30/11/2009

Droits démocratiques, droit de manifestation, liberté d'expression, droits syndicaux à Genève !

Petit retour en arrière sur la séance du Grand Conseil datée du 26 juin 2009, dont le Mémorial vient seulement d'être publié. Dans ce document, on peut y lire le premier débat du PL 10 458-A les rapport de la commission des finances chargée d'étudier le projet de loi du Conseil d'Etat approuvant les états financiers de l'Etat de Genève et la gestion du Conseil d'Etat pour l'année 2008, ainsi que les propos tenus par divers orateurs.

Extraits ;

M. Edouard Cuendet (L).

"Parmi les éléments malheureusement négatifs, je citerai aussi la gestion calamiteuse des heures supplémentaires de la police, ce qui a obligé la commission des finances à prendre des mesures assez inédites et à réclamer un rapport de la Cour des comptes particulièrement édifiant sur les méthodes utilisées dans ce domaine. Le rapport Annoni et le récent rapport de la Cour des comptes sur l'Euro 2008 ont aussi montré que la principale source de coûts supplémentaires était les heures supplémentaires de la police. Du reste, en tant que membre de la commission des finances, je tiens à souligner tout particulièrement les attaques et les pressions inacceptables, voire personnalisées, reçues dans ce débat sur la police, ce qui a mis en cause le bon fonctionnement de notre démocratie. En effet, si le pouvoir législatif est attaqué de la sorte, que des noms sont cités et que des appels au boycott sur les listes de vote sont lancés, c'est la fin de la démocratie ! Je tiens également à évoquer les risques liés à ce genre de pressions, qui sont - je le répète - inacceptables."

Puis ;

M. Pierre Weiss (L).

"Je terminerai en apportant une précision et en émettant un souhait. La précision concerne l'intervention de mon collègue Cuendet, et cette fois-ci je m'exprime non pas en tant que président de la commission, mais en tant que député. Il a mis en cause les «pressions inqualifiables» du corps de police sur les débats de la commission des finances, notamment lorsqu'il s'est agi de voter une prime... Je précise qu'il ne s'agit pas du corps de police dans son ensemble ! Chacun de nous le sait, celui-ci travaille à la sécurité des Genevois; il a à coeur d'accomplir sa tâche et respecte son serment. Seulement, il se trouve au sein de ce corps de police un quarteron de factieux emmenés par un «petit minet» qui, en fait, est un «matou hargneux». Il a, avec d'autres, complètement oublié le sens même du service public ! A ce minet-là, qui ne fait qu'appeler à la délation et qui a la manie de pratiquer le lynchage politique, il me semble que le chef du département devrait rappeler les devoirs qui sont les siens."



Je ne vais pas répondre à ces deux députés, mais je vais préciser ce qui suit ;

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1 ) Les syndicats de police ont simplement répondu avec virulence aux attaques inqualifiables qui étaient menées contre leur profession et nos statuts.

2 ) Aucune pression n'a été exercée sur la Commission des Finances, ni sur les députés. Le droit de manifestation a été utilisé démocratiquement par les membres de l'UPCP, du SPJ et du SPSI, afin de faire entendre nos revendications, notre colère, nos  inquiétudes.

3 ) Aunun appel au boycott sur des listes de vote n'a été lancé, alors que les noms cités dans nos débats l'ont été en corrélation avec des propos tenus par leurs auteurs.

4 ) Il serait dangereux pour nos députés de croire qu'un simple quarteron de factieux agissent à la police. Premièrement, si nous nous sommes opposés avec causticité à certains discours ou rapports, en aucun cas nous n'avons cherché à provoquer des troubles, cette accusation est mensongère. Deuxièmement, à ce jour, les comités des syndicats de police précités sont grandement soutenus par leurs membres dans les débats qui nous occupent. Troisièmement, de ne pas voir que nous avons toujours gardé une très grande porte ouverte au dialogue et aux négociations serait faire preuve d'un aveuglement pitoyable dans l'analyse des événements. Si nous avons été poussés à exercer des actions syndicales, c'est bien souvent du fait de nos interlocuteurs et jamais d'une quelconque hargne gratuite.

5 ) La délation n'est pas inscrite dans nos valeurs, mais de dénoncer de véritables dysfonctionnements de l'Etat, des services, des politiques ou d'un système n'est qu'un juste avertissement sur des problèmes que d'autres ont choisi d'enterrer par une politique de l'autruche bien souvent sournoisement pratiquée.

6 ) Le petit minet, vilain matou, a un nom, Walter SCHLECHTEN. Il est encore pour quelques mois le président de l'Union du Personnel du Corps de Police, au service des ses membres et de sa profession, et si son approche déplaît à certains, je ne peux que me réjouir d'avoir été entendu, écouté, lu, et porté dans les principales préoccupations de MM. Cuendet et Weiss, sachant que je ne fais que défendre mon métier et les membres de ma corporation. Nous voila avec deux députés qui devraient être au fait de toutes nos préoccupations.

Si la démocratie est en danger, ce n'est pas à travers la liberté d'expression, l'exercice des droits syndicaux ni la défense des intérêts du plus grand nombre. Mais visiblement certains députés n'étaient pas dans les rues de Genève samedi dernier pour apprécier de véritables comportements factieux.

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Minet !

Commentaires

vive M Weiss

Écrit par : eric | 30/11/2009

C'est vrai quoi! Depuis quand est-ce que la police est un état dans l'état? J'ai beau chercher... Ben ... depuis toujours (et tous gouvernements confondus)!

Écrit par : Valery | 30/11/2009

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