09/03/2010

L'ombre d'un bilan cachée par l'ombre d'une analyse étouffée !

Alors que la commission judiciaire et de la police a rendu un rapport accablant sur le PL 10541.

Alors que l'analyse de ce projet de loi est un véritable diagnostique sur les travaux menés par le DI durant 4 ans, ou tout du moins sur les huit derniers mois de la législature précédente.

Alors que les propos tenus par les députés sont très durs, alors qu'ils ont auditionné les parties concernées, analysé les éléments relevés, synthétisé les faiblesses et les manquements de ce projet de loi, nous avons la vague impression qu'ils sont nombreux ceux qui vont se satisfaire de cet échec annoncé.

Et pourtant, tout reste à faire, et bien plus encore si l'on veut dessiner une vision d'avenir pour la police genevoise, pour la sécurité de la population du canton et pour la crédibilité de hiérarchies étouffées par les lourdeurs politiques.   

Issus de ce projet de loi ;

- Les éléments considérés comme aboutis doivent encore être finalisés à travers divers groupes de travail, dans lesquels rien n'est simple car les vérités d'hier ne sont pas les réalités des textes d'aujourd'hui selon certains de nos interlocuteurs.

- Les éléments considérés comme bâclés doivent faire l'objet de travaux de fond, à travers une réflexion opérationnelle et statutaire.

- Les éléments considérés comme établis doivent encore faire l'objet d'une période de transition dans laquelle rien n'est simple, ni pour  l'employeur, ni pour les syndicats, ni pour la hiérarchie.

La route est encore longue pour réussir ces travaux d'Hercule, mais pour cela il faudra tirer un trait sur un passé récent et repartir avec des idées, des choix, des volontés, des ambitions revus et corrigés, pour la grandeur de nos institutions, de notre police, de notre État de droit.

Rarement un bilan parlementaire aussi lourd aura été déposé contre un ministre de tutelle. Rarement un rapport parlementaire aura été si peu analysé et commenté par le premier pouvoir, une presse pourtant habituellement avide des tracas policiers ou politiques. Rarement ceux qui criaient au loup ou hurlaient sur les syndicats de police n'auront pris si peu de temps pour se retourner et analyser les faits issus d'une réflexion parlementaire pertinente, unanime et au plus près des réalités et des problèmes qui nous occupent.

http://www.tdg.ch/geneve/politique/refonte-police-echoue-...

Un peu comme si l'ombre cachée d'un bilan devait être dissimulée par l'ombre d'une analyse étouffée !

http://www.tdg.ch/geneve/actu/chantier-ouvre-isabel-rocha...

" On a beaucoup tapé sur les syndicats policiers, accusés d’exercer un pouvoir occulte sur le gouvernement, de défendre pistolet au poing ses intérêts corporatistes ou de tenir d’inquiétants discours séditieux. Or, il faut aujourd’hui constater que le rapport parlementaire, sévère, jette une lumière crue sur le plus haut échelon hiérarchique censé mener le navire policier. Cet éclairage semble justifier certaines plaintes de la base."

Bravo à Marc Moulin pour le courage de son analyse journalistique, l'un des rare qui a saisi l'importance de la décision parlementaire qui nous occupe !

L'avenir est devant nous, mais malheureusement il traîne un lourd héritage qu'il faudra revisiter afin de pouvoir avancer, la tête haute, avec franchise et discernement, juste pour assurer à Genève un avenir meilleurs à travers une vision nouvelle.  

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP.

 

 

Commentaires

Si la commission judiciaire du GC a sorti du projet de loi tout ce qui concernait l'organisation de la police elle n'en a pas moins accepté une urgente revalorisation de fonction nécessaire de la gendarmerie, de la PJ, du personnel pénitencier, mis en conformité l'âge de la retraite avec le droit supérieur, demandé au Conseil d'Etat de prévoir un pont retraite pour celles et ceux qui approchent de l'ancien âge limite, revu le système des indemnités, aligné l'horaire de travail sur celui de la fonction publique du petit Etat....... ce n'est pas rien .....et de cela on a peu parlé.
p.l.

Écrit par : pierre losio | 10/03/2010

M. LOSIO,

Une valorisation de la fonction, à l'engagement oui, sinon c'est simplement un lissage de la grille salariale, avec d'énormes "bugs", pas une revalorisation de "La fonction" sur l'ensemble d'une carrière. La réévaluation des Maréchaux et Chefs de brigades a été refusée par exemple, bien que nécessaire.

L'âge de la retraite a été mis en conformité, sans que la période transitoire nécessaires ne soit élaborée.

Le système des indemnité n'est de loin pas finalisé.

L'horaire aligné sur celui de la fonction publique ne répond pas aux besoins opérationnels, juste à un temps de travail, mais pas aux conditions du travail de nuit, aux reprises en congés.

Couler la police dans le petit Etat, l'on peut se demander si c'était bien "La Solution" pour l'avenir de la police et de l'exercice du métier de policier.

Et si l'on en a peu parlé de tout ça, c'est que tout reste à dire, voire à faire !

Écrit par : Minet | 10/03/2010

Cher Monsieur,
Oui certains points sont encore en suspens mais ils ne sont pas de la compétence du Grand Conseil (qui n'est pas l'employeur et qui ne doit pas se substituer à l'employeur) ; en ce qui concerne la période transitoire dont vous parlez le GC a clairement indiqué que le Conseil d'Etat a un délai pour la négocier avec les syndicats.
L'organisation du corps de police a été complètement évacuée du projet de loi et je m'en réjouis. Il appartient à Mme Rochat, à l'état-major et aux syndicats de se consulter et de trouver l'organisation optimale pour la spécificité genevoise.
Je persiste d'autre part à penser que le Parlement n'a pas à se mêler de l'opérationnel qui est de la compétence des professionnels.
Enfin je souhaite que les discussions se poursuivent dans la sérénité et dans le respect de l'autorité de l'Etat et des représentants du personnel.

Oui il reste beaucoup à faire .... mais au moins on a commencé.

p.l.

Écrit par : pierre losio | 11/03/2010

Un grand travail vous attend. Les nouveaux horaires en vigueur actuellement ne sont en effet pas raisonnables et ne vont pas résoudre la problématique des heures supplémentaires.

Et l'on ne peut comparer le travail d'un gendarme ou d'un inspecteur avec celui d'un fonctionnaire.

De plus, les heures supplémentaires vont encore augmenter avec l'entrée en vigueur du nouveau code de procédure pénal qui va alourdir la charge du policier et très certainement augmenter la charge administative. Et cela ne semble préoccuper personne pour l'instant...

Bon courage dans votre action

Écrit par : fdg | 22/03/2010

"Et l'on ne peut comparer le travail d'un gendarme ou d'un inspecteur avec celui d'un fonctionnaire."

Excellent ce lapsus qui montre bien combien nos pandores se croient sur une autres planète ! "Chu pas fonctionnaire Mooosieur, chu gendarme moi ! Vos papiers !"

Écrit par : Djinius | 22/03/2010

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