15/09/2009

La danse du scalp est terminée, ou comment la police genevoise a-t-elle été trahie par le "chef" de la tribu.

 

Depuis de nombreuses années, rien ne bougeait au DI. Cette dernière législature, quelques aménagements ont bien été effectués, comme les caméras dans les postes de police, un « rapprochement » vestimentaire entre la PSI et la Gendarmerie, un autre avec la "Police" municipale, l’inauguration d’un nouveau poste à Lancy-Onex, un peu de ménage dans les hautes sphères, mais peu ou prou de grandes idées étaient en route sur le chemin de la réorganisation de l’Institution. Une danse du scalp qui aura duré trois ans, trente-six mois de tergiversations, sans courage, sans vision d’avenir, sans se rendre compte que le pire est à venir.   

 

Et puis, il y a six mois, est arrivé le temps des moissons, et là peu de grains à récolter. Alors, comme pour rattraper le temps perdu, une dernière semence est intervenue, sans respecter les délais et avec une grande précipitation, ce qui n’a jamais été bon pour les cultures entreprises.

 

Au résultat, un énorme sac de grains, mais qui n’ont pas germé et que l’on veut nous faire avaler. Un PL qui voudrait, en trois mois, restructurer trois ans de récoltes gâchées et perdues. Aucun homme qui connaît la terre ne se permettrait une telle audace, car à trop aller contre nature, on détruit des années d’entretient des terrains apprivoisés. Par le passé, il y avait déjà eu la politique de la terre brûlée, mais là c’est pire encore.

 

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Comment une centaine d’hommes et de femmes vont pouvoir acheter ce sac de grains avariés pour sa population, embryons d’une culture des institutions qui ne pourront plus servir à ensemencer un champ nouveau et à nourrir sécuritairement le peuple.

 

C’est trahir le peuple que de lui vendre un produit périssable. C’est trahir les ouvriers que de rendre périssable leur gagne-pain !    

 

Et pendant ce temps, le reste des champs, des cultures, sont irrémédiablement attaqués par une invasion de sauterelles, prédateur premier de l’insécurité d’une récolte. L'heure du bilan et des moissons approche, et là nombreux sont ceux qui vont crier misère de ne pas avoir écouté les hommes qui travaillent la terre. 

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Donnez-nous le respect qui nous est dû, écoutez les professionnels du métier et tout ira mieux. Certains avaient notre confiance, il va falloir la gagner une nouvelle fois, car rien n'est pire que la trahison.

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Post lucem tenebrae.

Commentaires

Mon cher Minet,

tu parles agriculture à des gens qui ne savent même pas ce qu'est la terre... à des gens dont la manucure est parfaite... à des gens qui n'ont jamais travaillé la nuit... jamais les jours fériés... dont leur fille n'a jamais dit : "j'épouserai jamais un flic, c'est jamais à la maison".

Je salue ton combat, mais est-ce vraiment à armes égales ? Comment trouver la force de se battre, alors qu'on a juste ce qu'il faut d'énergie pour aller travailler.

Je te remercie pour ton combat, mais je dois admettre que c'est dur d'expliquer aux autres ce que le quotidien d'un flic est fait... cette misère que l'on rencontre, à laquelle on donne notre humanité...

J'aurais tant de choses à dire, mais qui pour les comprendre...
On est réduit à des numéros matricules, à des NAV13 comme les autres...
La trahison est une nouvelle souffrance pour tout ceux qui sont fiers de ce qu'ils font.

Les "merci" des gens qu'on croisent ne sont pas comptabilisés, ils sont pourtant bien plus nombreux que les critiques.

Je dois reconnaître que le salaire d'un flic est au dessus de la moyenne nationale, mais je ne pense pas que cela soit volé... mais là encore qui peut le comprendre...

Je suis déçue par la façon dont est traité le policier.. des commentaires débiles.. ça m'énerve... pire encore, je suis blessée dans mon âme de policier, dévoué, attentif..

Bref, je vais me battre aussi pour que ce qui m'a été promis (les 30 ans notamment) ne soit pas bafoué, mais je t'avoue que le coeur n'y est plus... trop c'est trop....

Écrit par : sorciere1067 | 15/09/2009

Moi non plus le coeur n'y est plus sorcière1067,

Plus envie de me lever le matin, plus envie d'enfiler cet uniforme, plus envie de travailler à Genève, plus envie de respecter un serment déposé sur les saintes écritures il y a 21 ans, plus envie de faire confiance à nos employeurs, plus envie de faire confiance à la hiérarchie, plus envie de gâcher ma vie personnelle et familiale, ma santé, pour ce canton qui n'a pas, qui n'a plus de saines valeurs. Nous sommes les derniers garants de celles-ci, mais là ..

La seule chose qu'il me reste, c'est ce besoin d'être au service des citoyens, de lutter contre la criminalité et de me battre pour mon métiers et les gens magnifiques qui y consacrent 34 ans de leur vie à cette profession.

Nous sommes des gens d'armes, mais comme tout corps militaire, la trahison est la pire des fautes.

Demain je vais continuer, mais après demain je vais choisir, rester ou partir, comme tant d'autres vont le faire !

Mais avant ça, notre colère grondera dans nos rues, car avant de tout quitter, nous dirons toutes les vérités aux genevois, plus de secret de fonction, plus de droit de réserve avec un serment de l'Etat brisé.

Post Lux Tenebras ...

Écrit par : Minet | 15/09/2009

T'es virulent Minet, moi j'ai pas cette pas ou plus cette force... j'ai fait des choix de vie en rapport avec ces 30 ans de service qui me paraissaient acquis et je réalise douloureusement que les données sont maintenant tronquées.
Je suis un peu négative ce soir.. mais je compte bien retrouver un peu d'espoir...

Écrit par : sorciere1067 | 15/09/2009

"un serment déposé sur les saintes écritures"

Ah bon! Je croyais notre république laïque...


"la trahison est la pire des fautes."

Des noms! Des noms!


"nous dirons toutes les vérités aux genevois,"

Bravo! Vous avez mon total soutien.


"Post Lux Tenebras ..."

Petite correction:
Post lucem tenebrae.

Écrit par : Johann | 15/09/2009

L'espoir je l'avais avant, quand j'espérais trouver en face de nous de gens d'honneur, mais les réalités sont toutes autres ..

Là c'est de la révolte et une détermination sans fin qui me fait avancer, il n'y a plus de place pour l'espoir, ni chez moi, ni pour nos ennemis.

Merci pour la correction, 3 ans de scientifique et pas un mot de latin ..

Pour nous : Post tenebras lux
Pour nos adversaires : Post lucem tenebrae

Écrit par : Minet | 16/09/2009

Peut-être que c'est parce que je ne suis pas de la maison. Mais je n'ai rien compris à votre métaphore agricole...

Je ne sais pas pourquoi c'est démoralisant d'être policier. Mais je sais pourquoi je n'ai aucune confiance en vous sauf si c'est moi qui vous appelle pour un problème (dans ce cas, il me semble que j'ai le plus souvent affaire à des gens humains et compétents voir même sympathiques) :
- vous faites le travail de chiens de garde du capital, toujours prêts à protéger vaillamment les biens des plus riches mais jamais là pour lutter contre les injustices des plus faibles
- vous avez dans vos rangs un certain nombre de sadiques toujours réjouis à l'idée de se défouler sur des manifestants
- vous avez dans vos rangs quelques ripou qui s'en mettent discrètement dans les poches à chaque occasion
- vous jouissez d'une certaine impunité qui vous permet d'abuser de votre force sur des gens sans défense sans trop risquer de poursuites ("anonymat", solidarité, complicité du procureur pour déposer des contre-plaintes etc.)
- vous vous cachez derrière l'anonymat que vous confère votre uniforme non immatriculé

J'en oublie surement. Tout ça nourrit la méfiance dans la population et vous en éloigne toujours davantage. C'est peut-être ce qui est si pénible pour vous qui êtes sensé la protéger.

Écrit par : linario | 16/09/2009

Je sens de fléchissement dans tes convictions de lutte Minet. C'est exact? Est-ce que pour toi la guerre est perdue d'avance?
Moi je reste persuadé et déterminé que face à une attaque forte, il faut y opposé une force plus forte encore!
Nous avons un bras de levier énorme en tant que policiers! Nous DEVONS l'utiliser aujourd'hui, car c'est l'histoire de la gendarmerie qui est en train de se jouer!
Nous ne sommes pas en train de nous battre pour une prime ou une meilleure reconnaissance… Ce coup-ci nous DEVONS nous battre car ce sont les fondements même de l’attrait de la gendarmerie genevoise qui sont attaqués!

WAX911

Écrit par : Wax911 | 22/09/2009

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