05/12/2009

Pourquoi Minet comme sobriquet ?

Bien souvent l'on me pose la question, pourquoi Minet comme sobriquet, d'où vient-il ?

L'histoire est assez simple, la longévité de celle-ci un peu moins !

Il y a vingt ans, alors que je me trouvais en patrouille de nuit avec Monsieur Eric, un flic à l'ancienne avec une grande, que dis je, une énorme gouaille portée par une voix forte et un rire encore plus puissant, nous nous sommes retrouvés à contrôler la fermeture d'un bar. 

La patronne, du haut de son comptoir, engagea la conversation. Elle remarqua aussi la présence du jeune argoulet que j'étais.

- "Un p'tit nouveau, il est tout beau tout propre celui-là".

- "Eh oui, c'est notre Minet de Rive, il vient d'arriver" s'exclama dans un rire presque forcé Monsieur Eric.

- "Minet ? - Remarque cela lui va bien, il a des yeux de chat".

- "Miaou Miaou" surenchérit Monsieur Eric dans une esclaffade générale, où moi seul souriais par politesse.  

En quittant cet estaminet ;) j'ai simplement demandé à mon chef pour quelle raison Minet lui était venu en tête. Il m'a répondu que j'étais tout le temps très soigné, dans ma tenue, dans ma coiffure, et qu'il était vrai que j'avais des yeux de chat.

La nuit s'est déroulée comme toutes les autres qui suivront, avec leurs lots de bagarres, de bruits, d'accidents, de disputes familiales, d'ivresses au volant, tout en restant en attente d'un éventuel coup du bélier vers cinq heure du matin, voire d'une course poursuite avec une voiture volée. Le chat n'est-il pas un chasseur nocturne ?

Par la suite, cette histoire c'est répandue dans le groupe, dans le poste, dans la lettre où nous travaillions, ainsi est né Minet. Néanmoins, ce sobriquet n'aurait pas survécu si je ne l'avais pas entretenu. J'avais deux bonnes raisons à cela.

Premièrement, nous étions trois à avoir le même nom de famille dans la corporation, des confusions étaient possibles.

Deuxièmement, mon nom de famille est difficilement compréhensible sur les onde, lors d'appel radio. Le syndrome de prononciation de mes professeurs d'antan était visiblement contagieux. Pas simple à articuler, donc pas simple à comprendre ce nom de dix lettres qui ne comporte que deux voyelles.

Ainsi est né Minet. Depuis il me suit, il m'accompagne, et à ce jour, il y a même des citoyens, des collègues, des commerçants, des petits trafiquants ou voleurs qui ne connaissent pas mon véritable nom, juste ce sobriquet.

Pour quelle raison me direz vous je vous raconte tout ça. Eh bien, c'est que hier je suis tomber sur un article qui parlait des minets, des chats et qui brisait certains mythes. Et comme ma foi il indique que ces félins ne son pas d'éternelles marmottes, j'aime à le partager avec vous !

Il démontre leur sens de l'observation, de la communication, qu'ils savent prendre de la hauteur, être actifs, attentifs aux médias. En fait, ils passent que très peu de temps sous les tables, à jouer ou à dormir. 

Je vous laisse donc lire cet article, tout en espérant que ceux qui me voyaient comme un vilain matou auront découvert une autre facette de ce Minet.

* * *

(réf; 20Minutes)

Chat alors!
Que font les chats en l'absence de leurs maîtres?
Il y avait un moyen simple de le savoir: des «caméras de chat». Un dispositif prenant des photos toutes les 15 minutes a été installé sur le collier de 15 matous. Il écorne certaines théories de l'homme sur le côté marmotte des félins...
Selon les photos, les chats passent environ 22% de leur temps à regarder par la fenêtre, 12% à communiquer avec les autres animaux domestiques de la famille et 8% à grimper sur des chaises ou des arbres à chat. Ils consacrent seulement 6% de leur journée à dormir.

«Ce qui m'a surpris, c'est à quel point les chats sont actifs. Je pensais que mes trois chats dormaient pendant la journée», a confié Jill Villarreal, une experte du comportement animal qui a recueilli ces données pour la marque Friskies.

Les 777 photos prises montrent que les chats regardent la télévision, l'ordinateur, des DVD ou d'autre médias 6% de leur temps. Ils passent aussi 6% de leur journée sous les tables. Enfin, ils s'amusent avec des jouets 5% de leur temps et mangent ou regardent la nourriture les 4% restants.

02/12/2009

La véritable recette de la patate chaude genevoise !

LA PATATE CHAUDE GENEVOISE

(La véritable recette de nos anciens)

 

Illustre dans l’histoire genevoise, on la retrouve dans la marmite de la Mère Royaume ou comme accompagnement de notre longeole. Elle est très courue à la rue de l’Hôtel-de-Ville, cher le père Glozu 1er, mais est assez indigeste à la Tour Baudet.

Le Discours de Saint-Pierre approchant, à grands coups de cardons d’invitations, je me devais de replacer la patate chaude dans son juste plat, au centre de la table.

Pour sept personnes, il vous faut ;

-          Une bonne grosse, une énorme patate chaude, bien heurtée, aux formes irrégulières, fumée à la pipe ou au fumoir de la Treille.

-          Une dizaine d’oignons du café de la Presse, des Alliaceae dont les bulbes dégagent diverses saveurs à la Tribune ou au petit Matin.  

-          Une centaine de grammes de fromage, labellisé ou élu, à pâte molle, venant du fromager du coin, de gauche ou de droite.

-          Un quarteron de factieux poulets grillés.

-          Quelques graines de Curabilis.

-          Une marmite en fusion.

 

Après c’est assez simple.

Faire revenir un jeudi soir les oignons, le quarteron et les graines de Curabilis dans du beurre du pays.

Faire cuire rapidement en quelques semaines l’énorme patate chaude dans la marmite en fusion.

Morceler ladite patate, mais ne pas en faire une purée, pas encore.

Déposez sans heurter  les morceaux de pomme de terre dans un plat à gratin, car le plat se devra d’être bien gratiné.

Là-dessus, dispersez dans l’ordre, les oignons, le quarteron et les graines de Curabilis et recouvrez le tout avec le fromage, député le soigneusement sur tout le plat.

Placer le tout au four pour une législature, et après, si vos sept invités sont toujours volontaires pour y goûter, servez à grande louche.

Sauvons la patate chaude genevoise, elle doit survivre à toutes manifestations hostiles culinaires.

Minet le maître queux de l'humour !

Manifestation anti-OMC, analyse des faits, avec un certain droit de réserve mais aussi un certain regard !

Je ne peux qu'exprimer mon étonnement en visionnant la prestation de Pierre Weiss, membre éminent de la commission des finances, hier soir au journal de Léman Bleu.

http://www.lemanbleu.ch/leman_bleu_archive_flv.php?new=tr...

Le 25 novembre, la commission des finances du Grand Conseil a libéré 3,6 millions pour payer les frais des manifestations liées à l'OMC, une petite conférence de cinq jours,rallonge comprenant les heures supplémentaires des policiers. Pourtant, dans cette somme ne figure pas encore les dégâts pris en charge par le fond d'indemnisation pour les victimes des émeutes que nous connaissons aujourd'hui.

Ma réflexion est la suivante ;

- 25 novembre 2009, 3,6 millions, voire plus, pour la police en frais généraux pour 5 jours de manifestations, dans le cadre de l'OMC, personne ne bronche même si la pilule est amère !

- 24 septembre 2008, 12 millions pour la police en frais généraux pour 30 jours de manifestations, dans le cadre de l'Euro08, toute la République s'acharne contre la police, nos heures supplémentaires, le statut des policiers, leur retraite, leurs acquis sociaux !

Je sais que je ne suis pas bon en politique, sinon j'en ferais depuis longtemps, mais là je ne comprends plus, que je comprends pas, car cette réflexion met à jour une manipulation politique, sous un faux prétexte économique.

Depuis des années nous affirmons avec raison que nous sommes en manque d'effectifs, que le travail est exécuté avec les forces en présence mais que tout ceci a un prix.

Visiblement, ce prix est apprécié différemment s'il concerne une manifestation touchant une organisation internationale, ou un événement sportif. Ce qui est certain, c'est que Genève est gourmande en événements de tous genres, que la police assure ceux-ci sans rompre son serment, mais il apparaît clairement que selon les motivations, le prix à payer ne devrait pas être le même, alors qu'on nous parle sans cesse d'égalité de traitement.

Je n'attaque pas nos élus, mais un peu de transparence et moins d'opacité dans les doctrines politiques seraient souhaitable, car sinon nos policiers vont croire qu'on les prend un peu pour des cons, et ça c'est pas sain pour la paix sociale, sachant que d'importants travaux progressent actuellement !

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Reste sinon un grand débat, sur les responsabilités des événements liés à la manifestation anti-OMC et le droit légitime de manifester, mais cela ne concerne par les syndicats de police, pas pour l'instant !

 

 

01/12/2009

Droit de manifester est-il une primauté pour nos élus ?

Il y a une semaine, Sandrine Salerno, conseillère administrative de la ville de Genève, accueillait à bras ouvert la caravane anti-OMC. Elle louait la liberté de manifester pour le samedi suivant, tout en condamnant déjà les casseurs éventuels. Ça c'était le 25 novembre 2009 dans la TDG.

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http://www.tdg.ch/geneve/actu/ministres-manifestants-affl...

Ce jour, dans Le Matin, cette élus socialiste condamne à nouveau les casseurs, mais reporte aussi la responsabilité des ces événements sur la police et le Conseil d'Etat. Morceaux choisis ;

- Le risque existera toujours. Il faut le contenir au maximum par un système de contrôle

- Une stratégie policière qui garantisse le droit de manifester

- Je ne suis pas d’accord de laisser la rue à des casseurs

- Je dis qu’il est important d’avoir une bonne compréhension de la stratégie de la police, et d’être sûr qu’elle a tous les moyens pour bien mener son action

- A partir du moment où une manifestation est autorisée par le Conseil d’Etat, il lui incombe d’assurer la sécurité

- Au sein du nouveau Conseil d’Etat genevois, la personne qui reprendra la tête de la police doit garantir aux citoyens le droit à s’exprimer pacifiquement dans la rue

- En tant que femme politique, je défends la capacité de chacun à exprimer sa contestation pacifiquement, c’est fondamental dans une société démocratique

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http://www.lematin.ch/actu/suisse/sandrine-salerno-casse-...

La question que je dépose ce soir à tous nos politiques, élus par le peuple qui doit rester souverain ;

Dans une une démocratie constitutionnelle comme la nôtre, le droit à la sécurité, à la protection des biens, des personnes, des valeurs, de la morale, n'est-il pas plus important que le droit de manifester, défendu une nouvelle fois corps et âmes malgré les émeutes qui accompagnent régulièrement ces mouvements démocratiques ?

Moi je connais ma réponse, mais je ne suis pas un élu du peuple !

 

27/11/2009

Laurent Moutinot est mécontent, moi aussi !

Laurent Moutinot est mécontent

Laurent Moutinot désapprouve la manière dont la police a ­conduit son enquête à la suite du rodéo urbain de Bellevue. Interrogé hier par Léman Bleu , le conseiller d’Etat en charge des forces de l’ordre a déclaré que les «règles d’intervention en matière d’accident de la circulation avec blessé n’avaient pas été respectées». Le magistrat, qui parle de «lacunes», estime qu’un officier de police aurait dû intervenir plus tôt afin entendre tous les protagonistes.

* * *

Walter Schlechten est mécontent

Bien qu'étant éloigné de Genève, Walter Schlechten désapprouve la manière dont la presse et le DI ont commenté l'enquête suite au rodéo présumé de Bellevue. Souvent interrogé mais voulant pourtant garder une certaine réserve, le Président du Syndicat des gendarmes déclare que "les règles d'intervention en matière d'accident de la circulation avec blessé sont déterminées par la Direction de la police et le Procureur Général". Si des lacunes se sont introduites dans ces règles, outil de travail des gendarmes qui sont livrés à cette appréciation, il n'était donc pas possible à un officier de police d'intervenir plus tôt afin d'entendre tous les protagonistes, contre lesquels il aurait fallu délivrer des mandats d'amener (pour quels motifs, on se le demande encore).

Laissons l'enquête se dérouler avant de prendre des positions partiales qui n'aideront, ni la police, ni la victime, ni la sérénité de l'enquête.

* * *

Petite question, si ce même accident avait concerné un jeune portugais au chômage, avec une Audi A4 et trois copains espagnols, conduisant une Subaru, une VW Golf et une Toyota, aurions-nous eu les mêmes réactions du PG, du DI, de la presse ?

Je pose juste la question, je vous laisse prendre position !

26/11/2009

Accident de la route de Lausanne vu de loin !

Étant toujours au repos, je suis l'affaire du "Rodéo de Bellevue" de loin, de très loin.

Cependant, je ne peux, ce matin, que constater que la police est une nouvelle fois attaquée sans vergogne, et de toutes parts.

- Le Procureur Général critique la lenteur de l'action de la police.

- Le Président du Département abonde dans son sens.

- La Cheffe de la police ne s'exprime pas.

- Le service de presse de la police parle d'une éventuelle erreur d'appréciation.

- Le remplaçant du Commandant a donné une brève réponse, digne d'un homme de terrain.

- Diverses prises de positions policières créent la discorde.

- Me Barillon présente son client comme une personne responsable qui reconnaît les faits qui lui sont reprochés (vitesse - alcoolémie).

- Me Jeanneret, qui n'a pas accès au dossier, déclare qu'il aurait fallu arrêter toutes les personnes au moment des faits.

- Les députés sortent du bois.

- Les journalistes s'en donnent à coeur joie.

Minet regarde ça de loin, mais ...

- L'auteur principal de l'accident est identifié, il a été auditionné, il a été inculpé, il reconnaît les premiers éléments reprochés.

- Les trois conducteurs des voitures mises en fourrière, qui ne présentaient pas d'alcoolémie, sont identifiés. Certes ils ont quitté la Suisse mais il n'ont pas disparu.

- Une enquête de ce genre demande plusieurs jours, voire plusieurs semaines, surtout s'il y a recherche de témoins, reconstitution, examen des mesures relevées, résultat médico-légale, etc.

Minet ne comprend pas l'acharnement médiatique sur la police et se pose les questions suivantes ;

- Y a-t-il une presse anti-flics à Genève, qui se permet de faire l'enquête et de tirer des conclusions hâtives sans avoir accès au dossier ?

- Y a-t-il un syndrome Kadhafi à Genève ?

- Y a-t-il un enjeu politique dans la réaction du PG, dans le cadre de l'affectation du DI ?

- Y a-t-il un problème entre divers services de la police, des conflits d'intérêts ?

- A travers tout cette affaire, qui cherche-t-on à atteindre, dans quel but ?

- Tout ça à quelques jours d'une énorme manifestation Anti-OMC, souvenirs souvenirs, veut-on décridibiliser la police ?

 

Comme je l'ai souvent écrit, je le redis ;

Genève n'a pas mal à sa police, Genève va mal, c'est tout.

Les faits, les rapports, les condamnations et l'analyse de ces événements révéleront si une erreur d'appréciation ont été commise.

Laissez donc la police faire son travail et cessez de tirer sur le pianiste !

 

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20/11/2009

Moi je dis oui au CEVA, sans réserve, enfin un nouveau projet pour Genève !

 

 

Un jour peut-être verrons nous les résultats d'un tel projet, mais il devrait enfin améliorer la sécurité des genevois, je m’explique.

 

Depuis quelques années, la situation s’est sécuritairement dégradée à Genève. Je trouve même que nous pouvons parler de l’avant et de l’après G8 de 2003.

 

Cette année là, malgré un dispositif très important, un déploiement massif de forces de polices et un engagement sans retenue des gendarmes, Genève a été mise à sac par les émeutiers, professionnels ou opportunistes. Les responsabilités politiques n’ont jamais été établies pour ces graves événements, même si le lynchage de Micheline Spoerri a donné un blanc-seing aux autres comme décharge.

 

Cette manifestation a malheureusement donné un signe fort à certains voyous, Genève était devenue vulnérable. Depuis, la criminalité n’a fait qu’augmenter, alors que nos effectifs ont stagné. Aujourd’hui, tout le monde le reconnaît, il manque des policiers. On ne voit plus les gendarmes dans nos rues, ou si peu. Les débats politiques qui viennent de se terminer pour les élections n’ont apporté aucune solution, ils ont juste permis de mettre à jour ces véritables problèmes de sécurité publique. Il nous faut donc un projet comme le CEVA pour l’avenir de Genève. Il se décline ainsi :

 

C comme Communiquer ; notre police doit améliorer sa communication, à travers son service de presse, le recrutement et surtout la police de proximité qui doit redevenir l’apanage de tous les agents.

 

E comme Écouter ; notre police et nos politiques doivent être encore plus à l’écoute, des commerçants, des citoyens, de associations de quartier, des élu communaux.

 

V comme Vivifier ; notre police doit devenir plus tonique, plus présente, plus participative, plus impliquée auprès de la population, la relation de confiance doit devenir le fer de lance de notre travail.

 

A comme Agir ; c’est avec ces trois éléments précités que nous pourrons agir sur les véritables problèmes, rapidement, par la prévention, l’intervention, la répression.

 

Ainsi nous retrouverons une sécurité publique pour une ville qui ne mérite pas de devenir une zone de non droit. L’attrait du métier en sera aussi le grand vainqueur, et la police genevoise redeviendra aussi attractive qu’elle le fut le siècle passé.

 

Donc, moi je dis oui au CEVA, un projet qui ne coûtera pas trop cher, car ce sont les moyens humains que nous avons à disposition, avec tous nos partenaires, que nous pourrons employer pour y arriver, tout en bénéficiant de l'augmentation des effectifs attendue.

14/11/2009

I HAVE A DREAM

A lire l'article de ce jour de la TDG, intitulé "Qui voudra le département maudit de la police", je me conforte dans mon idée de me lancer très vite en politique, d'être ambitieux et de revendiquer ce département maudit pour certain, dans lequel pourtant il y a de très belles choses à faire, pour la sécurité des genevois, pour l'image de Genève, pour l'avenir du métier de policier. Vous ne voulez pas de cette place Mesdames et Messieurs les candidats, laissez moi le siège, j'arrive ...

Et c'est là que je me suis réveillé .. Dommage ... 

Faire de la politique, ce n'est pas comme aller au marché et choisir ses fruits et ses légumes, c'est avant tout être au service de la population qui vous a fait don d'une élection, qui vous remet un mandat, et qui à travers cet acte, vous confie les clefs de la République.

Comment un politicien, de gauche ou de droite, peut-il ne pas avoir envie de reprendre un département aussi important que celui-ci ?

La peur des syndicats de police, des réactions de la troupe, des faibles moyens mis à disposition pour accomplir la tâche, du rôle ingrat à tenir, des décisions nécessaires à prendre, je n'ose pas le croire, sinon l'on devinerait irrémédiablement un manque de courage chez l'élu et une vocation politique sur le déclin !

Le Département de Justice, de Police et de Sécuritié, oups pardon, le Département des Institutions est aussi le seul qui n'a pas comme mandat de distribuer des sommes d'argent importantes, des mandats externes enrichissants, des projets économiquement profitables. Mais qui oserait croire que c'est ce manque de manoeuvre économique qui dicte le choix de nos élus ?

Personne ... Évidemment !

 Vive Genève, vive la police genevoise, Avé Moi !

Walter SCHLECHTEN

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12/11/2009

Réponse d'un lecteur au courrier des lecteurs de M. MEYNET Léon.

Courrier des lecteurs | 11.11.2009 | 00:00

Fierté mal placée

Chêne-Bougeries, 1er novembre.Celles et ceux qui ont été victimes de violence policière à Genève peuvent en témoigner, nos pandores ne font pas dans la dentelle et ce n’est pas le tact qui les étouffe. Donc même si l’on ne porte pas les Kadhafi dans son cœur, reconnaissons que ça n’a pas été la meilleure méthode que de débouler à vingt casqués et bardés dans un cinq-étoiles pour enfoncer la porte de la suite du fils d’un colonel président d’un lointain désert. A 20 pour un homme et une femme qui ont maltraité un couple de domestiques! Imaginez, cette horde dans son harnachement du 3e type qui se précipite, à la Rambo, sur un agresseur présumé devant les yeux hagards de sa femme enceinte de huit mois et de son fils âgé de 3 ans. De quoi les traumatiser à vie. Et, comme ce n’est pas le courage qui les anime, ils ont dû être au moins trois pour terrasser et menotter l’indélicat personnage. Ça fait presque rire tant c’est ridicule! Après ce coup fumeux, notre conseiller d’Etat aux Institutions et ses subordonnés à la justice en ont remis une couche en arguant de la légitimité de leur action au nom de la loi et de l’égalité de traitement. Un excès de zèle qui coûte cherà des otages boucs émissaires, à notre diplomatie, à notre économie et donne de Genève une image d’inflexibilité caractérielle. Fallait-il vraiment que M. Moutinot nous lègue cette patate chaude en guise d’héritage de fin de son mandat?
Léon Meynet

Monsieur,

A la lecture de votre courrier des lecteurs, mon sang n’a fait qu’un tour. Je me pose encore la question comment la rédaction de la TDG a pu produire un texte pareil. A vous lire, la police genevoise est coutumière de violences illégitimes, les victimes étant nombreuses selon vos dires, puisque ceux et celles qui en ont été victimes peuvent en témoigner.

Cette première affirmation est scandaleuse et je vous invite à prendre langue avec la Direction de la police, ou le Commissaire à la déontologie, afin de connaître les chiffres exacte des exactions policières sur notre canton.  Comme de nombreuses personnes, vous semblez confondre usage de la contrainte et violence policière. Une intervention des forces de l’ordre peut paraître violente à travers l'usage de la force, mais celui-ci est le plus souvent légitimé par les circonstances et le comportement irascible, voire dangereux de l’interpellé.

Deuxièmement, je ne me prononcerai pas sur l’affaire Kadhafi, mais je vous invite à revoir vos sources M. Meynet, car la scène que vous nous décrivez sort tout droit d’un roman, voire de votre imagination débordante de préjugés.  Vous ne pouvez vous permettre de prétendre que les faits  se sont produits comme vous les décrivez, vous portez ainsi atteinte à l'ensemble du corps de police.

Troisièmement, en ce qui concerne le courage des policiers genevois, que vous reniez,  je vous invite simplement à découvrir notre profession au plus vite, afin que vous cessiez vos élucubrations publiques, que la rédaction de la TDG a scandaleusement imprimées.

Je ne sais même pas pourquoi cela ne m’étonne pas. Une attaque de plus contre le corps de police, qui était par le passé l’adage du journal Le Matin, est visiblement devenu le gagne pain de notre quotidien genevois 

 

               Walter  Schlechten                                                                                                                                                                   Lecteur de la presse romande.

               Président de l'UPCP

09/11/2009

Halte à l'inertie politique en matière de sécurité.

Face à l'inertie du monde politique pour prendre en mains les véritables problèmes sécuritaires de notre canton, il est temps de remettre l'église au milieu du village. De prôner à tout va une réorganisation statutaire de la police ne va en aucun cas améliorer la situation opérationnelle. Les priorités sont ailleurs.  

Analyse de la situation.

Quels sont les véritables problèmes qui empoisonnent Genève ? Pour moi il y a quatre points forts sur lesquels nous devons nous concentrer.

Premièrement, le trafic de drogue. Qu'il soit en rue où caché, Genève ne doit plus rester le centre névralgique de ce trafic pour la région franco-valdo-genenoise. Certes, la demande est là, mais l'offre est aussi sur le marché. Cocaïne, héroïne, drogues synthétiques ou haschich, tout y est. La lutte contre cette économie grise doit être intensifiée. Si notre position géographique est souvent un atout pour notre cité, elle l'est en revanche beaucoup moins dans ce combat. Pour cette raison, tous les services concernés doivent être associés à ce programme. Cela va de la prévention à la répression, même si actuellement nous souffrons d'un manque cruel d'effectifs, il nous faudra nous unir. Ce thème doit être traité en urgence, la drogue tue et déstructure socialement une société.

Deuxièmement, la sécurité publique.Par ce terme je pense à tous les délits de rue, vol, vol à la tire, agression, racket, cambriolage, menace, dommage à la propriété, mais aussi émeute. Si pour la plupart des maux l'on peut avoir rapidement une très forte influence sur ceux-ci par une présence policière accrue, tout comme pour le trafic de drogue en rue, il n'en demeure pas moins que la position de la Genève internationale fera que nous resterons un lieu de rassemblement, de manifestation, de contestation. La liberté de manifestation doit être garantie, sous réserve que les conditions cadres de sécurité soient réalisées. Mais ce dont il faut être conscient, c'est que si la gendarmerie genevoise est très bien formée en maintien de l'ordre, les effectifs insuffisants de notre corps ne nous permettent pas d'assumer cette importante tâche sans renfort, ni sans effectuer des heures supplémentaires. La solution passe donc irrémédiablement par une augmentation des effectifs de la gendarmerie. Dans un premier temps, la Police de Sécurité Internationale pourrait être formée au maintien de l'ordre, afin de déjà venir compléter nos rangs, mais ce n'est qu'une roue de secours, car le cahier des charges de ce corps est déjà bien rempli. Ce qui est certain, c'est que d'abandonner la voie publique à des sociétés privées de sécurité est une erreur  politique incommensurable. Nous l'avons toujours dit, la sécurité a un prix. L'augmentation des effectifs de la police doit devenir une priorité pour le nouveau plan quadriennal qui va nous être présenté sous peu, c'est le seul moyen de remettre durablement des policiers dans la rue, comme dans toutes les grandes villes du monde.

Troisièmement, la circulation routière. L'actualité malheureuse vient le confirmer une nouvelle fois. La police, notamment la gendarmerie, peut faire tous les contrôles du monde, la responsabilité de chacun est engagée. Sur un acte unique, démesuré, inconscient, un usager de la route peut tuer. Les véhicules sont des armes et la route n'est pas un terrain de jeux. Là aussi, la peur du gendarme, par manque de visibilité, a disparu. Par manque d'effectifs et du fait le la pluralité de nos missions et des priorités accordées, il ne nous est plus possible d'assumer cette présence. Cela doit changer. Ce n'est pas en ouvrant de nouveaux postes de police que l'on va y remédier, bien au contraire. La redistribution des missions, la collaboration avec les services connexes, l'augmentation de nos effectifs sur quatre à dix ans, voilà les solutions. Il en va aussi d'un discours très ferme du pouvoir judiciaire pour ce genre de délit. Le Parquet n'a pas le soutien politique attendu en la matière. La séparation des pouvoirs, oui, mais avec une doctrine forte en matière de lutte contre la criminalité.

Quatrièmement, police secours. Il est avéré que la population attend une chose de sa police. Elle veut la voir intervenir quand elle fait appel à elle. Il est faut de croire que l'ouverture 24/24 de postes de police dans tout le canton est un gage de sécurité, car dans 95 % des cas, c'est la police qui va au devant des victimes, des infractions, des délits, des incidents urgents. Il est rare de voir arriver au poste un plaignant qui vient d'être victime d'un acte délictueux. L'urgence est passée et le travail d'investigation lui seul doit commencer. Malheureusement, là aussi, nous n'avons pas une police de riche. Avec des effectifs rabotés et la multiplication des missions et des charges, il devient difficile pour nous de répondre à cette principale priorité d'un service public. Là aussi, une réorganisation des missions, du cahier des charges avec nos partenaires, et une augmentation des effectifs permettront d'y remédier. En aucun cas la fusion avec la Police de Sécurité Internationale, voire les APM, n'apportera de l'eau au moulin,  car le cahier des charges de ces entités viendraient également engorger la gendarmerie.

Ce qui est terrible à travers les quatre éléments que je viens de décrire, qui sont pour moi les principales priorités que nous devons cibler, c'est que je n'ai pas trouvé place pour la prévention, pour l'éducation, pour la police de proximité et l'îlotage, pour des postes de police ouverts partout et accueillants, pour la formation continue, pour les services officiels de représentation, pour les gardes hôpital, pour les conduites de détenus, pour les surveillances de détenus au Palais de Justice, pour le travail d'initiative, pour le recrutement, pour des patrouilles en zone frontière, pour des stages de formation hors canton, pour des détachements envoyés en renforts pour le GMO, et tout ceci sans la présence d'une conférence internationale comme Genève en a tant connue, événement qui engorgerait immédiatement toutes ces tâches. Jamais nous n'abandonneront le terrain, car dans notre métier chaque réquisition est une priorité dans son accomplissement, mais il est temps de se rendre compte que l'on ne peut plus faire toujours plus avec encore moins (ancienne doctrine utilisée pour galvaniser les troupes).

Nous, policiers de terrain, l'avons tous bien compris depuis des années. La solution passe par une augmentation des effectifs, par une redistribution des missions avec nos partenaires, par une doctrine forte et surtout, dans l'urgence et pour sortir de la tempête que nous traversons afin de rétablir l'ordre, une redéfinition des véritables priorités de chacun.  

Jamais je ne laisserai l'impuissance gagner le combat contre la criminalité et la sécurité publique. Il ne suffi plus de faire avec ce que l'on a, il nous faut faire plus et mieux avec tous nos partenaires, tout en remédiant au problème récurrent du manque d'effectifs de la police genevoise. Et ce n'est pas l'arrivée du nouveau code de procédure pénal qui va arranger les choses. Il faudra donc que l'inertie politique s'interrompe, que les personnes qui ont des connaissances métiers s'expriment et que l'on cesse de redessiner la police genevoise telle qu'elle est décrite dans les manuels, ouvrages idylliques mais qui ne fonctionnent que si tous les éléments liés à la réussite du système sont réunis, ce qui n'est plus le cas à Genève.

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Mais tout ceci ne nous regarde pas, nous ne sommes que des employés d'Etat, astreints à un service public, fonctionaires d'autorité, et nous ne sommes là que pour obéir.

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