19/10/2009

Bilan du DI vu par un journaliste. Bilan du DI vu par un policier !

BILAN | Retour sur la législature 2005-2009.

Bilan du DI selon la TDG de ce jour.

Sécurité: pas assez, trop tard
Reprenant un département en capilotade, le socialiste Laurent Moutinot a posé les bases d’une réforme de fond de la police, qui en a bien besoin, et d’investissements lourds dans les prisons. Il est vrai que les statistiques du nombre de délits révèlent que l’insécurité a augmenté.

Genève attend de lui des réformes et une reprise en main. Mais il lui faut trouver au préalable un nouveau chef des forces de l’ordre. Il faudra six mois pour dénicher la perle rare: Monica Bonfanti. Outre que la dame a été assez rapidement malmenée par certains syndicalistes, la préparation de l’Euro 2008 a également repoussé l’avancée des projets.

Prison, police, justice

Ce n’est donc que cette année que les dossiers sont arrivés à maturité et ont pu être présentés. Et ils ne touchent pas que la police. C’est en réalité un véritable feu d’artifice qui est tiré en cette fin de législature.

Dès février, le conseiller d’Etat avait annoncé que ­Genève devait construire une nouvelle prison. En septembre, un programme plus complet est déposé, quelques jours après la présentation d’une vaste réforme de la police (horaires, rémunération, organisation). Ce train-là est donc lancé, et bien lancé.

Parallèlement, une transformation fondamentale de l’organisation et des organes de la justice a été menée pour l’adapter au nouveau droit fédéral. Moins connu du grand public – à l’exception de l’épisode de la suppression du jury populaire – cet énorme chantier a été mené par son département et la Commission Justice 2011 du Grand Conseil. Pas si mal pour quel’un qui est accusé de se tourner les pouces.

Eric Budry

Alors que les élections au Conseil d'Etat approchent, un journaliste tire le bilan de Laurent Moutinot, nous nous devons de tirer un autre bilan du DI.

 

Tout a commencé au soir du 13 novembre 2005, avec les résultats de l’élection du Conseil d’Etat. Laurent Moutinot est le moins bien élu, avec seulement 43'928 voix. On a déjà tous compris qu’il va se retrouver avec le département maudit sur les bras, le DJPS.

La première décision de cet homme, qui sort de deux mandats comme conseiller d’Etat à la tête du DAEL, avec la réputation « il n’a rien fait durant huit ans », sera de changer le nom de notre département.

Le Département des Institutions est né. Qui sait pourquoi, on se pose encore la question aujourd’hui ? Est-ce le fait que les initiales PS soient associées à la police et la justice, voire à la sécurité ?

Un coup de tête qui va coûter une certaine somme à l’Etat, pour refaire tous les logos et les entêtes. Mais en 2005, on ne compte pas encore, on prépare le plan quadriennal.

A son arrivée, deux chantiers attendaient officiellement ce socialiste. Trouver un/une Cheffe de la Police, car depuis dix ans c’est la bérézina à ce niveau, et modifier les statuts de la Caisse de Pension des fonctionnaires de police et gardiens de prison, suite aux différentes décisions LPP, notamment une modification de l’âge de la retraite. L’OFAS a d’ailleurs prévu une période de transition de 5 ans, valable au premier janvier 2006, pour que les cantons, et les caisses de pension, puissent se réorganiser en douceur.

Acte I

Les affaires Devegney Alain et Chevalier Mario.

Pour sa première mission, il trouve la perle rare, et nomme Monica Bonfanti Cheffe de la Police. Rapidement, il y aura l’affaire Devegney, un syndicaliste au verbe acidulé, qui se réglera "à l’amiable", puis l’affaire Chevalier, un Chef de la PJ que certains ont voulu décapiter. Cette histoire n’est pas terminée, le Tribunal administratif vient de recevoir, sur ordre du TF, l’audit de Bernard Ziegler, commandé par Laurent Moutinot, et qui avait permis la destitution de Mario Chevalier. Cette affaire va ressortir dans les semaines à venir, la vérité aussi. Alors que les sanctions disciplinaires sont modifiées à l’Etat, touchant ainsi au statut décrié du fonctionnaire, Laurent Moutinot veut instaurer une IGS digne de ce nom. A ce jour, les derniers coups de pinceaux sont donnés dans les locaux qui abriteront enfin cette entité. Il aura fallu 3 ans pour en arriver là, pourtant sans aucune contestation majeure des syndicats de police sur ce sujet. Il faut dire qu’en 4 ans, la plupart des décisions, issues d’enquêtes administratives menées par le DI à l’encontre de policiers, ont été cassées par le Tribunal Administratif. A se demander si les personnes à la tête du DI connaissent les lois et les procédures.

Acte II

Révision des statuts de la Caisse de Pension, liée à la LPP.

Pour sa deuxième mission, Laurent Moutinot va tutoyer en 2006 le sujet de l’âge de la retraite en commission paritaire, réunions que nous qualifierons bien vite de "salon de thé", en arrivant avec une très grande idée, la fusion entre la PSI et la Gendarmerie. On se demande encore aujourd’hui pour quelles plus-values. Il va se voir opposer un « niet » ferme des syndicats et de la hiérarchie sur cette fusion, mais les éléments touchant la LPP ne seront jamais abordés. Cet homme politique est donc resté fidèle à lui-même. Il a laissé pourrir la situation 4 ans pour, il y a un mois, sortir un projet de loi surprise en sa fin de mandat, trahissant ainsi les négociations en cours avec les syndicats de police sur la Réorganisation de la Police. Le projet de loi déposé, ainsi que ses règlements d’application, sont les pires écrits législatifs qu’il m’ait été donné à lire en 4 ans. Aucune teneur, aucune logique, on casse la police sans reconstruire, on traite ce personnel comme du bétail, sans égard, sans la reconnaissance attendue à travers les négociations et la très grande ouverture d’esprit des syndicats de police. Ce projet de loi ne peut pas être la pierre d’achoppement de la Réorganisation de la Police, c’est impossible, l’édifice s’écroulerait irrémédiablement. La nouvelle législature qui arrive devra prendre se sujet en primauté pour trouver la solution.

Acte III

La Réorganisation de la Police. 

Genève a eu les yeux plus gros que le ventre pour l’Euro 2008. Construction d’un stade qui va rester vide longtemps encore, 3 Fan Zone et des installations démesurées pour l’évènement, même si la plaine de Plainpalais a été une réussite, et enfin des coûts pour la sécurité qui avaient été minimisés, notamment sur l’engagement sur le terrain des policiers genevois, et des heures supplémentaires exigées. Arrive une facture de 12 millions, la gronde de la Commission des Finances et un règlement de comptes politique qui commence. D’un côté la droite et Pierre Weiss, de l’autre la gauche et Laurent Moutinot. Au centre, la police. Le résultat de ce match où les animosités personnelles apparaissent clairement, c’est un rapport de la Cour de Compte et un second de M. Annoni. Des critiques sur l’organisation de la police, sur la difficulté d’énoncer les prestations octroyées aux policiers, sur les disparités entre services, sur la gestion du personnel, sur le manque de bases légales ou la confusion de celles-ci.

Dans l’urgence, fin mai 2008, la Réorganisation de la Police est mise en route par Laurent Moutinot. Les syndicats de police sont associés à la démarche, mais le Président du DI veut aller vite, très vite, pour en terminer avant la fin de son mandat. Il faudrait donc réaliser en 4 mois ce qu’il n’a pas été capable de faire en 4 ans. Juste impossible, tout le monde le sait, tout le monde le dit, même la hiérarchie. Alors, pour passer outre, Laurent Moutinot dicte sa loi et présente un tableau sur ladite réorganisation. A sa lecture, on comprend qu’il v a falloir deux ou trois ans pour tout mettre en œuvre. Que nenni, c’est dans cette précipitation que le Secrétaire Général du DI va organiser des groupes de travail durant tout l’été. Pour les représentants du personnel, ce sont des heures passées à trouver des solutions, à argumenter, à expliquer notre métier, à proposer, à démontrer les inepties tout en restant constructif. Des représentants de la Direction de la Police seront aussi présents, mais sans mandat de leur patronne, sans aucune idée de la volonté des états majors, sans doctrine car personne n’a été consulté par le DI. Au résultat, un rapport rendu par Bernard Gut, dans lequel les propositions des syndicats sont énoncées sous la rubrique « Oppositions / Positions divergentes», tout un programme. L’UPCP rédige alors un document de 6 pages intitulé « point de vue de l’UPCP », qui sera remis à MM Hiler et Moutinot, en vain. Alors que le rapport sur la réorganisation de la police devait être présenté au Conseil d’Etat, c’est un projet de loi qui apparaît. En première lecture on ne peut que se rendre compte que ce document officiel a été rédigé dans l’urgence. Il comporte de nombreuses erreurs et des contradictions législatives importantes. Tout y est mélangé, survolé, de la police scientifique aux services des RH, des indemnités aux horaires, des heures supplémentaires à l’organisation des services, faisant fi de l’opérationnel. Pire encore, alors qu’il y a deux mois Laurent Moutinot nous affirmait que l’on parlerait de la problématique de l’âge de la retraite après la réorganisation, un article de loi vient crucifier les discussions, voire les négociations attendues. Une trahison qui, avec le recul, ne nous étonne pas de l’homme qui est à la tête de nos Institutions. Un jour, un homme célèbre a dit "La lâcheté est l’arme des faibles et des sans courage". A trop ignorer les véritables problèmes, à les repousser aux calendes grecques, Laurent Moutinot n’a pas su prendre ses responsabilités d’homme d’Etat. Il a agit comme un petit chef de service, sans envergure, sans courage, sans idée, sans  vision d’avenir pour ceux qui resteront après son départ et surtout avec une hostilité manifeste contre la police.

Mais au lieu de reconnaître son erreur et de retirer ce Projet de Loi raté, le Conseil d’Etat , qui s'est fait manipuler par Laurent Moutinot, persiste dans son erreur et ce PL se trouve maintenant auprès de la commission judiciaire et de police. La commission des finances voudra probablement y mette son nez, ce qui me paraît normal. Si les députés qui siègent actuellement sur ces bancs font preuve de lucidité, l’évidence du travail bâclé apparaitra et la copie sera renvoyée au Conseil d’Etat pour réécriture. Nous policiers sommes prêts pour celle-ci, avec la volonté de construire trois projets de loi, sur trois ans, avec un échéancier et des possibilités d’organiser la police du 21èmesiècle, avec la concertation des chefs de service, des syndicats, des partis politiques, de la commission des finances, de la commission judiciaire et de la police, de la commission ad hoc Justice 2011.

Acte IV

Le Bilan de Laurent Moutinot et du DI.

Bilan du président du DI. Si des conférences internationales ont bien été présidées par Laurent Moutinot, notamment sur les droits humains, il m’est difficile de ne pas peindre que le diable sur la muraille. Mis à part l’installation de caméras dans les postes de police, l’interdiction de manifestation Anti-Wef du 31 janvier de cette année et d’une nouvelle loi sur la prostitution, je ne vois pas ce que je peux ressortir de bon dans la législature de Laurent Moutinot. Même ses actes où ses choix sont discutables.

-       Mise en place d’un seul uniforme entre la gendarmerie et la police de sécurité internationale, sans changer les statuts de ces deux entités, c’est faire croire à la population qu’il y a plus de policiers unfiormés en rue, ce qui est faux.

-       Nouvelle Loi et dénomination pour les ASM. Ils seront agents de Police municipaux, sans brevet de policier, sans prérogative judiciaire nouvelle, sans même avoir la possibilité de finir les tâches de police commencées, la gendarmerie devant bien souvent reprendre le flambeau. Seul point positif, ces collaborateurs bénéficient enfin d’un équipement et d’une dénomination qui leur permet de se défendre en qualité de fonctionnaire d’autorité. La frilosité politique et la chasse-gardée des communes sont encore un frein à la restructuration des services de police.

-      La problématique des mendiants a été une véritable cacophonie dans sa gestion législative et humaine. La police s’est retrouvée sous les feux de la rampe du fait de l’incompétence de nos décideurs.

-       La criminalité a explosé en 4 ans à Genève. Le pouvoir judiciaire s’est engorgé avec des procédures trop longues, par manque de moyens, et ce n’est pas Justice 2011 qui va arranger les choses. Trop occupé à retrancher la responsabilité des problèmes sur le Procureur Général, Laurent Moutinot a alimenté un conflit de personne, encore un, en lieu et place de traiter les problèmes policiers et de sécurité. Trop tourné vers la Genève Internationales et le socialement et politiquement correct, le Président du DI ne nous a pas donné les moyens de lutter contre cette criminalité. Pour certains délits le problème est localisé, la solution aussi, mais la non-entrée en matière au sujet de la détention administrative est la preuve de l’inertie du DI.

-       La gestion de l’Euro 2008 a été une catastrophe pour notre département, pas au niveau sécuritaire, mais organisationnel et politique. On a voulu faire beaucoup avec peu de moyen.

-       Enfin, il est temps de se demander où se trouve la plus-value pour la sécurité des genevois dans la Réorganisation de la Police bâclée et proposée dans l’urgence. Il n’y en a pas, l’intérêt de l’opérationnel et du service au citoyen sont  passés au second plan. A trop vouloir casser la « Grande Maison » et ses statuts, Laurent Moutinot en a oublié de trouver des solutions pour que Genève redevienne une ville où l’on doit se sentir en sécurité. Il n’y a plus de policiers en rue, là est le véritable problème, et ce n’est à nouveau pas Justice 2011 qui va améliorer les choses. Il est urgent que les priorités de la police soient revisitées, avec des moyens nouveaux et une volonté politique affirmée.

-    Pour la prison, la constuction de la Brenaz était devenue une urgence, Curabillis une évidence. Pour le reste, comme à la police, il laisse de "grands" projets, sans budget, sans garantie, que d'autres qui suivront devront reprendre en mains.

Acte V

Véronique Pürro, la solution du parti socialiste pour perdurer dans l’errance.

En prenant connaissance de la candidature de Véronique Pürro, à qui tout le monde destinait le DI, un énorme doute nous avait déjà envahit. Veut-on juste transformer la police en service social de l’Etat ? Rien dans le parcours de cette personnalité politique ne laisse présager une carrure suffisante pour tenir les reines de notre département. Elle est favorable à la dépénalisation du cannabis, je vous le rappelle. De, plus, nous sortons d’une législature de gauche, avec un socialiste aux commandes, et son bilan est catastrophique. Et ce ne sont pas les propos tenus par la candidate socialiste qui vont nous rassurer, bien au contraire. Elle a probablement toutes les capacités pour entrer au Conseil d'Etat, mais le DSE lui irait probablement comme un gant.

Avec un parti incapable de déposer une initiative pour le droit de vote des étrangers, mais qui veut des étrangers dans les rangs de la police pour y faire appliquer des lois pour lesquels ces employés n’auraient pas le droit de regard ; avec une députation genevoise qui ne veut plus de Députés policiers, supprimant ainsi sans raison un droit démocratique constitutionnel ; avec un refus net d’augmenter les possibilités de détentions administratives ; avec une grande idée de simplifier le traitement des dossier, alors que le nouveau CPP va avoir l’effet inverse assurément ; avec le développement du travail d’intérêt général pour les délinquants mineurs, donc aucun signe fort politique pour endiguer la criminalité de rue ; nous n’y voyons aucune solution pour améliorer la situation critique dans laquelle Genève se trouve. On peut se tromper, mais nous avons des doutes.

Il faudra tourner la page au soir du 15 novembre, et mettre toutes les cartes sur table pour avancer ! 

 

Le Conseil d’Etat a fait son boulot. Mais les chantiers restent ouverts

Commentaires

En gros vous voulez quoi pour notre police Mr. Minet? Le retour de M. Ramseyer?
Ce débat sur la sécurité entre des politiques largués, des flics révoltés contre leur hiérachie et une vermine courant nos rues toujours plus importante me lasse. Balancez-nous un billet avec une dizaine de propositions, on y verra plus clair. Merci.

Écrit par : Riro | 19/10/2009

ERIC STAUFFER AU D.J.P.S.

UN VRAIS HOMME DE GOUVERNEMENT QUI SERA ETRE UN VRAIS PATRON POUR LA POLICE GENEVOISE.

VOTEZ LA LISTE N° 1

Écrit par : justice | 19/10/2009

@justice : ce serait mieux si vous l'aviez écrit ainsi "un vrai homme de gouvernement qui saura être un vrai patron pour la police genevoise".
On espère que l'orthographe de M. Stauffer soit plus sûre que la vôtre pour passer ses ordres, s'il atteint la haute marche que vous lui voulez !

Écrit par : Saladine | 19/10/2009

Rico, extraits du blog du 7 octobre 2009 http://minet.blog.tdg.ch/archive/2009/10/07/candidat-virtuel-le-programme-de-walter-schlechten.html
intitulé ;
Candidat virtuel, le programme de Walter Schlechten.

Si j’étais candidat à l’élection de dimanche, vous pourriez vous attendre à lire ceci sur mon blog virtuel : Schlechten-Elections.blog.tdg.ch

L’insécurité :

Dans un premier temps, il faut un message politique fort, pour une doctrine claire et ferme sur Genève, afin d’endiguer le flot croissant du tourisme criminel. Ensuite, il faut, avec tous les acteurs de la sécurité et de la prévention, déterminer le cahier des charges de chacun, leurs fonctions, leurs objectifs, afin d’éviter la dispersion des moyens et l’incohérence dans l’occupation du terrain.

Dans le cadre de Justice 2011, il nous faut profiter de cet énorme changement législatif pour restructurer les cahiers des charges des personnels administratifs de la police, libérant ainsi partiellement de cette mission les policiers. La police unique n’est pas une nécessité à Genève, nous pouvons très bien fonctionner comme Zürich, qui dispose de trois corps distincts mais complémentaires. Genève, avec ses gendarmes, ses inspecteurs, ses agent de la police internationale et les agents de polices municipales a tous les éléments en main pour reprendre possession du terrain, à travers la présence en rue, la dissuasion, la répression, l’îlotage, la sécurité publique.

Le pouvoir judiciaire doit aussi obtenir les moyens utiles à son bon fonctionnement, pour Justice 2011 et pour qu’enfin les procédures soient traitée dans des délais adéquats. Les durées de détentions préventives seraient ainsi raccourcies et le « turnover des détenus » possible à Champ-Dollon et dans ses annexes prévues lors de cette législature.

Écrit par : Minet | 19/10/2009

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