26/11/2009

Accident de la route de Lausanne vu de loin !

Étant toujours au repos, je suis l'affaire du "Rodéo de Bellevue" de loin, de très loin.

Cependant, je ne peux, ce matin, que constater que la police est une nouvelle fois attaquée sans vergogne, et de toutes parts.

- Le Procureur Général critique la lenteur de l'action de la police.

- Le Président du Département abonde dans son sens.

- La Cheffe de la police ne s'exprime pas.

- Le service de presse de la police parle d'une éventuelle erreur d'appréciation.

- Le remplaçant du Commandant a donné une brève réponse, digne d'un homme de terrain.

- Diverses prises de positions policières créent la discorde.

- Me Barillon présente son client comme une personne responsable qui reconnaît les faits qui lui sont reprochés (vitesse - alcoolémie).

- Me Jeanneret, qui n'a pas accès au dossier, déclare qu'il aurait fallu arrêter toutes les personnes au moment des faits.

- Les députés sortent du bois.

- Les journalistes s'en donnent à coeur joie.

Minet regarde ça de loin, mais ...

- L'auteur principal de l'accident est identifié, il a été auditionné, il a été inculpé, il reconnaît les premiers éléments reprochés.

- Les trois conducteurs des voitures mises en fourrière, qui ne présentaient pas d'alcoolémie, sont identifiés. Certes ils ont quitté la Suisse mais il n'ont pas disparu.

- Une enquête de ce genre demande plusieurs jours, voire plusieurs semaines, surtout s'il y a recherche de témoins, reconstitution, examen des mesures relevées, résultat médico-légale, etc.

Minet ne comprend pas l'acharnement médiatique sur la police et se pose les questions suivantes ;

- Y a-t-il une presse anti-flics à Genève, qui se permet de faire l'enquête et de tirer des conclusions hâtives sans avoir accès au dossier ?

- Y a-t-il un syndrome Kadhafi à Genève ?

- Y a-t-il un enjeu politique dans la réaction du PG, dans le cadre de l'affectation du DI ?

- Y a-t-il un problème entre divers services de la police, des conflits d'intérêts ?

- A travers tout cette affaire, qui cherche-t-on à atteindre, dans quel but ?

- Tout ça à quelques jours d'une énorme manifestation Anti-OMC, souvenirs souvenirs, veut-on décridibiliser la police ?

 

Comme je l'ai souvent écrit, je le redis ;

Genève n'a pas mal à sa police, Genève va mal, c'est tout.

Les faits, les rapports, les condamnations et l'analyse de ces événements révéleront si une erreur d'appréciation ont été commise.

Laissez donc la police faire son travail et cessez de tirer sur le pianiste !

 

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20/11/2009

Moi je dis oui au CEVA, sans réserve, enfin un nouveau projet pour Genève !

 

 

Un jour peut-être verrons nous les résultats d'un tel projet, mais il devrait enfin améliorer la sécurité des genevois, je m’explique.

 

Depuis quelques années, la situation s’est sécuritairement dégradée à Genève. Je trouve même que nous pouvons parler de l’avant et de l’après G8 de 2003.

 

Cette année là, malgré un dispositif très important, un déploiement massif de forces de polices et un engagement sans retenue des gendarmes, Genève a été mise à sac par les émeutiers, professionnels ou opportunistes. Les responsabilités politiques n’ont jamais été établies pour ces graves événements, même si le lynchage de Micheline Spoerri a donné un blanc-seing aux autres comme décharge.

 

Cette manifestation a malheureusement donné un signe fort à certains voyous, Genève était devenue vulnérable. Depuis, la criminalité n’a fait qu’augmenter, alors que nos effectifs ont stagné. Aujourd’hui, tout le monde le reconnaît, il manque des policiers. On ne voit plus les gendarmes dans nos rues, ou si peu. Les débats politiques qui viennent de se terminer pour les élections n’ont apporté aucune solution, ils ont juste permis de mettre à jour ces véritables problèmes de sécurité publique. Il nous faut donc un projet comme le CEVA pour l’avenir de Genève. Il se décline ainsi :

 

C comme Communiquer ; notre police doit améliorer sa communication, à travers son service de presse, le recrutement et surtout la police de proximité qui doit redevenir l’apanage de tous les agents.

 

E comme Écouter ; notre police et nos politiques doivent être encore plus à l’écoute, des commerçants, des citoyens, de associations de quartier, des élu communaux.

 

V comme Vivifier ; notre police doit devenir plus tonique, plus présente, plus participative, plus impliquée auprès de la population, la relation de confiance doit devenir le fer de lance de notre travail.

 

A comme Agir ; c’est avec ces trois éléments précités que nous pourrons agir sur les véritables problèmes, rapidement, par la prévention, l’intervention, la répression.

 

Ainsi nous retrouverons une sécurité publique pour une ville qui ne mérite pas de devenir une zone de non droit. L’attrait du métier en sera aussi le grand vainqueur, et la police genevoise redeviendra aussi attractive qu’elle le fut le siècle passé.

 

Donc, moi je dis oui au CEVA, un projet qui ne coûtera pas trop cher, car ce sont les moyens humains que nous avons à disposition, avec tous nos partenaires, que nous pourrons employer pour y arriver, tout en bénéficiant de l'augmentation des effectifs attendue.

17/11/2009

Deuxième analyse du scrutin du 15 novembre

Élections municipales 2007, le thème de la sécurité est le leitmotiv de Pierre Maudet. Il est le seul à tenir ce discours et il sera élu. Malgré, ou du fait de son isolement politique au sein du Conseil Administratif de la Ville de Genève, il reprendra le département de l’environnement urbain et de la sécurité.  Je ne vais pas entrer dans le débat pour savoir ce qui a été ou n’a pas été fait en deux ans par cet élu, mais il avait un programme, il avait la volonté de gérer un département, il s’était donné les moyens d’y parvenir, il y est et doit terminer les travaux entrepris.

Élections du Grand Conseil et du Conseil d’État 2009, le thème de la sécurité est le leitmotiv des partis  Libéral, Radical, PDC , UDC mais surtout du MCG. Les verts bredouillent quelques mots, les socialistes n’en parlent pas.  Pour le Grand Conseil, le MCG passe en nombre au Parlement, ses travaux vont débuter.

Au Conseil d’État, l’on se retrouve avec  sept élu-e-s, mais visiblement plus personne qui  ne veut s’investir et reprendre le département des institutions. La gauche lâche la patate chaude et la remet à la droite en lui rappelant ses sujets de campagne.  Cette même droite se doit donc d’assumer ce département, à l’insu de son plein gré visiblement.

Ma remarque est la suivante. Durant ces campagnes aux élections des deux pouvoirs politiques, l’Exécutif et le Législatif, quel parti avait un véritable programme, tous sujets confondus.

Pour moi aucun. Les débats de ces élections ont été menés autour du sujet de l’insécurité, sur  la nécessité s’instaurer une sécurité affirmée en nos rues, mais après.

Il y a bien eu quelques idées de candidats, mais rarement de véritables programmes de partis, vous l’admettrez  à la lecture qui suit ;

-          La tolérance zéro et l’augmentation des effectifs de la police pour les Libéraux.

-          Décharger les policiers de tâches administratives pour les remettre en rue pour les PDC.

-          Mise en place de la détention administrative pour les Radicaux.

-          Juger, condamner, renvoyer pour l’UDC.

-          Nettoyer la ville en 45 jours des dealers et mendiants pour le MCG.

-          Augmenter les effectifs de la police pour les Verts.

-          Ouvrir les postes de police 24/24 pour les Socialistes.

Mais au-delà de ça ?

Les débats n'ont fait que survoler les problèmes, sans jamais entrer dans le vif du sujet, avec quelques slogans, mais sans les solutions et les moyens à mettre en oeuvre pour les réaliser. C'était totallement insuffisant, et bien souvent, aucune réponse ne venait complêter les questions pertinentes de journalistes aguerris aux combats politiques.

Le véritable problème qui nous occupe donc aujourd’hui,  c’est que personne ne sait par quoi commencer pour réinstaurer la sécurité attendue. Je devine même que certains voudraient rester dans la continuité de la dernière législature, qui a pourtant été décrite et décriée comme un échec cuisant à ce niveau, ce qui est une vérité absolue.  

Les élections 2009 ont donc, plus encore que par le passé, permis d’élire des élus qui ont presque tous dénoncés un problème, mais qui à l’arrivée n’apportent aucun programme réel pour mener à bien les améliorations attendues.

La politique, suisse et cantonale, s’est enlisée depuis quelques années dans ces grands combats d’idées, de slogans mais les doctrines des partis politiques ont disparu, par consensualité, pas conflit d’intérêts, par alliance et du fait des disparitions des identités historiques de ces mouvements politiques. Une véritable crise identitaire, à gauche comme à droite.

Tous les partis traditionnels doivent donc se reconstruire une identité, ou enfin affirmer leurs alliances pour leur donner une âme, mais garder un tel statu quo serait une erreur  pour eux, elle laisserait la place aux partis émergents, populistes ou populaires, qui semblent à l'écoute des électeurs.

16/11/2009

Première analyse du scrutin du 15 novembre.

 

 

Si Genève n’a pas été bousculée hier, elle a néanmoins reçu une leçon et un message.

 

Premièrement, le visage des partis traditionnels change.

 

- Les Verts deviennent la nouvelle gauche, une gauche proche du centre qui va devoir savoir garder ses idéaux pour maintenir le cap, comme l’écologie, le développement durable, la mobilité douce et une politique sociale économiquement viable.

 

- Les Socialistes doivent se réformer rapidement. Les divisions, la perte d’une réelle identité et un tissu social genevois qui ne se retrouve plus en ce parti doivent animer la gauche d’une sérieuse prise de conscience. Les véritables valeurs de la gauche historique, des projets et des objectifs modernes et d’actualité, en lien avec la crise et les problèmes rencontrés par la population, une action syndicale nouvelle et enfin un rapprochement avec les Verts devraient être les mamelles de cette reconstruction. La gauche caviar doit disparaître, il en va de la crédibilité des socialistes.

 

- L’Entente doit finir son unification, car certains partis sont néanmoins en perdition. S’ils veulent voler de leurs propres ailes, les PDC et les Radicaux le peuvent à la seule condition qu'ils retrouvent une réelle identité, sinon ils devront se fondre dans l’Entente. Si les Radicaux vont probablement fusionner avec les Libéraux, il est souhaitable de sauver un centre droit. Le PDC doit donc devenir plus ambitieux, plus urbain, moins timide.

 

- L’extrême gauche doit mourir car survivre ainsi n’a aucune raison d’être. Une nouvelle doctrine du parti Socialiste devrait permette une réunification de cette gauche plurielle.

 

- L’UDC n’a visiblement plus sa place sous cette forme à Genève. La section genevoise devra suivre l’UDC Suisse pour survivre et ne plus être le vilain mouton noir de ce parti. La gourmandise est un pêché.

 

- Le MCG quand à lui doit simplement faire ses preuves. Ce parti devrait enfin être reconnu comme un partenaire du fait de ses résultats, mais il lui faudra démontrer qu’il peut devenir un parti traditionnel genevois. Ce n’est pas gagné d’avance, mais ses élus doivent saisir cette chance, car elle ne se représentera pas dans 4 ans en cas d’échec.

 

Deuxièmement, la droite se retrouve avec une double majorité, elle n’a donc pas droit à l’erreur, sinon la sanction tombera irrémédiablement dans quatre ans, surtout si d’ici là la gauche aura réussi sa reconstruction ou si le MCG aura su convaincre.

 

12/11/2009

Réponse d'un lecteur au courrier des lecteurs de M. MEYNET Léon.

Courrier des lecteurs | 11.11.2009 | 00:00

Fierté mal placée

Chêne-Bougeries, 1er novembre.Celles et ceux qui ont été victimes de violence policière à Genève peuvent en témoigner, nos pandores ne font pas dans la dentelle et ce n’est pas le tact qui les étouffe. Donc même si l’on ne porte pas les Kadhafi dans son cœur, reconnaissons que ça n’a pas été la meilleure méthode que de débouler à vingt casqués et bardés dans un cinq-étoiles pour enfoncer la porte de la suite du fils d’un colonel président d’un lointain désert. A 20 pour un homme et une femme qui ont maltraité un couple de domestiques! Imaginez, cette horde dans son harnachement du 3e type qui se précipite, à la Rambo, sur un agresseur présumé devant les yeux hagards de sa femme enceinte de huit mois et de son fils âgé de 3 ans. De quoi les traumatiser à vie. Et, comme ce n’est pas le courage qui les anime, ils ont dû être au moins trois pour terrasser et menotter l’indélicat personnage. Ça fait presque rire tant c’est ridicule! Après ce coup fumeux, notre conseiller d’Etat aux Institutions et ses subordonnés à la justice en ont remis une couche en arguant de la légitimité de leur action au nom de la loi et de l’égalité de traitement. Un excès de zèle qui coûte cherà des otages boucs émissaires, à notre diplomatie, à notre économie et donne de Genève une image d’inflexibilité caractérielle. Fallait-il vraiment que M. Moutinot nous lègue cette patate chaude en guise d’héritage de fin de son mandat?
Léon Meynet

Monsieur,

A la lecture de votre courrier des lecteurs, mon sang n’a fait qu’un tour. Je me pose encore la question comment la rédaction de la TDG a pu produire un texte pareil. A vous lire, la police genevoise est coutumière de violences illégitimes, les victimes étant nombreuses selon vos dires, puisque ceux et celles qui en ont été victimes peuvent en témoigner.

Cette première affirmation est scandaleuse et je vous invite à prendre langue avec la Direction de la police, ou le Commissaire à la déontologie, afin de connaître les chiffres exacte des exactions policières sur notre canton.  Comme de nombreuses personnes, vous semblez confondre usage de la contrainte et violence policière. Une intervention des forces de l’ordre peut paraître violente à travers l'usage de la force, mais celui-ci est le plus souvent légitimé par les circonstances et le comportement irascible, voire dangereux de l’interpellé.

Deuxièmement, je ne me prononcerai pas sur l’affaire Kadhafi, mais je vous invite à revoir vos sources M. Meynet, car la scène que vous nous décrivez sort tout droit d’un roman, voire de votre imagination débordante de préjugés.  Vous ne pouvez vous permettre de prétendre que les faits  se sont produits comme vous les décrivez, vous portez ainsi atteinte à l'ensemble du corps de police.

Troisièmement, en ce qui concerne le courage des policiers genevois, que vous reniez,  je vous invite simplement à découvrir notre profession au plus vite, afin que vous cessiez vos élucubrations publiques, que la rédaction de la TDG a scandaleusement imprimées.

Je ne sais même pas pourquoi cela ne m’étonne pas. Une attaque de plus contre le corps de police, qui était par le passé l’adage du journal Le Matin, est visiblement devenu le gagne pain de notre quotidien genevois 

 

               Walter  Schlechten                                                                                                                                                                   Lecteur de la presse romande.

               Président de l'UPCP

11/11/2009

Élection du Conseil d'Etat .... Triste campagne des candidats. Et si, de ce fait, nous avions droit à un deuxième tour ?

Les jeux ne sont pas faits, rien ne va plus !

Au repos forcé, je regarde la campagne électorale de loin, et bien malin celui qui osera un pronostique sur les résultats de dimanche prochain. Même les citoyens ou journalistes gouailleurs ne se frottent pas à cet exercice. La campagne est si moribonde que Pascal Descaillet en vient même à pousser ses invités dans leurs derniers retranchements. Il est vrai que la consensualité est de rigueur entres les candidats. Peu d'attaques, pas de grande promesse, pas de doctrine de vote mutualiste, pas d'alliance sur notre gauche dans les débats et une entente fragile sur notre droite, ajoutons quelques trublions mais aucune certitude.

Si nous pouvons supposer que MM Hiler et Unger vont passer la rampe, haut la main je le pense, rien n'est moins sûr pour les autres candidats sortants.

La liste de l'Entente devrait passer, mais la candidature d'Isabel Rochat n'est pas le maillon fort de celle-ci. Elle pourrait se retrouver biffée plus d'une fois. Un Mark Muller, un brin prétentieux et un François Longchamp un chouia précieux, pourraient eux aussi se voir bottés en touche par quelque déçus d'une droite qui perd ses identités historiques et son caractère.

La liste de la gauche genevoise bénéficiera du bon résultat des Verts et de l'image de David Hiler. Là aussi, Michèle Künzler se devrait de prendre la place de Robert Cramer, siège vacant depuis de nombreux mois du fait de ses nombreux mandats, mais l'image un soupçon désuète de cette candidate devrait faire qu'elle se verra biffée à plusieurs reprise. Elle bénéficiera énormément de l'effet aspirateur produit pas David Hiler.

Pour Charles Beer, sa seule chance est que personne ne veut son département, rongé par les réformes et sans cesse en transition. Son image de seul étendard, d'un parti socialiste en difficulté, devrait aussi lui servir, car sa colistière n'a pas été la mieux élue dans les viennent ensuite au Grand Conseil. Véronique Pürro devrait jouer les troubles faits depuis qu'elle revendique clairement le département Solidarité et Emploi, qui est à sa mesure pour autant qu'elle s'engage à trouver des solutions pour faire baisser le taux de chômage à Genève, ce qui n'est pas le cas actuellement dans sa campagne. François Longchamp ne risque donc pas de jouer son élection sur ce programme et Mme Pürro pourrait se retrouver avec le département des Institutions sur les bras.

Reste le MCG avec ses deux candidats et Yves Nidegger pour l'UDC. Si je vois mal une réelle surprise du candidat isolé de l'UDC, la surprise tant attendue, ou crainte par certain, pourrait venir du vociférant Eric Stauffer et/ou dû charismatique Mauro Poggia. Ils pourraient bénéficier de l'inertie des autres candidats et du manque d'ambition de certains.

Bien de mes amis, de gauche ou de droite, n'ont pas voté pour sept noms, mais pour trois ou quatre candidats/es.

Entre les déçus de la législature écoulée, les animosités partisanes, le manque d'engagement des candidats/tes, et la consensualité des partis, j'imagine assez bien que nous nous retrouvions avec seulement six élus/es dimanche soir, nécessitant un deuxième tour pour désigner le septième sage.

Mais si cela devait arriver, nous pourrions interpréter ce fait comme un déni d'intérêt de de confiance auprès du monde politique genevois.

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La Constituante devrait alors aussi réfléchir à un mode nouveau d'élection au travers d'une réorganisation historique des trois pouvoirs.

 

 

 

09/11/2009

Halte à l'inertie politique en matière de sécurité.

Face à l'inertie du monde politique pour prendre en mains les véritables problèmes sécuritaires de notre canton, il est temps de remettre l'église au milieu du village. De prôner à tout va une réorganisation statutaire de la police ne va en aucun cas améliorer la situation opérationnelle. Les priorités sont ailleurs.  

Analyse de la situation.

Quels sont les véritables problèmes qui empoisonnent Genève ? Pour moi il y a quatre points forts sur lesquels nous devons nous concentrer.

Premièrement, le trafic de drogue. Qu'il soit en rue où caché, Genève ne doit plus rester le centre névralgique de ce trafic pour la région franco-valdo-genenoise. Certes, la demande est là, mais l'offre est aussi sur le marché. Cocaïne, héroïne, drogues synthétiques ou haschich, tout y est. La lutte contre cette économie grise doit être intensifiée. Si notre position géographique est souvent un atout pour notre cité, elle l'est en revanche beaucoup moins dans ce combat. Pour cette raison, tous les services concernés doivent être associés à ce programme. Cela va de la prévention à la répression, même si actuellement nous souffrons d'un manque cruel d'effectifs, il nous faudra nous unir. Ce thème doit être traité en urgence, la drogue tue et déstructure socialement une société.

Deuxièmement, la sécurité publique.Par ce terme je pense à tous les délits de rue, vol, vol à la tire, agression, racket, cambriolage, menace, dommage à la propriété, mais aussi émeute. Si pour la plupart des maux l'on peut avoir rapidement une très forte influence sur ceux-ci par une présence policière accrue, tout comme pour le trafic de drogue en rue, il n'en demeure pas moins que la position de la Genève internationale fera que nous resterons un lieu de rassemblement, de manifestation, de contestation. La liberté de manifestation doit être garantie, sous réserve que les conditions cadres de sécurité soient réalisées. Mais ce dont il faut être conscient, c'est que si la gendarmerie genevoise est très bien formée en maintien de l'ordre, les effectifs insuffisants de notre corps ne nous permettent pas d'assumer cette importante tâche sans renfort, ni sans effectuer des heures supplémentaires. La solution passe donc irrémédiablement par une augmentation des effectifs de la gendarmerie. Dans un premier temps, la Police de Sécurité Internationale pourrait être formée au maintien de l'ordre, afin de déjà venir compléter nos rangs, mais ce n'est qu'une roue de secours, car le cahier des charges de ce corps est déjà bien rempli. Ce qui est certain, c'est que d'abandonner la voie publique à des sociétés privées de sécurité est une erreur  politique incommensurable. Nous l'avons toujours dit, la sécurité a un prix. L'augmentation des effectifs de la police doit devenir une priorité pour le nouveau plan quadriennal qui va nous être présenté sous peu, c'est le seul moyen de remettre durablement des policiers dans la rue, comme dans toutes les grandes villes du monde.

Troisièmement, la circulation routière. L'actualité malheureuse vient le confirmer une nouvelle fois. La police, notamment la gendarmerie, peut faire tous les contrôles du monde, la responsabilité de chacun est engagée. Sur un acte unique, démesuré, inconscient, un usager de la route peut tuer. Les véhicules sont des armes et la route n'est pas un terrain de jeux. Là aussi, la peur du gendarme, par manque de visibilité, a disparu. Par manque d'effectifs et du fait le la pluralité de nos missions et des priorités accordées, il ne nous est plus possible d'assumer cette présence. Cela doit changer. Ce n'est pas en ouvrant de nouveaux postes de police que l'on va y remédier, bien au contraire. La redistribution des missions, la collaboration avec les services connexes, l'augmentation de nos effectifs sur quatre à dix ans, voilà les solutions. Il en va aussi d'un discours très ferme du pouvoir judiciaire pour ce genre de délit. Le Parquet n'a pas le soutien politique attendu en la matière. La séparation des pouvoirs, oui, mais avec une doctrine forte en matière de lutte contre la criminalité.

Quatrièmement, police secours. Il est avéré que la population attend une chose de sa police. Elle veut la voir intervenir quand elle fait appel à elle. Il est faut de croire que l'ouverture 24/24 de postes de police dans tout le canton est un gage de sécurité, car dans 95 % des cas, c'est la police qui va au devant des victimes, des infractions, des délits, des incidents urgents. Il est rare de voir arriver au poste un plaignant qui vient d'être victime d'un acte délictueux. L'urgence est passée et le travail d'investigation lui seul doit commencer. Malheureusement, là aussi, nous n'avons pas une police de riche. Avec des effectifs rabotés et la multiplication des missions et des charges, il devient difficile pour nous de répondre à cette principale priorité d'un service public. Là aussi, une réorganisation des missions, du cahier des charges avec nos partenaires, et une augmentation des effectifs permettront d'y remédier. En aucun cas la fusion avec la Police de Sécurité Internationale, voire les APM, n'apportera de l'eau au moulin,  car le cahier des charges de ces entités viendraient également engorger la gendarmerie.

Ce qui est terrible à travers les quatre éléments que je viens de décrire, qui sont pour moi les principales priorités que nous devons cibler, c'est que je n'ai pas trouvé place pour la prévention, pour l'éducation, pour la police de proximité et l'îlotage, pour des postes de police ouverts partout et accueillants, pour la formation continue, pour les services officiels de représentation, pour les gardes hôpital, pour les conduites de détenus, pour les surveillances de détenus au Palais de Justice, pour le travail d'initiative, pour le recrutement, pour des patrouilles en zone frontière, pour des stages de formation hors canton, pour des détachements envoyés en renforts pour le GMO, et tout ceci sans la présence d'une conférence internationale comme Genève en a tant connue, événement qui engorgerait immédiatement toutes ces tâches. Jamais nous n'abandonneront le terrain, car dans notre métier chaque réquisition est une priorité dans son accomplissement, mais il est temps de se rendre compte que l'on ne peut plus faire toujours plus avec encore moins (ancienne doctrine utilisée pour galvaniser les troupes).

Nous, policiers de terrain, l'avons tous bien compris depuis des années. La solution passe par une augmentation des effectifs, par une redistribution des missions avec nos partenaires, par une doctrine forte et surtout, dans l'urgence et pour sortir de la tempête que nous traversons afin de rétablir l'ordre, une redéfinition des véritables priorités de chacun.  

Jamais je ne laisserai l'impuissance gagner le combat contre la criminalité et la sécurité publique. Il ne suffi plus de faire avec ce que l'on a, il nous faut faire plus et mieux avec tous nos partenaires, tout en remédiant au problème récurrent du manque d'effectifs de la police genevoise. Et ce n'est pas l'arrivée du nouveau code de procédure pénal qui va arranger les choses. Il faudra donc que l'inertie politique s'interrompe, que les personnes qui ont des connaissances métiers s'expriment et que l'on cesse de redessiner la police genevoise telle qu'elle est décrite dans les manuels, ouvrages idylliques mais qui ne fonctionnent que si tous les éléments liés à la réussite du système sont réunis, ce qui n'est plus le cas à Genève.

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Mais tout ceci ne nous regarde pas, nous ne sommes que des employés d'Etat, astreints à un service public, fonctionaires d'autorité, et nous ne sommes là que pour obéir.

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08/11/2009

Accidents mortels sur le canton, je dis "Stop" à l'angélisme des campagnes de prévention routière.

Deux morts de plus, deux de trop comme chaque année. Même si depuis 2005 la prévention routière est devenue une priorité à la gendarmerie genevoise et que les résultats obtenus sont encourageants, il n'en demeure pas moins qu'il manque encore deux maillons à la chaîne de la réussite.

minetblog1.jpgPremièrement, les campagnes pour la sécurité routière, qui partent toutes d'une très bonne intention, d'organismes privés ou publics, ne doivent plus user d'artifices pour arriver aux buts recherchés. Dans les pays anglo-saxons ou nordiques, les méthodes de prévention ont dépassé le stade de la pudeur, et nous proposent des images chocs dans lesquelles nous pouvons tout un chacun nous y identifier, nous y retrouver, voire y deviner l'un de nos proches. Alors que le sexe et la violence inondent nos pc, nos télévisions et les médias en général, je ne sais pourquoi nous n'arrivons pas à passer le cap de la retenue dans ce domaine louable qui est de sauver des vies. Il faut interpeller les consciences, frapper les esprits et provoquer la réflexion.

 

minetblog2.jpgDeuxièmement, si les actions policières peuvent être encore légèrement augmentées à Genève, mais au détriment d'autres priorités par manque d'effectifs, c'est bien le pouvoir judiciaire qui doit passer l'épaule et enfin infliger des peines et des sanctions ou l'empathie n'a plus place. Le repentir sincère oui, le pardon non.

 

J'ouvre simplement le débat, sur un sujet qui a malheureusement souvent été abordé, et qui curieusement ne fait pas partie des objets minetblog.jpgde la campagne pour les élections de la semaine à venir. Néanmoins, j'estime qu'il faudra aller plus loin et avoir le courage de changer de méthodologie pour lutter contre les délits liés aux infractions à la LCR. Ce problème est l'un des soucis qui nous occupent au quotidien, mais actuellement la police genevoise ne peut pas battre le fer dans toutes les ferronneries du canton.

 

 

minetblog4.jpgMettons fin à l'angélisme des mots et passons à la réalité des faits, des photos, des témoignages, des tombes qui fleurissent encore trop nos cimetières. Le poids des mots et le choc des images (images photos TDG et Le Matin).

 

 http://www.facebook.com/home.php?#/video/video.php?v=1125...

 

 

 

28/10/2009

Qui, où, quand, quoi, comment pour la sécurité de la population genevoise, ou, le DI est-il enfin devenu un objet de campagne ?

Alors que les vitrines pour Noël fleurissent, la fin d’année arrive à grands pas. On peut presque dire qu’elle est déjà là. Quand je lève la tête pour regarder les étapes qu’il nous reste à passer, le parcours n’est pas très accidenté, mais il s’agira de ne pas rater un obstacle.

 

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29 octobre, les syndicats de police vont être auditionnés par la commission judiciaire et de la police du Grand Conseil. Au-delà d’un obstacle, c’est une passerelle que nous devons traverser. À l’autre bout de celle-ci se trouve le sens aigu de l’analyse d’un projet de loi sur la police par des députés qui on déjà compris tout l’enjeu de ce document.

 

Tout ce qui pouvait être dit en restant politiquement correct l’a été par votre serviteur, et bien d’autres. L’on ne dessine pas l’avenir de la police sur le coin d’une nappe en papier, en y crayonnant un train à grande vitesse, des rails, une station de départ, mais en oubliant le chef de gare et les coûts de construction. Si ce train de mesures se met en route, il va se casser la figure, et les dommages collatéraux de son déraillement sont innombrables.

 

Prenons un nouvel architecte, un maître d’œuvre, un plan à l’échelle et redessinons le tracé de cette liaison vers l’avenir. Nous en avons le temps, en deux ans tout peu être terminé. Mais comme dans tous les grands projets, la décision finale appartient au monde politique.

 

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15 novembre, élection du Conseil d’État genevois. Le nom du futur architecte se trouve sur la liste des postulants, femmes ou hommes, l’élu sera désigné. Deux choses vont directement découler de ce résultat. Premièrement, nous saurons si nous aurons un pouvoir exécutif et législatif de droite, ou si le Conseil d’État demeurera à gauche. Pour nous peu importe, car l’important est que la collégialité et la transparence règnent entre les sept sages. Aurons-nous une nouvelle fois le moins bien élu comme Président/e, je n’en suis pas certain. En effet, le département des institutions est devenu un maillon fort de la politique genevoise, que nous ne pouvons plus laisser à la dérive. Une personne volontaire et responsable devra assumer cette tâche.

 

Nous n’allons pas entrer dans le petit jeu des pronostics, sachant que chaque postulant à sa chance, même si nous sommes tous conscients qu’il n’y a que deux places de libres, voire trois si surprises. L’élu arrivera avec ses qualités et ses défauts, mais plus que tout il ou elle devra être très rapidement à l’écoute des véritables problèmes de sécurité et agir opérationnellement.

 

De plus, la première année de sa législature devra être consacrée à reprendre la « réorganisation de la police » pour enfin arriver à un résultat adéquat, sans compromis certes, mais négocié.

 

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Fin novembre, début décembre, la saison sera terminée et la trêve des confiseurs palpable. Reste la question qui est sur toutes les lèvres, selon les décisions prises, une assemblée extraordinaire des syndicats de police se produira-t-elle encore en 2009. Nul ne connaît la réponse à ce jour, car justement nous n’avons pas toutes les réponses à nos questions, à nos attentes. On se souvient simplement tous que l’année dernière, à pareille époque, rien n’avait arrêté les policiers genevois dans leurs actions.

 

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19/10/2009

Bilan du DI vu par un journaliste. Bilan du DI vu par un policier !

BILAN | Retour sur la législature 2005-2009.

Bilan du DI selon la TDG de ce jour.

Sécurité: pas assez, trop tard
Reprenant un département en capilotade, le socialiste Laurent Moutinot a posé les bases d’une réforme de fond de la police, qui en a bien besoin, et d’investissements lourds dans les prisons. Il est vrai que les statistiques du nombre de délits révèlent que l’insécurité a augmenté.

Genève attend de lui des réformes et une reprise en main. Mais il lui faut trouver au préalable un nouveau chef des forces de l’ordre. Il faudra six mois pour dénicher la perle rare: Monica Bonfanti. Outre que la dame a été assez rapidement malmenée par certains syndicalistes, la préparation de l’Euro 2008 a également repoussé l’avancée des projets.

Prison, police, justice

Ce n’est donc que cette année que les dossiers sont arrivés à maturité et ont pu être présentés. Et ils ne touchent pas que la police. C’est en réalité un véritable feu d’artifice qui est tiré en cette fin de législature.

Dès février, le conseiller d’Etat avait annoncé que ­Genève devait construire une nouvelle prison. En septembre, un programme plus complet est déposé, quelques jours après la présentation d’une vaste réforme de la police (horaires, rémunération, organisation). Ce train-là est donc lancé, et bien lancé.

Parallèlement, une transformation fondamentale de l’organisation et des organes de la justice a été menée pour l’adapter au nouveau droit fédéral. Moins connu du grand public – à l’exception de l’épisode de la suppression du jury populaire – cet énorme chantier a été mené par son département et la Commission Justice 2011 du Grand Conseil. Pas si mal pour quel’un qui est accusé de se tourner les pouces.

Eric Budry

Alors que les élections au Conseil d'Etat approchent, un journaliste tire le bilan de Laurent Moutinot, nous nous devons de tirer un autre bilan du DI.

 

Tout a commencé au soir du 13 novembre 2005, avec les résultats de l’élection du Conseil d’Etat. Laurent Moutinot est le moins bien élu, avec seulement 43'928 voix. On a déjà tous compris qu’il va se retrouver avec le département maudit sur les bras, le DJPS.

La première décision de cet homme, qui sort de deux mandats comme conseiller d’Etat à la tête du DAEL, avec la réputation « il n’a rien fait durant huit ans », sera de changer le nom de notre département.

Le Département des Institutions est né. Qui sait pourquoi, on se pose encore la question aujourd’hui ? Est-ce le fait que les initiales PS soient associées à la police et la justice, voire à la sécurité ?

Un coup de tête qui va coûter une certaine somme à l’Etat, pour refaire tous les logos et les entêtes. Mais en 2005, on ne compte pas encore, on prépare le plan quadriennal.

A son arrivée, deux chantiers attendaient officiellement ce socialiste. Trouver un/une Cheffe de la Police, car depuis dix ans c’est la bérézina à ce niveau, et modifier les statuts de la Caisse de Pension des fonctionnaires de police et gardiens de prison, suite aux différentes décisions LPP, notamment une modification de l’âge de la retraite. L’OFAS a d’ailleurs prévu une période de transition de 5 ans, valable au premier janvier 2006, pour que les cantons, et les caisses de pension, puissent se réorganiser en douceur.

Acte I

Les affaires Devegney Alain et Chevalier Mario.

Pour sa première mission, il trouve la perle rare, et nomme Monica Bonfanti Cheffe de la Police. Rapidement, il y aura l’affaire Devegney, un syndicaliste au verbe acidulé, qui se réglera "à l’amiable", puis l’affaire Chevalier, un Chef de la PJ que certains ont voulu décapiter. Cette histoire n’est pas terminée, le Tribunal administratif vient de recevoir, sur ordre du TF, l’audit de Bernard Ziegler, commandé par Laurent Moutinot, et qui avait permis la destitution de Mario Chevalier. Cette affaire va ressortir dans les semaines à venir, la vérité aussi. Alors que les sanctions disciplinaires sont modifiées à l’Etat, touchant ainsi au statut décrié du fonctionnaire, Laurent Moutinot veut instaurer une IGS digne de ce nom. A ce jour, les derniers coups de pinceaux sont donnés dans les locaux qui abriteront enfin cette entité. Il aura fallu 3 ans pour en arriver là, pourtant sans aucune contestation majeure des syndicats de police sur ce sujet. Il faut dire qu’en 4 ans, la plupart des décisions, issues d’enquêtes administratives menées par le DI à l’encontre de policiers, ont été cassées par le Tribunal Administratif. A se demander si les personnes à la tête du DI connaissent les lois et les procédures.

Acte II

Révision des statuts de la Caisse de Pension, liée à la LPP.

Pour sa deuxième mission, Laurent Moutinot va tutoyer en 2006 le sujet de l’âge de la retraite en commission paritaire, réunions que nous qualifierons bien vite de "salon de thé", en arrivant avec une très grande idée, la fusion entre la PSI et la Gendarmerie. On se demande encore aujourd’hui pour quelles plus-values. Il va se voir opposer un « niet » ferme des syndicats et de la hiérarchie sur cette fusion, mais les éléments touchant la LPP ne seront jamais abordés. Cet homme politique est donc resté fidèle à lui-même. Il a laissé pourrir la situation 4 ans pour, il y a un mois, sortir un projet de loi surprise en sa fin de mandat, trahissant ainsi les négociations en cours avec les syndicats de police sur la Réorganisation de la Police. Le projet de loi déposé, ainsi que ses règlements d’application, sont les pires écrits législatifs qu’il m’ait été donné à lire en 4 ans. Aucune teneur, aucune logique, on casse la police sans reconstruire, on traite ce personnel comme du bétail, sans égard, sans la reconnaissance attendue à travers les négociations et la très grande ouverture d’esprit des syndicats de police. Ce projet de loi ne peut pas être la pierre d’achoppement de la Réorganisation de la Police, c’est impossible, l’édifice s’écroulerait irrémédiablement. La nouvelle législature qui arrive devra prendre se sujet en primauté pour trouver la solution.

Acte III

La Réorganisation de la Police. 

Genève a eu les yeux plus gros que le ventre pour l’Euro 2008. Construction d’un stade qui va rester vide longtemps encore, 3 Fan Zone et des installations démesurées pour l’évènement, même si la plaine de Plainpalais a été une réussite, et enfin des coûts pour la sécurité qui avaient été minimisés, notamment sur l’engagement sur le terrain des policiers genevois, et des heures supplémentaires exigées. Arrive une facture de 12 millions, la gronde de la Commission des Finances et un règlement de comptes politique qui commence. D’un côté la droite et Pierre Weiss, de l’autre la gauche et Laurent Moutinot. Au centre, la police. Le résultat de ce match où les animosités personnelles apparaissent clairement, c’est un rapport de la Cour de Compte et un second de M. Annoni. Des critiques sur l’organisation de la police, sur la difficulté d’énoncer les prestations octroyées aux policiers, sur les disparités entre services, sur la gestion du personnel, sur le manque de bases légales ou la confusion de celles-ci.

Dans l’urgence, fin mai 2008, la Réorganisation de la Police est mise en route par Laurent Moutinot. Les syndicats de police sont associés à la démarche, mais le Président du DI veut aller vite, très vite, pour en terminer avant la fin de son mandat. Il faudrait donc réaliser en 4 mois ce qu’il n’a pas été capable de faire en 4 ans. Juste impossible, tout le monde le sait, tout le monde le dit, même la hiérarchie. Alors, pour passer outre, Laurent Moutinot dicte sa loi et présente un tableau sur ladite réorganisation. A sa lecture, on comprend qu’il v a falloir deux ou trois ans pour tout mettre en œuvre. Que nenni, c’est dans cette précipitation que le Secrétaire Général du DI va organiser des groupes de travail durant tout l’été. Pour les représentants du personnel, ce sont des heures passées à trouver des solutions, à argumenter, à expliquer notre métier, à proposer, à démontrer les inepties tout en restant constructif. Des représentants de la Direction de la Police seront aussi présents, mais sans mandat de leur patronne, sans aucune idée de la volonté des états majors, sans doctrine car personne n’a été consulté par le DI. Au résultat, un rapport rendu par Bernard Gut, dans lequel les propositions des syndicats sont énoncées sous la rubrique « Oppositions / Positions divergentes», tout un programme. L’UPCP rédige alors un document de 6 pages intitulé « point de vue de l’UPCP », qui sera remis à MM Hiler et Moutinot, en vain. Alors que le rapport sur la réorganisation de la police devait être présenté au Conseil d’Etat, c’est un projet de loi qui apparaît. En première lecture on ne peut que se rendre compte que ce document officiel a été rédigé dans l’urgence. Il comporte de nombreuses erreurs et des contradictions législatives importantes. Tout y est mélangé, survolé, de la police scientifique aux services des RH, des indemnités aux horaires, des heures supplémentaires à l’organisation des services, faisant fi de l’opérationnel. Pire encore, alors qu’il y a deux mois Laurent Moutinot nous affirmait que l’on parlerait de la problématique de l’âge de la retraite après la réorganisation, un article de loi vient crucifier les discussions, voire les négociations attendues. Une trahison qui, avec le recul, ne nous étonne pas de l’homme qui est à la tête de nos Institutions. Un jour, un homme célèbre a dit "La lâcheté est l’arme des faibles et des sans courage". A trop ignorer les véritables problèmes, à les repousser aux calendes grecques, Laurent Moutinot n’a pas su prendre ses responsabilités d’homme d’Etat. Il a agit comme un petit chef de service, sans envergure, sans courage, sans idée, sans  vision d’avenir pour ceux qui resteront après son départ et surtout avec une hostilité manifeste contre la police.

Mais au lieu de reconnaître son erreur et de retirer ce Projet de Loi raté, le Conseil d’Etat , qui s'est fait manipuler par Laurent Moutinot, persiste dans son erreur et ce PL se trouve maintenant auprès de la commission judiciaire et de police. La commission des finances voudra probablement y mette son nez, ce qui me paraît normal. Si les députés qui siègent actuellement sur ces bancs font preuve de lucidité, l’évidence du travail bâclé apparaitra et la copie sera renvoyée au Conseil d’Etat pour réécriture. Nous policiers sommes prêts pour celle-ci, avec la volonté de construire trois projets de loi, sur trois ans, avec un échéancier et des possibilités d’organiser la police du 21èmesiècle, avec la concertation des chefs de service, des syndicats, des partis politiques, de la commission des finances, de la commission judiciaire et de la police, de la commission ad hoc Justice 2011.

Acte IV

Le Bilan de Laurent Moutinot et du DI.

Bilan du président du DI. Si des conférences internationales ont bien été présidées par Laurent Moutinot, notamment sur les droits humains, il m’est difficile de ne pas peindre que le diable sur la muraille. Mis à part l’installation de caméras dans les postes de police, l’interdiction de manifestation Anti-Wef du 31 janvier de cette année et d’une nouvelle loi sur la prostitution, je ne vois pas ce que je peux ressortir de bon dans la législature de Laurent Moutinot. Même ses actes où ses choix sont discutables.

-       Mise en place d’un seul uniforme entre la gendarmerie et la police de sécurité internationale, sans changer les statuts de ces deux entités, c’est faire croire à la population qu’il y a plus de policiers unfiormés en rue, ce qui est faux.

-       Nouvelle Loi et dénomination pour les ASM. Ils seront agents de Police municipaux, sans brevet de policier, sans prérogative judiciaire nouvelle, sans même avoir la possibilité de finir les tâches de police commencées, la gendarmerie devant bien souvent reprendre le flambeau. Seul point positif, ces collaborateurs bénéficient enfin d’un équipement et d’une dénomination qui leur permet de se défendre en qualité de fonctionnaire d’autorité. La frilosité politique et la chasse-gardée des communes sont encore un frein à la restructuration des services de police.

-      La problématique des mendiants a été une véritable cacophonie dans sa gestion législative et humaine. La police s’est retrouvée sous les feux de la rampe du fait de l’incompétence de nos décideurs.

-       La criminalité a explosé en 4 ans à Genève. Le pouvoir judiciaire s’est engorgé avec des procédures trop longues, par manque de moyens, et ce n’est pas Justice 2011 qui va arranger les choses. Trop occupé à retrancher la responsabilité des problèmes sur le Procureur Général, Laurent Moutinot a alimenté un conflit de personne, encore un, en lieu et place de traiter les problèmes policiers et de sécurité. Trop tourné vers la Genève Internationales et le socialement et politiquement correct, le Président du DI ne nous a pas donné les moyens de lutter contre cette criminalité. Pour certains délits le problème est localisé, la solution aussi, mais la non-entrée en matière au sujet de la détention administrative est la preuve de l’inertie du DI.

-       La gestion de l’Euro 2008 a été une catastrophe pour notre département, pas au niveau sécuritaire, mais organisationnel et politique. On a voulu faire beaucoup avec peu de moyen.

-       Enfin, il est temps de se demander où se trouve la plus-value pour la sécurité des genevois dans la Réorganisation de la Police bâclée et proposée dans l’urgence. Il n’y en a pas, l’intérêt de l’opérationnel et du service au citoyen sont  passés au second plan. A trop vouloir casser la « Grande Maison » et ses statuts, Laurent Moutinot en a oublié de trouver des solutions pour que Genève redevienne une ville où l’on doit se sentir en sécurité. Il n’y a plus de policiers en rue, là est le véritable problème, et ce n’est à nouveau pas Justice 2011 qui va améliorer les choses. Il est urgent que les priorités de la police soient revisitées, avec des moyens nouveaux et une volonté politique affirmée.

-    Pour la prison, la constuction de la Brenaz était devenue une urgence, Curabillis une évidence. Pour le reste, comme à la police, il laisse de "grands" projets, sans budget, sans garantie, que d'autres qui suivront devront reprendre en mains.

Acte V

Véronique Pürro, la solution du parti socialiste pour perdurer dans l’errance.

En prenant connaissance de la candidature de Véronique Pürro, à qui tout le monde destinait le DI, un énorme doute nous avait déjà envahit. Veut-on juste transformer la police en service social de l’Etat ? Rien dans le parcours de cette personnalité politique ne laisse présager une carrure suffisante pour tenir les reines de notre département. Elle est favorable à la dépénalisation du cannabis, je vous le rappelle. De, plus, nous sortons d’une législature de gauche, avec un socialiste aux commandes, et son bilan est catastrophique. Et ce ne sont pas les propos tenus par la candidate socialiste qui vont nous rassurer, bien au contraire. Elle a probablement toutes les capacités pour entrer au Conseil d'Etat, mais le DSE lui irait probablement comme un gant.

Avec un parti incapable de déposer une initiative pour le droit de vote des étrangers, mais qui veut des étrangers dans les rangs de la police pour y faire appliquer des lois pour lesquels ces employés n’auraient pas le droit de regard ; avec une députation genevoise qui ne veut plus de Députés policiers, supprimant ainsi sans raison un droit démocratique constitutionnel ; avec un refus net d’augmenter les possibilités de détentions administratives ; avec une grande idée de simplifier le traitement des dossier, alors que le nouveau CPP va avoir l’effet inverse assurément ; avec le développement du travail d’intérêt général pour les délinquants mineurs, donc aucun signe fort politique pour endiguer la criminalité de rue ; nous n’y voyons aucune solution pour améliorer la situation critique dans laquelle Genève se trouve. On peut se tromper, mais nous avons des doutes.

Il faudra tourner la page au soir du 15 novembre, et mettre toutes les cartes sur table pour avancer ! 

 

Le Conseil d’Etat a fait son boulot. Mais les chantiers restent ouverts