19/02/2009

"Policiers Municipaux"

Le « Pyromane » ne veut pas attendre le résultat du vote du Grand Conseil de ce soir, au sujet du projet de loi sur les ASM, car il en connaît malheureusement la réponse.

 

Genève va se retrouver avec une quatrième police sur le canton, ridicule politique de nos élus, incapables d’avoir une vision d’avenir, pire encore d’avoir une réponse crédible à nos problèmes de société, pour lutter contre la criminalité galopante.

 

- Ainsi nous aurons la gendarmerie, dont le cahier des charges est clair, mais dont les priorités hiérarchiques et politiques le sont moins, au détriment de la volonté des gens d’armes de travailler en rue pour lutter contre la criminalité, au service de sa population. Le temps de travail dévoué à la Genève Internationale et sportive gangrène les priorités sécuritaires de ce corps uniformé.  

 

- Nous aurons la Police Judiciaire, qui elle aussi en manque d’effectif, ne peut plus gérer les petites enquêtes judiciaires, tout en voyant arriver au loin un nouveau code de procédure pénal qui ne devrait pas faciliter les conditions de travail de ces policiers.

 

- Nous aurons également la Police de Sécurité Internationale, entité en pleine refonte, avec des statuts nébuleux et un cahier des charges restreint, alors que politiquement et hiérarchiquement l’on veut transformer ces collaborateurs en policiers, en deux ans, avec une formation continue accélérée, dans la précipitation, sans le recul nécessaire sur l’avenir de ce corps issu d’une première réorganisation catastrophique dans son élaboration. Vite fait, mal fait.

 

- Et pour finir, une Police Municipale, dans laquelle ne travaillera aucun policier, puisque le personnel de ce nouveau corps ne pourra légalement pas porter ce titre. Malheureusement cette dénomination correspond à un métier, une profession qui existe, non pas par quelques charges de police, mais par l’ensemble de sa mission, de son statut, de sa formation, de ses prérogatives, de sa capacité légale de faire usage de la contrainte notamment.

 

Ces gens devront dans de nombreux cas faire appel à la police cantonale, pour des contrôles, des remises, ou pour finir l’intervention commencée. Certes certaines missions seront entièrement accomplies par ce nouveau corps, mais si c’est au détriment du travail de proximité que les ASM effectuent actuellement avec succès, nous nous retrouverons avec un serpent qui se mord la queue.

 

Suite à ce vote que je devine, nous allons nous retrouver dans une situation que nous connaissons déjà avec la PSI. Certains ASM, pardon Policiers Municipaux, voudront obtenir le brevet fédéral de Policier, en utilisant cette nouvelle loi, faisant ainsi abstraction des formations nécessaires, des conditions d’entrée au corps de police, voire même de la différence entre ces métiers.

 

Je l’ai souvent déclaré, je vais le redire. Un ASM est un îlotier de quartier, de commune, de qualité. Il effectue des missions que la gendarmerie n’a plus le temps de produire. Il est une source de contacts et de renseignements. La prévention fait partie de ses prérogatives, surtout dans un travail de proximité, auprès des jeunes, des écoles, des habitants d’un quartier. Ils ne sont pas policiers et c’est une erreur que de leur donner ce titre. C’est mentir à notre population que de laisser croire qu’il y aura plus de policiers à Genève, ce qui est faux.

 

Le métier d’ASM devait être reconnu et le cahier des charges de ce corps revu, afin qu’un agent puisse commencer et terminer son travail, dans le domaine qui l’occupe. Mais de créer une « nouvelle police » à Genève, ce n’est que produire un tour de magie pour présenter une situation que ne sera qu’illusoire.

 

Et pendant ce temps, nos gredins continuent de détrousser nos citoyens. Je vous pose la question, où est la vision d’avenir pour la sécurité des genevois dans ce vote ?

 

 

10/02/2009

Policiers genevois : et après, la guerre ou la paix ?

Suite au mouvement social des policiers genevois, les choses ont enfin évolué. Alors que le Conseil d'Etat a "proposé" une indemnité 2008 pour le personnel du DI, une reconnaissance tardive ayant comme but premier de sortir de la crise instaurée par les revendications légitimes des syndicats de police, alors que la Commission des Finances a accepté le paiement de cette indemnité, retrouvant ainsi une pudique lucidité, alors que des négociations sur les grilles des salaires des policiers et gardiens de prison ont rapidement débuté, démontrant la nécessité économique d’ajuster celles-ci, alors que les rapports Annoni et de la Cour des comptes vont être rendus, je me pose une question.

Sous ce calme apparent, je me demande simplement ce qui va se passer d'ici fin mars ?

Nous allons nous retrouver, il me semble, devant deux possibilités :

1)

Les rapports attendus ne font pas apparaître les opacités dénoncées par certains, tout au plus une ou deux indemnités caduques, reconnues par les syndicats, prouvant ainsi que les policiers ne s'enrichissent pas sur le dos des contribuables, mais que le système mis en place est simplement le résultat politique d'un puzzle historiquement créé par des gens qui n'ont pas su, à l'époque où de grandes décisions auraient pu déplaire à une certaine classe, prendre leurs responsabilités d'employeur. 

Les pièces de ce puzzle devront donc être simplement triées, associées et collées, pour ne former qu’un tableau clair et lisible de la rémunération d’un policier.

2)

Les rapports attendus avec impatience par certains font apparaître des « dysfonctionnements importants à travers des explications compliquées » pour obtenir des conclusions incompréhensibles. La parité et l’égalité de traitement seraient les fils rouges de ces documents, sans qu’on y trouve une analyse précise du métier, ni de son évolution lors de 3 dernières décennies. Une réflexion qui n’irait que dans un sens, ne décrivant que les avantages et pas les inconvénients, démontrant en primauté une volonté d’atteindre la police et non pas d’analyser avec clairvoyance un métier, son statut et sa rémunération.  

Si je m’exprime ainsi, c’est que depuis deux semaines, alors que personne n’est censé avoir accès aux travaux des deux audits, je perçois dans les propos de divers élus une pointe de catastrophisme pour la police, le même ton qui avait précédé le « fameux rapport » de Bernard Ziegler, torchon écrit par un  « nègre » d’un Conseiller d’Etat qui n’avait que pour but de faire tomber une tête, afin d’asseoir un peu plus le nouveau « chef ».

Si ces deux rapports venaient à accuser et à critiquer la police genevoise, ce que je peux vous dire avec certitude c’est que se ne sont certainement pas les policiers qui paieront les pots cassés. Ils refuseront de subir les retombées de rapports dictés par une volonté politique, qui serait d'abolir un système de rémunération sans en avoir à  assumer les coûts, soit pour affaiblir une profession, soit pour lui nuire, comme pour célébrer une victoire et terminer sur un feu d’artifices politique.

La rémunération des policiers genevois, ainsi que leur statut ont un historique. Le tracé de celui-ci a été politiquement écrit par des élus du peuple. Une modification importante de ces deux éléments, si elle était effectuée au détriment des gens d’armes de la République, verrait la police en son entier entrer en guerre contre le Conseil d’Etat et le Grand Conseil, sans distinction, ceci à quelques semaines des élections. Ce n’est pas une menace, c’est une promesse.

La loyauté a un prix, le serment d’un homme aussi.