02/02/2010

La montée de la violence et la hausse de la criminalité à Genève ne sont pas des fatalités !

26 janvier 2010, Couleurs locales, une émission régionale de la TSR traite de la problématique des cambriolages récurrents à Genève, 25 par jour, 31 la veille du reportage. On devine une certaine fatalité dans les propos du porte-parole de la police, ainsi que dans la narration du journaliste. Les victimes tiennent un seul discours ; " Y en a marre, nous avons peur".

Le même jour, un hold-up, le troisième cette année, il y en a eu neuf l'année dernière, vient de se dérouler à Plan-Les-Ouates. Un échec pour les voyous qui n'avaient pourtant pas hésité à utiliser des explosifs, équipés d'armes lourdes, pour tenter leur coup. Ce qui choque, l'heure du délit, 18h00 et surtout la proximité d'un centre commercial et d'un quartier populaire d'habitations. Là aussi, les personnes domiciliées à proximité tiennent le même discours ; "y en a marre, nous avons peur" (27 janvier, Le Journal de la TSR - 1245 et 1930).

Retour en arrière. Fin 2009, une campagne politique est menée tambour battant pour les élections cantonales, avec un leitmotiv, l'insécurité. Il aura fallut des semaines pour que ce sentiments devienne lors de ces joutes politiques un enjeu, mais aussi un fait, une réalité reconnue. Chacun y va alors de son programme, de ses solutions, de ses arguments. Les élections se déroulent normalement, le sujet retombe immédiatement aux oubliettes, comme à chaque fois. Souvenez vous, il en avait été de même pour les municipales de 2007.

La hausse de la criminalité est reconnue. Les délits avec violences ne sont plus des faits occasionnels, mais malheureusement des faits divers. Les actes sont identifiés, les causes sont étudiées, les indices analysés, pourtant il nous manque encore une réactivité politique et policière.

Depuis des mois, aucun signal fort, aucun message clair, aucune doctrine déterminée, voire déterminante, un silence qui ressemble à un aveux d'impuissance. Et pourtant, l'augmentation de la criminalité et des violences ne sont pas des fatalités. Genève se doit de devenir pro-actif, moralement, opérationnellement, politiquement. La population est en attente de ce message fort, nos policiers aussi.

"Y en a marre", un cris du coeur de la population genevoise, mais aussi un appel sans ambiguïté à nos dirigeants pour qu'ils prennent leurs responsabilités.

Reste à savoir si l'on préfère diminuer les heures supplémentaires de nos policiers, leur imposer des horaires administratifs, restreindre leurs acquis sociaux et les transformer en fonctionnaires qu'ils ne sont pas, ou lutter contre la délinquance et la criminalité de rue en se donnant les moyens de réussir ce challenge pour l'avenir ?

Walter SCHLECHTEN

Président de l'UPCP.

 

Commentaires

mais que fait la police.....

Écrit par : fred | 02/02/2010

Bonjour Monsieur,
Il semblerait que oui, les hausse et montée de la Criminalité et violences à Genève en arrivent bien à devenir des fatalités... C'est comme çà. Et bien comme çà. Lorsque l'on lit votre Note, on se rend vite bien compte que, malgré le Nouveau Gouvernement, tous les blablas annoncés, proposés avant et juste après l'arrivée du Nouveau Gouvernement Genevois, rien n'a ou ne semble vouloir bouger... Et si l'on aborde d'autres problèmes récurrents, en dehors de ceux de la Police Genevoise, c'est du pareil au même Germaine ... Et pendant ce temps-là, le Citoyen paie, paie et n’a qu’à la boucler...

Écrit par : Pierre-André Dupuy | 02/02/2010

Bonjour Minet !

Oui la montée de la criminalité est inquiétante. Non il ne faut pas que cette criminalité devienne une banalité !

C'est inquiétant car les criminels prennent de plus en plus de risques pour des enjeux de faibles valeurs pécuniaires. Ce matin encore la TdG titre : " Une kiosquière de 76 ans braquée à main armée aux Pâquis " ...

Je ne suis pas un spécialiste, mais pourtant je m'interroge.

Cette montée de la criminalité a-t-elle une corrélation avec les accords de Schengen ? En d'autres termes, l'adhésion de la Suisse aux accords de Schengen a-t-elle favorisé cette montée de la délinquance ?

Une étude a-t-elle été menée - ou le sera-t-elle - en Suisse et à Genève pour étudier l'adéquation de la coordination et la répartition des tâches entre le Corps de Gardes Frontière et la Gendarmerie depuis la mise en oeuvre de ces accords ?

Je tiens à préciser que j'étais favorable à l'adhésion de la Suisse à "l'Espace Schengen / Dublin ". Aujourd'hui pourtant je m'interroge sur le volet "Schengen" ...

Vous écrivez :

" ... pourtant il nous manque encore une réactivité politique et policière. "

J'y ajouterais aussi " JUDICIAIRE ", tant il est vrai que le Parquet semble débordé lui-aussi !

Les moyens et effectifs de la police, mais aussi de la justice, sont-ils à la hauteur des attentes de la population ? C'est ce genre de question que devrait se poser les députés au Grand Conseil en lançant une motion parlementaire pour inviter le Conseil d'Etat à agir !

Si la sécurité publique n'a pas de prix, en revanche elle a un coût, mais il faut savoir ce que l'on veut. Pour ma part, le choix est fait, je souhaite plus de sécurité publique !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 02/02/2010

Les citoyens ont à mon avis fait une grave erreur en n'élisant pas Yves Nidegger plutôt... Il serait temps de relever les manches et taper du poing sur la table! Genève sombre... et que fait la police? des grèves de zèle pour toucher leur primes sup' pour l'Euro (où elle n'a rien eu à faire, juste de la présence, les bras croisés comme d'hab!)!!
Poourquoi ne pas se mobiliser pour envoyer un signal fort aux politiques, aux citoyens plutôt: "aidez-nous, nous sommes dépassé par les événements!"
Non, ce n'est pas une fatalité!
Pourquoi je me sens plus en sécurité la nuit à Paris ou à Londres qu'au bord du lac à Genève en plein jour???!!!???

Écrit par : sidymer | 03/02/2010

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