25/03/2010

Schengen et la position courageuse et réaliste de Madame la Cheffe de la Police !

Hier matin sur Radio-Cité, Mme Bonfanti, Cheffe de la Police confirmait que les accords de Schengen représentent un problème lié à l'augmentation des infractions et des délits à Genève, en répondant à une question dirigée de Pascal Décaillet.

À travers sa réponse courageuse, en confirmant que Schengen n'arrange clairement pas les choses, Madame la Cheffe de la Police a mis à jour ce que nombreux pensent tout bas à la police, et sur certain banc du Parlement. Le fruit de cette réponse n'est pas issu d'une réflexion personnelle ou politique, mais bien d'une analyse professionnelle de la criminalité genevoise et des dernières statistiques. Cette analyse venait d'être confirmée par le Chef État-Major, M. SCHMUTZ qui indiquait que "cet accord n'arrange pas les choses, c'est un outil de moins dans la répression". 

Ce matin, M. Pierre Weiss, député libéral, attaquait virulemment Mme Bonfanti sur les ondes de cette même radio, déclarant que la Cheffe de la Police n'avait pas respecté son devoir de réserve. Pour cet élu, une Cheffe de la Police n'est qu'une haute fonctionnaire et n'a pas à exposé ses états d'âme.

Malheureusement pour les détracteurs de Mme Bonfanti, l'analyse professionnelle de la Cheffe de la Police correspond à une réalité, à des chiffres, à des faits, que tous les policiers genevois ont pu constater au quotidien. Ce que la troupe ne peut pas affirmer haut et fort, s'il est bien une personne qui peut, qui doit le faire, lors d'une analyse, d'un bilan, d'un exposé des causes et des effets devant une catastrophe que l'on nomme hausse de la criminalité ou insécurité, c'est la Cheffe de la Police.

À travers sa position, Mme Bonfanti n'a pas critiqué un choix ni une décision politique, soit la libre circulation des personnes dans l'UE, mais elle n'a fait qu'en tirer un bilan à travers l'analyse des conséquences de la mise en application de cet accord.

L'attaque irrespectueuse de ce député libéral ne peut pas rester sans réaction.

En comparant Mme Bonfanti au Président de la République italienne, M. COSSIGA, un spécialiste en "exlamatione" selon lui, soit    l'extériorisation de ses états d'âme, tout en insinuant que "Madame Bonfanti n'est que Cheffe de la Police, qu'elle devrait devenir la petite muette, qu'elle n'a pas les capacités de s'exprimer", ce député tient premièrement des propos irrespectueux vis-à-vis d'un Chef d'État, puis tient des propos totalement inaproptiés contre Mme la Cheffe de la Police, dans un discours qui ne sert qu'à défendre un accord dont son parti était un des plus fervents défenseurs, visiblement pour éviter d'en reconnaître les effets pervers induits.

Autres commentaires politiques durant cette même émission :    

M. Guy Mettan "Madame Bonfanti a partiellement raison" ;

M. Éric Bertinat "Schengen est nuisible, c'est très fort ce que la Cheffe de la Police a déclaré" ;

M. Roger Golay "Schengen, c'est partiellement faux de dire que cet accord nous a apporté cette criminalité, mais depuis nos frontières ont des pertes échappatoires " ;

M. Alberto Velasco "Schengen n'est pas aussi efficace que l'on nous l'avait dit, cela devient grave" ;

M. Jean-Luc Ardit "Il y a un problème concret avec Schengen" ;

M. Yvan Rochat "C'est assez surprenant ce que Mme Bonfanti a déclaré, elle aurait mieux fait de se taire".

Pour conclure, relevons que Mme Bonfanti a fait des démarches auprès de la Berne fédérale afin d'obtenir plus de moyens, requête sans réponse à ce jour.

Pour nous, la Cheffe de la Police n'a fait que tirer un bilan sur un système issu d'un choix politique, sans critiquer cette décision, mais en relevant simplement que l'ouverture des frontières et la libre circulation des personnes représentent clairement un problème pour endiguer la hausse de la criminalité.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

 

 

 

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