14/05/2009

PL 10120, drôle de numéro

A lire la presse de ce matin, une nouvelle polémique est née à Genève au sujet du projet de loi PL 10120. Et pourtant, nous relevons qu'aucune polémique n'existe et que bien au contraire, la démocratie a été respectée dans cette procédure.

Des députés ont déposé ce PL le 20 septembre 2007. La Commission Judiciaire et de la Police a été saisie de celui-ci et trois séances lui ont été consacrées entre le 6 mars et le 10 avril 2008. Votre serviteur a été auditionné par nos députés. Vous trouverez ses déclarations, ainsi que le rapport de synthèse de la Commission Judiciaire et de la Police déposé le 15 août 2008. http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/PL10120A.pdf

A travers ce document, nous pouvons remarquer que le rapport de majorité a tenu compte des remarques de chacun, mais plus encore qu'il propose un amendement, à savoir « Sur demande, les fonctionnaires indiquent leur numéro de matricule ». Cette idée, qui a été émise par l’UPCP lors de l’audition susmentionnée, a pour but de donner un droit constitutionnel de plus aux citoyens, et une obligation au policier. A la différence du PL initial, cette modification permet de porter dans la loi un mode de faire qui n’était régi que par un ordre de service. De plus, elle ne représente pas une contrainte pour le policier, mais elle l’oblige légallement à respecter ses devoirs dans le cadre de sa fonction. Le fait de donner un droit supplémentaire au citoyen qui se trouve en face d’un policier est aussi très important, et ce n’est pas l’Observatoire des Pratiques Policières (OPP) qui va pouvoir me dire le contraire sur ce thème.

Pour quelles raisons les policiers ne sont pas favorables à une numérotation.

chiffres.jpgPremièrement, à travers le PL initial, les partisans cherchaient à améliorer la police de proximité, les relations de confiance entre les citoyens et la police. Une identification visuelle, à travers un numéro totalement inhumain, n’est pas pour nous une bonne solution dans le cadre du rapprochement voulu. A travers notre proposition, nous créons le dialogue entre les parties en cause, nous nourrissons un échange verbal qui se devrait d’être le fil rouge de la police de proximité. Il est très important que ce dialogue puisse se produire au moment des faits, il désamorce les conflits et permet d’apporter rapidement des explications et/ou de répondre aux questions posées. De plus, au moment où le policier remettra son matricule, au moyen d’une carte de visite je l’espère, comme le font nos îlotiers, la confiance sera de mise dans cet échange.

Deuxièmement, il est important de relever qu’en Romandie seule la police municipale de Lausanne est pourvue d’un matricule sur son uniforme. Les gendarmeries des polices cantonales ne sont pas assujetties à cette obligation. Il nous parait évident que pour les cantons latins, une numérotation du personnel est avilissante. Cette pratique n’est pas humainement bien ressentie, ce qui n’est probablement pas le cas Outre-Sarine. Le port d’un grade écrit serait bien plus apprécié. Il valorise l’Autorité et donne immédiatement une indication importante à l’interlocuteur sur la qualité du policier, information bien moins impersonnelle qu’un numéro.

Troisièmement, j’ai du mal à comprendre l’acharnement de l’OPP contre la police genevoise. Si nous savons tous que cet observatoire n’est pas impartial, il suffit de se rendre sur son site pour y lire la documentation proposée, notamment les deux plaintes pré écrites à l’intention du Procureur Général, missives qui vulgarisent et généralisent les événements, ne laissant pas de place à la déclaration naturelle de la victime. Nous nous devons de relever qu’aucun cas de non-identification d’un policier lors d’une procédure n’est avéré à Genève. Il suffit de lire l’audition du Commissaire à la déontologie dans le document annexé pour en être convaincu, cet homme n’étant pas policier et étant sous la responsabilité de la Cheffe de la Police, dont l’intransigeance n’est plus à démontrer. Ce qui me choque, c’est qu’à travers ses accusations répétitives, l’OPP discrédite gratuitement la police genevoise. A ce jour, je n’ai encore jamais lu un rapport annuel de cet observatoire, avec des faits, des événements précis, des procédures irréalisées, qui donneraient corps à ses allégations.

La crédibilité passe aussi par la sincérité des paroles et des écrits. Elle passe également par le dialogue, comme lors de l’étude du PL 10120, où les personnes auditées ont été écoutées, tout comme leurs propositions. La conférence de presse des dépositaires de ce PL de hier matin n’était pas judicieuse car un compromis intelligent avait été trouvé. Là, la police genevoise est une nouvelle fois attaquée et l’UPCP doit réagir pour démontrer la bonne foi des policiers, mais il n'y a aucune polémique, juste un dialogue.

11/05/2009

Genève à Chaud, débat citoyen et sécurité des genevois, ou l’autosatisfaction naïve après l’échec d’une législature.

Genève à chaud.jpgCe soir, alors que je terminais de manger, un sms m’invitait à regarder la rediffusion de Genève à Chaud, pour un débat sur la sécurité. En arrivant dans mon nid douillet, je me suis précipité sur le net pour regarder cette émission. Monsieur Pascal, Grand Maître de cérémonie, les babines humides de satisfaction et les yeux brillants d’accueillir quelques noms de la politique genevoise, se gargarisait déjà de ce débat.

 

En premier, nous avons vu, et surtout entendu, M. Moutinot, Président du Département des Institutions. Ce socialiste est, depuis quatre semaines, le grand réformateur de la police genevoise, alors que son mandat de quatre ans touche à sa fin. Cet homme, qui vient de pondre un tableau irréaliste, au nom du Conseil d’Etat, sur la réorganisation de la police, avec comme mandat ordonné de le mettre en œuvre pour le 30 juin 2009 avec les travaux nécessaires, vient se pavaner au sujet d’une opération que nous attendions depuis plus de deux ans, à savoir réinstaurer les droits et les libertés de chacun dans les Pâquis, et à Genève, en harcelant les vendeurs de drogue d’Afrique de l’est notamment. 

 

Ce qui est surprenant dans cette action politique et policière, c’est que pendant que certaines hiérarchies de la police, du DF et du DI palabrent avec les syndicats de police pour trouver des solutions afin de diminuer les heures supplémentaires de nos agents, heures controversées naïvement par tous nos politiques et le rapport de la Cour des Comptes, de grandes opérations sont depuis menées pour lutter contre les dealers, les voleurs, les brigands et les cambrioleurs. Et ces interventions de police d’envergure nécessitent un engagement important en personnel, entraînant ainsi la création de ses fameuses heures supplémentaires, que là personne n’attaque.

 

moumou.jpgLe Président du DI démontre ainsi que les rapports présentés par les auditeurs, documents dont la qualité et la crédibilité avaient été contestées immédiatement par les syndicats de police, ne reflètent pas les réalités du terrain qui elles attestent que le manque d’effectif dans cette institution est une véritable plaie à la police et surtout la cause de la création d’heures supplémentaires, toujours justifiées par la lutte quotidienne contre la petite et moyenne criminalité, de nombreuses manifestations et la Genève Internationale entre autre.

 

Le grand Pascal, après s’être séparé de son invité, sans oublier d’annoncer la présence mardi du Procureur Général de la République sur son plateau, invité antagoniste récurrent de M. Moutinot, nous a fait le plaisir d’ouvrir un débat citoyen entre Mmes Fontanet et Pürro.

 

Et là, je n’ai pu que constater que si la première nommée semble connaître certaines réalités du métier de policer et des problèmes rencontrés, tout en ayant de courage d’afficher de ses opinions politiques personnelles et divergentes, j’ai été surpris de découvrir que Mme Pürro, celle-là même qui veut prochainement numéroter les policier pour améliorer la police de proximité et la relation de confiance entre la police et les citoyens, celle-là même qui se présente aux prochaines élections et qui risque bien de récupérer le DI, même si elle semble enfin comprendre que son prédécesseur va lui laisser un cadeau empoisonné, cette femme socialement impliquée en politique n’est visiblement pas aux faits des problèmes rencontrés par les policiers et de la grande réorganisation de la police qui est ordonnée actuellement, avec les nombreuses incertitudes et incompréhensions qui accompagnent ce projet.

 

De voir tous ces gens s’auto-satisfaire de ces actions coup-de-poing, sans apporter une doctrine politique et policière forte pour les années à venir, n’a fait que renforcer mon sentiment que décidément les gens qui parlent le plus de la police sont souvent ceux qui la connaissent le moins.

 

Entre l’UDC qui assassine la profession, les Verts qui mettent au pilori les policiers, les Socialistes qui n’ont pas su gérer le DI à trop vouloir régler des comptes laissés sur un morceau de trottoir en 68, un MCG stigmatisé comme étant un parti de flics et une droite qui n’a d’Entente que le nom par ses attaquent économiques dispersées contre les fameuses heures supplémentaires, je me demande juste pour qui vont voter nos 1350 policiers genevois cet automne, soutenus par leurs familles et leurs amis, accompagnés probablement par bon nombre de citoyens qui veulent que Genève redevienne enfin un lieu de vie appréciable et sécurisé ?

 

Mais je fais confiance au Grand Maître Pascal pour nous offrir des débats nourris en septembre, juste pour nous faire écouter les promesses électoralistes de nos futurs élus.  

 

ASM.jpgHeureusement, j’ai lu vendredi, dans la TDG, qui est un vrai journal d’investigation, que la ville de Genève vient de se doter d’une vraie police. Nous voilà rassurés !Maudet.jpg

 

Minet le pyromane.