10/12/2009

Analyse à froid du Discours de Saint-Pierre sur la thématique de la sécurité !

A chaud, à Genève, il y a le grand Pascal qui mène des débats, mais à froid, c’est plus rare.

Donc, trois jours après la cérémonie qui a invité nos sept sages à s’approcher des Saintes Écritures, nous revenons sur la thématique de la sécurité qui a été abordée dans le discours officiel du Conseil d’État. Morceaux choisis et analyse ;

« Nous nous engageons donc à former et à recruter des policiers supplémentaires afin de garantir que l’autorité de l’Etat soit mieux respectée dans chaque quartier. »

- Depuis des mois, comme l’ont souvent déclaré et écrit les syndicats de police, le principal élément causal des problèmes rencontrés à la police genevoise, dans son organisation ou dans l’exécution de ses tâches, était le manque d’effectifs. Soutenus par les hiérarchies, les représentants des personnels ont visiblement été entendus.

Va se présenter maintenant un sujet crucial, car moral, éthique, législatif et relevant de l’identité cantonale et nationale, à savoir le débat sur l’engagement d’étranger non naturalisés, voire de policiers étrangers, à la police genevoise.

Selon nos élus du Grand Conseil, cette solution représente deux avantages. Le premier est de donner une pluriculturalité à notre corps. Mais celle-ci existe déjà par la représentativité de la population genevoise et romande, par le biais d'enfants des deuxièmes et troisièmes générations d’immigrés. La légitimité de cet argument est déjà réalisée, elle devient donc caduc. Deuxièmement, on nous explique que cela va permettre de résoudre nos problèmes d’engagements. Le recrutement à la police est en reprise, mais c'est encore insuffisant. Là aussi, nous avons de la difficulté à comprendre pour quelles raisons nous ne ciblons pas prioritairement le bassin Romand, dans lequel un vivier important existe, tout comme un chômage récurrent. Il y a des jeunes gens qu’il nous faut sortir de la problématique de l’engrenage de non formation, de la fin d’apprentissage sans poste fixe, de la recherche d’emploi, voire même du manque de certification. Nous nous devons d’offrir une opportunité à ceux-ci, elle passe aussi par le métier et la formation de policier. Une année préparatoire à l'école de police pourrait être une solution.     

« Ces effectifs supplémentaires devront être l’occasion de repenser l’organisation même de la police, son rôle, les valeurs qui l’animent, sa manière d’être commandée, le fonctionnement de son état-major et son sens des priorités. »

- Repenser l’organisation même de la police, réorganiser l’institution. Si sur le fond cette démarche est possible, ce qui nous manque aujourd’hui c’est de connaître la plus-value recherchée, car changer pour changer n’apportera pas l’essentiel. Divers rapports, contestés partiellement nous vous le rappelons, ont mis le doigt sur le manque de transparence et une certaine opacité de notre mode de fonctionnement et de rémunération. En cela, une réorganisation administrative est souhaitable, car nous n’avons rien à cacher. La lisibilité et traçabilité de notre mode de rémunération doivent être transparentes.

Mais si nous revenons sur la volonté traduite dans le discours prononcer en notre Cathédrale, on y recense le rôle de la police et ses valeurs qui l’animent. Repenser le rôle de la police, c’est remettre en question la politique menée ces vingt dernières années à Genève.

Redéfinir le rôle de la police, c’est une démarche importante, éthique, qui pourrait reconditionner nos fonctions et nos priorités, voire une certaine approche policière de la Genève internationale, onusienne, touristique,  événementielle et culturelle. Si l’on veut une police qui ressemble à l’image portée par l’Esprit de Genève, le rôle de la police peut alors être reconsidéré. Mais n’oublions pas qu’au-delà de cette vision universelle le rôle premier de la police est de faire appliquer les lois pour que la première des libertés de nos concitoyens, que l’on nomme sécurité, puisse être respectée, offerte, maintenue. C’est actuellement à travers les articles 125A et 126 de la Constitution genevoise que l’on devine le rôle de la police, ainsi qu’a travers la Loi sur la police. Ces écrits législatifs manquent de valeurs humaines et fondamentales sur le rôle de la police. La Constituante se chargera d’y remédier, soyons en certain, il faudra donc que la concertation nourrisse les débats entre tous les acteurs.

Définir les valeurs de la police. La problématique de ce travail résulte en une trilogie policière. Si les valeurs constitutionnelles sont identiques pour les trois corps de police à Genève, chaque entité s’est construite sur différents modèles de valeurs.

La police judiciaire, de par son appellation et son travail, est très proche du pouvoir judiciaire. Elle est le cordon ombilical qui relie la mère justice et l’enfant police. Élitiste et parfois nébuleuse, on la nomme aussi populairement la secrète, la police judiciaire va devoir s’adapter au nouveau code de procédure pénal, ce qui va entraîner des modifications importantes de fonctionnement. Son rôle sera d’être plus présente et ses valeurs seront de se rapprocher des autres corps et probablement du travail de rue, de la population. Ce n’est qu’une approche populiste car la structure d’application du NCPP est encore en gestation.

La gendarmerie, de par son organisation et son histoire militaire, est sclérosée dans ses valeurs selon de récents observateurs qui ont produit un essai universitaire. Partiellement, sans être d'accord avec la totalité des remarques soulevées, il faut le reconnaître. Par contre, un certain élitisme hiérarchique est en train de s’imposer, suivant des normes issues de la société civile, administratives et étatiques. Une lourdeur formatrice, pas toujours adaptée aux besoins, vient remplacer des connaissances métiers qui perdent trop de leur valeur. Sclérosée ne veut pas dire qu’il faut abandonner ces valeurs, mais que d’autres doivent venir nourrir ce corps de gens d’armes. Nous ne pensons pas qu’il faut verser dans un corps civil et administratif, cela serait une erreur, mais l’image et le rôle de la gendarmerie peuvent être redessinés.

On associe bien souvent la police de proximité à cette profession, mais les manques d’effectifs nous ont éloignés de cette mission première, qui doit rester le fil rouge de ce métier. La sectorialisation de l’îlotage a correspondu à un abandon du terrain par la masse, de la rue, mais il y avait alors des closes de nécessité.

Comme pour les trois corps, les valeurs humaines et fondamentales doivent accompagner ce fil rouge. Mais ce n’est pas à travers des heures passées sur un banc d’étude que l’on convaincra, mais bien à travers une doctrine dictée dans le rôle de la police, car ces valeurs sont ancrées en nous, de par notre fonction, notre serment et notre proximité avec la misère sociale notamment.

Pour nous aussi, la mise en application du NCPP devrait modifier notre profession, mais probablement et malheureusement en nous éloignant encore un peu plus du travail de rue. Raison pour laquelle, l’augmentation de l’effectif de la gendarmerie demeure une priorité, afin de combler le retard pris et d’anticiper celui qui va survenir.

La police de sécurité internationale a été construite sur différentes valeurs, issues d’horizons et de fonctions diverses, pour créer ce corps de police recomposé. Un problème identitaire subsiste de ce fait, et sur son rôle et à travers ses valeurs. Si cette entité doit survire, ce qui pour l’instant correspond à une nécessité, elle devra se trouver une véritable identité, avec l’aide de la reconnaissance étatique, et des hiérarchies.                

« Le corps de police doit être valorisé dans sa mission d’autorité. Sa présence doit être visible, dans la rue mais aussi dans les postes de quartier. »

- Il est certain que la mission d’autorité doit être valorisée. C’est aussi dans ce but que nous nous définissons comme des fonctionnaires d’autorité. C’est aussi dans ce but que nous défendons nos acquis. C’est égallement dans ce but que nous restons en attente de cette valorisation promise. Mais nous étions certains que le pouvoir politique était conscient de ce fait, le contenu du discours de Saint-Pierre est venu le confirmer.

La manque de présence policière est symptomatique du manque d’effectifs et de la pluralité des missions, des tâches, du cahier des charges. L’augmentation de l’effectif et la redistribution des rôles et des missions devraient aider dans un premier temps à retrouver un second souffle.

Par contre, la visibilité des postes de quartier est à double tranchants. Il est prouvé que les citoyens ne vont pas à la police, mais ils sont en attente que la police vienne à eux, qui plus est dans des situations conflictuelles, délictueuses ou de victimisation. Laisser une porte ouverte s’est bien, répondre à la demande sur le terrain c’est mieux. La loi prévoit deux postes ouverts 24/24, c’est suffisant. Les moyens de communications modernes permettent d’entrer en contact rapidement avec les services de police, même dans l’urgence, surtout dans l’urgence. En cela, la réactivité et l’efficience de nos services doivent être améliorées pour répondre aux attentes de cette population.  

Ce n’est pas le policier au poste qui aide son quartier, mais c’est bien le policier dans son quartier qui aide la police à être performante.   

Une analyse à froid, prise avec un certain recul. Ce n’est ni un essai, ni une vindicte, juste un point de situation d’une période transitoire dans les grands travaux qui attendent la police genevoise.

08/12/2009

Discours de Saint-Pierre, sécurité, police, justice, avenir !

Toujours au repos, j'ai pu suivre, comme tous citoyens, la cérémonie de prestation de serment de nos sept sages sur Léman Bleu.

Attentif à l'allocution de Guy Mettan, Président du Grand Conseil, qui nous a gratifié d'une dépose de jalons pour visiblement démontrer que la séparation des trois pouvoirs sera le leitmotiv de la législature nouvelle, j'attendais le Discours de Saint-Pierre avec curiosité.

François Longchamps, Président du Conseil d'Etat, s'est honorablement soumis à cet exercice pluriel, car nourri de de multiples thèmes.

Vu ma position, je ne retiendrai que la partie intitulée Garantir la sécurité publique, à travers les engagements pris in corpore par le Conseil d'Etat ;  

"Poser des repères pour avancer, c’est aussi rappeler que la première de nos libertés s’appelle la sécurité. Les États ont originellement été constitués pour la garantir. Les premières victimes de l’insécurité sont toujours les personnes modestes ou vulnérables qui attendent de l’État un appui ou une protection. Genève doit retrouver, en la matière, quiétude et sérénité.

Nous nous engageons donc à former et à recruter des policiers supplémentaires afin de garantir que l’autorité de l’État soit mieux respectée dans chaque quartier. Ces effectifs supplémentaires devront être l’occasion de repenser l’organisation même de la police, son rôle, les valeurs qui l’animent, sa manière d’être commandée, le fonctionnement de son état-major et son sens des priorités. Le corps de police doit être valorisé dans sa mission d’autorité. Sa présence doit être visible, dans la rue mais aussi dans les postes de quartier. Nous devrons aussi garantir une meilleure coordination avec les polices municipales. La nouvelle loi qui entrera en vigueur dans quelques jours y contribuera.

Il s’agira aussi de rappeler que les criminels doivent aller en prison, et non purger des peines symboliques. Tout ne dépend pas seulement de nous : des réformes fédérales sont attendues et la justice doit, dans le cadre des prérogatives qui sont les siennes, jouer son rôle et assumer ses responsabilités. L’État de Genève doit, pour sa part, mener rapidement à son terme la construction de places de prison supplémentaires et créer un centre de détention administrative pour les délinquants sous le coup d’une décision de renvoi, qui sont indésirables dans notre cité."

Victimes - Protection - Quiétude - Sérénité - Former - Recruter - Garantir le respect de l'Autorité de l'Etat - Repenser - Organisation - Rôle - Valeurs - Fonctionnement - Etat-major - Priorité - Valorisé - Visible - Coordination - Polices municipales - Nouvelle loi - Prison - Construction - Détention administrative - Indésirables.

Des mots très forts pour démontrer que la première de nos liberté s'appelle sécurité. Des mots très forts pour restructurer la police. Des mots très forts pour responsabiliser l'Etat et probablement rassurer la justice et la population. Des mots très forts auxquels je trouve écho, ils m'interpellent, ils me surprennent, ils m'encouragent à continuer le travail d'information et de crédibilisation entrepris auprès de nos politiques , de nos médias,  de nos citoyens depuis des mois.

Ces mêmes mots me laissent avec une grande incertitude, à laquelle seule notre Présidente de Département aura une réponse adéquate. Je reste donc, avec mon comité, en attente de cet échange, de cette rencontre inévitable et souhaitable pour tous, pour les bien de l'Etat, de la sécurité, de notre corporation et de l'avenir de Genève.

Dans un autre registre de l'analyse, je remarque que le Procureur Général de la République n'a pas pris la parole cette année. La séparation des trois pouvoirs est donc affirmée, respectée. Elle devrait donc aussi ressortir logiquement des travaux de la Constituante.

Enfin, je remarque que le "hasard" des actualités se rejoint en ce grand jour. Alors que le nouveau Conseil d'Etat prête serment, qu'une direction assez ferme et décidée est édictée, Yves Patrick Delachaux et Frédéric Maillard publient un essai intitulé "Police, état de crise ? Une réforme nécessaire".

J'ai bien évidemment commandé ce recueil dont j'attends livraison. Je vais le lire avec attention. L'on devine à travers les quelques extraits parus que les mots son durs, la critique acerbe, l'analyse franche. Mais je n'arrive pas encore à y deviner une impartialité totale. Donc je vais me plonger dans cette lecture pour mieux comprendre, mieux deviner, mieux identifier, mieux agir et réagir.

Ce qui est certain, c'est que tel ouvrage va blesser s'il est mal écrit, va heurter s'il est trop bien écrit, va être rejeté s'il est ma décrit. Sans tout prendre pour argent comptant, cet essai ne devrait pas devenir la bible de la police genevoise, je pense qu'il faudra en retirer des éléments, car il est trop rare que la liberté d'expression puisse aller aussi loin dans la critique d'une institution.

De grandes lectures nous attendent donc ces prochains jours, eux, vous et moi. Alors, tournons la page !

 

 

05/12/2009

Pourquoi Minet comme sobriquet ?

Bien souvent l'on me pose la question, pourquoi Minet comme sobriquet, d'où vient-il ?

L'histoire est assez simple, la longévité de celle-ci un peu moins !

Il y a vingt ans, alors que je me trouvais en patrouille de nuit avec Monsieur Eric, un flic à l'ancienne avec une grande, que dis je, une énorme gouaille portée par une voix forte et un rire encore plus puissant, nous nous sommes retrouvés à contrôler la fermeture d'un bar. 

La patronne, du haut de son comptoir, engagea la conversation. Elle remarqua aussi la présence du jeune argoulet que j'étais.

- "Un p'tit nouveau, il est tout beau tout propre celui-là".

- "Eh oui, c'est notre Minet de Rive, il vient d'arriver" s'exclama dans un rire presque forcé Monsieur Eric.

- "Minet ? - Remarque cela lui va bien, il a des yeux de chat".

- "Miaou Miaou" surenchérit Monsieur Eric dans une esclaffade générale, où moi seul souriais par politesse.  

En quittant cet estaminet ;) j'ai simplement demandé à mon chef pour quelle raison Minet lui était venu en tête. Il m'a répondu que j'étais tout le temps très soigné, dans ma tenue, dans ma coiffure, et qu'il était vrai que j'avais des yeux de chat.

La nuit s'est déroulée comme toutes les autres qui suivront, avec leurs lots de bagarres, de bruits, d'accidents, de disputes familiales, d'ivresses au volant, tout en restant en attente d'un éventuel coup du bélier vers cinq heure du matin, voire d'une course poursuite avec une voiture volée. Le chat n'est-il pas un chasseur nocturne ?

Par la suite, cette histoire c'est répandue dans le groupe, dans le poste, dans la lettre où nous travaillions, ainsi est né Minet. Néanmoins, ce sobriquet n'aurait pas survécu si je ne l'avais pas entretenu. J'avais deux bonnes raisons à cela.

Premièrement, nous étions trois à avoir le même nom de famille dans la corporation, des confusions étaient possibles.

Deuxièmement, mon nom de famille est difficilement compréhensible sur les onde, lors d'appel radio. Le syndrome de prononciation de mes professeurs d'antan était visiblement contagieux. Pas simple à articuler, donc pas simple à comprendre ce nom de dix lettres qui ne comporte que deux voyelles.

Ainsi est né Minet. Depuis il me suit, il m'accompagne, et à ce jour, il y a même des citoyens, des collègues, des commerçants, des petits trafiquants ou voleurs qui ne connaissent pas mon véritable nom, juste ce sobriquet.

Pour quelle raison me direz vous je vous raconte tout ça. Eh bien, c'est que hier je suis tomber sur un article qui parlait des minets, des chats et qui brisait certains mythes. Et comme ma foi il indique que ces félins ne son pas d'éternelles marmottes, j'aime à le partager avec vous !

Il démontre leur sens de l'observation, de la communication, qu'ils savent prendre de la hauteur, être actifs, attentifs aux médias. En fait, ils passent que très peu de temps sous les tables, à jouer ou à dormir. 

Je vous laisse donc lire cet article, tout en espérant que ceux qui me voyaient comme un vilain matou auront découvert une autre facette de ce Minet.

* * *

(réf; 20Minutes)

Chat alors!
Que font les chats en l'absence de leurs maîtres?
Il y avait un moyen simple de le savoir: des «caméras de chat». Un dispositif prenant des photos toutes les 15 minutes a été installé sur le collier de 15 matous. Il écorne certaines théories de l'homme sur le côté marmotte des félins...
Selon les photos, les chats passent environ 22% de leur temps à regarder par la fenêtre, 12% à communiquer avec les autres animaux domestiques de la famille et 8% à grimper sur des chaises ou des arbres à chat. Ils consacrent seulement 6% de leur journée à dormir.

«Ce qui m'a surpris, c'est à quel point les chats sont actifs. Je pensais que mes trois chats dormaient pendant la journée», a confié Jill Villarreal, une experte du comportement animal qui a recueilli ces données pour la marque Friskies.

Les 777 photos prises montrent que les chats regardent la télévision, l'ordinateur, des DVD ou d'autre médias 6% de leur temps. Ils passent aussi 6% de leur journée sous les tables. Enfin, ils s'amusent avec des jouets 5% de leur temps et mangent ou regardent la nourriture les 4% restants.

04/12/2009

Oui, la violence contre les policiers est un fait de société !

Je ne veux pas argumenter, pas besoin, pas pour l'instant. Je veux juste vous faire partager ce témoignage d'une jeune gendarme courageux, qui parle avec son coeur des difficultés de son métier, de la douleur d'un policier !

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/12d869dc-e054-11de-a781-0...

Bravo à toi cher collègue, tout en espérant que l'appel de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police sera lui aussi entendu !

Walter SCHLECHTEN - Genève

A lire aussi ;

http://www.ipageneve.ch/1police_syndrome.pdf

 

03/12/2009

Décidément, entre rien dire et trop parler, il y a une limite pour ne pas mettre de l'huile sur le feu - Petit coup de gueule !

Ce jour, déclaration du Conseil d'Etat, les départements sont distribués, recomposés et Madame Isabel Rochat hérite du DSPE.

Certains soulignent le courage de cette femme, d'autre le manque de bravoure des candidats sortants, mais tout le monde est visiblement soulagé de connaître les nouvelles attributions de nos Conseillers d'Etat, même si quelques doléances apparaissent déjà.  

Le débat n'est pas là, car si nous avons accueilli avec courtoisie l'arrivée de notre nouvelle présidente de département, il en est d'autres qui de suite ont visiblement décidé de dicter la ligne de conduite que cette élues devra adopter, au delà de la séparation des pouvoirs.

Ainsi, un député, président de la commission des finances, s'est exprimé ce jour sur Léman Bleu, en s'exclamant que les effectifs de la police devaient être augmentés, ce qui est louable, mais en précisant de suite que cela pouvait être fait en engageant des étrangers dans ce corps de métier, des permis C et même des policiers français efficaces. Il a terminé sa phrase par une vindicte, en déclarant avec hargne qu'il fallait mettre fin au corporatisme de certains qui dure depuis bien trop longtemps.

C'est là que je ne comprends pas. Le corporatisme est issu de notre nécessité de travailler ensemble, en groupe, en section, en corps, unis par nos serments pour accomplir nos missions, toutes nos missions. Il est une force pour nous, mais aussi une valeur. Il se répercute parfois dans les discours de nos représentants du personnel, c'est certain, mais bien souvent pour légitimer une prise de position louable, logique voire inattaquable.

L'engagement d'étrangers est un vaste sujet, qui devra venir dans quelques années sur la table. Mais pour l'instant, aucune police européenne n'engage du personnel étranger. Les étrangers n'ont pas le droit de vote à Genève et la Constituante hésite à l'accorder. Deux cantons suisses ont ouvert la voie aux personnes non naturalisées, mais sans les résultats et les succès attendus. La solution ne passe donc pas par là pour l'instant, surtout dans une société où Genève présente plus de 10 % de chômage et où la Romandie demeure un vivier important pour notre profession.

- Quel était le but de ce député dans son action ?

- Une simple provocation ?

- Une main mise de la commission de finances sur le DSPE, déjà ?

- Une doctrine dictée à Madame Rochat ?

- Ou simplement une nouvelle petite phrase qui n'aurait pas dû être prononcée, et qui a une nouvelle fois été mal interprétée ?

Je n'ai pas la réponse, mais lorsque je vois que j'ai subi des pressions pour me faire taire, et que d'autres s'expriment sans retenue, au delà du respect que je dois aux institutions, je me demande qui parle trop dans cette République.   

Ceci ne modifie en rien mon mot précédant sur ce blog, je souhaite la bienvenue à Madame Isabel Rochat à la tête de notre département. Je reste en attente de découvrir ses projets, ses idées, ses choix et surtout ses qualités d'écoute et de décision que l'on lui porte. Et visiblement, elle impose déjà ses choix, avec courage !

 

02/12/2009

La véritable recette de la patate chaude genevoise !

LA PATATE CHAUDE GENEVOISE

(La véritable recette de nos anciens)

 

Illustre dans l’histoire genevoise, on la retrouve dans la marmite de la Mère Royaume ou comme accompagnement de notre longeole. Elle est très courue à la rue de l’Hôtel-de-Ville, cher le père Glozu 1er, mais est assez indigeste à la Tour Baudet.

Le Discours de Saint-Pierre approchant, à grands coups de cardons d’invitations, je me devais de replacer la patate chaude dans son juste plat, au centre de la table.

Pour sept personnes, il vous faut ;

-          Une bonne grosse, une énorme patate chaude, bien heurtée, aux formes irrégulières, fumée à la pipe ou au fumoir de la Treille.

-          Une dizaine d’oignons du café de la Presse, des Alliaceae dont les bulbes dégagent diverses saveurs à la Tribune ou au petit Matin.  

-          Une centaine de grammes de fromage, labellisé ou élu, à pâte molle, venant du fromager du coin, de gauche ou de droite.

-          Un quarteron de factieux poulets grillés.

-          Quelques graines de Curabilis.

-          Une marmite en fusion.

 

Après c’est assez simple.

Faire revenir un jeudi soir les oignons, le quarteron et les graines de Curabilis dans du beurre du pays.

Faire cuire rapidement en quelques semaines l’énorme patate chaude dans la marmite en fusion.

Morceler ladite patate, mais ne pas en faire une purée, pas encore.

Déposez sans heurter  les morceaux de pomme de terre dans un plat à gratin, car le plat se devra d’être bien gratiné.

Là-dessus, dispersez dans l’ordre, les oignons, le quarteron et les graines de Curabilis et recouvrez le tout avec le fromage, député le soigneusement sur tout le plat.

Placer le tout au four pour une législature, et après, si vos sept invités sont toujours volontaires pour y goûter, servez à grande louche.

Sauvons la patate chaude genevoise, elle doit survivre à toutes manifestations hostiles culinaires.

Minet le maître queux de l'humour !

Manifestation anti-OMC, analyse des faits, avec un certain droit de réserve mais aussi un certain regard !

Je ne peux qu'exprimer mon étonnement en visionnant la prestation de Pierre Weiss, membre éminent de la commission des finances, hier soir au journal de Léman Bleu.

http://www.lemanbleu.ch/leman_bleu_archive_flv.php?new=tr...

Le 25 novembre, la commission des finances du Grand Conseil a libéré 3,6 millions pour payer les frais des manifestations liées à l'OMC, une petite conférence de cinq jours,rallonge comprenant les heures supplémentaires des policiers. Pourtant, dans cette somme ne figure pas encore les dégâts pris en charge par le fond d'indemnisation pour les victimes des émeutes que nous connaissons aujourd'hui.

Ma réflexion est la suivante ;

- 25 novembre 2009, 3,6 millions, voire plus, pour la police en frais généraux pour 5 jours de manifestations, dans le cadre de l'OMC, personne ne bronche même si la pilule est amère !

- 24 septembre 2008, 12 millions pour la police en frais généraux pour 30 jours de manifestations, dans le cadre de l'Euro08, toute la République s'acharne contre la police, nos heures supplémentaires, le statut des policiers, leur retraite, leurs acquis sociaux !

Je sais que je ne suis pas bon en politique, sinon j'en ferais depuis longtemps, mais là je ne comprends plus, que je comprends pas, car cette réflexion met à jour une manipulation politique, sous un faux prétexte économique.

Depuis des années nous affirmons avec raison que nous sommes en manque d'effectifs, que le travail est exécuté avec les forces en présence mais que tout ceci a un prix.

Visiblement, ce prix est apprécié différemment s'il concerne une manifestation touchant une organisation internationale, ou un événement sportif. Ce qui est certain, c'est que Genève est gourmande en événements de tous genres, que la police assure ceux-ci sans rompre son serment, mais il apparaît clairement que selon les motivations, le prix à payer ne devrait pas être le même, alors qu'on nous parle sans cesse d'égalité de traitement.

Je n'attaque pas nos élus, mais un peu de transparence et moins d'opacité dans les doctrines politiques seraient souhaitable, car sinon nos policiers vont croire qu'on les prend un peu pour des cons, et ça c'est pas sain pour la paix sociale, sachant que d'importants travaux progressent actuellement !

justice_statue.jpg

Reste sinon un grand débat, sur les responsabilités des événements liés à la manifestation anti-OMC et le droit légitime de manifester, mais cela ne concerne par les syndicats de police, pas pour l'instant !

 

 

01/12/2009

Droit de manifester est-il une primauté pour nos élus ?

Il y a une semaine, Sandrine Salerno, conseillère administrative de la ville de Genève, accueillait à bras ouvert la caravane anti-OMC. Elle louait la liberté de manifester pour le samedi suivant, tout en condamnant déjà les casseurs éventuels. Ça c'était le 25 novembre 2009 dans la TDG.

photo police.jpg

http://www.tdg.ch/geneve/actu/ministres-manifestants-affl...

Ce jour, dans Le Matin, cette élus socialiste condamne à nouveau les casseurs, mais reporte aussi la responsabilité des ces événements sur la police et le Conseil d'Etat. Morceaux choisis ;

- Le risque existera toujours. Il faut le contenir au maximum par un système de contrôle

- Une stratégie policière qui garantisse le droit de manifester

- Je ne suis pas d’accord de laisser la rue à des casseurs

- Je dis qu’il est important d’avoir une bonne compréhension de la stratégie de la police, et d’être sûr qu’elle a tous les moyens pour bien mener son action

- A partir du moment où une manifestation est autorisée par le Conseil d’Etat, il lui incombe d’assurer la sécurité

- Au sein du nouveau Conseil d’Etat genevois, la personne qui reprendra la tête de la police doit garantir aux citoyens le droit à s’exprimer pacifiquement dans la rue

- En tant que femme politique, je défends la capacité de chacun à exprimer sa contestation pacifiquement, c’est fondamental dans une société démocratique

drapeaux.jpg

http://www.lematin.ch/actu/suisse/sandrine-salerno-casse-...

La question que je dépose ce soir à tous nos politiques, élus par le peuple qui doit rester souverain ;

Dans une une démocratie constitutionnelle comme la nôtre, le droit à la sécurité, à la protection des biens, des personnes, des valeurs, de la morale, n'est-il pas plus important que le droit de manifester, défendu une nouvelle fois corps et âmes malgré les émeutes qui accompagnent régulièrement ces mouvements démocratiques ?

Moi je connais ma réponse, mais je ne suis pas un élu du peuple !

 

30/11/2009

Droits démocratiques, droit de manifestation, liberté d'expression, droits syndicaux à Genève !

Petit retour en arrière sur la séance du Grand Conseil datée du 26 juin 2009, dont le Mémorial vient seulement d'être publié. Dans ce document, on peut y lire le premier débat du PL 10 458-A les rapport de la commission des finances chargée d'étudier le projet de loi du Conseil d'Etat approuvant les états financiers de l'Etat de Genève et la gestion du Conseil d'Etat pour l'année 2008, ainsi que les propos tenus par divers orateurs.

Extraits ;

M. Edouard Cuendet (L).

"Parmi les éléments malheureusement négatifs, je citerai aussi la gestion calamiteuse des heures supplémentaires de la police, ce qui a obligé la commission des finances à prendre des mesures assez inédites et à réclamer un rapport de la Cour des comptes particulièrement édifiant sur les méthodes utilisées dans ce domaine. Le rapport Annoni et le récent rapport de la Cour des comptes sur l'Euro 2008 ont aussi montré que la principale source de coûts supplémentaires était les heures supplémentaires de la police. Du reste, en tant que membre de la commission des finances, je tiens à souligner tout particulièrement les attaques et les pressions inacceptables, voire personnalisées, reçues dans ce débat sur la police, ce qui a mis en cause le bon fonctionnement de notre démocratie. En effet, si le pouvoir législatif est attaqué de la sorte, que des noms sont cités et que des appels au boycott sur les listes de vote sont lancés, c'est la fin de la démocratie ! Je tiens également à évoquer les risques liés à ce genre de pressions, qui sont - je le répète - inacceptables."

Puis ;

M. Pierre Weiss (L).

"Je terminerai en apportant une précision et en émettant un souhait. La précision concerne l'intervention de mon collègue Cuendet, et cette fois-ci je m'exprime non pas en tant que président de la commission, mais en tant que député. Il a mis en cause les «pressions inqualifiables» du corps de police sur les débats de la commission des finances, notamment lorsqu'il s'est agi de voter une prime... Je précise qu'il ne s'agit pas du corps de police dans son ensemble ! Chacun de nous le sait, celui-ci travaille à la sécurité des Genevois; il a à coeur d'accomplir sa tâche et respecte son serment. Seulement, il se trouve au sein de ce corps de police un quarteron de factieux emmenés par un «petit minet» qui, en fait, est un «matou hargneux». Il a, avec d'autres, complètement oublié le sens même du service public ! A ce minet-là, qui ne fait qu'appeler à la délation et qui a la manie de pratiquer le lynchage politique, il me semble que le chef du département devrait rappeler les devoirs qui sont les siens."



Je ne vais pas répondre à ces deux députés, mais je vais préciser ce qui suit ;

Genève.jpg

1 ) Les syndicats de police ont simplement répondu avec virulence aux attaques inqualifiables qui étaient menées contre leur profession et nos statuts.

2 ) Aucune pression n'a été exercée sur la Commission des Finances, ni sur les députés. Le droit de manifestation a été utilisé démocratiquement par les membres de l'UPCP, du SPJ et du SPSI, afin de faire entendre nos revendications, notre colère, nos  inquiétudes.

3 ) Aunun appel au boycott sur des listes de vote n'a été lancé, alors que les noms cités dans nos débats l'ont été en corrélation avec des propos tenus par leurs auteurs.

4 ) Il serait dangereux pour nos députés de croire qu'un simple quarteron de factieux agissent à la police. Premièrement, si nous nous sommes opposés avec causticité à certains discours ou rapports, en aucun cas nous n'avons cherché à provoquer des troubles, cette accusation est mensongère. Deuxièmement, à ce jour, les comités des syndicats de police précités sont grandement soutenus par leurs membres dans les débats qui nous occupent. Troisièmement, de ne pas voir que nous avons toujours gardé une très grande porte ouverte au dialogue et aux négociations serait faire preuve d'un aveuglement pitoyable dans l'analyse des événements. Si nous avons été poussés à exercer des actions syndicales, c'est bien souvent du fait de nos interlocuteurs et jamais d'une quelconque hargne gratuite.

5 ) La délation n'est pas inscrite dans nos valeurs, mais de dénoncer de véritables dysfonctionnements de l'Etat, des services, des politiques ou d'un système n'est qu'un juste avertissement sur des problèmes que d'autres ont choisi d'enterrer par une politique de l'autruche bien souvent sournoisement pratiquée.

6 ) Le petit minet, vilain matou, a un nom, Walter SCHLECHTEN. Il est encore pour quelques mois le président de l'Union du Personnel du Corps de Police, au service des ses membres et de sa profession, et si son approche déplaît à certains, je ne peux que me réjouir d'avoir été entendu, écouté, lu, et porté dans les principales préoccupations de MM. Cuendet et Weiss, sachant que je ne fais que défendre mon métier et les membres de ma corporation. Nous voila avec deux députés qui devraient être au fait de toutes nos préoccupations.

Si la démocratie est en danger, ce n'est pas à travers la liberté d'expression, l'exercice des droits syndicaux ni la défense des intérêts du plus grand nombre. Mais visiblement certains députés n'étaient pas dans les rues de Genève samedi dernier pour apprécier de véritables comportements factieux.

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Minet !

27/11/2009

Laurent Moutinot est mécontent, moi aussi !

Laurent Moutinot est mécontent

Laurent Moutinot désapprouve la manière dont la police a ­conduit son enquête à la suite du rodéo urbain de Bellevue. Interrogé hier par Léman Bleu , le conseiller d’Etat en charge des forces de l’ordre a déclaré que les «règles d’intervention en matière d’accident de la circulation avec blessé n’avaient pas été respectées». Le magistrat, qui parle de «lacunes», estime qu’un officier de police aurait dû intervenir plus tôt afin entendre tous les protagonistes.

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Walter Schlechten est mécontent

Bien qu'étant éloigné de Genève, Walter Schlechten désapprouve la manière dont la presse et le DI ont commenté l'enquête suite au rodéo présumé de Bellevue. Souvent interrogé mais voulant pourtant garder une certaine réserve, le Président du Syndicat des gendarmes déclare que "les règles d'intervention en matière d'accident de la circulation avec blessé sont déterminées par la Direction de la police et le Procureur Général". Si des lacunes se sont introduites dans ces règles, outil de travail des gendarmes qui sont livrés à cette appréciation, il n'était donc pas possible à un officier de police d'intervenir plus tôt afin d'entendre tous les protagonistes, contre lesquels il aurait fallu délivrer des mandats d'amener (pour quels motifs, on se le demande encore).

Laissons l'enquête se dérouler avant de prendre des positions partiales qui n'aideront, ni la police, ni la victime, ni la sérénité de l'enquête.

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Petite question, si ce même accident avait concerné un jeune portugais au chômage, avec une Audi A4 et trois copains espagnols, conduisant une Subaru, une VW Golf et une Toyota, aurions-nous eu les mêmes réactions du PG, du DI, de la presse ?

Je pose juste la question, je vous laisse prendre position !