17/11/2009

Deuxième analyse du scrutin du 15 novembre

Élections municipales 2007, le thème de la sécurité est le leitmotiv de Pierre Maudet. Il est le seul à tenir ce discours et il sera élu. Malgré, ou du fait de son isolement politique au sein du Conseil Administratif de la Ville de Genève, il reprendra le département de l’environnement urbain et de la sécurité.  Je ne vais pas entrer dans le débat pour savoir ce qui a été ou n’a pas été fait en deux ans par cet élu, mais il avait un programme, il avait la volonté de gérer un département, il s’était donné les moyens d’y parvenir, il y est et doit terminer les travaux entrepris.

Élections du Grand Conseil et du Conseil d’État 2009, le thème de la sécurité est le leitmotiv des partis  Libéral, Radical, PDC , UDC mais surtout du MCG. Les verts bredouillent quelques mots, les socialistes n’en parlent pas.  Pour le Grand Conseil, le MCG passe en nombre au Parlement, ses travaux vont débuter.

Au Conseil d’État, l’on se retrouve avec  sept élu-e-s, mais visiblement plus personne qui  ne veut s’investir et reprendre le département des institutions. La gauche lâche la patate chaude et la remet à la droite en lui rappelant ses sujets de campagne.  Cette même droite se doit donc d’assumer ce département, à l’insu de son plein gré visiblement.

Ma remarque est la suivante. Durant ces campagnes aux élections des deux pouvoirs politiques, l’Exécutif et le Législatif, quel parti avait un véritable programme, tous sujets confondus.

Pour moi aucun. Les débats de ces élections ont été menés autour du sujet de l’insécurité, sur  la nécessité s’instaurer une sécurité affirmée en nos rues, mais après.

Il y a bien eu quelques idées de candidats, mais rarement de véritables programmes de partis, vous l’admettrez  à la lecture qui suit ;

-          La tolérance zéro et l’augmentation des effectifs de la police pour les Libéraux.

-          Décharger les policiers de tâches administratives pour les remettre en rue pour les PDC.

-          Mise en place de la détention administrative pour les Radicaux.

-          Juger, condamner, renvoyer pour l’UDC.

-          Nettoyer la ville en 45 jours des dealers et mendiants pour le MCG.

-          Augmenter les effectifs de la police pour les Verts.

-          Ouvrir les postes de police 24/24 pour les Socialistes.

Mais au-delà de ça ?

Les débats n'ont fait que survoler les problèmes, sans jamais entrer dans le vif du sujet, avec quelques slogans, mais sans les solutions et les moyens à mettre en oeuvre pour les réaliser. C'était totallement insuffisant, et bien souvent, aucune réponse ne venait complêter les questions pertinentes de journalistes aguerris aux combats politiques.

Le véritable problème qui nous occupe donc aujourd’hui,  c’est que personne ne sait par quoi commencer pour réinstaurer la sécurité attendue. Je devine même que certains voudraient rester dans la continuité de la dernière législature, qui a pourtant été décrite et décriée comme un échec cuisant à ce niveau, ce qui est une vérité absolue.  

Les élections 2009 ont donc, plus encore que par le passé, permis d’élire des élus qui ont presque tous dénoncés un problème, mais qui à l’arrivée n’apportent aucun programme réel pour mener à bien les améliorations attendues.

La politique, suisse et cantonale, s’est enlisée depuis quelques années dans ces grands combats d’idées, de slogans mais les doctrines des partis politiques ont disparu, par consensualité, pas conflit d’intérêts, par alliance et du fait des disparitions des identités historiques de ces mouvements politiques. Une véritable crise identitaire, à gauche comme à droite.

Tous les partis traditionnels doivent donc se reconstruire une identité, ou enfin affirmer leurs alliances pour leur donner une âme, mais garder un tel statu quo serait une erreur  pour eux, elle laisserait la place aux partis émergents, populistes ou populaires, qui semblent à l'écoute des électeurs.

Commentaires

Angélisme social de gauche, cynisme économique à droite, et "Le Bon Docteur Eric" à l'extrême-centre vociférant en agitant son élixir miracle, comme un marchand ambulant dans l'Ouest sauvage américain (du genre qui terminait l'épisode avec du goudron et des plumes dans les Lucky Luke mais au moins là c'était drôle aussi parce que ça finissait bien) ...

La droite a repris l'avantage mathématique, mais personne en somme ne se bouscule pour trôner sur ce qui ressemble davantage à une cuvette de wécés saturée qu'à un douillet oreiller de paresse pour l'avenir immédiat (et le futur sera pire).

Comme si chacun s'apercevait soudain que : Putain ! quand même c'est troooop dur la politique quand il y a quelque chose à faire, et ça fait tellement mal à la tête de parfois devoir réfléchir ...

Au sein du jeu des chaises musicales entre élus rétifs à nettoyer la merde (et la leur pour commencer), il y a quand même une réforme essentielle annoncée ce matin dans Le Temps :-)
"Un CONSENSUS se dégage à droite pour que le dicastère du sortant socialiste Laurent Moutinot ne se nomme plus «Institutions»: les MOTS «police» ou «sécurité» doivent apparaître."

Goodbye
Good Luck
Gode bless you
Geneva ...

Écrit par : sYlvidre | 17/11/2009

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