11/05/2009

Genève à Chaud, débat citoyen et sécurité des genevois, ou l’autosatisfaction naïve après l’échec d’une législature.

Genève à chaud.jpgCe soir, alors que je terminais de manger, un sms m’invitait à regarder la rediffusion de Genève à Chaud, pour un débat sur la sécurité. En arrivant dans mon nid douillet, je me suis précipité sur le net pour regarder cette émission. Monsieur Pascal, Grand Maître de cérémonie, les babines humides de satisfaction et les yeux brillants d’accueillir quelques noms de la politique genevoise, se gargarisait déjà de ce débat.

 

En premier, nous avons vu, et surtout entendu, M. Moutinot, Président du Département des Institutions. Ce socialiste est, depuis quatre semaines, le grand réformateur de la police genevoise, alors que son mandat de quatre ans touche à sa fin. Cet homme, qui vient de pondre un tableau irréaliste, au nom du Conseil d’Etat, sur la réorganisation de la police, avec comme mandat ordonné de le mettre en œuvre pour le 30 juin 2009 avec les travaux nécessaires, vient se pavaner au sujet d’une opération que nous attendions depuis plus de deux ans, à savoir réinstaurer les droits et les libertés de chacun dans les Pâquis, et à Genève, en harcelant les vendeurs de drogue d’Afrique de l’est notamment. 

 

Ce qui est surprenant dans cette action politique et policière, c’est que pendant que certaines hiérarchies de la police, du DF et du DI palabrent avec les syndicats de police pour trouver des solutions afin de diminuer les heures supplémentaires de nos agents, heures controversées naïvement par tous nos politiques et le rapport de la Cour des Comptes, de grandes opérations sont depuis menées pour lutter contre les dealers, les voleurs, les brigands et les cambrioleurs. Et ces interventions de police d’envergure nécessitent un engagement important en personnel, entraînant ainsi la création de ses fameuses heures supplémentaires, que là personne n’attaque.

 

moumou.jpgLe Président du DI démontre ainsi que les rapports présentés par les auditeurs, documents dont la qualité et la crédibilité avaient été contestées immédiatement par les syndicats de police, ne reflètent pas les réalités du terrain qui elles attestent que le manque d’effectif dans cette institution est une véritable plaie à la police et surtout la cause de la création d’heures supplémentaires, toujours justifiées par la lutte quotidienne contre la petite et moyenne criminalité, de nombreuses manifestations et la Genève Internationale entre autre.

 

Le grand Pascal, après s’être séparé de son invité, sans oublier d’annoncer la présence mardi du Procureur Général de la République sur son plateau, invité antagoniste récurrent de M. Moutinot, nous a fait le plaisir d’ouvrir un débat citoyen entre Mmes Fontanet et Pürro.

 

Et là, je n’ai pu que constater que si la première nommée semble connaître certaines réalités du métier de policer et des problèmes rencontrés, tout en ayant de courage d’afficher de ses opinions politiques personnelles et divergentes, j’ai été surpris de découvrir que Mme Pürro, celle-là même qui veut prochainement numéroter les policier pour améliorer la police de proximité et la relation de confiance entre la police et les citoyens, celle-là même qui se présente aux prochaines élections et qui risque bien de récupérer le DI, même si elle semble enfin comprendre que son prédécesseur va lui laisser un cadeau empoisonné, cette femme socialement impliquée en politique n’est visiblement pas aux faits des problèmes rencontrés par les policiers et de la grande réorganisation de la police qui est ordonnée actuellement, avec les nombreuses incertitudes et incompréhensions qui accompagnent ce projet.

 

De voir tous ces gens s’auto-satisfaire de ces actions coup-de-poing, sans apporter une doctrine politique et policière forte pour les années à venir, n’a fait que renforcer mon sentiment que décidément les gens qui parlent le plus de la police sont souvent ceux qui la connaissent le moins.

 

Entre l’UDC qui assassine la profession, les Verts qui mettent au pilori les policiers, les Socialistes qui n’ont pas su gérer le DI à trop vouloir régler des comptes laissés sur un morceau de trottoir en 68, un MCG stigmatisé comme étant un parti de flics et une droite qui n’a d’Entente que le nom par ses attaquent économiques dispersées contre les fameuses heures supplémentaires, je me demande juste pour qui vont voter nos 1350 policiers genevois cet automne, soutenus par leurs familles et leurs amis, accompagnés probablement par bon nombre de citoyens qui veulent que Genève redevienne enfin un lieu de vie appréciable et sécurisé ?

 

Mais je fais confiance au Grand Maître Pascal pour nous offrir des débats nourris en septembre, juste pour nous faire écouter les promesses électoralistes de nos futurs élus.  

 

ASM.jpgHeureusement, j’ai lu vendredi, dans la TDG, qui est un vrai journal d’investigation, que la ville de Genève vient de se doter d’une vraie police. Nous voilà rassurés !Maudet.jpg

 

Minet le pyromane.

 

 

Commentaires

Eh oui, triple hélas! Tous ces gens ont fait la preuve de leur incompétence. Si le mouton est incompétent (8 ans, c'est lourd), le purin c'est l'incompétence au carré. Je vote à gauche, mais elle n'aura jamais ma voix. D'ailleurs les socialistes ne sont plus à gauche depuis belle lurette.

Oui, pour qui voter? Quand il n'y a que des incompétents qui se présentent. Manquerait plus que la pierre blanche...

Minet, présentez-vous!

Même chose pour Duval!

Écrit par : Johann | 12/05/2009

Je ne connais pas la police, je ne connais pas la politique.
Selon le proverbe "chacun son métier et les vaches seront bien gardées!".
L'important est que le chef opérationnel de la police connaisse bien la police, lui. Et que le Conseiller d'Etat en charge sache écouter ceux qui savent et le cas échéant décider avec eux et s'en tenir à la fermeté nécessaire pour atteindre l'objectif. Et puisque vous demandez qui est capable de réunir toutes les qualités nécessaires, sans être un expert de la police à ce jour, je vous dis sans hésiter: Isabel Rochat. Pas d'arrogance, pas de vanité personnelle. Pas de jeux de pouvoir. Une volonté réelle d'aboutir à des résultats pour le bien des citoyens qu'elle écoute chaque jour, qui qu'ils soient. Pour le rayonnement de Genève.

Écrit par : Josianne | 12/05/2009

Bonjour Monsieur Schlechten,

Ayant du respect pour votre profession, ayant des amis qui sont gendarmes, j'entends bien toutes les difficultés que vous avez.

Quelles seraient vos revendications? Plus d'effectifs je pense, vu les horaires que vous avez à faire...

Êtes-vous pour où contre le retour des postes de police dans les quartiers? Une police de proximité?

Je suis contre le taser, vous pensez qu’il est indispensable ?

Ce qui me choque tout de même dans vos propos, c'est que vous dites que Madame Fontanet à tout compris à vos problèmes, pourtant si je me rappelle bien n'est-ce pas son parti (radical/libéral) qui a été à la tête de ce département les 12 années avant Moutinot? Qu'est-ce qui a été fait durant toutes ces années de mieux? Je n’ai pas vu de prisons supplémentaires…

Pour certains problèmes, c’est vrai que le problème vient de Berne et non Genève…

En tout cas, ça me fait réfléchir, de voir que la police ne croit plus en à la politique, c'est que les plus anciens ont vraiment loupé qqch, car votre profession est une des bases de notre république.

En tout cas, j'espère que l'entente avec l'UDC et le MCG, arrêteront de baisser les impôts aux plus fortunées au lieu de venir crier sur ceux qui bossent des fois plus d'une journée entière... (Pour rappel Pierre Weiss libéral commission des finances).

Bravo pour ce que vous faites

Bien à vous

Michel Tedeschi

Écrit par : Michel Tedeschi | 12/05/2009

La droite, conformément à sa doctrine du "moins d'Etat", a tout fait pour qu'il y ait ... moins de police.

(c'est pourquoi la propagande de Josianne pour la candidate libérale Isabel Rochat me laisse de marbre : en effet, la police genevoise est en sous-effectifs depuis plus de vingt ans... Qu'ont fait les libéraux depuis lors - ou les radicaux qui nous font en ce moment des apoplexies sur l'insécurité - pour que ça change ?)

La gauche, empêtrée dans son malaise gastrique soixante-huitard sur la "répression policière" et sur les "dérives sécuritaires" - l'insécurité réelle étant régulièrement présentée par elle comme une psychose délirante - , n'a rien fait pour qu'il y ait plus de police.

Cela n'empêche nullement les citoyens, de gauche comme de droite, de se plaindre quand tout à coup ils se rendent compte qu'une police suffisante est nécessaire (c'est le cas, en général, quand il leur arrive quelque chose de désagréable dont ils pensaient jusqu'ici que ça n'arrivait qu'aux autres...).

On est toujours d'accord pour qu'on mette des amendes aux autres. Mais quand on en prend une, il faut d'urgence la faire sauter...

Donc, la quadrature du cercle. Sauf que.

Sauf que sur l'école, tout en restant politiquement neutres, alors que la situation semblait bloquée par l'establishment politique pour des raisons assez semblables, nous, ARLE et REEL, sommes tout de même parvenus à secouer assez méchamment la baraque. Sans faire ici quelque pub que ce soit pour quelque initiative que ce soit...

C'est pourquoi je dirai comme Johann : Minet, présentez-vous !

Faites passer le message selon lequel la police appartient à tous les citoyens (le "laos" des Grecs, qui a donné le mot laïcité...), et appelez tous les citoyens à agir en dehors de leurs convictions politiques pour améliorer enfin les choses.

Encore une chose : merci pour votre témoignage et pour votre courage.

Yves Scheller

Écrit par : yves scheller | 12/05/2009

Toujours un plaisir de lire les billets du président de l'UPCP. Sera-t-il, un jour, entendu et compris par ceux qui le devraient ?

Écrit par : persifleur | 12/05/2009

Oui ! Présentez-vous aux élections cantonales !
Moi aussi, je votais traditionnellement à gauche et cette fois-ci, une fois de plus, elle n'aura pas ma voix.

J'ai envie de demander au Pasteur Moutinot comment Calvin dessinait sa police.
Je soutiens les observations d'Yves Scheller.
Les politiques n'ont cessé de rogner sur les conditions de travail de la police.
Ies hommes devront bientôt payer pour travailler et prendre une assurance professionnelle "spécial accidents" pour couvrir les frais médicaux et hospitaliers pour les blessures ramassées en service.

Quant aux heures supplémentaires, tout le parlement semble suggérer de les prendre au moment de la retraite ou du licenciement.
On devrait proposer la même chose aux autres fonctionnaires ainsi qu'aux travailleurs du privé. L'abolition des vacances et des deux jours de semaine ne sera plus très loin.

Pendant ce temps, on nomme ses copains et ses copines, ignorants, vaniteux et incapables dans les hiérarchies, sur les barreaux 25 à 31 de l'échelle des salaires.

Écrit par : Nepotin | 12/07/2009

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