétuste de l'Office Cantonal des Automobiles et de la Navigation n'est visiblement toujours pas une priorité, alors que le parc véhicules à Genève explose, toutes catégories confondues (source OCAN, total de véhicules 2008/2009 + 3684 unités soit 1,25%), alors que les professionnels perdent un temps précieux et que les particuliers n'en peuvent plus de cet exercice fastidieux par manque de moyens. Bernex et un nouveau bâtiment avaient été envisagés, mais là, plus rien. Les genevois vont devoir s'armer de patience, les collaborateur de l'OCAN aussi, mais là nous ne sommes pas certains du résultat.

Nos députés ont eu raison d'imposer la présentation d'un programme de législature au pouvoir Exécutif, car avant il y avait le catalogue de la  Redoute, maintenant il y aura que le "catalogue" que l'on redoute. Mais sur le coup là, ce n'est pas le Parlement qui a pris des risques, mais bien le Conseil d'Etat.

Minet.

Union du Personnel du Corps de Police

Section Gendarmerie - Section Prison - Section OCAN

"Genève, un monde en soie"

 

13/11/2009

Genève : folie des grandeurs ou folie des hauteurs ?

Toujours au repos, je regarde donc l’actualité genevoise avec un certain recul. Ce matin, l’on devine une tour de vingt étages aux Trois-Chênes, et une population qui s’offusque de ce projet caché, un par les promoteurs du CEVA et de ses projets connexes, deux par les élus communaux des régions concernées (photo TDG).

Ma première réflexion va directement aux  initiateurs du CEVA, pour leur manque de transparence.  L’on retrouve d’ailleurs ce défaut dans le projet Praille Acacias Vernets (PAV) , dans les Communaux d’Ambilly ainsi que dans la refonte des lignes de tramways.

On doit simplement se demander pour quelles raisons les pouvoirs politiques, cantonaux et communaux ne jouent pas la carte de la transparence, de l’information, de la consultation, pour ces grands projets d’urbanisation et/ou de transport.

Certes, les enjeux financiers, les intérêts commerciaux, voire les conflits d’intérêts, sont énormes et nombreux, mais la population a le droit de connaître avec précision, à travers des informations claires et précises, sans opacité, les coûts de ces desseins économiques et politiques, mais aussi les tenants et les aboutissants  ce cette nouvelle urbanisations des quartiers.  Il ne suffit pas d’agiter la carotte devant l’âne en valorisant la construction de logements, il faut aussi décrire les plans de quartier prévus car la qualité de vie des futurs habitants en découlera irrémédiablement.  

Ma deuxième réflexion rejoint mon titre. Genève, toujours plus grande ou toujours plus haute. Si Mark Muller a réussi à faire passer la loi permettant le rehaussement d’immeubles, ce qui  dans un programme de densification peut paraître judicieux, car modéré, je constate aussi qu’une prolifération de tours est envisagée dans de nombreux projets. Souvenez-vous du projet du quartier de l’ONU et de ses trois tours. Là, ce sont les Trois-Chênes qui se retrouvent avec une tour de vingt étages. Et il y aura encore le PAV.  Je vous rappelle aussi que Le Lignon était un projet de cité suburbaine qui était amené à être multiplié sur le canton, ce qui n'a pas été le cas heureusement.  

Pour la Praille Acacias Vernets, si je peux concevoir que notre ville-canton doit se doter d’un quartier d’affaires, avec quelques tours et un centre économique regroupé, le PAV semble une solution. Pourtant, les communes de Plan-Les- Ouates et de Perly sont deux exemples d’urbanisation économique que je qualifierais de très réussis tout au long de la route de Base, avec des bâtiments modernes mais sans tour.

Les tours ne sont jamais une réussite dans un plan d’urbanisation d’un quartier, surtout s'il vise la croissance de la population.  Sans stigmatiser les habitants des lieux, il est historiquement prouvé qu’une trop grande densification humaine n’est pas un gage de développement harmonieux. Le Lignon et Les Avanchets, par exemple, ont été longtemps des cités hautes où les problèmes y étaient récurrents. Vivre dans une tour, à vocation populaire, est rarement propice au développement de l’enfant, de l’humain. La proximité est remplacée par la densité. La vie de quartier par l’isolement par étage. Même dans les cités d'Onex et de Meyrin, y vivre dans une des tours implantées était un gage de stygmatisation.

Enfin, Genève a un patrimoine. Vue du Salève, comme dirait un autre blogueur, notre ville-canton est encore harmonieuse. Vues du lac, nos rives sont déjà défigurées par des tours qui brisent les courbes naturelles de notre patrimoine immobilier.

Les plans d’urbanisation des quartiers touchés doivent donc véritablement faire l’objet d’une réflexion, à travers le dialogue, les échanges, l’écoute mais aussi la transparence de projets. Avant de prendre trop de hauteur, la déclasification modérée de zones agricoles doit rester la priorité pour Genève.

La qualité de vie économique à Genève se dégrade pour la classe moyenne et inférieure, veillons à ce que la qualité des lieux de vie ne prennent pas la même courbe.

04/09/2009

Budget 2010, les députés sortants font de dos rond, mais jusqu'à quand ?

La proposition du budget cantonal 2010 vient d’être présentée, et cette année tout le monde fait le dos rond, mais jusqu’à quand ?

 

En cette fin de législature, dont le bilan n’aura pas été si mauvais que ça pour M. HILER et les finances cantonales, le grand argentier de la République se présente devant la députation avec un déficit envisagé de 364,4 millions pour l’année prochaine. Certes, il est légitimé par une réserve conjoncturelle de 744 millions et plus de 915 millions d’investissements pour relancer économiquement Genève, avec de grands travaux.

 

Ce matin, à lire et à écouter les diverses réactions politiques, pas de scandale en vue, pas de montée aux crénaux, même pour simplement demander un équilibre budgéraire légal des finances.

 

Rien d’étonnant, le plan quadriennal touche à sa fin et les élections approchent, d’importantes votations aussi. Personne ne va oser se brûler les ailes (comme dans l’affaire Kadhafi), avant que les résultats des urnes n’apparaissent. Lucidité politique ou manque de courage d’opinion ?

 

Ce qui est certain, c’est que deux possibilités sont envisageables pour le budget 2010, car l’on ne saurait entamer une nouvelle législature sans budget.

 

1)      Le budget proposé passe après les élections, avec peu de modifications, nos nouveaux députés ayant déjà décidé que 2011 sera l’année de la récession, sachant que les effets pervers de la crise dervaient nous toucher ces prochains mois. Il serait alors exigé des coupes budgétaires et de la baisse des charges, des postes et du fonctionnement de l’État, avec un budget l’an prochain assimilable à un régime forcé sur ordonnance.

 

 

2)      Le budget proposé est attaqué sitôt le résultat des élections connu et le nouveau Conseil d’État constitué, surtout si une majorité de droite prononcée devait apparaître au Parlement. Là, nos députés auraient vite fait de renier leurs discours sécuritaires et citoyens, sur la police, la formation, les écoles et les EMS. La légitimation serait d’avoir, au minimum, un budget équilibré. Mais pour rogner 364,4 millions, il n’y aurait pas mille solutions. Les grands travaux sont voulus par la droite économique genevoise, et soutenus par une gauche écologique et coincée par les effets sociaux négatifs de la crise. Resterait alors le budget de fonctionnement de l’État et ses charges, dont le plan quadriennal vient pourtant de demander un effort certain à tous les départements et aux employés, que certains nomment fonctionnaires.   

 

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Gageons que personne ne prendra le risque de refuser le budget 2010 en décembre, mais ne perdons pas de vue que l’augmentation des prestations relevées dans ce même budget est nécessaire, même si les engagements pris sont insuffisants pour répondre à la demande véritable. Mais il vaut mieux des engagements progressifs et réguliers. Ainsi, nous répondrons aux demandes de la population, plus de policiers, plus d’enseignants, des crèches, des EMS et un projet d’avenir pour nos jeunes à travers la formation.

 

 http://etat.geneve.ch/df/finances/index.jsp

 

La peur de la récession pourrait aussi faire refuser la baisse d’impôts proposée en votation, mais rien n’est moins sûr. Mais ça, c’est un autre sujet.

 

Bonne fin de semaine à vous.

 

Minet.