20/02/2010

Assemblée Générale de l'Union des Syndicats des Polices Romandes (USPRO) à Vernayaz.

Vendredi 19 février 2010, Vernayaz, fin de l'assemblée générale de l'USPRO. Tous les participants, venus de Romandie, voire de d'outre Sarine, écoutent l'allocution de Chritian Varone, Commandant de la police Valaisanne, canton hôte de cette réunion. Nous repartons de cette assemblée avec un fort sentiment. Celui que les problèmes rencontrés par les policiers genevois liés à la réorganisation amorcée politiquement et structurellement se retrouvent ailleurs.

Si nous avions déjà tous pris note du rejet populaire vaudois sur l'initiative "d'Artagant" , 54,26% des voix contre une police unique, il n'en demeure pas moins que sectiorellement, au niveau municipal ou des cantons, ces projets de rapprochements, de fusions, rencontrent des oppositions.

Au-delà du débat sur les nécessites structurelles, financières, policières ou politiques de ces modifications, une question nous taraude, nous policiers.

Quelles sont les plus-values professionnelles, statutaires et plus encore opérationnelles qui sont recherchées à travers ces très fortes volontés de réorganisation ?

Presque tous les cantons sont en manque d'effectifs, grand nombre de cantons ou de municipalités doivent faire encore plus avec les mêmes moyens à disposition, tous les cantons rencontrent des problèmes identiques suite à l'augmentation de la criminalité, des actes de violence, des délits liés aux trafics de drogues, aux agressions de bandes organisées, aux violences faites contre les policiers. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police (FSFP) vient de lancer une grande opération nationale intitulée "ça suffit" pour lutter contre celles-ci ;

http://www.vspb.org/fr/actualite_evenements_formation/for...

Ce titre évocateur a été très justement choisi, car il témoigne du ras-le-bol des policiers suisses, de leur désarroi mais aussi de leur intention de dire clairement "ça suffit".

Les policiers romands veulent aller de l'avant, ils n'ont qu'un souhait, celui d'obtenir les certitudes de travailler dans des conditions stables, avec les moyens nécessaires, des statuts clairs et adaptés aux réalités de leur profession, accompagnés d'une doctrine politique qui se devrait elle aussi d'être unique face à la criminalité et la violence, "ça suffit".

Une grand merci au Comité de l'USPRO et à la commune de Vernayaz pour l'excellence de leur accueil. Bravo à la FSFP pour son initiative.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

10/02/2010

Un appel urgent de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police qui demande une répression sévère en cas de violence contre la police.

La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police mène une nouvelle campagne contre les actes de violence commis à l'encontre des policiers. En soutenant cette requête urgente, l'UPCP tenait à partager avec nos lecteurs cette prise de position importante.  

La FSFP exige une répression sévère en cas de violence contre la police

 

Des supporters belliqueux à la sortie de manifestations sportives, des automobilistes agressifs lors de contrôles de circulation, des délinquants prêts à faire feu ou à frapper pour éviter d'être appréhendés –  ces derniers temps, de tels actes et d’autres encore contre la police se sont multipliés. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police FSFP estime désormais insupportable, la façon dont le nombre de rapports faisant état de policières et de policiers blessés augmente. «La statistique présente des chiffres alarmants : rien qu’entre 2000 et 2008, le nombre des actes de violence contre la police a augmenté de plus de 160%», affirme Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP. Dans les pays voisins de l'UE, en Allemagne par exemple, cette évolution est encore plus catastrophique. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police refuse de tolérer sans réagir la situation inquiétante régnant également dans notre pays; elle exige que des mesures efficaces soient enfin prises. Dans une pétition, cette organisation de plus de 23'000 membres, active dans toute la Suisse, demande :

-    la réintroduction des peines de prison de courte durée

-    l'augmentation des amendes minimales en cas de violence et de menaces contre les fonctionnaires et les autorités (art. 285 CPS)

-    un doublement de la peine en cas de récidive d'actes tombant sous le coup de l'art. 285 CPS, comme la France le pratique depuis longtemps déjà.

«Le monde politique doit enfin agir, et rapidement même!», souligne Max Hofmann. Pour lui, ainsi que pour la FSFP, la protection des collaborateurs de police constitue une tâche primordiale que l'Etat ne peut négliger de manière irresponsable plus longtemps. Simultanément, il appelle les autorités judiciaires à utiliser pleinement leur marge de manœuvre en cas de violence contre la police. Il déplore que les actes de violence contre les policières, les policiers ou autres représentants de l'Etat soient trop souvent minimisés et leurs auteurs traités avec une indulgence excessive. «Cette pratique va totalement à l'encontre du respect dû à l'Etat, à ses autorités et à ses représentants, ce qui ne peut avoir que des effets néfastes sur la sécurité intérieure», affirme-t-il.

Pour de plus amples informations :

Max Hofmann, secrétaire général, tél. 076 381 44 64

09/02/2010

Pour quelles raisons les policiers de notre canton sont-ils perpétuellement les têtes de Turc de certains milieux politiques genevois ?

Le projet de Loi du député Deneys est-il une nouvelle salve dirigée contre les policiers, ou un message adressé à la Constituante ?

Alors que le parti socialiste est en pleine restructuration, alors que des gens de bonne volonté (Brunier-Velasco-Bolay) tentent de redonner un capitaine, un gouvernail et une voile à ce navire politique, d'autres refusent de monter dans cette arche de Noé, qui veut pourtant et à juste titre se rapprocher de la rue, du peuple, des ouvriers, des syndicats, des préoccupations sociales de la population. Le député Deneys n'a visiblement pas le pied marin et garde une ligne d'horizon qui stigmatise perpétuellement la police.

Depuis 2003, un cercle restreint d'élus, de gauche comme de droite, n'ont comme principale préoccupation que de s'enquérir de l'institution policière, de sa culture, de son organisation, de ses actions, de son statut et des acquis de cette corporation.  

Si le pouvoir Législatif se doit d'observer, d'analyser, de réfléchir et de proposer des solutions pour apporter une plus-value à une institution ou à un problème, on se demande pour quelles raisons ces gens sont habités d'une grande volonté de bloquer, restreindre, étouffer, retenir, contenir, limiter, contraindre, astreindre, dénigrer, abroger, crisper, contrarier, réorganiser, sabrer, statufier la Grande Maison et ses employés.

Personne n'a la réponse à cette question !

Pour certains Mai 68 a laissé des traces indélébiles - Pour d'autres le réveil de ces fonctionnaires qui cherchent à faire respecter leurs droits élémentaires n'a pas encore été digéré depuis 2003 - Pour d'autres encore le poids moral, social, politique pris par nos policiers dans la société devient incompatible avec les règles politiques qui sont en place.

Ce qui nous dérange, c'est que toutes ces action qui stigmatisent sans cesse la police donnent l'impression que notre corporation est devenue une cible, un objectif, une omnibulation, laissant ainsi de côté d'autres professions, d'autres institutions étatiques et surtout les véritables problèmes qui polluent la vie de nos citoyens dans cette société qui perd ses valeurs, ses croyances, ses repères, dont le policier, l'instituteur, le médecin et l'homme d'église faisaient notamment partie.

Le constat est là. La question reste posée, et nous nous interrogeons sur les motivations de ces législateurs ?

A travers sa sélection, le policier est un excellent représentant de la classe moyenne, il est en contact avec les réalités de la vie, de la société, du terrain, auprès du riche ou du pauvre, du jeune ou du vieux, du suisse ou de l'étranger. Il dispose donc d'une bonne expérience pour s'engager, humainement, sociétairement, politiquement, en sa qualité de citoyen au bénéfice du droit d'éligibilité et de représentativité.

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

 

 

03/02/2010

Un discours très franc de Mme ROCHAT Isabel, où elle pose un bilan sans concession sur l'insécurité lors de la prestation de serment des nouveaux policiers genevois !

Ayant été invité à la prestation de serment de nos nouveaux policiers-ières, c'est avec grand plaisir que j'ai écouté le discours de la présidente du DSPE.

Mme Rochat Isabel a pris la parole avec grande émotion, mais aussi avec conviction.

Dans son mot, elle a rendu hommage à un métier, aux hommes et aux femmes qui l'exercent, ainsi qu'aux nouveaux venus dans la profession. Elle a su relever les difficultés de nos fonctions et celles liées à la réalisation de nos missions.

Pour ce premier exercice, elle a dressé un bilan de situation sans concession mais tellement proches des réalités du terrain, de la rue. Elle a su faire preuve d'empathie et de franchise. Ces qualités là n'ont pas de prix.

- Oser dire que nous assistons ces dernières années à une escalade inattendue de la violence, avec une délinquance de plus en plus sophistiquée et une criminalité se comportant en maître des lieux.

- Oser dire que nos citoyens sont effrayés, nos policiers découragés et qu'il partagent leur désarroi devant des quartiers perdus, avec une population qui crie sa colère.

- Oser dire que nous sommes en présence d'une constellation très préoccupante, une situation de crise où nous avons plus que jamais besoin d'engagement et de forces vives.

La présidente du DSPE a su faire preuve d'un courage politique, d'un courage humain, d'une proximité affirmée avec les attentes et les besoins des policiers, mais surtout de notre population.

Au sortir de cette prestation de serment, mes collègues et moi-même étions à nouveau fières d'exercer l'un des plus beaux métiers du monde, fières de servir l'Etat, fières car reconnus et respectés.

Une profession difficile exercée par des hommes et des femmes qui ont fait un choix, celui de servir les autres, de défendre nos valeurs, avec une doctrine importante prononcée lors de ce discours ;

- Ensemble, nous représentons l’Etat de droit, avec ses lois et ses règles de vie commune que nous sommes résolus à faire respecter. Et nous nous en donnerons les moyens ! 

Pour conclure, comme pour réaffirmer la qualité de son analyse, Mme Rochat a repris des termes d’Alexandre Dumas : « un pays sans police est un grand navire sans boussole et sans gouvernail ». Une belle métaphore qui pour rappeler que notre mission est une des plus noble qui soit au service de la Cité.

Je n'aurai qu'un mot Madame ; Bravo !

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP

http://www.ge.ch/dspe/presse/welcome.asp?rubrique=discour...

"Photo Chancellerie"

02/02/2010

La montée de la violence et la hausse de la criminalité à Genève ne sont pas des fatalités !

26 janvier 2010, Couleurs locales, une émission régionale de la TSR traite de la problématique des cambriolages récurrents à Genève, 25 par jour, 31 la veille du reportage. On devine une certaine fatalité dans les propos du porte-parole de la police, ainsi que dans la narration du journaliste. Les victimes tiennent un seul discours ; " Y en a marre, nous avons peur".

Le même jour, un hold-up, le troisième cette année, il y en a eu neuf l'année dernière, vient de se dérouler à Plan-Les-Ouates. Un échec pour les voyous qui n'avaient pourtant pas hésité à utiliser des explosifs, équipés d'armes lourdes, pour tenter leur coup. Ce qui choque, l'heure du délit, 18h00 et surtout la proximité d'un centre commercial et d'un quartier populaire d'habitations. Là aussi, les personnes domiciliées à proximité tiennent le même discours ; "y en a marre, nous avons peur" (27 janvier, Le Journal de la TSR - 1245 et 1930).

Retour en arrière. Fin 2009, une campagne politique est menée tambour battant pour les élections cantonales, avec un leitmotiv, l'insécurité. Il aura fallut des semaines pour que ce sentiments devienne lors de ces joutes politiques un enjeu, mais aussi un fait, une réalité reconnue. Chacun y va alors de son programme, de ses solutions, de ses arguments. Les élections se déroulent normalement, le sujet retombe immédiatement aux oubliettes, comme à chaque fois. Souvenez vous, il en avait été de même pour les municipales de 2007.

La hausse de la criminalité est reconnue. Les délits avec violences ne sont plus des faits occasionnels, mais malheureusement des faits divers. Les actes sont identifiés, les causes sont étudiées, les indices analysés, pourtant il nous manque encore une réactivité politique et policière.

Depuis des mois, aucun signal fort, aucun message clair, aucune doctrine déterminée, voire déterminante, un silence qui ressemble à un aveux d'impuissance. Et pourtant, l'augmentation de la criminalité et des violences ne sont pas des fatalités. Genève se doit de devenir pro-actif, moralement, opérationnellement, politiquement. La population est en attente de ce message fort, nos policiers aussi.

"Y en a marre", un cris du coeur de la population genevoise, mais aussi un appel sans ambiguïté à nos dirigeants pour qu'ils prennent leurs responsabilités.

Reste à savoir si l'on préfère diminuer les heures supplémentaires de nos policiers, leur imposer des horaires administratifs, restreindre leurs acquis sociaux et les transformer en fonctionnaires qu'ils ne sont pas, ou lutter contre la délinquance et la criminalité de rue en se donnant les moyens de réussir ce challenge pour l'avenir ?

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP.