26/04/2010

Walter SCHLECHTEN, dernier jour de présidence ou "si c'est mon dernier mot, je veux qu'il soit celui-ci"

Le 2 décembre 2008,le blog de Minet arrivait sur la toile. Walter SCHLECHTEN n'a qu'un but en lançant ce blog, défendre sa profession et ses membres à travers un outil de communication moderne et rapide.

Depuis, bien des mots sur ces écrits ont fait couler beaucoup d'encre, avec plus d'un millier de commentaires. Aujourd'hui, 95 notes plus tard, la question du maintien de ce blog se pose. La réponse va dépendre du futur président de l'UPCP, de son comité et de la place que votre serviteur tiendra dans celui-ci. De plus, la mise en route prochainement du nouveau site de notre association nous offrira aussi la possibilité d'y entretenir un blog indépendant.

Dans le doute, et avant d'éventuellement vous quitter, Minet s'est retourné sur ces mois d'écriture, et c'est avec douleur, regret, mais aussi force et volonté qu'il se me rend compte que les propos tenus lors de son premier mot, intitulé "Cris du coeur", restent d'une brûlante actualité. Pour cette raison, car si telle devait être la conclusion de ce blog, je désire vous faire partager une nouvelle fois ce texte qui avait déjà touché le plus grand nombre et qui n'a pas pris une ride. 

Minet.

"Cris du Coeur"

02.12.2008 - 27.04.2010

Avez-vous déjà :

Fait du bouche-à-bouche à un bébé de 4 mois venant de se noyer qui est mort dans vos bras 

Fait du bouche-à-nez à un drogué en overdose en attendant l’ambulance, pour lui sauver la vie

Eté piqué par une aiguille d’une seringue d’un drogué

Annoncé le décès d’un bon père de famille de 44 ans à ses enfants

Ramassé un morceau d’un corps d’un motard sur le lieu d’un accident

Ouvert un appartement avec un cadavre en décomposition depuis 6 semaines

 

Avez-vous déjà :

Tenu dans vos bras une jeune fille de 15 ans venant de se faire violer

Eu un ligament sectionné à 85 % en brisant une vitre pour sauver une femme mourante

Braqué un homme, un être humain, avec une arme a feu

Eté braqué par une arme à feu, ou menacé d’un couteau

Reçu des pavés et des cocktails Molotov sur la gueule

Travaillé 43 heures de suite pour 7 arrestations

 

Avez-vous déjà :

Reçu des menaces de mort dans le cadre de votre travail

Eté blessé en vous battant avec un voleur, un agresseur, un drogué, une crevure

Fait rapidement le test du VIH suite à une de vos interventions professionnelles

Reçu un cracha au visage d’un drogué ayant le Sida

Annulé vos vacances pour le boulot

Quitté votre famille un dimanche pour retourner bosser sur alarme

 

Avez-vous déjà :

Perdu vos amis à cause de votre métier

Achevé un animal blessé sur la route

Pénétré dans un appartement en feu pour tenter d’y sauver une vie

Avez-vous déjà pleuré en rentrant du travail dans les bras de votre femme, car vous veniez de vivre un événement humain insupportable.

Moi OUI, car je suis flic à Genève depuis 20 ans !

Stop aux mensonges, stop à cette campagne de dénigrement des policiers.

Nous restons dignes, nous voulons simplement obtenir le respect qui est dû à notre métier.

Walter SCHLECHTEN – Président de l'UPCP.

 

15/04/2010

Dans 12 jours l'UPCP aura un nouveau Président !

C'est le 27 avril au soir que l'Assemblée Générale Ordinaire de l'UPCP aura élu son nouveau Président, en remplacement de Minet le Pyromane.

Votre serviteur avait émis le souhait, il y a plusieurs mois déjà, de quitter sa fonction, charge très lourde, trop lourde probablement pour effectuer une dernière année qui aurait été de trop, pour ma santé et ma vie privée.

http://minet.blog.tdg.ch/archive/2009/04/index.html 

J'aurai probablement le loisir de revenir sur ce mandat qui touche à sa fin et de tirer un bilan sur mes trois années de présidence, ainsi que sur mon année préparatoire comme Secrétaire général aux côtés d'Alain Devegney, un homme de coeur qui aimait son métier autant que les hommes et les femmes qui l'exercent.

Je ne me fais aucun souci pour l'avenir de L'Union du Personnel du Corps de Police car notre association demeure un exemple de mutualité et de camaraderie. S'il y a un syndicat qui défend bien souvent autant sa profession que les intérêts de ses membres, c'est bien le nôtre. Avec 95 % du personnel syndiqué et 1600 membres, entre l'OCAN, la Prison, la Gendarmerie et la SRP, nous pouvons dire que nous n'avons rien perdu des valeurs qui animent nos métiers, cette appartenance à des profession au service des citoyens, bien souvent au prix de nombreux sacrifices personnels, humain et familiaux.

Je ne sais pas encore si le blog Minet va continuer d'exister, du moins sous cette forme, nous verrons bien. L'UPCP va ouvrir prochainement un nouveau site internet, qui devrait comporter son propre blog. Ce qui est certain c'est qu'avec 91 textes, des milliers de visites et plus de 1050 commentaires cet instrument de communication offert par la TDG a été productif. Reste à espérer que les lecteurs y auront, sinon pris du plaisir, tout du moins trouver un certain intérêt à me lire et surtout à découvrir un métier, gendarme, sous un angle nouveau.

Il me reste 12 jours pour terminer ce qui a été commencé avec notre employeur et nos hiérarchies, même si la situation semble s'assombrir depuis peu, avant de remettre ce qui le devra afin d'être poursuivi par mon successeur, avec un élan nouveau et à n'en pas douter un caractère bien différent, et c'est très bien ainsi.

Après, je pourrai enfin ouvrir un grand livre blanc qu'il ne me restera plus qu'à nourrir d'écrits nouveaux sur cette expérience humaine, syndicale, politique, médiatique et professionnelle que je viens de vivre et que j'ai déjà partiellement partagé avec vous chers lecteurs.   

Donc rendez-vous dans quelques jours pour la suite et probablement la fin de nos aventures !

Minet

 

11/04/2010

L’insécurité, les véritables questions qu’il faut encore se poser ?

J’aime  le sujet de l’insécurité, car il est d’actualité, il représente une crainte profonde de la population, de notre société et l’aborder c’est vouloir y trouver des solutions pour apporter des réponses aux attentes de nos concitoyens.

 

J’aime le sujet de la sécurité, car il doit devenir une véritable actualité, il représente l’avenir de notre population, de nos enfants, de notre société à travers les solutions qui seront proposées.

 

Ce qui a changé à Genève depuis septembre 2009, c’est que le thème de l’insécurité n’est plus seulement évoqué comme un sentiment, mais bien comme une réalité. Si les dernières élections municipales avaient effleuré le sujet, notamment pas Pierre Maudet, le renouvellement du Grand Conseil, puis du Conseil d’Etat genevois a clairement donné forme à cette insécurité. Il était temps, l’on ne pouvait pas rester plus longtemps dans le déni. 

 

Lucidité ou courage politique, l’on ne saura jamais ?

 

Par contre, après avoir réussi à franchir ce pas, nos politiques doivent encore avancer, franchir un cap nouveau et poser les questions qui demeurent en veille.

 

Le devoir de réserve ne m’autorise pas à répondre ici aux interrogations déposées ci-dessous et qui m’ont été rapportées par mes amis, mais libre à vous de nourrir ce débat. Elles ne sont pas exhaustives, mais elles ont le mérite d’approfondir le thème choisi. 

Bonne réflexion à vous tous avec ce texte que vous devriez aussi retrouver sur le blog collectif, qui est une merveilleuse idée

http://billetcollectif.blog.tdg.ch/archive/2010/04/11/l-i...

 

La sécurité qui doit vaincre l’insécurité :

 

1)      A défaut de moyens en personnels policiers suffisants, ce qui est reconnu, ne faut-il pas un message politique global beaucoup plus fort, qui se devrait d’aller bien au-delà d’une opération de terrain ciblée et restrictive ?

2)      Quelles sont les  véritables priorités cantonales dans la politique choisie par nos élus et les hiérarchies ?

3)      Les cambriolages, les vols à la tire, les délits et crimes avec violence ne doivent-ils pas aussi devenir des thèmes principaux pour restaurer la confiance de nos citoyens ?

4)      Au delà de la prévention et des actions policières, qui ne seront jamais la solution entière aux problèmes existants car trop dépendantes d’une doctrine judiciaire insuffisamment déterminante actuellement, la sécurité globale ne doit-elle pas devenir un sujet prioritaire et parlementaire à la Berne fédérale ?

5)      L’éducation et l’enseignement ne doivent-ils pas reprendre une place prépondérante dans la diffusion de nos valeurs historiques auprès d’une jeunesse déjà perdue dans une violence banalisée, voire normalisée par les médias et autres vecteurs, à travers le respect de l’humain, de la vie, du droit d’exister, de vivre en sécurité, en dénonçant à travers l’analyse et la compréhension les comportements illicites et répréhensibles ?

6)      La première des solutions n’est-elle pas d’offrir une très grande visibilité policière et cantonale, sans parler de répression mais bien de prévention, comme il en avait été le cas à Genève lors des engagements policiers au déclenchement de la guerre du Golf (1990),  puis durant l’Euro08, avec une présence policière générale en nos rues ?

7)      L’îlotage individuel tel qu’il est conceptualisé depuis 2003 n’est-il pas un échec qui n’a fait qu’éloigner les policiers de base de la rue, du citoyen, de la population, des commerçants, du rapport humain ?

 

Manque d’effectifs :

 

1)      A travers les modifications législatives apportées, soit une augmentation de la classe d’engagement des policiers, êtes-vous certains que les autres modifications apportées ne portent pas atteinte à un métier hiérarchisé organisationnellement dans l’ordre du commandement, comme par exemple la mise en application de la grille salariale étatique et son système rétrograde de promotion qui ne sert qu’à couler ce métier dans la fonction publique, elle-même sans grandes ambitions ? 

2)      Le manque d’effectifs à la police genevoise est-il une raison suffisante pour limiter le champ d’action de nos pandores au seul centre-ville ?

3)      Est-ce un choix politique que de ne cibler que la ville de Genève à travers l’opération Figaro ?

4)      A quand une véritable redistribution des tâches avec les personnels à disposition et les partenaires liés à la sécurité, ce qui en toute logique est le premier pas vers l’optimisation des moyens humains ?

 

Et après :

 

1)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée à l’avenir, à travers un véritable programme d’éducation, de prévention, de responsabilisation civique ?

2)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui, pour ne pas prendre une nouvelle fois dix ans de retard, sur la politique qui doit être menée pour l’avenir, à travers une véritable volonté de maîtriser, d’anticiper l’éclosion de violences nouvelles, de délits sectoriels liés aux déplacements économiques des peuples, dans une société globalisante qui prône une ouverture des frontières, portes également ouvertes à l’arrivée de valeurs et de comportements aggravants qui ne doivent pas devenir les nôtres ? 

3)      Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui, pour ne pas rester sur le quai une fois de plus, dans quelle société de demain nous voulons vivre, sécuritairement, environnementallement, économiquement, civiquement, humainement ?

 

Autant de questions pour lesquelles j'espère vous aurez quelques réponses.

 

Minet

12/03/2010

Quelle police pour demain à Genève ?

Alors que le discours de Saint-Pierre a été prononcé il y a plus de cent jours, alors les le PL 10541 vient d'être amputé d'une bonne partie de son contenu, alors que les écrits restants au sujet de la réorganisation de la police se doivent d'être complétés, finalisés afin de trouver une véritable application législative et opérationnelle, un nouveau grand débat sur la police survient. L'engagement de personnes de nationalités étrangères dans le corps de police, voire d'autres fonctions d'autorité.

Notre première réflexion est de justement constater que la véritable réflexion, sur le fond et sur la forme, au sujet de la vision d'avenir que l'on veut accorder à la police genevoise n'a pas eu lieu. La réorganisation traitée ces douze derniers mois n'était qu'un placebo qui n'a servi qu'à colmater une brèche ouverte.  

Le temps est venu, au-delà des rapports Annoni ou de la Cour des comptes, qu'une véritable réflexion, analyse, recherche des sens  et des besoins se produise.  

Si des travers ont été relevés par différents audits au sujet du fonctionnement, de l'organisation ou des structures statutaires de la police, il reste un autre bilan à faire, celui des mesures mises en place récemment à travers des modifications déjà lourdes de conséquences. Avant de dessiner l'avenir, nous nous devons de relire le passé. Que constatons nous au quotidien.

- La suppression de l'obligation d'avoir servi dans une arme, à travers un service militaire accompli, a fait disparaître un sens aigu du respect de/des hiérarchies, de l'ordre, des ordres, de l'engagement pour autrui, du travail de groupe en corps constitué, pour nous diriger vers une police civile bien moins régie par des règles militaires, organisation pourtant nécessaires dans un corps comme le nôtre.

- La diminution des critères d'engagement ou d'examen, notamment cette fameuse suppression de la dictée, qui pour certains était à elle seule responsable d'un véritable problème de recrutement, nous plonge dans une problématique d'école et de formation, à savoir devoir enseigner les règles de base de la langue française, avec l'appui de cours de rattrapage, aux aspirants engagés en insuffisance flagrante de connaissances élémentaires. Des heures d'études qui viennent se greffer dans le planning déjà bien lourd de l'école de police.  

- La création de la PSI est historiquement issue d'une nécessité opérationnelle indiscutable. Le rapprochement avec la gendarmerie, à travers une fusion et/ou la création d'un seul corps en uniforme une utopie. La problématique d'une école unique, pour deux fonctions fondamentalement différentes,  mais avec au final un brevet fédéral identique et reconnu pour le métier de policier, une aberration. Les passerelles transversales attendues se doivent d'être enfin construites.  

- Les placebos proposés dans le cadre de la réorganisation de la police n'ont à ce jour en aucun cas résolu les problèmes qui nous occupaient il y a encore six mois. Les horaires, le travail de nuit, les heures supplémentaires, le piquet, l'école de police, le recrutement, les statuts des uns et des autres, la création d'une nouvelle entité d'assistant de sécurité, une appellation nouvelle pour une police municipale sans policier, voire l'organisation de la police et les tâches dévolues à chaque corps ou partenaire. Tel est le sentiment qui anime le syndicat de la gendarmerie, alors que certains dossiers avancent à reculons.

Une analyse froide qui ne fustige personne, mais qui relève un système de gestion de la cause, motivé par les circonstances, qui s'avère ne pas être opérationnel, les buts recherchés ne sont pas atteints et des effets pervers apparaissent.

Aujourd'hui, un débat sur l'engagement de personnels étrangers est activé. Ce débat n'a pas lieu de se produire, car les solutions attendues ne passent pas par là. La globalisation à travers les bases de la mondialisation des corps de polices est une vision d'avenir qui doit d'abord engendrer une véritable réflexion sur les droits humains, avant de passer aux devoirs de l'homme et à l'accomplissement de ses missions. Un droit de vote à accorder aux étrangers nous semble devoir être le premier pas de cette réflexion nouvelle.

La police genevoise n'est ni meilleure, ni pire que les autres, mais elle dispose des capacités nécessaires pour devenir plus performantes, plus en adéquation avec les besoins d'une société qui change trop vite, qui perd ses valeurs et ses repères si vite que les nouveaux jalons qui se devraient de redessiner l'avenir n'ont pas eu le temps d'être composés, proposés, déposés et appliqués, pour enfin guider la police dans un vingt et unième siècle en plein bouleversement.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

09/03/2010

L'ombre d'un bilan cachée par l'ombre d'une analyse étouffée !

Alors que la commission judiciaire et de la police a rendu un rapport accablant sur le PL 10541.

Alors que l'analyse de ce projet de loi est un véritable diagnostique sur les travaux menés par le DI durant 4 ans, ou tout du moins sur les huit derniers mois de la législature précédente.

Alors que les propos tenus par les députés sont très durs, alors qu'ils ont auditionné les parties concernées, analysé les éléments relevés, synthétisé les faiblesses et les manquements de ce projet de loi, nous avons la vague impression qu'ils sont nombreux ceux qui vont se satisfaire de cet échec annoncé.

Et pourtant, tout reste à faire, et bien plus encore si l'on veut dessiner une vision d'avenir pour la police genevoise, pour la sécurité de la population du canton et pour la crédibilité de hiérarchies étouffées par les lourdeurs politiques.   

Issus de ce projet de loi ;

- Les éléments considérés comme aboutis doivent encore être finalisés à travers divers groupes de travail, dans lesquels rien n'est simple car les vérités d'hier ne sont pas les réalités des textes d'aujourd'hui selon certains de nos interlocuteurs.

- Les éléments considérés comme bâclés doivent faire l'objet de travaux de fond, à travers une réflexion opérationnelle et statutaire.

- Les éléments considérés comme établis doivent encore faire l'objet d'une période de transition dans laquelle rien n'est simple, ni pour  l'employeur, ni pour les syndicats, ni pour la hiérarchie.

La route est encore longue pour réussir ces travaux d'Hercule, mais pour cela il faudra tirer un trait sur un passé récent et repartir avec des idées, des choix, des volontés, des ambitions revus et corrigés, pour la grandeur de nos institutions, de notre police, de notre État de droit.

Rarement un bilan parlementaire aussi lourd aura été déposé contre un ministre de tutelle. Rarement un rapport parlementaire aura été si peu analysé et commenté par le premier pouvoir, une presse pourtant habituellement avide des tracas policiers ou politiques. Rarement ceux qui criaient au loup ou hurlaient sur les syndicats de police n'auront pris si peu de temps pour se retourner et analyser les faits issus d'une réflexion parlementaire pertinente, unanime et au plus près des réalités et des problèmes qui nous occupent.

http://www.tdg.ch/geneve/politique/refonte-police-echoue-...

Un peu comme si l'ombre cachée d'un bilan devait être dissimulée par l'ombre d'une analyse étouffée !

http://www.tdg.ch/geneve/actu/chantier-ouvre-isabel-rocha...

" On a beaucoup tapé sur les syndicats policiers, accusés d’exercer un pouvoir occulte sur le gouvernement, de défendre pistolet au poing ses intérêts corporatistes ou de tenir d’inquiétants discours séditieux. Or, il faut aujourd’hui constater que le rapport parlementaire, sévère, jette une lumière crue sur le plus haut échelon hiérarchique censé mener le navire policier. Cet éclairage semble justifier certaines plaintes de la base."

Bravo à Marc Moulin pour le courage de son analyse journalistique, l'un des rare qui a saisi l'importance de la décision parlementaire qui nous occupe !

L'avenir est devant nous, mais malheureusement il traîne un lourd héritage qu'il faudra revisiter afin de pouvoir avancer, la tête haute, avec franchise et discernement, juste pour assurer à Genève un avenir meilleurs à travers une vision nouvelle.  

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP.

 

 

20/02/2010

Assemblée Générale de l'Union des Syndicats des Polices Romandes (USPRO) à Vernayaz.

Vendredi 19 février 2010, Vernayaz, fin de l'assemblée générale de l'USPRO. Tous les participants, venus de Romandie, voire de d'outre Sarine, écoutent l'allocution de Chritian Varone, Commandant de la police Valaisanne, canton hôte de cette réunion. Nous repartons de cette assemblée avec un fort sentiment. Celui que les problèmes rencontrés par les policiers genevois liés à la réorganisation amorcée politiquement et structurellement se retrouvent ailleurs.

Si nous avions déjà tous pris note du rejet populaire vaudois sur l'initiative "d'Artagant" , 54,26% des voix contre une police unique, il n'en demeure pas moins que sectiorellement, au niveau municipal ou des cantons, ces projets de rapprochements, de fusions, rencontrent des oppositions.

Au-delà du débat sur les nécessites structurelles, financières, policières ou politiques de ces modifications, une question nous taraude, nous policiers.

Quelles sont les plus-values professionnelles, statutaires et plus encore opérationnelles qui sont recherchées à travers ces très fortes volontés de réorganisation ?

Presque tous les cantons sont en manque d'effectifs, grand nombre de cantons ou de municipalités doivent faire encore plus avec les mêmes moyens à disposition, tous les cantons rencontrent des problèmes identiques suite à l'augmentation de la criminalité, des actes de violence, des délits liés aux trafics de drogues, aux agressions de bandes organisées, aux violences faites contre les policiers. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police (FSFP) vient de lancer une grande opération nationale intitulée "ça suffit" pour lutter contre celles-ci ;

http://www.vspb.org/fr/actualite_evenements_formation/for...

Ce titre évocateur a été très justement choisi, car il témoigne du ras-le-bol des policiers suisses, de leur désarroi mais aussi de leur intention de dire clairement "ça suffit".

Les policiers romands veulent aller de l'avant, ils n'ont qu'un souhait, celui d'obtenir les certitudes de travailler dans des conditions stables, avec les moyens nécessaires, des statuts clairs et adaptés aux réalités de leur profession, accompagnés d'une doctrine politique qui se devrait elle aussi d'être unique face à la criminalité et la violence, "ça suffit".

Une grand merci au Comité de l'USPRO et à la commune de Vernayaz pour l'excellence de leur accueil. Bravo à la FSFP pour son initiative.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

10/02/2010

Un appel urgent de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police qui demande une répression sévère en cas de violence contre la police.

La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police mène une nouvelle campagne contre les actes de violence commis à l'encontre des policiers. En soutenant cette requête urgente, l'UPCP tenait à partager avec nos lecteurs cette prise de position importante.  

La FSFP exige une répression sévère en cas de violence contre la police

 

Des supporters belliqueux à la sortie de manifestations sportives, des automobilistes agressifs lors de contrôles de circulation, des délinquants prêts à faire feu ou à frapper pour éviter d'être appréhendés –  ces derniers temps, de tels actes et d’autres encore contre la police se sont multipliés. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police FSFP estime désormais insupportable, la façon dont le nombre de rapports faisant état de policières et de policiers blessés augmente. «La statistique présente des chiffres alarmants : rien qu’entre 2000 et 2008, le nombre des actes de violence contre la police a augmenté de plus de 160%», affirme Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP. Dans les pays voisins de l'UE, en Allemagne par exemple, cette évolution est encore plus catastrophique. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police refuse de tolérer sans réagir la situation inquiétante régnant également dans notre pays; elle exige que des mesures efficaces soient enfin prises. Dans une pétition, cette organisation de plus de 23'000 membres, active dans toute la Suisse, demande :

-    la réintroduction des peines de prison de courte durée

-    l'augmentation des amendes minimales en cas de violence et de menaces contre les fonctionnaires et les autorités (art. 285 CPS)

-    un doublement de la peine en cas de récidive d'actes tombant sous le coup de l'art. 285 CPS, comme la France le pratique depuis longtemps déjà.

«Le monde politique doit enfin agir, et rapidement même!», souligne Max Hofmann. Pour lui, ainsi que pour la FSFP, la protection des collaborateurs de police constitue une tâche primordiale que l'Etat ne peut négliger de manière irresponsable plus longtemps. Simultanément, il appelle les autorités judiciaires à utiliser pleinement leur marge de manœuvre en cas de violence contre la police. Il déplore que les actes de violence contre les policières, les policiers ou autres représentants de l'Etat soient trop souvent minimisés et leurs auteurs traités avec une indulgence excessive. «Cette pratique va totalement à l'encontre du respect dû à l'Etat, à ses autorités et à ses représentants, ce qui ne peut avoir que des effets néfastes sur la sécurité intérieure», affirme-t-il.

Pour de plus amples informations :

Max Hofmann, secrétaire général, tél. 076 381 44 64

09/02/2010

Pour quelles raisons les policiers de notre canton sont-ils perpétuellement les têtes de Turc de certains milieux politiques genevois ?

Le projet de Loi du député Deneys est-il une nouvelle salve dirigée contre les policiers, ou un message adressé à la Constituante ?

Alors que le parti socialiste est en pleine restructuration, alors que des gens de bonne volonté (Brunier-Velasco-Bolay) tentent de redonner un capitaine, un gouvernail et une voile à ce navire politique, d'autres refusent de monter dans cette arche de Noé, qui veut pourtant et à juste titre se rapprocher de la rue, du peuple, des ouvriers, des syndicats, des préoccupations sociales de la population. Le député Deneys n'a visiblement pas le pied marin et garde une ligne d'horizon qui stigmatise perpétuellement la police.

Depuis 2003, un cercle restreint d'élus, de gauche comme de droite, n'ont comme principale préoccupation que de s'enquérir de l'institution policière, de sa culture, de son organisation, de ses actions, de son statut et des acquis de cette corporation.  

Si le pouvoir Législatif se doit d'observer, d'analyser, de réfléchir et de proposer des solutions pour apporter une plus-value à une institution ou à un problème, on se demande pour quelles raisons ces gens sont habités d'une grande volonté de bloquer, restreindre, étouffer, retenir, contenir, limiter, contraindre, astreindre, dénigrer, abroger, crisper, contrarier, réorganiser, sabrer, statufier la Grande Maison et ses employés.

Personne n'a la réponse à cette question !

Pour certains Mai 68 a laissé des traces indélébiles - Pour d'autres le réveil de ces fonctionnaires qui cherchent à faire respecter leurs droits élémentaires n'a pas encore été digéré depuis 2003 - Pour d'autres encore le poids moral, social, politique pris par nos policiers dans la société devient incompatible avec les règles politiques qui sont en place.

Ce qui nous dérange, c'est que toutes ces action qui stigmatisent sans cesse la police donnent l'impression que notre corporation est devenue une cible, un objectif, une omnibulation, laissant ainsi de côté d'autres professions, d'autres institutions étatiques et surtout les véritables problèmes qui polluent la vie de nos citoyens dans cette société qui perd ses valeurs, ses croyances, ses repères, dont le policier, l'instituteur, le médecin et l'homme d'église faisaient notamment partie.

Le constat est là. La question reste posée, et nous nous interrogeons sur les motivations de ces législateurs ?

A travers sa sélection, le policier est un excellent représentant de la classe moyenne, il est en contact avec les réalités de la vie, de la société, du terrain, auprès du riche ou du pauvre, du jeune ou du vieux, du suisse ou de l'étranger. Il dispose donc d'une bonne expérience pour s'engager, humainement, sociétairement, politiquement, en sa qualité de citoyen au bénéfice du droit d'éligibilité et de représentativité.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

 

03/02/2010

Un discours très franc de Mme ROCHAT Isabel, où elle pose un bilan sans concession sur l'insécurité lors de la prestation de serment des nouveaux policiers genevois !

Ayant été invité à la prestation de serment de nos nouveaux policiers-ières, c'est avec grand plaisir que j'ai écouté le discours de la présidente du DSPE.

Mme Rochat Isabel a pris la parole avec grande émotion, mais aussi avec conviction.

Dans son mot, elle a rendu hommage à un métier, aux hommes et aux femmes qui l'exercent, ainsi qu'aux nouveaux venus dans la profession. Elle a su relever les difficultés de nos fonctions et celles liées à la réalisation de nos missions.

Pour ce premier exercice, elle a dressé un bilan de situation sans concession mais tellement proches des réalités du terrain, de la rue. Elle a su faire preuve d'empathie et de franchise. Ces qualités là n'ont pas de prix.

- Oser dire que nous assistons ces dernières années à une escalade inattendue de la violence, avec une délinquance de plus en plus sophistiquée et une criminalité se comportant en maître des lieux.

- Oser dire que nos citoyens sont effrayés, nos policiers découragés et qu'il partagent leur désarroi devant des quartiers perdus, avec une population qui crie sa colère.

- Oser dire que nous sommes en présence d'une constellation très préoccupante, une situation de crise où nous avons plus que jamais besoin d'engagement et de forces vives.

La présidente du DSPE a su faire preuve d'un courage politique, d'un courage humain, d'une proximité affirmée avec les attentes et les besoins des policiers, mais surtout de notre population.

Au sortir de cette prestation de serment, mes collègues et moi-même étions à nouveau fières d'exercer l'un des plus beaux métiers du monde, fières de servir l'Etat, fières car reconnus et respectés.

Une profession difficile exercée par des hommes et des femmes qui ont fait un choix, celui de servir les autres, de défendre nos valeurs, avec une doctrine importante prononcée lors de ce discours ;

- Ensemble, nous représentons l’Etat de droit, avec ses lois et ses règles de vie commune que nous sommes résolus à faire respecter. Et nous nous en donnerons les moyens ! 

Pour conclure, comme pour réaffirmer la qualité de son analyse, Mme Rochat a repris des termes d’Alexandre Dumas : « un pays sans police est un grand navire sans boussole et sans gouvernail ». Une belle métaphore qui pour rappeler que notre mission est une des plus noble qui soit au service de la Cité.

Je n'aurai qu'un mot Madame ; Bravo !

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

http://www.ge.ch/dspe/presse/welcome.asp?rubrique=discour...

"Photo Chancellerie"

02/02/2010

La montée de la violence et la hausse de la criminalité à Genève ne sont pas des fatalités !

26 janvier 2010, Couleurs locales, une émission régionale de la TSR traite de la problématique des cambriolages récurrents à Genève, 25 par jour, 31 la veille du reportage. On devine une certaine fatalité dans les propos du porte-parole de la police, ainsi que dans la narration du journaliste. Les victimes tiennent un seul discours ; " Y en a marre, nous avons peur".

Le même jour, un hold-up, le troisième cette année, il y en a eu neuf l'année dernière, vient de se dérouler à Plan-Les-Ouates. Un échec pour les voyous qui n'avaient pourtant pas hésité à utiliser des explosifs, équipés d'armes lourdes, pour tenter leur coup. Ce qui choque, l'heure du délit, 18h00 et surtout la proximité d'un centre commercial et d'un quartier populaire d'habitations. Là aussi, les personnes domiciliées à proximité tiennent le même discours ; "y en a marre, nous avons peur" (27 janvier, Le Journal de la TSR - 1245 et 1930).

Retour en arrière. Fin 2009, une campagne politique est menée tambour battant pour les élections cantonales, avec un leitmotiv, l'insécurité. Il aura fallut des semaines pour que ce sentiments devienne lors de ces joutes politiques un enjeu, mais aussi un fait, une réalité reconnue. Chacun y va alors de son programme, de ses solutions, de ses arguments. Les élections se déroulent normalement, le sujet retombe immédiatement aux oubliettes, comme à chaque fois. Souvenez vous, il en avait été de même pour les municipales de 2007.

La hausse de la criminalité est reconnue. Les délits avec violences ne sont plus des faits occasionnels, mais malheureusement des faits divers. Les actes sont identifiés, les causes sont étudiées, les indices analysés, pourtant il nous manque encore une réactivité politique et policière.

Depuis des mois, aucun signal fort, aucun message clair, aucune doctrine déterminée, voire déterminante, un silence qui ressemble à un aveux d'impuissance. Et pourtant, l'augmentation de la criminalité et des violences ne sont pas des fatalités. Genève se doit de devenir pro-actif, moralement, opérationnellement, politiquement. La population est en attente de ce message fort, nos policiers aussi.

"Y en a marre", un cris du coeur de la population genevoise, mais aussi un appel sans ambiguïté à nos dirigeants pour qu'ils prennent leurs responsabilités.

Reste à savoir si l'on préfère diminuer les heures supplémentaires de nos policiers, leur imposer des horaires administratifs, restreindre leurs acquis sociaux et les transformer en fonctionnaires qu'ils ne sont pas, ou lutter contre la délinquance et la criminalité de rue en se donnant les moyens de réussir ce challenge pour l'avenir ?

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP.