26/04/2010

Walter SCHLECHTEN, dernier jour de présidence ou "si c'est mon dernier mot, je veux qu'il soit celui-ci"

Le 2 décembre 2008,le blog de Minet arrivait sur la toile. Walter SCHLECHTEN n'a qu'un but en lançant ce blog, défendre sa profession et ses membres à travers un outil de communication moderne et rapide.

Depuis, bien des mots sur ces écrits ont fait couler beaucoup d'encre, avec plus d'un millier de commentaires. Aujourd'hui, 95 notes plus tard, la question du maintien de ce blog se pose. La réponse va dépendre du futur président de l'UPCP, de son comité et de la place que votre serviteur tiendra dans celui-ci. De plus, la mise en route prochainement du nouveau site de notre association nous offrira aussi la possibilité d'y entretenir un blog indépendant.

Dans le doute, et avant d'éventuellement vous quitter, Minet s'est retourné sur ces mois d'écriture, et c'est avec douleur, regret, mais aussi force et volonté qu'il se me rend compte que les propos tenus lors de son premier mot, intitulé "Cris du coeur", restent d'une brûlante actualité. Pour cette raison, car si telle devait être la conclusion de ce blog, je désire vous faire partager une nouvelle fois ce texte qui avait déjà touché le plus grand nombre et qui n'a pas pris une ride. 

Minet.

"Cris du Coeur"

02.12.2008 - 27.04.2010

Avez-vous déjà :

Fait du bouche-à-bouche à un bébé de 4 mois venant de se noyer qui est mort dans vos bras 

Fait du bouche-à-nez à un drogué en overdose en attendant l’ambulance, pour lui sauver la vie

Eté piqué par une aiguille d’une seringue d’un drogué

Annoncé le décès d’un bon père de famille de 44 ans à ses enfants

Ramassé un morceau d’un corps d’un motard sur le lieu d’un accident

Ouvert un appartement avec un cadavre en décomposition depuis 6 semaines

 

Avez-vous déjà :

Tenu dans vos bras une jeune fille de 15 ans venant de se faire violer

Eu un ligament sectionné à 85 % en brisant une vitre pour sauver une femme mourante

Braqué un homme, un être humain, avec une arme a feu

Eté braqué par une arme à feu, ou menacé d’un couteau

Reçu des pavés et des cocktails Molotov sur la gueule

Travaillé 43 heures de suite pour 7 arrestations

 

Avez-vous déjà :

Reçu des menaces de mort dans le cadre de votre travail

Eté blessé en vous battant avec un voleur, un agresseur, un drogué, une crevure

Fait rapidement le test du VIH suite à une de vos interventions professionnelles

Reçu un cracha au visage d’un drogué ayant le Sida

Annulé vos vacances pour le boulot

Quitté votre famille un dimanche pour retourner bosser sur alarme

 

Avez-vous déjà :

Perdu vos amis à cause de votre métier

Achevé un animal blessé sur la route

Pénétré dans un appartement en feu pour tenter d’y sauver une vie

Avez-vous déjà pleuré en rentrant du travail dans les bras de votre femme, car vous veniez de vivre un événement humain insupportable.

Moi OUI, car je suis flic à Genève depuis 20 ans !

Stop aux mensonges, stop à cette campagne de dénigrement des policiers.

Nous restons dignes, nous voulons simplement obtenir le respect qui est dû à notre métier.

Walter SCHLECHTEN – Président de l'UPCP.

 

25/04/2010

Enquête du journal Le Temps sur l’histoire carcérale de Skander Vogt et l’engrenage infernal qui a abouti à sa mort dans sa cellule de la prison de Bochuz

On peut être le Président d'une organisation syndicale (UPCP), qui représente notamment des gendarmes et le personnel pénitentiaire d'une grande prison, et garder une vision humaine d'une actualité romande assombrie par la Mort.

Deux affaires sont actuellement sous les feux de la rampe.

- Le décès tragique de Skander Vogt à la prison de Bochuz, intoxiqué mortellement durant un incendie.  

- Le décès tragique d'un jeune homme, touché mortellement lors d'une tentative d'interpellation.

Dans les deux cas, le "feu" est venu porter le discrédit et le deuil. La mort d'un être humain n'est jamais le but initial recherché par des fonctionnaires dotés de pouvoirs d'autorité. Elle demeure néanmoins une issue possible avec de terribles conséquences.

Si ces deux affaires sont entre les mains de la justice, il n'est pas dans ma volonté d'entrer dans un débat sur les circonstances des ces deux événements tragiques, pour les victimes, pour les personnels intervenants, pour les familles et les proches de tous les protagonistes.

Bien souvent, la presse pend haut et vite les policiers ou le personnel pénitentiaire dans ce genre d'affaire. Il faut dire que, tant les responsabilités professionnelles de ces employés d'Etat sont grandes et évidentes, tant les décisions importantes prises durant les faits sont bien souvent inéluctables et dictées par les circonstances et leur contexte immédiat.

Laissons la justice faire sereinement son travail, mais laissons aussi les journalistes de qualité nous rapporter leurs investigations pertinentes et une lumière différente sur cette actualité, car derrière chaque drame il s'en cache bien souvent un autre.

L'article proposé, paru vendredi dans le journal Le Temps, en est un exemple pour moi. Bravo à Mme Fati Mansour pour la qualité de son écrit, que je vous invite donc à lire sur ce lien.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/259aee4a-4f18-11df-8d8c-7...

Minet.

20/04/2010

La vie d'un policier ne vaut qu'un arbre sur lequel les responsabilités étatiques ne vont pas rester, telles des "feuilles mortes".

Le suicide malheureux de Markus Reinhardt est une affaire classée.  

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/31969741

Le Temps et le journal 20minutes en parlent un peu, et pourtant personne n'est choqué par les conclusions de la sous-commission de gestion qui a élaboré le rapport d'enquête.

Certes, il faut laisser le passé en paix :

Certes, il faut regarder vers l'avenir :

Certes, il ne faut pas oublier de tirer les leçons de cette affaire :

Mais après.  

Les ministres Martin SCHMID et Barbara JENOM STEINER ont essuyé quelques critiques. Le gouvernement ne s'est pas rendu compte de l'ampleur du problème d'alcool du commandant grison. Les deux ministres précités auraient dû être plus fermes et ont manqué d'esprit de décision. Ces remarques ont été acceptées et un arbre va être planté en souvenir de l'affaire Reinhardt.

Presque un happy end. Nous ne le voulons pas.

Les policiers de ce pays, car la Suisse n'est plus un havre de paix depuis bien longtemps, sont concernés par ces problèmes de dépendances, de déviances, de maladies bien souvent issues du "Police trauma syndrome", du simple argoulet au cadre supérieur, nul n'est à l'abri. De simples complications personnelles ou familiales peuvent rapidement, avec le stress professionnel en sus, plonger rapidement n'importe quel collaborateur dans cette problématique importante, voire grave.

http://www.ipageneve.ch/1police_syndrome.pdf

La responsabilité de l'employeur est grande, car à travers la santé au travail, ce sont également les conditions imposées dans l'exercice de nos fonctions qui sont visées, mais également le suivi nécessaire de l'employeur des personnes atteintes dans leur santé, du premier degré de la maladie avec ses symptômes vicieux, jusqu'au burn out qualifié de grave et parfois malheureusement fatal.

À Genève une cellule sociale existe à la police, elle est active, mais il faut lui donner plus de moyens pour lui permettre de s'impliquer plus encore, tout comme les collaborateurs concernés doivent s'annoncer pour obtenir un soutien, une aide, même parfois une simple écoute, sans craindre d'être mis au pilori par nos hiérarchies.

Malheureusement, la politique actuelle ne privilégie pas cette santé au travail. Alors que la pénibilité du travail de nuit n'est pas reconnue à Genève, que nos horaires deviennent de plus en plus aléatoires, que notre temps de travail s'allonge, que notre âge de la retraite recul, nous rentrons visiblement dans une période dite du travail à l'appel, ce qui est fondamentalement une catastrophe sociale, familiale et professionnelle à la lecture des effectifs en présence.

De toujours plus demander à un personnel bien souvent dans un grand désarroi, en manque de reconnaissance, stressé au quotidien, avec si peu d'écoute et trop peu de valeurs rassurantes sur l'avenir, qui ne comprend plus ses missions, c'est conduire les plus faibles vers le gouffre d'une dépression sournoise, mais terrible à remonter. Elle passe par divers étapes, raison pour laquelle c'est en amont que la consommation abusive d'alcool, ou de substances, doit être identifiée, maîtrisée, accompagnée, solutionnée. 

Nous pensons que la vie d'un homme n'a pas de prix, alors que la responsabilité de l'employeur en a un. Il est moral et nécessaire afin que nos élus prennent en compte ce sujet en adoptant une vision emphatique de ces problèmes, dont les causes sont connues, du simple débriefing qui n'a pas été effectué sur un incident marquant au comportement inadéquat d'une hiérarchie trop souvent mise sous une pression politique inconsciente des nécessités de nos métiers.

 

 

 

 

 

 

 

18/04/2010

Nous restons en attente d'une vision d'avenir pour la police genevoise, avec l'espoir personnel d'avoir été écouté et entendu durant ces 1086 jours de présidence à la tête de l'UPCP !

1086 jours à la tête de l'Union du Personnel du Corps de Police du canton de Genève. Des centaines d'heures consacrées pour des discussions, des négociations, des écritures, des échanges médiatiques, des rencontres politiques, des entretiens hiérarchiques, des comités mutualistes, des assemblées décisives, des protocoles d'accords historiques mais au final une réorganisation de la police si peu prolifique en idées nouvelles, en actes essentiels, en améliorations attendues pour un avenir encore prénommé inconnu.

La plus grande richesse que l'UPCP a pu offrir durant ces dix dernières années au monde politique et hiérarchique, c'est celle d'avoir été perpétuellement participative pour veiller à l'évolution d'une police qui se heurte à une société pourtant à la dérive, avec l'espoir d'apporter des solutions issues de réflexions qui ont pris corps à la base de la police, proches du terrain et des véritables problèmes rencontrés.

Nous n'avons pas toujours raison, c'est certains, nous avons pu nous tromper, c'est probable, mais nous ne disposions bien souvent pas de tous les éléments pour nous prononcer avec exactitude, qu'ils soient économiques, politiques ou autres. Ce qui demeure une certitude, c'est que nous n'avons jamais voulu tromper l'autre, notre volonté de crédibilité ayant été notre leitmotiv afin de convaincre nos interlocuteurs.

C'est donc la tête haute que nous continuerons notre mission représentative des personnels de police, avec cette doctrine d'honneur qui passe par le respect, la droiture, la vérité et la liberté d'expression, ultime moteur pour faire progresser les débats, nourrir les échanges et construire la police de demain.

La police genevoise n'est pas encore entrée dans le XXIème siècle, elle va devoir le faire dans les trois ans qui arrivent si nous voulons que Genève garde la place qui est la sienne dans le monde. Mais pour cela, il nous manque une pièce essentielle à ce pas décisif, c'est une clef de voûte qui se devra de soutenir une vison d'avenir attendue pour notre profession, pour nos métiers, pour les conditions de travail de nos collaborateurs et surtout pour la sécurité de la population genevoise.

A l'impossible nul n'est tenu, mais là nous sommes tous tenus de faire l'impossible pour tailler cette clef de voûte !

 

 

 

 

 

 

  

15/04/2010

Dans 12 jours l'UPCP aura un nouveau Président !

C'est le 27 avril au soir que l'Assemblée Générale Ordinaire de l'UPCP aura élu son nouveau Président, en remplacement de Minet le Pyromane.

Votre serviteur avait émis le souhait, il y a plusieurs mois déjà, de quitter sa fonction, charge très lourde, trop lourde probablement pour effectuer une dernière année qui aurait été de trop, pour ma santé et ma vie privée.

http://minet.blog.tdg.ch/archive/2009/04/index.html 

J'aurai probablement le loisir de revenir sur ce mandat qui touche à sa fin et de tirer un bilan sur mes trois années de présidence, ainsi que sur mon année préparatoire comme Secrétaire général aux côtés d'Alain Devegney, un homme de coeur qui aimait son métier autant que les hommes et les femmes qui l'exercent.

Je ne me fais aucun souci pour l'avenir de L'Union du Personnel du Corps de Police car notre association demeure un exemple de mutualité et de camaraderie. S'il y a un syndicat qui défend bien souvent autant sa profession que les intérêts de ses membres, c'est bien le nôtre. Avec 95 % du personnel syndiqué et 1600 membres, entre l'OCAN, la Prison, la Gendarmerie et la SRP, nous pouvons dire que nous n'avons rien perdu des valeurs qui animent nos métiers, cette appartenance à des profession au service des citoyens, bien souvent au prix de nombreux sacrifices personnels, humain et familiaux.

Je ne sais pas encore si le blog Minet va continuer d'exister, du moins sous cette forme, nous verrons bien. L'UPCP va ouvrir prochainement un nouveau site internet, qui devrait comporter son propre blog. Ce qui est certain c'est qu'avec 91 textes, des milliers de visites et plus de 1050 commentaires cet instrument de communication offert par la TDG a été productif. Reste à espérer que les lecteurs y auront, sinon pris du plaisir, tout du moins trouver un certain intérêt à me lire et surtout à découvrir un métier, gendarme, sous un angle nouveau.

Il me reste 12 jours pour terminer ce qui a été commencé avec notre employeur et nos hiérarchies, même si la situation semble s'assombrir depuis peu, avant de remettre ce qui le devra afin d'être poursuivi par mon successeur, avec un élan nouveau et à n'en pas douter un caractère bien différent, et c'est très bien ainsi.

Après, je pourrai enfin ouvrir un grand livre blanc qu'il ne me restera plus qu'à nourrir d'écrits nouveaux sur cette expérience humaine, syndicale, politique, médiatique et professionnelle que je viens de vivre et que j'ai déjà partiellement partagé avec vous chers lecteurs.   

Donc rendez-vous dans quelques jours pour la suite et probablement la fin de nos aventures !

Minet

 

11/04/2010

L’insécurité, les véritables questions qu’il faut encore se poser ?

J’aime  le sujet de l’insécurité, car il est d’actualité, il représente une crainte profonde de la population, de notre société et l’aborder c’est vouloir y trouver des solutions pour apporter des réponses aux attentes de nos concitoyens.

 

J’aime le sujet de la sécurité, car il doit devenir une véritable actualité, il représente l’avenir de notre population, de nos enfants, de notre société à travers les solutions qui seront proposées.

 

Ce qui a changé à Genève depuis septembre 2009, c’est que le thème de l’insécurité n’est plus seulement évoqué comme un sentiment, mais bien comme une réalité. Si les dernières élections municipales avaient effleuré le sujet, notamment pas Pierre Maudet, le renouvellement du Grand Conseil, puis du Conseil d’Etat genevois a clairement donné forme à cette insécurité. Il était temps, l’on ne pouvait pas rester plus longtemps dans le déni. 

 

Lucidité ou courage politique, l’on ne saura jamais ?

 

Par contre, après avoir réussi à franchir ce pas, nos politiques doivent encore avancer, franchir un cap nouveau et poser les questions qui demeurent en veille.

 

Le devoir de réserve ne m’autorise pas à répondre ici aux interrogations déposées ci-dessous et qui m’ont été rapportées par mes amis, mais libre à vous de nourrir ce débat. Elles ne sont pas exhaustives, mais elles ont le mérite d’approfondir le thème choisi. 

Bonne réflexion à vous tous avec ce texte que vous devriez aussi retrouver sur le blog collectif, qui est une merveilleuse idée

http://billetcollectif.blog.tdg.ch/archive/2010/04/11/l-i...

 

La sécurité qui doit vaincre l’insécurité :

 

1)      A défaut de moyens en personnels policiers suffisants, ce qui est reconnu, ne faut-il pas un message politique global beaucoup plus fort, qui se devrait d’aller bien au-delà d’une opération de terrain ciblée et restrictive ?

2)      Quelles sont les  véritables priorités cantonales dans la politique choisie par nos élus et les hiérarchies ?

3)      Les cambriolages, les vols à la tire, les délits et crimes avec violence ne doivent-ils pas aussi devenir des thèmes principaux pour restaurer la confiance de nos citoyens ?

4)      Au delà de la prévention et des actions policières, qui ne seront jamais la solution entière aux problèmes existants car trop dépendantes d’une doctrine judiciaire insuffisamment déterminante actuellement, la sécurité globale ne doit-elle pas devenir un sujet prioritaire et parlementaire à la Berne fédérale ?

5)      L’éducation et l’enseignement ne doivent-ils pas reprendre une place prépondérante dans la diffusion de nos valeurs historiques auprès d’une jeunesse déjà perdue dans une violence banalisée, voire normalisée par les médias et autres vecteurs, à travers le respect de l’humain, de la vie, du droit d’exister, de vivre en sécurité, en dénonçant à travers l’analyse et la compréhension les comportements illicites et répréhensibles ?

6)      La première des solutions n’est-elle pas d’offrir une très grande visibilité policière et cantonale, sans parler de répression mais bien de prévention, comme il en avait été le cas à Genève lors des engagements policiers au déclenchement de la guerre du Golf (1990),  puis durant l’Euro08, avec une présence policière générale en nos rues ?

7)      L’îlotage individuel tel qu’il est conceptualisé depuis 2003 n’est-il pas un échec qui n’a fait qu’éloigner les policiers de base de la rue, du citoyen, de la population, des commerçants, du rapport humain ?

 

Manque d’effectifs :

 

1)      A travers les modifications législatives apportées, soit une augmentation de la classe d’engagement des policiers, êtes-vous certains que les autres modifications apportées ne portent pas atteinte à un métier hiérarchisé organisationnellement dans l’ordre du commandement, comme par exemple la mise en application de la grille salariale étatique et son système rétrograde de promotion qui ne sert qu’à couler ce métier dans la fonction publique, elle-même sans grandes ambitions ? 

2)      Le manque d’effectifs à la police genevoise est-il une raison suffisante pour limiter le champ d’action de nos pandores au seul centre-ville ?

3)      Est-ce un choix politique que de ne cibler que la ville de Genève à travers l’opération Figaro ?

4)      A quand une véritable redistribution des tâches avec les personnels à disposition et les partenaires liés à la sécurité, ce qui en toute logique est le premier pas vers l’optimisation des moyens humains ?

 

Et après :

 

1)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée à l’avenir, à travers un véritable programme d’éducation, de prévention, de responsabilisation civique ?

2)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée pour l’avenir, à travers une véritable volonté de maîtriser, d’anticiper l’éclosion de violences nouvelles, de délits sectoriels liés aux déplacements économiques des peuples, dans une société globalisante qui prône une ouverture des frontières, portes également ouvertes à l’arrivée de valeurs et de comportements aggravants qui ne doivent pas devenir les nôtres ? 

3)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui, pour ne pas rester sur le quai une fois de plus, dans quelle société de demain nous voulons vivre, sécuritairement, environnementallement, économiquement, civiquement, humainement ?

 

Autant de questions pour lesquelles j'espère vous aurez quelques réponses.

 

Minet

25/03/2010

Schengen et la position courageuse et réaliste de Madame la Cheffe de la Police !

Hier matin sur Radio-Cité, Mme Bonfanti, Cheffe de la Police confirmait que les accords de Schengen représentent un problème lié à l'augmentation des infractions et des délits à Genève, en répondant à une question dirigée de Pascal Décaillet.

À travers sa réponse courageuse, en confirmant que Schengen n'arrange clairement pas les choses, Madame la Cheffe de la Police a mis à jour ce que nombreux pensent tout bas à la police, et sur certain banc du Parlement. Le fruit de cette réponse n'est pas issu d'une réflexion personnelle ou politique, mais bien d'une analyse professionnelle de la criminalité genevoise et des dernières statistiques. Cette analyse venait d'être confirmée par le Chef État-Major, M. SCHMUTZ qui indiquait que "cet accord n'arrange pas les choses, c'est un outil de moins dans la répression". 

Ce matin, M. Pierre Weiss, député libéral, attaquait virulemment Mme Bonfanti sur les ondes de cette même radio, déclarant que la Cheffe de la Police n'avait pas respecté son devoir de réserve. Pour cet élu, une Cheffe de la Police n'est qu'une haute fonctionnaire et n'a pas à exposé ses états d'âme.

Malheureusement pour les détracteurs de Mme Bonfanti, l'analyse professionnelle de la Cheffe de la Police correspond à une réalité, à des chiffres, à des faits, que tous les policiers genevois ont pu constater au quotidien. Ce que la troupe ne peut pas affirmer haut et fort, s'il est bien une personne qui peut, qui doit le faire, lors d'une analyse, d'un bilan, d'un exposé des causes et des effets devant une catastrophe que l'on nomme hausse de la criminalité ou insécurité, c'est la Cheffe de la Police.

À travers sa position, Mme Bonfanti n'a pas critiqué un choix ni une décision politique, soit la libre circulation des personnes dans l'UE, mais elle n'a fait qu'en tirer un bilan à travers l'analyse des conséquences de la mise en application de cet accord.

L'attaque irrespectueuse de ce député libéral ne peut pas rester sans réaction.

En comparant Mme Bonfanti au Président de la République italienne, M. COSSIGA, un spécialiste en "exlamatione" selon lui, soit    l'extériorisation de ses états d'âme, tout en insinuant que "Madame Bonfanti n'est que Cheffe de la Police, qu'elle devrait devenir la petite muette, qu'elle n'a pas les capacités de s'exprimer", ce député tient premièrement des propos irrespectueux vis-à-vis d'un Chef d'État, puis tient des propos totalement inaproptiés contre Mme la Cheffe de la Police, dans un discours qui ne sert qu'à défendre un accord dont son parti était un des plus fervents défenseurs, visiblement pour éviter d'en reconnaître les effets pervers induits.

Autres commentaires politiques durant cette même émission :    

M. Guy Mettan "Madame Bonfanti a partiellement raison" ;

M. Éric Bertinat "Schengen est nuisible, c'est très fort ce que la Cheffe de la Police a déclaré" ;

M. Roger Golay "Schengen, c'est partiellement faux de dire que cet accord nous a apporté cette criminalité, mais depuis nos frontières ont des pertes échappatoires " ;

M. Alberto Velasco "Schengen n'est pas aussi efficace que l'on nous l'avait dit, cela devient grave" ;

M. Jean-Luc Ardit "Il y a un problème concret avec Schengen" ;

M. Yvan Rochat "C'est assez surprenant ce que Mme Bonfanti a déclaré, elle aurait mieux fait de se taire".

Pour conclure, relevons que Mme Bonfanti a fait des démarches auprès de la Berne fédérale afin d'obtenir plus de moyens, requête sans réponse à ce jour.

Pour nous, la Cheffe de la Police n'a fait que tirer un bilan sur un système issu d'un choix politique, sans critiquer cette décision, mais en relevant simplement que l'ouverture des frontières et la libre circulation des personnes représentent clairement un problème pour endiguer la hausse de la criminalité.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

 

 

 

16/03/2010

Communiqué de la FSFP - Non à la sous-traitance des tâches policières !

Communiqué de presse de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police                                       

Lucerne, le 12 mars 2010

 

 

Communiqué de presse

 

 

Pour la Fédération suisse des fonctionnaires de police, la décision du Conseil national est incompréhensible

 

La décision est désormais définitive: les employés de sécurité privés pourront contrôler les vignettes autoroutières aux frontières! C'est ce qu'a décidé hier le Conseil national, à la demande de la Conférence d'unification, et bien qu'il ait plaidé auparavant contre la sous-traitance du contrôle des vignettes à des tiers. La Fédération suisse des fonctionnaires de police FSFP se déclare déçue de ce revirement et de cette attitude contraire aux avis du Conseil fédéral et du Conseil des Etats. Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP, considère comme particulièrement délicat le fait que ce contrôle soit lié à la prononciation d'amendes, dont le suivi sera problématique: «Les privés ne doivent pas obtenir le droit de contrôler des personnes ou des véhicules. Cette tâche appartient clairement au domaine de compétences des forces de sécurité de l'Etat.» Depuis des années, la Fédération qui rassemble 23'000 membres environ dans l'ensemble de la Suisse, soit plus de 90% de l'effectif total des policières et policiers, dénonce la sous-traitance de tâches étatiques à des entreprises privées. Les difficultés et les problèmes auxquels on s'expose dans ce cas ont été mis en évidence dans deux études approfondies que la Fédération a fait réaliser par des professeurs de l'Université de Berne. «Nous ne pouvons pas admettre ce minage progressif insidieux du travail de la police et nous continuerons à nous opposer avec véhémence à cette pratique», souligne Max Hofmann.

 

 

Pour de plus amples informations:

Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP, tél. 076 381 44 64

12/03/2010

Quelle police pour demain à Genève ?

Alors que le discours de Saint-Pierre a été prononcé il y a plus de cent jours, alors les le PL 10541 vient d'être amputé d'une bonne partie de son contenu, alors que les écrits restants au sujet de la réorganisation de la police se doivent d'être complétés, finalisés afin de trouver une véritable application législative et opérationnelle, un nouveau grand débat sur la police survient. L'engagement de personnes de nationalités étrangères dans le corps de police, voire d'autres fonctions d'autorité.

Notre première réflexion est de justement constater que la véritable réflexion, sur le fond et sur la forme, au sujet de la vision d'avenir que l'on veut accorder à la police genevoise n'a pas eu lieu. La réorganisation traitée ces douze derniers mois n'était qu'un placebo qui n'a servi qu'à colmater une brèche ouverte.  

Le temps est venu, au-delà des rapports Annoni ou de la Cour des comptes, qu'une véritable réflexion, analyse, recherche des sens  et des besoins se produise.  

Si des travers ont été relevés par différents audits au sujet du fonctionnement, de l'organisation ou des structures statutaires de la police, il reste un autre bilan à faire, celui des mesures mises en place récemment à travers des modifications déjà lourdes de conséquences. Avant de dessiner l'avenir, nous nous devons de relire le passé. Que constatons nous au quotidien.

- La suppression de l'obligation d'avoir servi dans une arme, à travers un service militaire accompli, a fait disparaître un sens aigu du respect de/des hiérarchies, de l'ordre, des ordres, de l'engagement pour autrui, du travail de groupe en corps constitué, pour nous diriger vers une police civile bien moins régie par des règles militaires, organisation pourtant nécessaires dans un corps comme le nôtre.

- La diminution des critères d'engagement ou d'examen, notamment cette fameuse suppression de la dictée, qui pour certains était à elle seule responsable d'un véritable problème de recrutement, nous plonge dans une problématique d'école et de formation, à savoir devoir enseigner les règles de base de la langue française, avec l'appui de cours de rattrapage, aux aspirants engagés en insuffisance flagrante de connaissances élémentaires. Des heures d'études qui viennent se greffer dans le planning déjà bien lourd de l'école de police.  

- La création de la PSI est historiquement issue d'une nécessité opérationnelle indiscutable. Le rapprochement avec la gendarmerie, à travers une fusion et/ou la création d'un seul corps en uniforme une utopie. La problématique d'une école unique, pour deux fonctions fondamentalement différentes,  mais avec au final un brevet fédéral identique et reconnu pour le métier de policier, une aberration. Les passerelles transversales attendues se doivent d'être enfin construites.  

- Les placebos proposés dans le cadre de la réorganisation de la police n'ont à ce jour en aucun cas résolu les problèmes qui nous occupaient il y a encore six mois. Les horaires, le travail de nuit, les heures supplémentaires, le piquet, l'école de police, le recrutement, les statuts des uns et des autres, la création d'une nouvelle entité d'assistant de sécurité, une appellation nouvelle pour une police municipale sans policier, voire l'organisation de la police et les tâches dévolues à chaque corps ou partenaire. Tel est le sentiment qui anime le syndicat de la gendarmerie, alors que certains dossiers avancent à reculons.

Une analyse froide qui ne fustige personne, mais qui relève un système de gestion de la cause, motivé par les circonstances, qui s'avère ne pas être opérationnel, les buts recherchés ne sont pas atteints et des effets pervers apparaissent.

Aujourd'hui, un débat sur l'engagement de personnels étrangers est activé. Ce débat n'a pas lieu de se produire, car les solutions attendues ne passent pas par là. La globalisation à travers les bases de la mondialisation des corps de polices est une vision d'avenir qui doit d'abord engendrer une véritable réflexion sur les droits humains, avant de passer aux devoirs de l'homme et à l'accomplissement de ses missions. Un droit de vote à accorder aux étrangers nous semble devoir être le premier pas de cette réflexion nouvelle.

La police genevoise n'est ni meilleure, ni pire que les autres, mais elle dispose des capacités nécessaires pour devenir plus performantes, plus en adéquation avec les besoins d'une société qui change trop vite, qui perd ses valeurs et ses repères si vite que les nouveaux jalons qui se devraient de redessiner l'avenir n'ont pas eu le temps d'être composés, proposés, déposés et appliqués, pour enfin guider la police dans un vingt et unième siècle en plein bouleversement.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

09/03/2010

L'ombre d'un bilan cachée par l'ombre d'une analyse étouffée !

Alors que la commission judiciaire et de la police a rendu un rapport accablant sur le PL 10541.

Alors que l'analyse de ce projet de loi est un véritable diagnostique sur les travaux menés par le DI durant 4 ans, ou tout du moins sur les huit derniers mois de la législature précédente.

Alors que les propos tenus par les députés sont très durs, alors qu'ils ont auditionné les parties concernées, analysé les éléments relevés, synthétisé les faiblesses et les manquements de ce projet de loi, nous avons la vague impression qu'ils sont nombreux ceux qui vont se satisfaire de cet échec annoncé.

Et pourtant, tout reste à faire, et bien plus encore si l'on veut dessiner une vision d'avenir pour la police genevoise, pour la sécurité de la population du canton et pour la crédibilité de hiérarchies étouffées par les lourdeurs politiques.   

Issus de ce projet de loi ;

- Les éléments considérés comme aboutis doivent encore être finalisés à travers divers groupes de travail, dans lesquels rien n'est simple car les vérités d'hier ne sont pas les réalités des textes d'aujourd'hui selon certains de nos interlocuteurs.

- Les éléments considérés comme bâclés doivent faire l'objet de travaux de fond, à travers une réflexion opérationnelle et statutaire.

- Les éléments considérés comme établis doivent encore faire l'objet d'une période de transition dans laquelle rien n'est simple, ni pour  l'employeur, ni pour les syndicats, ni pour la hiérarchie.

La route est encore longue pour réussir ces travaux d'Hercule, mais pour cela il faudra tirer un trait sur un passé récent et repartir avec des idées, des choix, des volontés, des ambitions revus et corrigés, pour la grandeur de nos institutions, de notre police, de notre État de droit.

Rarement un bilan parlementaire aussi lourd aura été déposé contre un ministre de tutelle. Rarement un rapport parlementaire aura été si peu analysé et commenté par le premier pouvoir, une presse pourtant habituellement avide des tracas policiers ou politiques. Rarement ceux qui criaient au loup ou hurlaient sur les syndicats de police n'auront pris si peu de temps pour se retourner et analyser les faits issus d'une réflexion parlementaire pertinente, unanime et au plus près des réalités et des problèmes qui nous occupent.

http://www.tdg.ch/geneve/politique/refonte-police-echoue-...

Un peu comme si l'ombre cachée d'un bilan devait être dissimulée par l'ombre d'une analyse étouffée !

http://www.tdg.ch/geneve/actu/chantier-ouvre-isabel-rocha...

" On a beaucoup tapé sur les syndicats policiers, accusés d’exercer un pouvoir occulte sur le gouvernement, de défendre pistolet au poing ses intérêts corporatistes ou de tenir d’inquiétants discours séditieux. Or, il faut aujourd’hui constater que le rapport parlementaire, sévère, jette une lumière crue sur le plus haut échelon hiérarchique censé mener le navire policier. Cet éclairage semble justifier certaines plaintes de la base."

Bravo à Marc Moulin pour le courage de son analyse journalistique, l'un des rare qui a saisi l'importance de la décision parlementaire qui nous occupe !

L'avenir est devant nous, mais malheureusement il traîne un lourd héritage qu'il faudra revisiter afin de pouvoir avancer, la tête haute, avec franchise et discernement, juste pour assurer à Genève un avenir meilleurs à travers une vision nouvelle.  

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP.