13/11/2009

Genève : folie des grandeurs ou folie des hauteurs ?

Toujours au repos, je regarde donc l’actualité genevoise avec un certain recul. Ce matin, l’on devine une tour de vingt étages aux Trois-Chênes, et une population qui s’offusque de ce projet caché, un par les promoteurs du CEVA et de ses projets connexes, deux par les élus communaux des régions concernées (photo TDG).

Ma première réflexion va directement aux  initiateurs du CEVA, pour leur manque de transparence.  L’on retrouve d’ailleurs ce défaut dans le projet Praille Acacias Vernets (PAV) , dans les Communaux d’Ambilly ainsi que dans la refonte des lignes de tramways.

On doit simplement se demander pour quelles raisons les pouvoirs politiques, cantonaux et communaux ne jouent pas la carte de la transparence, de l’information, de la consultation, pour ces grands projets d’urbanisation et/ou de transport.

Certes, les enjeux financiers, les intérêts commerciaux, voire les conflits d’intérêts, sont énormes et nombreux, mais la population a le droit de connaître avec précision, à travers des informations claires et précises, sans opacité, les coûts de ces desseins économiques et politiques, mais aussi les tenants et les aboutissants  ce cette nouvelle urbanisations des quartiers.  Il ne suffit pas d’agiter la carotte devant l’âne en valorisant la construction de logements, il faut aussi décrire les plans de quartier prévus car la qualité de vie des futurs habitants en découlera irrémédiablement.  

Ma deuxième réflexion rejoint mon titre. Genève, toujours plus grande ou toujours plus haute. Si Mark Muller a réussi à faire passer la loi permettant le rehaussement d’immeubles, ce qui  dans un programme de densification peut paraître judicieux, car modéré, je constate aussi qu’une prolifération de tours est envisagée dans de nombreux projets. Souvenez-vous du projet du quartier de l’ONU et de ses trois tours. Là, ce sont les Trois-Chênes qui se retrouvent avec une tour de vingt étages. Et il y aura encore le PAV.  Je vous rappelle aussi que Le Lignon était un projet de cité suburbaine qui était amené à être multiplié sur le canton, ce qui n'a pas été le cas heureusement.  

Pour la Praille Acacias Vernets, si je peux concevoir que notre ville-canton doit se doter d’un quartier d’affaires, avec quelques tours et un centre économique regroupé, le PAV semble une solution. Pourtant, les communes de Plan-Les- Ouates et de Perly sont deux exemples d’urbanisation économique que je qualifierais de très réussis tout au long de la route de Base, avec des bâtiments modernes mais sans tour.

Les tours ne sont jamais une réussite dans un plan d’urbanisation d’un quartier, surtout s'il vise la croissance de la population.  Sans stigmatiser les habitants des lieux, il est historiquement prouvé qu’une trop grande densification humaine n’est pas un gage de développement harmonieux. Le Lignon et Les Avanchets, par exemple, ont été longtemps des cités hautes où les problèmes y étaient récurrents. Vivre dans une tour, à vocation populaire, est rarement propice au développement de l’enfant, de l’humain. La proximité est remplacée par la densité. La vie de quartier par l’isolement par étage. Même dans les cités d'Onex et de Meyrin, y vivre dans une des tours implantées était un gage de stygmatisation.

Enfin, Genève a un patrimoine. Vue du Salève, comme dirait un autre blogueur, notre ville-canton est encore harmonieuse. Vues du lac, nos rives sont déjà défigurées par des tours qui brisent les courbes naturelles de notre patrimoine immobilier.

Les plans d’urbanisation des quartiers touchés doivent donc véritablement faire l’objet d’une réflexion, à travers le dialogue, les échanges, l’écoute mais aussi la transparence de projets. Avant de prendre trop de hauteur, la déclasification modérée de zones agricoles doit rester la priorité pour Genève.

La qualité de vie économique à Genève se dégrade pour la classe moyenne et inférieure, veillons à ce que la qualité des lieux de vie ne prennent pas la même courbe.

Commentaires

J'ai vécu toute ma jeunesse dans une tour à Onex, jusqu'à mes 25 ans. Et franchement je m'y sentais super bien! Ceci étant surtout dû au fait du très bon voisinage, l'immeuble étant gérée par une coopérative d'habitants. Même chose pour certains amis qui vivent au Lignon ou aux Avenchets! Pour rien au monde, ils voudraient déménager pour le centre ville. D'ailleurs, il parrait que plus l'immeuble des grand, moins il y a proportionnellement de problèmes de voisinages!

Les tours font peur aux genevois, car ils croient y voir des problematiques à la française. Mais cela n'a rien à voir avec la situation genevoise! Les japonnais de New-York adorent vivre dans des haut grat-ciel de cages à lapins. Moralité, les prblèmes viennent de la pupulation y résidant... des problèmes sociaux et non d'architecture! Il faut des logement à Genève et vu la taille du territoire, il est normal de construire en hauteur.

Écrit par : Riro | 13/11/2009

Comique le matou qui se mêle de tout, il bosse de temps en temps ?

Etrange sentiment de me faire rouler dans la farine par ses diatribes …

Écrit par : Grillon | 13/11/2009

Riro ;

Le Lignon a bien changé, certes, mais il aura fallu plus de 15 ans pour en arriver à un lieu de vie agréable et sécurisé, et encore. J'ai aussi des amis qui y vivent. Les appartements y sont grands et fonctionnels, tout comme aux Avanchets, pour des loyers qui étaient respectables, mais je vous parle là du cadre de vie. Un plan de quartier doit aussi présenter les projets connexes, crèches, écoles, commerces, maison de quartier, terrains de sports, verdure, etc.. C'est cette transparence que je demande, car sinon ces lieux à forte densification ne représenteront pas des quartiers à vivre, mais une cité dortoire, ce qu'il faut éviter.

Grillon ;

Je ne vois aucune diatribe en mes textes, le mot est inadapté au contenu il me semble, et enfin, je ne me mêle pas de tout, je suis participatif à la vie genevoise.
Je suppose que si j'étais un élu ou un journaliste, mes propos ne choqueraient personne, donc .. Et enfin, pour éviter la farine, cessez de me lire, moi le pâtissier confiseur de métier ..

Écrit par : Minet | 13/11/2009

Cher monsieur, retournez à vos pétrins, la vie genevoise s'en portera mieux ...

Écrit par : Grillon | 13/11/2009

Grillon ; Genève étant partiellement dans le pétrin, je crois que je suis à ma place .. ne vous en déplaise.

Droits politiques et liberté d'expression, deux éléments fondamentaux que ne doivent pas connaître les grillons, ces orthoptères qui émettent un bruit très caractéristique, que l'on aime, ou pas !

Écrit par : Minet | 13/11/2009

Minet, j'ai toujours du plaisir à lire votre blog. Mais sur la question des tours, je me dois d'exprimer mon désaccord!

"il est historiquement prouvé qu’une trop grande densification humaine n’est pas un gage de développement harmonieux. Le Lignon et Les Avanchets, par exemple, ont été longtemps des cités hautes où les problèmes y étaient récurrents. Vivre dans une tour, à vocation populaire, est rarement propice au développement de l’enfant, de l’humain. La proximité est remplacée par la densité. La vie de quartier par l’isolement par étage. Même dans les cités d'Onex et de Meyrin, y vivre dans une des tours implantées était un gage de stygmatisation."

"Hiostoriquement prouvé..."... ah oui? où et par qui? Pour moi, le problème n'est pas tellement la "tour", mais plutôt qui y habite ou qui on a voulu mettre dedans (cas sociaux ou autres), sans l'avis des autres habitants. Des belles tours existent à Tokyo, Shanghai, Dubai, Singapour, Sao Paulo, Hong Kong, Bombay...(allez-y pour voir) bien entretenues, souvent entourées de parcs (car de moindre prise au sol pour un nombre de logements égaux, elles laissent plus de place pour les espaces verts), parfois mêmes luxueuses. Une "tour" n'est donc pas automatiquement synonyme de "cité" des banlieues françaises (on regarde trop la TV française à Genève...!!!). Je ne connais pas les Avanchets, mais contrairement à ce que vous insinuez, les habitants du Lignon nous disent que la vie y est agréable. J'ai passé une partie de mon adolescence dans un "immeuble barre" à Meyin et en garde un bon souvenir. Je vis actuellement au 16e étage d'un immeuble d'appartements à Thônex et préside d'ailleurs l'association de quartier comprenant les habitants des 420 appartements. Je peux vous affirmer que la vie y est certainement agréable et conviviale (www.residence-apollo.ch). Quant à la tour de Chêne-Bourg, pourquoi fait-elle si peur? Cessons d'émettre des propos infondés et mal informés sur les tours et leurs habitants! Vive les tours!

Écrit par : Ashwani Singh | 27/11/2009

(PS: j'aurais bien sûr dû ajouter New York dans la liste des villes avec immeubles tours de qualité, mais on pourrais en ajouter beaucoup d'autres; et dire pour la petite histoire que mon immeuble figure sur la photo de l'agglomération urbaine des Trois-Chênes au haut de la page ;-)))

Écrit par : Ashwani Singh | 27/11/2009

De toutes façons, la canton de Genève étant si petit et exigüe, que la seule solution pour loger les habitants sera des tours !!!!! Genève sera bientôt un canton-ville ! Elle l'est déjà par tous les aménagements qui ont été construits (rotondes et trottoirs en campagne...etc etc...). La campagne (le peut qu'il en reste) sera que des espaces de verts entourés de béton. Faut plus rêver !.....
Les genevois auraient dû mieux réfléchir en 1815 (alors que l'on leurs proposaient des frontières élargies aux sommets du Jura et du Salève !!!)!!!!!!........... On paie maintenant les erreurs du passé.............. !
Genève étouffe de ses bêtises......

Écrit par : coucou | 27/11/2009

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