31/03/2010

Mon premier livre, enfin !

Bonne nouvelle reçue par voie postale, mon premier livre va être publié, une édition confidentielle à 2200 exemplaires, mais c'est un heureux début.

Sortie fin mai, sous le titre "Comment ne pas abandonner son âme dans le métier de Flic sans penser au suicide d'une profession", aux éditions Requin Blanc (Lyon).

Bonne lecture à vous !

 

25/03/2010

Schengen et la position courageuse et réaliste de Madame la Cheffe de la Police !

Hier matin sur Radio-Cité, Mme Bonfanti, Cheffe de la Police confirmait que les accords de Schengen représentent un problème lié à l'augmentation des infractions et des délits à Genève, en répondant à une question dirigée de Pascal Décaillet.

À travers sa réponse courageuse, en confirmant que Schengen n'arrange clairement pas les choses, Madame la Cheffe de la Police a mis à jour ce que nombreux pensent tout bas à la police, et sur certain banc du Parlement. Le fruit de cette réponse n'est pas issu d'une réflexion personnelle ou politique, mais bien d'une analyse professionnelle de la criminalité genevoise et des dernières statistiques. Cette analyse venait d'être confirmée par le Chef État-Major, M. SCHMUTZ qui indiquait que "cet accord n'arrange pas les choses, c'est un outil de moins dans la répression". 

Ce matin, M. Pierre Weiss, député libéral, attaquait virulemment Mme Bonfanti sur les ondes de cette même radio, déclarant que la Cheffe de la Police n'avait pas respecté son devoir de réserve. Pour cet élu, une Cheffe de la Police n'est qu'une haute fonctionnaire et n'a pas à exposé ses états d'âme.

Malheureusement pour les détracteurs de Mme Bonfanti, l'analyse professionnelle de la Cheffe de la Police correspond à une réalité, à des chiffres, à des faits, que tous les policiers genevois ont pu constater au quotidien. Ce que la troupe ne peut pas affirmer haut et fort, s'il est bien une personne qui peut, qui doit le faire, lors d'une analyse, d'un bilan, d'un exposé des causes et des effets devant une catastrophe que l'on nomme hausse de la criminalité ou insécurité, c'est la Cheffe de la Police.

À travers sa position, Mme Bonfanti n'a pas critiqué un choix ni une décision politique, soit la libre circulation des personnes dans l'UE, mais elle n'a fait qu'en tirer un bilan à travers l'analyse des conséquences de la mise en application de cet accord.

L'attaque irrespectueuse de ce député libéral ne peut pas rester sans réaction.

En comparant Mme Bonfanti au Président de la République italienne, M. COSSIGA, un spécialiste en "exlamatione" selon lui, soit    l'extériorisation de ses états d'âme, tout en insinuant que "Madame Bonfanti n'est que Cheffe de la Police, qu'elle devrait devenir la petite muette, qu'elle n'a pas les capacités de s'exprimer", ce député tient premièrement des propos irrespectueux vis-à-vis d'un Chef d'État, puis tient des propos totalement inaproptiés contre Mme la Cheffe de la Police, dans un discours qui ne sert qu'à défendre un accord dont son parti était un des plus fervents défenseurs, visiblement pour éviter d'en reconnaître les effets pervers induits.

Autres commentaires politiques durant cette même émission :    

M. Guy Mettan "Madame Bonfanti a partiellement raison" ;

M. Éric Bertinat "Schengen est nuisible, c'est très fort ce que la Cheffe de la Police a déclaré" ;

M. Roger Golay "Schengen, c'est partiellement faux de dire que cet accord nous a apporté cette criminalité, mais depuis nos frontières ont des pertes échappatoires " ;

M. Alberto Velasco "Schengen n'est pas aussi efficace que l'on nous l'avait dit, cela devient grave" ;

M. Jean-Luc Ardit "Il y a un problème concret avec Schengen" ;

M. Yvan Rochat "C'est assez surprenant ce que Mme Bonfanti a déclaré, elle aurait mieux fait de se taire".

Pour conclure, relevons que Mme Bonfanti a fait des démarches auprès de la Berne fédérale afin d'obtenir plus de moyens, requête sans réponse à ce jour.

Pour nous, la Cheffe de la Police n'a fait que tirer un bilan sur un système issu d'un choix politique, sans critiquer cette décision, mais en relevant simplement que l'ouverture des frontières et la libre circulation des personnes représentent clairement un problème pour endiguer la hausse de la criminalité.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

 

 

 

16/03/2010

Communiqué de la FSFP - Non à la sous-traitance des tâches policières !

Communiqué de presse de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police                                       

Lucerne, le 12 mars 2010

 

 

Communiqué de presse

 

 

Pour la Fédération suisse des fonctionnaires de police, la décision du Conseil national est incompréhensible

 

La décision est désormais définitive: les employés de sécurité privés pourront contrôler les vignettes autoroutières aux frontières! C'est ce qu'a décidé hier le Conseil national, à la demande de la Conférence d'unification, et bien qu'il ait plaidé auparavant contre la sous-traitance du contrôle des vignettes à des tiers. La Fédération suisse des fonctionnaires de police FSFP se déclare déçue de ce revirement et de cette attitude contraire aux avis du Conseil fédéral et du Conseil des Etats. Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP, considère comme particulièrement délicat le fait que ce contrôle soit lié à la prononciation d'amendes, dont le suivi sera problématique: «Les privés ne doivent pas obtenir le droit de contrôler des personnes ou des véhicules. Cette tâche appartient clairement au domaine de compétences des forces de sécurité de l'Etat.» Depuis des années, la Fédération qui rassemble 23'000 membres environ dans l'ensemble de la Suisse, soit plus de 90% de l'effectif total des policières et policiers, dénonce la sous-traitance de tâches étatiques à des entreprises privées. Les difficultés et les problèmes auxquels on s'expose dans ce cas ont été mis en évidence dans deux études approfondies que la Fédération a fait réaliser par des professeurs de l'Université de Berne. «Nous ne pouvons pas admettre ce minage progressif insidieux du travail de la police et nous continuerons à nous opposer avec véhémence à cette pratique», souligne Max Hofmann.

 

 

Pour de plus amples informations:

Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP, tél. 076 381 44 64

12/03/2010

Quelle police pour demain à Genève ?

Alors que le discours de Saint-Pierre a été prononcé il y a plus de cent jours, alors les le PL 10541 vient d'être amputé d'une bonne partie de son contenu, alors que les écrits restants au sujet de la réorganisation de la police se doivent d'être complétés, finalisés afin de trouver une véritable application législative et opérationnelle, un nouveau grand débat sur la police survient. L'engagement de personnes de nationalités étrangères dans le corps de police, voire d'autres fonctions d'autorité.

Notre première réflexion est de justement constater que la véritable réflexion, sur le fond et sur la forme, au sujet de la vision d'avenir que l'on veut accorder à la police genevoise n'a pas eu lieu. La réorganisation traitée ces douze derniers mois n'était qu'un placebo qui n'a servi qu'à colmater une brèche ouverte.  

Le temps est venu, au-delà des rapports Annoni ou de la Cour des comptes, qu'une véritable réflexion, analyse, recherche des sens  et des besoins se produise.  

Si des travers ont été relevés par différents audits au sujet du fonctionnement, de l'organisation ou des structures statutaires de la police, il reste un autre bilan à faire, celui des mesures mises en place récemment à travers des modifications déjà lourdes de conséquences. Avant de dessiner l'avenir, nous nous devons de relire le passé. Que constatons nous au quotidien.

- La suppression de l'obligation d'avoir servi dans une arme, à travers un service militaire accompli, a fait disparaître un sens aigu du respect de/des hiérarchies, de l'ordre, des ordres, de l'engagement pour autrui, du travail de groupe en corps constitué, pour nous diriger vers une police civile bien moins régie par des règles militaires, organisation pourtant nécessaires dans un corps comme le nôtre.

- La diminution des critères d'engagement ou d'examen, notamment cette fameuse suppression de la dictée, qui pour certains était à elle seule responsable d'un véritable problème de recrutement, nous plonge dans une problématique d'école et de formation, à savoir devoir enseigner les règles de base de la langue française, avec l'appui de cours de rattrapage, aux aspirants engagés en insuffisance flagrante de connaissances élémentaires. Des heures d'études qui viennent se greffer dans le planning déjà bien lourd de l'école de police.  

- La création de la PSI est historiquement issue d'une nécessité opérationnelle indiscutable. Le rapprochement avec la gendarmerie, à travers une fusion et/ou la création d'un seul corps en uniforme une utopie. La problématique d'une école unique, pour deux fonctions fondamentalement différentes,  mais avec au final un brevet fédéral identique et reconnu pour le métier de policier, une aberration. Les passerelles transversales attendues se doivent d'être enfin construites.  

- Les placebos proposés dans le cadre de la réorganisation de la police n'ont à ce jour en aucun cas résolu les problèmes qui nous occupaient il y a encore six mois. Les horaires, le travail de nuit, les heures supplémentaires, le piquet, l'école de police, le recrutement, les statuts des uns et des autres, la création d'une nouvelle entité d'assistant de sécurité, une appellation nouvelle pour une police municipale sans policier, voire l'organisation de la police et les tâches dévolues à chaque corps ou partenaire. Tel est le sentiment qui anime le syndicat de la gendarmerie, alors que certains dossiers avancent à reculons.

Une analyse froide qui ne fustige personne, mais qui relève un système de gestion de la cause, motivé par les circonstances, qui s'avère ne pas être opérationnel, les buts recherchés ne sont pas atteints et des effets pervers apparaissent.

Aujourd'hui, un débat sur l'engagement de personnels étrangers est activé. Ce débat n'a pas lieu de se produire, car les solutions attendues ne passent pas par là. La globalisation à travers les bases de la mondialisation des corps de polices est une vision d'avenir qui doit d'abord engendrer une véritable réflexion sur les droits humains, avant de passer aux devoirs de l'homme et à l'accomplissement de ses missions. Un droit de vote à accorder aux étrangers nous semble devoir être le premier pas de cette réflexion nouvelle.

La police genevoise n'est ni meilleure, ni pire que les autres, mais elle dispose des capacités nécessaires pour devenir plus performantes, plus en adéquation avec les besoins d'une société qui change trop vite, qui perd ses valeurs et ses repères si vite que les nouveaux jalons qui se devraient de redessiner l'avenir n'ont pas eu le temps d'être composés, proposés, déposés et appliqués, pour enfin guider la police dans un vingt et unième siècle en plein bouleversement.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

09/03/2010

L'ombre d'un bilan cachée par l'ombre d'une analyse étouffée !

Alors que la commission judiciaire et de la police a rendu un rapport accablant sur le PL 10541.

Alors que l'analyse de ce projet de loi est un véritable diagnostique sur les travaux menés par le DI durant 4 ans, ou tout du moins sur les huit derniers mois de la législature précédente.

Alors que les propos tenus par les députés sont très durs, alors qu'ils ont auditionné les parties concernées, analysé les éléments relevés, synthétisé les faiblesses et les manquements de ce projet de loi, nous avons la vague impression qu'ils sont nombreux ceux qui vont se satisfaire de cet échec annoncé.

Et pourtant, tout reste à faire, et bien plus encore si l'on veut dessiner une vision d'avenir pour la police genevoise, pour la sécurité de la population du canton et pour la crédibilité de hiérarchies étouffées par les lourdeurs politiques.   

Issus de ce projet de loi ;

- Les éléments considérés comme aboutis doivent encore être finalisés à travers divers groupes de travail, dans lesquels rien n'est simple car les vérités d'hier ne sont pas les réalités des textes d'aujourd'hui selon certains de nos interlocuteurs.

- Les éléments considérés comme bâclés doivent faire l'objet de travaux de fond, à travers une réflexion opérationnelle et statutaire.

- Les éléments considérés comme établis doivent encore faire l'objet d'une période de transition dans laquelle rien n'est simple, ni pour  l'employeur, ni pour les syndicats, ni pour la hiérarchie.

La route est encore longue pour réussir ces travaux d'Hercule, mais pour cela il faudra tirer un trait sur un passé récent et repartir avec des idées, des choix, des volontés, des ambitions revus et corrigés, pour la grandeur de nos institutions, de notre police, de notre État de droit.

Rarement un bilan parlementaire aussi lourd aura été déposé contre un ministre de tutelle. Rarement un rapport parlementaire aura été si peu analysé et commenté par le premier pouvoir, une presse pourtant habituellement avide des tracas policiers ou politiques. Rarement ceux qui criaient au loup ou hurlaient sur les syndicats de police n'auront pris si peu de temps pour se retourner et analyser les faits issus d'une réflexion parlementaire pertinente, unanime et au plus près des réalités et des problèmes qui nous occupent.

http://www.tdg.ch/geneve/politique/refonte-police-echoue-...

Un peu comme si l'ombre cachée d'un bilan devait être dissimulée par l'ombre d'une analyse étouffée !

http://www.tdg.ch/geneve/actu/chantier-ouvre-isabel-rocha...

" On a beaucoup tapé sur les syndicats policiers, accusés d’exercer un pouvoir occulte sur le gouvernement, de défendre pistolet au poing ses intérêts corporatistes ou de tenir d’inquiétants discours séditieux. Or, il faut aujourd’hui constater que le rapport parlementaire, sévère, jette une lumière crue sur le plus haut échelon hiérarchique censé mener le navire policier. Cet éclairage semble justifier certaines plaintes de la base."

Bravo à Marc Moulin pour le courage de son analyse journalistique, l'un des rare qui a saisi l'importance de la décision parlementaire qui nous occupe !

L'avenir est devant nous, mais malheureusement il traîne un lourd héritage qu'il faudra revisiter afin de pouvoir avancer, la tête haute, avec franchise et discernement, juste pour assurer à Genève un avenir meilleurs à travers une vision nouvelle.  

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP.