12/11/2009

Réponse d'un lecteur au courrier des lecteurs de M. MEYNET Léon.

Courrier des lecteurs | 11.11.2009 | 00:00

Fierté mal placée

Chêne-Bougeries, 1er novembre.Celles et ceux qui ont été victimes de violence policière à Genève peuvent en témoigner, nos pandores ne font pas dans la dentelle et ce n’est pas le tact qui les étouffe. Donc même si l’on ne porte pas les Kadhafi dans son cœur, reconnaissons que ça n’a pas été la meilleure méthode que de débouler à vingt casqués et bardés dans un cinq-étoiles pour enfoncer la porte de la suite du fils d’un colonel président d’un lointain désert. A 20 pour un homme et une femme qui ont maltraité un couple de domestiques! Imaginez, cette horde dans son harnachement du 3e type qui se précipite, à la Rambo, sur un agresseur présumé devant les yeux hagards de sa femme enceinte de huit mois et de son fils âgé de 3 ans. De quoi les traumatiser à vie. Et, comme ce n’est pas le courage qui les anime, ils ont dû être au moins trois pour terrasser et menotter l’indélicat personnage. Ça fait presque rire tant c’est ridicule! Après ce coup fumeux, notre conseiller d’Etat aux Institutions et ses subordonnés à la justice en ont remis une couche en arguant de la légitimité de leur action au nom de la loi et de l’égalité de traitement. Un excès de zèle qui coûte cherà des otages boucs émissaires, à notre diplomatie, à notre économie et donne de Genève une image d’inflexibilité caractérielle. Fallait-il vraiment que M. Moutinot nous lègue cette patate chaude en guise d’héritage de fin de son mandat?
Léon Meynet

Monsieur,

A la lecture de votre courrier des lecteurs, mon sang n’a fait qu’un tour. Je me pose encore la question comment la rédaction de la TDG a pu produire un texte pareil. A vous lire, la police genevoise est coutumière de violences illégitimes, les victimes étant nombreuses selon vos dires, puisque ceux et celles qui en ont été victimes peuvent en témoigner.

Cette première affirmation est scandaleuse et je vous invite à prendre langue avec la Direction de la police, ou le Commissaire à la déontologie, afin de connaître les chiffres exacte des exactions policières sur notre canton.  Comme de nombreuses personnes, vous semblez confondre usage de la contrainte et violence policière. Une intervention des forces de l’ordre peut paraître violente à travers l'usage de la force, mais celui-ci est le plus souvent légitimé par les circonstances et le comportement irascible, voire dangereux de l’interpellé.

Deuxièmement, je ne me prononcerai pas sur l’affaire Kadhafi, mais je vous invite à revoir vos sources M. Meynet, car la scène que vous nous décrivez sort tout droit d’un roman, voire de votre imagination débordante de préjugés.  Vous ne pouvez vous permettre de prétendre que les faits  se sont produits comme vous les décrivez, vous portez ainsi atteinte à l'ensemble du corps de police.

Troisièmement, en ce qui concerne le courage des policiers genevois, que vous reniez,  je vous invite simplement à découvrir notre profession au plus vite, afin que vous cessiez vos élucubrations publiques, que la rédaction de la TDG a scandaleusement imprimées.

Je ne sais même pas pourquoi cela ne m’étonne pas. Une attaque de plus contre le corps de police, qui était par le passé l’adage du journal Le Matin, est visiblement devenu le gagne pain de notre quotidien genevois 

 

               Walter  Schlechten                                                                                                                                                                   Lecteur de la presse romande.

               Président de l'UPCP

19/10/2009

Bilan du DI vu par un journaliste. Bilan du DI vu par un policier !

BILAN | Retour sur la législature 2005-2009.

Bilan du DI selon la TDG de ce jour.

Sécurité: pas assez, trop tard
Reprenant un département en capilotade, le socialiste Laurent Moutinot a posé les bases d’une réforme de fond de la police, qui en a bien besoin, et d’investissements lourds dans les prisons. Il est vrai que les statistiques du nombre de délits révèlent que l’insécurité a augmenté.

Genève attend de lui des réformes et une reprise en main. Mais il lui faut trouver au préalable un nouveau chef des forces de l’ordre. Il faudra six mois pour dénicher la perle rare: Monica Bonfanti. Outre que la dame a été assez rapidement malmenée par certains syndicalistes, la préparation de l’Euro 2008 a également repoussé l’avancée des projets.

Prison, police, justice

Ce n’est donc que cette année que les dossiers sont arrivés à maturité et ont pu être présentés. Et ils ne touchent pas que la police. C’est en réalité un véritable feu d’artifice qui est tiré en cette fin de législature.

Dès février, le conseiller d’Etat avait annoncé que ­Genève devait construire une nouvelle prison. En septembre, un programme plus complet est déposé, quelques jours après la présentation d’une vaste réforme de la police (horaires, rémunération, organisation). Ce train-là est donc lancé, et bien lancé.

Parallèlement, une transformation fondamentale de l’organisation et des organes de la justice a été menée pour l’adapter au nouveau droit fédéral. Moins connu du grand public – à l’exception de l’épisode de la suppression du jury populaire – cet énorme chantier a été mené par son département et la Commission Justice 2011 du Grand Conseil. Pas si mal pour quel’un qui est accusé de se tourner les pouces.

Eric Budry

Alors que les élections au Conseil d'Etat approchent, un journaliste tire le bilan de Laurent Moutinot, nous nous devons de tirer un autre bilan du DI.

 

Tout a commencé au soir du 13 novembre 2005, avec les résultats de l’élection du Conseil d’Etat. Laurent Moutinot est le moins bien élu, avec seulement 43'928 voix. On a déjà tous compris qu’il va se retrouver avec le département maudit sur les bras, le DJPS.

La première décision de cet homme, qui sort de deux mandats comme conseiller d’Etat à la tête du DAEL, avec la réputation « il n’a rien fait durant huit ans », sera de changer le nom de notre département.

Le Département des Institutions est né. Qui sait pourquoi, on se pose encore la question aujourd’hui ? Est-ce le fait que les initiales PS soient associées à la police et la justice, voire à la sécurité ?

Un coup de tête qui va coûter une certaine somme à l’Etat, pour refaire tous les logos et les entêtes. Mais en 2005, on ne compte pas encore, on prépare le plan quadriennal.

A son arrivée, deux chantiers attendaient officiellement ce socialiste. Trouver un/une Cheffe de la Police, car depuis dix ans c’est la bérézina à ce niveau, et modifier les statuts de la Caisse de Pension des fonctionnaires de police et gardiens de prison, suite aux différentes décisions LPP, notamment une modification de l’âge de la retraite. L’OFAS a d’ailleurs prévu une période de transition de 5 ans, valable au premier janvier 2006, pour que les cantons, et les caisses de pension, puissent se réorganiser en douceur.

Acte I

Les affaires Devegney Alain et Chevalier Mario.

Pour sa première mission, il trouve la perle rare, et nomme Monica Bonfanti Cheffe de la Police. Rapidement, il y aura l’affaire Devegney, un syndicaliste au verbe acidulé, qui se réglera "à l’amiable", puis l’affaire Chevalier, un Chef de la PJ que certains ont voulu décapiter. Cette histoire n’est pas terminée, le Tribunal administratif vient de recevoir, sur ordre du TF, l’audit de Bernard Ziegler, commandé par Laurent Moutinot, et qui avait permis la destitution de Mario Chevalier. Cette affaire va ressortir dans les semaines à venir, la vérité aussi. Alors que les sanctions disciplinaires sont modifiées à l’Etat, touchant ainsi au statut décrié du fonctionnaire, Laurent Moutinot veut instaurer une IGS digne de ce nom. A ce jour, les derniers coups de pinceaux sont donnés dans les locaux qui abriteront enfin cette entité. Il aura fallu 3 ans pour en arriver là, pourtant sans aucune contestation majeure des syndicats de police sur ce sujet. Il faut dire qu’en 4 ans, la plupart des décisions, issues d’enquêtes administratives menées par le DI à l’encontre de policiers, ont été cassées par le Tribunal Administratif. A se demander si les personnes à la tête du DI connaissent les lois et les procédures.

Acte II

Révision des statuts de la Caisse de Pension, liée à la LPP.

Pour sa deuxième mission, Laurent Moutinot va tutoyer en 2006 le sujet de l’âge de la retraite en commission paritaire, réunions que nous qualifierons bien vite de "salon de thé", en arrivant avec une très grande idée, la fusion entre la PSI et la Gendarmerie. On se demande encore aujourd’hui pour quelles plus-values. Il va se voir opposer un « niet » ferme des syndicats et de la hiérarchie sur cette fusion, mais les éléments touchant la LPP ne seront jamais abordés. Cet homme politique est donc resté fidèle à lui-même. Il a laissé pourrir la situation 4 ans pour, il y a un mois, sortir un projet de loi surprise en sa fin de mandat, trahissant ainsi les négociations en cours avec les syndicats de police sur la Réorganisation de la Police. Le projet de loi déposé, ainsi que ses règlements d’application, sont les pires écrits législatifs qu’il m’ait été donné à lire en 4 ans. Aucune teneur, aucune logique, on casse la police sans reconstruire, on traite ce personnel comme du bétail, sans égard, sans la reconnaissance attendue à travers les négociations et la très grande ouverture d’esprit des syndicats de police. Ce projet de loi ne peut pas être la pierre d’achoppement de la Réorganisation de la Police, c’est impossible, l’édifice s’écroulerait irrémédiablement. La nouvelle législature qui arrive devra prendre se sujet en primauté pour trouver la solution.

Acte III

La Réorganisation de la Police. 

Genève a eu les yeux plus gros que le ventre pour l’Euro 2008. Construction d’un stade qui va rester vide longtemps encore, 3 Fan Zone et des installations démesurées pour l’évènement, même si la plaine de Plainpalais a été une réussite, et enfin des coûts pour la sécurité qui avaient été minimisés, notamment sur l’engagement sur le terrain des policiers genevois, et des heures supplémentaires exigées. Arrive une facture de 12 millions, la gronde de la Commission des Finances et un règlement de comptes politique qui commence. D’un côté la droite et Pierre Weiss, de l’autre la gauche et Laurent Moutinot. Au centre, la police. Le résultat de ce match où les animosités personnelles apparaissent clairement, c’est un rapport de la Cour de Compte et un second de M. Annoni. Des critiques sur l’organisation de la police, sur la difficulté d’énoncer les prestations octroyées aux policiers, sur les disparités entre services, sur la gestion du personnel, sur le manque de bases légales ou la confusion de celles-ci.

Dans l’urgence, fin mai 2008, la Réorganisation de la Police est mise en route par Laurent Moutinot. Les syndicats de police sont associés à la démarche, mais le Président du DI veut aller vite, très vite, pour en terminer avant la fin de son mandat. Il faudrait donc réaliser en 4 mois ce qu’il n’a pas été capable de faire en 4 ans. Juste impossible, tout le monde le sait, tout le monde le dit, même la hiérarchie. Alors, pour passer outre, Laurent Moutinot dicte sa loi et présente un tableau sur ladite réorganisation. A sa lecture, on comprend qu’il v a falloir deux ou trois ans pour tout mettre en œuvre. Que nenni, c’est dans cette précipitation que le Secrétaire Général du DI va organiser des groupes de travail durant tout l’été. Pour les représentants du personnel, ce sont des heures passées à trouver des solutions, à argumenter, à expliquer notre métier, à proposer, à démontrer les inepties tout en restant constructif. Des représentants de la Direction de la Police seront aussi présents, mais sans mandat de leur patronne, sans aucune idée de la volonté des états majors, sans doctrine car personne n’a été consulté par le DI. Au résultat, un rapport rendu par Bernard Gut, dans lequel les propositions des syndicats sont énoncées sous la rubrique « Oppositions / Positions divergentes», tout un programme. L’UPCP rédige alors un document de 6 pages intitulé « point de vue de l’UPCP », qui sera remis à MM Hiler et Moutinot, en vain. Alors que le rapport sur la réorganisation de la police devait être présenté au Conseil d’Etat, c’est un projet de loi qui apparaît. En première lecture on ne peut que se rendre compte que ce document officiel a été rédigé dans l’urgence. Il comporte de nombreuses erreurs et des contradictions législatives importantes. Tout y est mélangé, survolé, de la police scientifique aux services des RH, des indemnités aux horaires, des heures supplémentaires à l’organisation des services, faisant fi de l’opérationnel. Pire encore, alors qu’il y a deux mois Laurent Moutinot nous affirmait que l’on parlerait de la problématique de l’âge de la retraite après la réorganisation, un article de loi vient crucifier les discussions, voire les négociations attendues. Une trahison qui, avec le recul, ne nous étonne pas de l’homme qui est à la tête de nos Institutions. Un jour, un homme célèbre a dit "La lâcheté est l’arme des faibles et des sans courage". A trop ignorer les véritables problèmes, à les repousser aux calendes grecques, Laurent Moutinot n’a pas su prendre ses responsabilités d’homme d’Etat. Il a agit comme un petit chef de service, sans envergure, sans courage, sans idée, sans  vision d’avenir pour ceux qui resteront après son départ et surtout avec une hostilité manifeste contre la police.

Mais au lieu de reconnaître son erreur et de retirer ce Projet de Loi raté, le Conseil d’Etat , qui s'est fait manipuler par Laurent Moutinot, persiste dans son erreur et ce PL se trouve maintenant auprès de la commission judiciaire et de police. La commission des finances voudra probablement y mette son nez, ce qui me paraît normal. Si les députés qui siègent actuellement sur ces bancs font preuve de lucidité, l’évidence du travail bâclé apparaitra et la copie sera renvoyée au Conseil d’Etat pour réécriture. Nous policiers sommes prêts pour celle-ci, avec la volonté de construire trois projets de loi, sur trois ans, avec un échéancier et des possibilités d’organiser la police du 21èmesiècle, avec la concertation des chefs de service, des syndicats, des partis politiques, de la commission des finances, de la commission judiciaire et de la police, de la commission ad hoc Justice 2011.

Acte IV

Le Bilan de Laurent Moutinot et du DI.

Bilan du président du DI. Si des conférences internationales ont bien été présidées par Laurent Moutinot, notamment sur les droits humains, il m’est difficile de ne pas peindre que le diable sur la muraille. Mis à part l’installation de caméras dans les postes de police, l’interdiction de manifestation Anti-Wef du 31 janvier de cette année et d’une nouvelle loi sur la prostitution, je ne vois pas ce que je peux ressortir de bon dans la législature de Laurent Moutinot. Même ses actes où ses choix sont discutables.

-       Mise en place d’un seul uniforme entre la gendarmerie et la police de sécurité internationale, sans changer les statuts de ces deux entités, c’est faire croire à la population qu’il y a plus de policiers unfiormés en rue, ce qui est faux.

-       Nouvelle Loi et dénomination pour les ASM. Ils seront agents de Police municipaux, sans brevet de policier, sans prérogative judiciaire nouvelle, sans même avoir la possibilité de finir les tâches de police commencées, la gendarmerie devant bien souvent reprendre le flambeau. Seul point positif, ces collaborateurs bénéficient enfin d’un équipement et d’une dénomination qui leur permet de se défendre en qualité de fonctionnaire d’autorité. La frilosité politique et la chasse-gardée des communes sont encore un frein à la restructuration des services de police.

-      La problématique des mendiants a été une véritable cacophonie dans sa gestion législative et humaine. La police s’est retrouvée sous les feux de la rampe du fait de l’incompétence de nos décideurs.

-       La criminalité a explosé en 4 ans à Genève. Le pouvoir judiciaire s’est engorgé avec des procédures trop longues, par manque de moyens, et ce n’est pas Justice 2011 qui va arranger les choses. Trop occupé à retrancher la responsabilité des problèmes sur le Procureur Général, Laurent Moutinot a alimenté un conflit de personne, encore un, en lieu et place de traiter les problèmes policiers et de sécurité. Trop tourné vers la Genève Internationales et le socialement et politiquement correct, le Président du DI ne nous a pas donné les moyens de lutter contre cette criminalité. Pour certains délits le problème est localisé, la solution aussi, mais la non-entrée en matière au sujet de la détention administrative est la preuve de l’inertie du DI.

-       La gestion de l’Euro 2008 a été une catastrophe pour notre département, pas au niveau sécuritaire, mais organisationnel et politique. On a voulu faire beaucoup avec peu de moyen.

-       Enfin, il est temps de se demander où se trouve la plus-value pour la sécurité des genevois dans la Réorganisation de la Police bâclée et proposée dans l’urgence. Il n’y en a pas, l’intérêt de l’opérationnel et du service au citoyen sont  passés au second plan. A trop vouloir casser la « Grande Maison » et ses statuts, Laurent Moutinot en a oublié de trouver des solutions pour que Genève redevienne une ville où l’on doit se sentir en sécurité. Il n’y a plus de policiers en rue, là est le véritable problème, et ce n’est à nouveau pas Justice 2011 qui va améliorer les choses. Il est urgent que les priorités de la police soient revisitées, avec des moyens nouveaux et une volonté politique affirmée.

-    Pour la prison, la constuction de la Brenaz était devenue une urgence, Curabillis une évidence. Pour le reste, comme à la police, il laisse de "grands" projets, sans budget, sans garantie, que d'autres qui suivront devront reprendre en mains.

Acte V

Véronique Pürro, la solution du parti socialiste pour perdurer dans l’errance.

En prenant connaissance de la candidature de Véronique Pürro, à qui tout le monde destinait le DI, un énorme doute nous avait déjà envahit. Veut-on juste transformer la police en service social de l’Etat ? Rien dans le parcours de cette personnalité politique ne laisse présager une carrure suffisante pour tenir les reines de notre département. Elle est favorable à la dépénalisation du cannabis, je vous le rappelle. De, plus, nous sortons d’une législature de gauche, avec un socialiste aux commandes, et son bilan est catastrophique. Et ce ne sont pas les propos tenus par la candidate socialiste qui vont nous rassurer, bien au contraire. Elle a probablement toutes les capacités pour entrer au Conseil d'Etat, mais le DSE lui irait probablement comme un gant.

Avec un parti incapable de déposer une initiative pour le droit de vote des étrangers, mais qui veut des étrangers dans les rangs de la police pour y faire appliquer des lois pour lesquels ces employés n’auraient pas le droit de regard ; avec une députation genevoise qui ne veut plus de Députés policiers, supprimant ainsi sans raison un droit démocratique constitutionnel ; avec un refus net d’augmenter les possibilités de détentions administratives ; avec une grande idée de simplifier le traitement des dossier, alors que le nouveau CPP va avoir l’effet inverse assurément ; avec le développement du travail d’intérêt général pour les délinquants mineurs, donc aucun signe fort politique pour endiguer la criminalité de rue ; nous n’y voyons aucune solution pour améliorer la situation critique dans laquelle Genève se trouve. On peut se tromper, mais nous avons des doutes.

Il faudra tourner la page au soir du 15 novembre, et mettre toutes les cartes sur table pour avancer ! 

 

Le Conseil d’Etat a fait son boulot. Mais les chantiers restent ouverts

18/10/2009

Rapport Goldstone, ou le silence de l'occident face aux vérités d'un organe indépendant !

Réf. L'express. fr

Le Conseil des droits de l'homme (CDH) de l'Onu a repris vendredi à son compte le rapport de la commission d'enquête indépendante conduite par le juriste sud-africain Richard Goldstone, qui fait état de crimes de guerre commis par Israël et le Hamas.

"Israël doit discréditer le discrédit", a lancé le chef du gouvernement, selon un membre de son équipe. Cette campagne, a ajouté Benjamin Netanyahu, "ne prendra pas seulement quelques semaines, mais peut-être des années".

Au terme d'une session extraordinaire de deux jours, 25 des 47 Etats membres de l'instance onusienne basée à Genève ont voté pour une résolution endossant le document et condamnant le seul Etat juif pour son refus de collaborer à l'enquête, ainsi que pour la poursuite de son occupation et le blocus de Gaza.

UN PRÉCÉDENT

Le rapport Goldstone invite le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) si Israël et le Hamas ne mènent pas dans les six mois des investigations crédibles.

La résolution adoptée par le CDH, contre l'avis des Etats-Unis et de cinq autres pays, se borne toutefois à soumettre le rapport à l'Assemblée générale et à requérir du secrétaire général de l'Onu un compte rendu sur la mise en oeuvre de ses recommandations.

Le gouvernement israélien, qui rejette en bloc le rapport Goldstone, jugé absurde il y a quelques jours par Benjamin Netanyahu, a réagi en estimant que "cette résolution encourage les organisations terroristes à travers le monde" et sape les efforts de paix.

Le texte adopté vendredi a été rédigé par l'Autorité palestinienne sous le parrainage de l'Egypte pour les Non-alignés, du Nigeria, pour l'Afrique, du Pakistan pour l'Organisation de la conférence islamique et de la Tunisie pour la Ligue arabe.

Pour Nabil Aboud Rdaïnah, collaborateur du président palestinien Mahmoud Abbas, la communauté internationale a le devoir de faire en sorte que le vote intervenu à Genève établisse "un précédent qui assurera la protection du peuple palestinien contre toute agression".

MON ANALYSE TRES PERSONNELLE DE LA SITUATION

J'ai grandi en Suisse en apprenant à l'armée que les rouges étaient les méchants, les bleus les gentils. J'ai grandi à Genève, en apprenant par la presse que les palestiniens étaient des terroristes et les juifs leurs victimes. J'ai grandi à Genève en apprenant que la France était le pays de droits de l'homme, que les USA étaient les "gendarmes du monde", que la Suisse était neutre.

En grandissant, on découvre naturellement que les méchants ne sont pas toujours ceux que l'on croit, mais l'on remarque aussi que la victimisation d'un peuple lui autorise bien des actes que l'on reproche pourtant à d'autres. M. Netanyahu n'a pas le courage de reconnaître les exactions commises par l'armée israélienne, alors que ce rapport devra être pris en compte par l'ONU, pour protéger le peuple palestinien, pour condamné l'armée israélienne, pour exiger le dépôt des armes des antagonistes. Il en va de la paix entre les peuples, il en va du devoir de vérité, il en va de l'avenir des enfants d'Israël et de Palestine, il en va de l'histoire de l'humanité.  

Il n'y a pas de guerre propre, dans tous les conflis il y a des crimes de commis, au préjudice des populations.

 

 

 

10/10/2009

Halte aux mensonges de la Cour des Comptes !!!

Article de la tdg du 10.10.2009 : La police et ses heures supplémentaires. Au premier rang figure la police genevoise! Souvent épinglée pour son organisation kafkaïenne, la «grande maison» pilotée par le Département des institutions de Laurent Moutinot est à la peine. «Le projet de loi et le règlement déposé récemment pour réformer les corps de police répondent à certains problèmes, souligne la présidente de la cour, Antoinette Stalder. Mais le nouveau système de planification des horaires ne supprimera pas la spirale de création des heures supplémentaires.» Un comble alors que la réforme devrait coûter 100 millions à l’Etat… «Par ailleurs, les améliorations pour réduire le risque de fraude lié à l’encaissement des amendes se font attendre.» Contacté hier, le département a précisé «ne pas être en mesure de répondre immédiatement aux critiques».

Réponse du syndicat des gendarmes : POLICE.jpg

Madame Stalder,

1) Comme je vous l'avais expliqué, à vous et vos pairs, la spirale de création d'heures supplémentaires est due en majorité au travail, aux missions, aux réquisitions, aux tâches effectuées, aux conférences internationales et surtout au manque d'effectif de la police, en aucun cas à nos horaires, même si l'OS Spoërri qui va être annulé va vous rendre que 28'000 heures sur 600'000.

2) La réforme qui est en route va coûter 100 millions, mais c'est vous, la Cour des Comptes, et M. Weiss et la Commission des Finances, qui l'avez voulue. De la transparence, plus d'opacité, il y avait un risque qu'une facture tombe avec des prestations équitables pour la police, et encore nous n'avons pas encore obtenu l'application du MIOPE, alors assumez aujourd'hui.

3) De quel risque de fraude parlez-vous lors d'encaissements d'amendes ? Aucun cas avéré, aucune preuve. Cette fraude est impossible, nous disposons depuis des années de carnets de quittances que nous déchargeons, avec en référence le no de l'amende concernée à l'encaissement.

Conclusion : Cessez donc d'attaquer la police, et j'espère que la Constituante revisitera aussi la Cour des Comptes, qui ne se donne pas les moyens de ses accusations scandaleuses.

Walter SCHLECHTEN - Président de l'UPCP - Br cgr à la gendarmerie - flic dégoûté de travailler pour un canton comme Genève

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28/09/2009

Élections cantonales TSR2 ou le débat des guignols de la République.

L'émission spéciale sur les élections cantonales genevoises vient de se terminer sur la TSR2, et moi j'ai honte de devoir voter pour ces candidats à la députation. Incapables d'ouvrir un débat, de venir avec des idées nouvelles, ces postulants/es n'ont fait que ressasser les idées désuètes de leur parti et les "grands projets" qui traînent depuis 20 ans à Genève.

L'échec de cette législature est le résultat du manque de collégialité au Grand Conseil et au Conseil d'Etat, entre les partis, juste pour ne pas laisser à l'autre le droit d'avoir eu une bonne idée, le bon projet, la solution, à trop vouloir défendre des positions qui ne font plus avancer Genève.

Le Parti Radical, qui a été incapable de s'imposer au Parlement vient ce soir donner une leçon sur l'avenir, ridicule Gabriel BARRILLIER.

Le Parti Libéral, à trop vouloir défendre Mark MULLER, en oublie sa ligne de conduite pour annoncer une doctrine nouvelle sur la sécurité.

Le Parti de l'UDC, avec sa section genevoise qui n'avance plus et Yves NYDEGGER qui ose ce soir fustiger les syndicats de police.

Le Parti du MCG, avec un Éric STAUFFER aussi rustre qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Le Parti des Verts, avec de jeunes députées FLAMAND et CAPTYN aux idées passéistes figées dans les belles illusions.

Le Parti Socialiste, avec une Véronique PURRO aux idées Moutiniènes, qui ne sont qu'un constat d'échec, le DI n'est pas un service social.

Le Parti PDC, entre la poire et le fromage depuis 4 ans, qui sort du bois alors que l'on dessert la table, dommage pour Guy METTAN.

Le Parti SolidaritéS, avec une Jocelyne HALLER qui part à la pêche en reprenant des idées de droite.

Honte à vous Mesdames et Messieurs, la population genevoise n'avait plus confiance en ses politiques, ce soir elle peut avoir peur pour son avenir.

Par contre, un très grand bravo à Mme Judith MAYENCOURT, qui a su tenir les débats, ce qui est rare à la TSR.

Je propose de refaire ce même débat, mais avec comme invités des professionnels de la construction, du monde agricole, de la police, de la justice, des ingénieurs en génie civil, des architectes, des APM, des TPG, des CFF, de l'office de la mobilité, de la migration, de la prison, mais pas des chefs de service sclérosés par les politiques, non, des hommes et des femmes qui veulent simplement trouver des solutions pour que Genève avance, sans faire passer des intérêts partisans avant ceux de notre canton.

On a pas fini de rire le dimanche soir sur Léman Bleu ...

 

 

 

 

25/08/2009

Interview de Muammar KADHAFI ....

A relire la presse quotidienne, à suivre les débats des médias, je me demande pour quelles raisons, ni François MAUDOU (Le Temps), ni Arthur GROSJEAN ( La Tribune de Genève), ni Fabian MUHIEDDINE (Le Matin), ni Pascal DECAILLET (Genève à Chaud), ni Darius ROCHEBIN (TSR), ou bien d’autres d'outre-Sarine ne se sont rendus à Tripoli pour enfin obtenir la vérité sur ce fameux accord, mais vu sous l’angle des autorités libyennes. Car depuis 8 jours, nous n’avons qu’une version, celle de la Confédération. 

 

Se contenter de commenter le déplacement de M. MERZ, puis l’accord signé et son contenu, d’entretenir des positions antagonistes pour créer la polémique, s’est un peu simpliste comme investigation.

 

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C’est boire le verre d’eau que l’on vous tend, à moitié vide ou à moitié plein, c’est selon.

 

Une interview du monstre libyen aurait été un acte civique courageux, un fait journalistique reconnu, et probablement un

éclaircissement nécessaire sur l’avenir de cet accord, surtout pour connaître le sort des deux otages retenus.

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Le journalisme helvétique compte des gens de qualité, mais ne s’improvise pas qui veut « Grand Reporter ».  

 

J’ose croire qu’étant jeunes, ces journalistes avait cette envie de découvrir le monde, de franchir les frontières et de brûler la politesse à certains, juste pour se nourrir du mot le plus important de leur profession, que je nomme « information ».

 

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11/05/2009

Genève à Chaud, débat citoyen et sécurité des genevois, ou l’autosatisfaction naïve après l’échec d’une législature.

Genève à chaud.jpgCe soir, alors que je terminais de manger, un sms m’invitait à regarder la rediffusion de Genève à Chaud, pour un débat sur la sécurité. En arrivant dans mon nid douillet, je me suis précipité sur le net pour regarder cette émission. Monsieur Pascal, Grand Maître de cérémonie, les babines humides de satisfaction et les yeux brillants d’accueillir quelques noms de la politique genevoise, se gargarisait déjà de ce débat.

 

En premier, nous avons vu, et surtout entendu, M. Moutinot, Président du Département des Institutions. Ce socialiste est, depuis quatre semaines, le grand réformateur de la police genevoise, alors que son mandat de quatre ans touche à sa fin. Cet homme, qui vient de pondre un tableau irréaliste, au nom du Conseil d’Etat, sur la réorganisation de la police, avec comme mandat ordonné de le mettre en œuvre pour le 30 juin 2009 avec les travaux nécessaires, vient se pavaner au sujet d’une opération que nous attendions depuis plus de deux ans, à savoir réinstaurer les droits et les libertés de chacun dans les Pâquis, et à Genève, en harcelant les vendeurs de drogue d’Afrique de l’est notamment. 

 

Ce qui est surprenant dans cette action politique et policière, c’est que pendant que certaines hiérarchies de la police, du DF et du DI palabrent avec les syndicats de police pour trouver des solutions afin de diminuer les heures supplémentaires de nos agents, heures controversées naïvement par tous nos politiques et le rapport de la Cour des Comptes, de grandes opérations sont depuis menées pour lutter contre les dealers, les voleurs, les brigands et les cambrioleurs. Et ces interventions de police d’envergure nécessitent un engagement important en personnel, entraînant ainsi la création de ses fameuses heures supplémentaires, que là personne n’attaque.

 

moumou.jpgLe Président du DI démontre ainsi que les rapports présentés par les auditeurs, documents dont la qualité et la crédibilité avaient été contestées immédiatement par les syndicats de police, ne reflètent pas les réalités du terrain qui elles attestent que le manque d’effectif dans cette institution est une véritable plaie à la police et surtout la cause de la création d’heures supplémentaires, toujours justifiées par la lutte quotidienne contre la petite et moyenne criminalité, de nombreuses manifestations et la Genève Internationale entre autre.

 

Le grand Pascal, après s’être séparé de son invité, sans oublier d’annoncer la présence mardi du Procureur Général de la République sur son plateau, invité antagoniste récurrent de M. Moutinot, nous a fait le plaisir d’ouvrir un débat citoyen entre Mmes Fontanet et Pürro.

 

Et là, je n’ai pu que constater que si la première nommée semble connaître certaines réalités du métier de policer et des problèmes rencontrés, tout en ayant de courage d’afficher de ses opinions politiques personnelles et divergentes, j’ai été surpris de découvrir que Mme Pürro, celle-là même qui veut prochainement numéroter les policier pour améliorer la police de proximité et la relation de confiance entre la police et les citoyens, celle-là même qui se présente aux prochaines élections et qui risque bien de récupérer le DI, même si elle semble enfin comprendre que son prédécesseur va lui laisser un cadeau empoisonné, cette femme socialement impliquée en politique n’est visiblement pas aux faits des problèmes rencontrés par les policiers et de la grande réorganisation de la police qui est ordonnée actuellement, avec les nombreuses incertitudes et incompréhensions qui accompagnent ce projet.

 

De voir tous ces gens s’auto-satisfaire de ces actions coup-de-poing, sans apporter une doctrine politique et policière forte pour les années à venir, n’a fait que renforcer mon sentiment que décidément les gens qui parlent le plus de la police sont souvent ceux qui la connaissent le moins.

 

Entre l’UDC qui assassine la profession, les Verts qui mettent au pilori les policiers, les Socialistes qui n’ont pas su gérer le DI à trop vouloir régler des comptes laissés sur un morceau de trottoir en 68, un MCG stigmatisé comme étant un parti de flics et une droite qui n’a d’Entente que le nom par ses attaquent économiques dispersées contre les fameuses heures supplémentaires, je me demande juste pour qui vont voter nos 1350 policiers genevois cet automne, soutenus par leurs familles et leurs amis, accompagnés probablement par bon nombre de citoyens qui veulent que Genève redevienne enfin un lieu de vie appréciable et sécurisé ?

 

Mais je fais confiance au Grand Maître Pascal pour nous offrir des débats nourris en septembre, juste pour nous faire écouter les promesses électoralistes de nos futurs élus.  

 

ASM.jpgHeureusement, j’ai lu vendredi, dans la TDG, qui est un vrai journal d’investigation, que la ville de Genève vient de se doter d’une vraie police. Nous voilà rassurés !Maudet.jpg

 

Minet le pyromane.

 

 

29/03/2009

Un regard différent de M. MABUT sur le métier de Policier

 Bravo M. MABUT, vous avez raison, sur votre blog, de prendre du recul afin d'aborder notre profession avec un regard différent, humain, proche des réalités de notre travail et des parcours de vie de nos citoyens.  La mort est la fin d’un chemin, et comme sur nos routes, il s'y trouve souvent un policier au bout.

 

mort.jpgDurant les années où j'ai travaillé en poste de quartier, j'ai souvent été confronté à ce que vous décrivez. La mort d'un être humain est à chaque fois une petite histoire, un  chemin de vie que l'on doit reconstituer rapidement lors de nos interventions. Ainsi nous pénétrons,  sans l’avoir souhaité, dans l'intimité du défunt et de ses dernières heures de vie.

 

Fin juin, une habitante du quartier  n'a plus de nouvelle de sa voisine depuis trois semaines. Elle se fait du souci et appelle les gendarmes.  A notre arrivée derrière la porte de ce petit trois pièces des Eaux-Vives, nous reconnaissons immédiatement cette odeur  distincte qui nous informe  que la mort rôde.  A l'ouverture de l'appartement par le serrurier sollicité, cette odeur nous attaque de face, exportée vers l'extérieur par le courant d'air provoqué. C'est certain, nous allons être confrontés à la grande faucheuse. C'est là que notre cœur s'accélère alors que notre souffle se coupe, car nous pénétrons dans le logis, ne sachant pas qui nous allons trouver, dans quelle position, dans quelle situation, ni dans quel état. De plus, sachant qu'un corps se trouve en ce lieu, le policier se doit aussi de protéger des traces, car l'origine du décès reste une énigme jusqu'aux premières investigations. Ouvrir la porte d'une salle de bain, et tirer un rideau de douche en craignant de trouver la personne sans vie dans sa baignoire, couchée, pendue, noyée, ou en sang est un instant redoutable. Et si le corps n'est pas là, il nous faudra alors répéter cette démarche dans chaque pièce. Au fond de soi, on souhaite découvrir la vieille dame couchée dans son lit, afin de deviner une mort paisible, mais c'est rarement le cas. Touts les recoins de l'appartement ont été visités, reste la porte de la cuisine, qui est fermée. Plus de doute, la défunte se trouve derrière celle-ci. Il nous faut alors poser la main sur la poignée et doucement, avec respect,  actionner le mécanisme d'ouverture pour pénétrer dans ce lieu glacial, alors que nous sommes en été. L'eau du robinet coule, la radio diffuse une légère musique. Sur la table un repas pas terminé en décomposition et sur la chaise, la locataire, assise, la tête en arrière, le corps affaissé dans ce siège. Ses bas se sont déchirés sous les effets  de la putréfaction, ses jambes ayant doublé de volume. Sa petite robe bleue est propre mais pourtant on dirait un vêtement souillé. La moitié du visage n'est plus qu'un squelette alors que sur le reste les lambeaux de chair se détachent. Et puis, il y a ces mouches qui nous tournent autour, comme si nous étions leurs nouvelles proies. Nous les chassons de la main, ouvrons rapidement la fenêtre pour aérer les lieux. Mon collègue sort, de peur de vomir. Là il faut devenir très froid, oublier que cette dame est morte il y a trois semaines, en mangeant un morceau de fromage tout en attendant probablement que l'eau de son vétuste robinet devienne plus fraiche pour s'en servir un verre. Elle ne boira jamais ces dernières gouttes. Rapidement l'on comprend que la nature a probablement repris ses droits sans prévenir, mais que la solitude accompagnait aussi ce départ. Reste à mettre en route la machine administrative, trouver de la famille, faire venir les pompes, le Commissaire, trouver une pièce d'identité en fouillant un ou deux tiroirs. C'est là que l'on devine le parcours de vie de cette dame âgée. Des photos de sa jeunesse en noir et blanc, des vieux livres soigneusement rangés, un livret d’épargne échu, le portrait d'un chien qui a du être son compagnon de vie durant quelques années. Mais sinon, pas d'image de famille, quelques souvenirs de petits voyages effectués à Paris et Rome en car ou en train, une ordonnance avec l'adresse d'un médecin à côté de boîtes de divers médicaments. Cette femme est morte, seule, malade, avec ses souvenirs et en écoutant probablement une émission radio qui lui donnait l'impression d'avoir un hôte à la maison. Le corps a été levé, nous refermons la porte de ce logement dans lequel, durant trois heures, j'ai partagé la vie d'une femme que je ne connaissais pas, mais qui me semble plus proche maintenant, à travers le dessin de sa mort.

 

Le soir, il nous faut rentrer avec ça. Un drame de la solitude et le visage d’un mort. Ce sont des choses que l’on ne raconte pas à sa femme et ses enfants, car ils doivent pouvoir trouver le sommeil après. Mais nous, on  tente d'oublier cette journée en s'endormant, tout en sachant que ces réalités là existent, car demain, nous devrons y retourner, car c'est aussi ça mon métier.

 

Walter SCHLECHTEN - Gendarme à Genève - Voleur de paie !