11/09/2011

"Une date qui demeurera comme indélébile dan nos esprits"

Il fait beau ce jour là, un grand soleil d'été indien comme on l'aime à Genève. Je me trouve en patrouille avec un jeune collègue.

 

Une journée banale à Rive, réquisition sur réquisition, mais ça va encore. Une journée comme les autres, qui nous réserve son lot d'imprévu et de surprise, ce qui fait tout l'intérêt de ma profession.

 

Une journée où l'on pense à ce dont sera fait demain en oubliant déjà un peu hier. Une journée où l'on est plongé dans notre travail, oubliant nos proches dans le stress de la fonction.

 

Il n'est pas encore 15 heures lorsque je reçois un sms de ma femme « Regarde vite la télé, un avion s'est écrasé sur New-York, ils ne savent pas si c'est un accident ou un attentat, mais c'est horrible ». Je regarde mon collègue qui devine que quelque chose ne va pas. Je lui lis alors le texto et lui dis que l'on doit trouver un poste de télévision rapidement.

 

Nous sommes rue de Montchoisy, à quelques mètres d'Auto-Secours, un garage où Bisetto qui dispose bien d'une télévision dans son bureau, départ. A notre arrivée nous constatons que la place est prise. Le patron, le pompiste et trois collègues gendarmes sont déjà là. Ils sont livides et comme hypnotisés devant un tout petit poste de télé de remplacement, le grand écran du patron ayant lâché. Il y règne un silence de mort alors que CNN est au programme.

 

« Venez voir les gars, c'est incroyable, c'est un attentat pas un accident » me lâche le chef de l'autre patrouille. Nous nous installons comme on peut. Je saisi une petite chaise d'enfant, rouge je m'en souviens, et me pose à droite de l'écran. Les premières images sont celles d'un avion qui percute le WTC, elles repassent en boucle.

 

Immédiatement je me dis que ce n'est pas possible, que c'est un film, c'est du Spielberg. Je connais bien ces tours pour y être monté à trois reprises au sommet en dix ans. Je n'arrive pas à détacher mes yeux de l'écran. Les images de l'incendie sont effroyables et très vite l'on croit deviner le calvaire des gens qui se trouvent dans le bâtiment, une véritable tour infernale. Je me rapproche encore de l'écran, comme si je voulais me convaincre que ce que je vois n'est pas réel, que ce n'est pas un attentat, que c'est une bande annonce d'un film.

 

Nous sommes dans l'horreur. Cinq minutes que nous sommes rivés devant les informations et nous avons déjà perdu tous nos repères. L'incompréhension est grande, les interrogations aussi. Qui, comment, pourquoi. L'événement nous dépasse et nul n'a de réponse.

 

Et puis soudain, c'est le choc, celui des images en directe, où la réalité vient nous frapper de face pour nous assommer encore plus. Un deuxième avion s'écrase en "Live" sur la tour no 2 du WTC. C'est l'effroi qui nous gagne, avec ce sentiment terrible d'être nous aussi dans la tour au moment de l'impacte. Nos exclamations d'horreur accompagnent les images.

 

La monstruosité de l'acte brise définitivement nos valeurs, nos croyances en l'humain. Ce n'est pas possible que l'homme commette de tels actes. On pense aux victimes, celles qui se trouvaient dans les tours en premier lieu, puis comme si nous les avions évincés, les passagers des avions détournés.

 

Les informations tombent une à une. La situation est empirique aux Etats-Unis. D'autres attentats se produisent sur sol américain, dans la confusion la plus totale. Le Pentagone est la cible d'un troisième avion. Puis c'est en Pennsylvanie où un avion s'écrase. On redoute alors que des dizaines d'avions servent de bombes humaines. L'espace aérien est fermé par mesure de sécurité. Chaque nouveau flash d'informations retient toute notre attention, comme si l'on pouvait, mais est-ce possible, nous annoncer encore pire.

 

Dans le bureau, nos regards se croisent, mais pas un mot, un silence religieux règne, nous sommes déjà en communion avec les victimes, avec le peuple américain, avec l'humanité entière aussi, mais nous ne le savons encore pas. Mes sentiments personnels se bousculent, je me sens vidé, comme si je venais de perdre quelque chose d'important en moi.

 

Mes souvenirs se brouillent, mais je me rappelle qu'une patrouille est demandée pour deux cambrioleuses mises en fuite au centre-ville, je me souviens que personnes n'a répondu. Je me souviens que nous sommes restés deux heures dans ce bureau, à suivre les événements. Je me souviens que le comble de l'horreur est arrivé au moment de l'effondrement des tours, comme si tout ce que nous venions de vivre n'était pas suffisant, comme s'il fallait que ce jour effroyable se termine par le comble de l'horreur. Nous étions ko debout, vivant certes mais détruits par les émotions.

 

Nous nous souvenons tous où nous étions ce jour là, c'était le 11 septembre 2001. Il a marqué nos mémoires, il a probablement changé nos vies, nos valeurs, nos croyances, notre avenir.

 

Aujourd'hui, je suis en pensées avec les victimes de ces attentats, avec ces morts innocents et ces milliers de blessés, avec leurs familles, leurs proches et tous mes collègues policiers, les pompiers et autres urgentistes qui ce jour là n'ont pas reculé face à un ennemi invisible, la cruauté des lâches.

 

Minet.

14:50 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3)

06/07/2010

Le chat s'est effacé ce matin, en silence il s'est éteint !

Minet s'est éteint ce matin,

Comme une âme de peau de chagrin,

Son blog malin n'y survivra,

Sous un autre nom il revivra,

Car demain c'est l'infini,

Et sûrement mieux qu'aujourd'hui,

* * *

Minet s'est éteint ce matin,

Sans jamais se retourner sur demain,

Ses écrits on les relira,

Ses mots on se souviendra,

Car fuir n'est pas sa répartie,

Sur ses pas il est reparti,

* * *

Minet s'est éteint ce matin,

Heureusement il est arrivé à ses fins,

La liberté il retrouvera,

Sous un autre site il l'ouvrira,

Car ceux qui croyaient qu'il était fini,

Devront encore patienter quelques nuits.

* * *

Le chat n'est pas mort ce matin,

Sous Walter SCHLECHTEN, Minet libre-penseur est son destin,

En deux blogs il n'en a plus qu'un,

En deux mots il n'en devient quelqu'un,

Et n'en déplaise à certains,

Il demeure ainsi le plus serein.

Minet.

 

"Un grand merci aux nombreux lecteurs qui m'ont suivi, un grand merci à mes détracteurs qui m'ont nourri."

 

 

27/06/2010

Grandes conférences ou quand la violence s'invite !

Juin 2010 - G20 à Toronto :

«Nous n'avions jamais vu un tel niveau de criminalité gratuite, de vandalisme et de destruction dans nos rues», a dit le chef de la police de Toronto Bill Blair lors d'une conférence de presse

Juillet 2009 - G8 à Aquila :

«Parti de Paganica, près de L'Aquila, où se trouve un grand camp de tentes pour les réfugiés, le cortège qui a parcouru sept kilomètres a rejoint l'une des entrées de la ville, bien loin de la "zone rouge" décrétée par les autorités autour de la caserne qui accueille le G8. La tension était forte entre forces de l'ordre et manifestants qui ont mis deux heures et demie sous un soleil de plomb pour parcourir ce trajet, encadrés par de nombreux policiers»

Avril 2009 - OTAN à Strasbourg :

«Très vite, les organisateurs du défilé pacifique ont été débordés par le «Black Block» et ont dû écourter sensiblement leur démonstration. Désormais seuls en lice, les casseurs ont saccagé la cité Port du Rhin, un quartier de Strasbourg considéré comme défavorisé. Les «Blackblockeurs» ont mis le feu à un poste de douane, puis à l’Hôtel Ibis et enfin à l’Office du tourisme, où se trouve une pharmacie qui est entièrement détruite. Les portes d’une chapelle orthodoxe ont été pulvérisées, de même que des commerces»

Juin 2007 - G8 à Rostock :

«Les associations impliquées dans l'organisation du contre-sommet, ainsi que les forces de l'ordre, ont fait un récit similaire de la manière dont se sont déroulées les émeutes, qui ont fait des centaines de blessés parmi la police et les manifestants - une cinquantaine de personnes au total ont été hospitalisées-, et se sont soldées par 128 interpellations»

Juillet 2005 - G8 à Gleneagles :

«A deux jours du sommet du G8 à Gleneagles, les manifestants hier soir n’ont pas baissé les armes face à la police anti-émeute. Une trentaine d’anarchistes ont violemment repoussé les policiers, s’en sont suivi 90 arrestations et une vingtaine de blessés»

Juin 2003 - G8 à Evian :

«Plus jamais ça! Traumatisés par le G8, les commerçants genevois ne veulent plus revivre des journées d’émeutes comme ils en ont connu en juin 2003. Plus de cinq ans après le grand raout altermondialiste, ils n’ont pas oublié les boutiques des Rues-Basses pillées et incendiées. Il y avait alors eu pour plusieurs millions de francs de dégâts»

Juillet 2001 - G8 à Gênes :

«Au terme de trois jours d'émeutes et de répression, le bilan est de 1 mort, 600 blessés du côté des manifestants, près de 200 voitures brûlées, des dizaines de banques, de stations essences, d'agences immobilières et autres symboles du capitalisme explosés»

14/06/2010

Réorganisation de la désorganisation, le bout du tunnel, enfin ... !?

Le 16 décembre 2009, les syndicats de police et le Conseil d'Etat signaient un protocole d'accord traitant de la réorganisation de la police voulue par le prédécesseur de Mme Isabel Rochat. Divers éléments entraient immédiatement en action, comme la suppression de l'OS Spoerri ou la mise en application d'une grille salariale lissée, la fiscalisation des inconvénients de service ou la valorisation de la classe d'engagement.

Ce document précisait que les partis devaient s'efforcer de parvenir à des accords, au 1er janvier 2010 sur la mise en place d'un nouvel horaire, au 31 janvier 2010 sur un nouveau système forfaitaire de débours, au 31 mars 2010 sur le paiement des heures supplémentaires accumulées au 31 décembre 2009.

Ce lundi, un accord verbal de principe est enfin intervenu entre les représentants du personnel et la délégation du Conseil d'Etat, six mois après la signature dudit protocole, hors des délais préconisés.

Sachant que de nouveaux horaires ont été mis en place au 1er juin, sachant que la problématique des débours trouve enfin un épilogue, sachant que la liquidation financière des heures supplémentaires accumulées pourrait être achevée sous peu, l'on peut dire que nous sortons enfin d'un tunnel dans lequel les syndicats de police ont respecté leurs engagements.

En effet, ils ont été plus que participatifs lors de ces négociations, tout en faisant fi des échéances non respectées sur le protocole d'accord, en s'abstenant surtout d'engager des mesures de lutte tant que les négociations étaient en cours, si longues fussent-elles.

Le Conseil d'Etat tient là une occasion unique de terminer cette symphonie qui se devait d'être inachevée lors de son écriture initiale.

Le Parlement tient là une chance d'offrir toute la transparence exigée par la Cour des Comptes lors de son audit.

  • Reste au Conseil d'Etat de trouver la solution équitable pour le pont-retraite que le Parlement s'est engagé à produire suite à la modification de l'âge de la retraite, et que nos députés se devront de soutenir, par respect pour ses employés d'autorité.
  • Reste que la véritable réorganisation de la police doit encore se dérouler durant les mois à venir, opérationnellement parlant, dans sa gestion, dans ses valeurs, dans ses fonctions et ses rapports avec les partenaires liés à la sécurité.
  • Reste le projet Phenix, pour lequel les associations représentatives du personnel ne sont pas conviées, ce qui est probablement une première erreur, qui a été placé sur les rails par Madame la Présidente du département. 
  • Reste que Champ-Dollon demeure une poudrière et que les solutions préconisées ne sont pas en adéquation avec le facteur temps, avec le facteur risque de la situation.
  • Reste que le plan de carrière des policiers et des gardiens de prison a été brisé par l'application du système salarial étatique de promotion qui se veut insignifiant et si peu valorisant.
  • Reste que les conditions d'entrée à l'école de police, revues et non corrigées à ce jour, ne sont pas garantes de l'arrivée de nouveaux collaborateurs au profil suffisant pour nos professions en pleine mutation.

Reste que la réorganisation de la désorganisation n'est pas terminée.

Camaraderie - Mutualité

 

 

 

08/06/2010

Présentation du programme de la législature ; Mais où sont passés Champ-Dollon II et le nouveau bâtiment de l'OCAN.

"Sous la forme d’un fastidieux catalogue énumératif, dans lequel on peine à voir émerger l’esquisse d’une priorité, le Conseil d’Etat genevois vient de publier son programme de législature."

Pascal Décaillet.

C'est en effet hier que s'est déroulée la grande messe durant laquelle le Conseil d'Etat a répondu aux exigences de la loi. Députés, groupes politiques, représentants des communes et de la région, médias et enfin représentants du personnel de l'Etat ont eu droit à la présentation de cet inventaire, presque attendu comme le Messie.  

A la lecture de ce "catalogue", il est vrai un peu désordonné dans la graduation des priorités accordées, nous avons disséqué le thème intitulé, sous le chiffre 05, "la sécurité publique".

En première décodage, ce qui surprend c'est l'absence de chiffres, de nombres, de coûts. C'est aussi le manque de jalons dans les projections annuelles proposées qui font défaut. Ainsi, tout est réuni pour que les délais ne soient pas respecté en finalité, quand délai il y a.

En seconde lecture, c'est sur le fond que l'on se retrouve envahi par le doute, par des doutes motivés par le manque de précisions, d'informations, voire l'absence de celles-ci.

Premièrement, l'Etat va recruter des policiers et des agents de détention supplémentaires ainsi que des assistants de sécurité, sur quatre ans, avec comme seule précision annuelle "augmentation des effectifs". Aucun nombre, aucune projection par secteur, aucun objectif même alors que pour être pro-actif il faudrait anticiper ceux-ci, pour en assurer la formation, la gestion, la planification et enfin l'attribution opérationnelle, tout en sachant que nous n'accepteront jamais une seconde baisse des conditions d'admission sur le profil des personnels recherchés.

Deuxièmement, l'Etat va promouvoir la construction de places de prison supplémentaire. Des places de prison ? Il nous semble que lors des élections, et même après, c'est bien de la construction d'une nouvelle prison préventive, avec 300 à 500 places, dont il était question. Ce ne sont pas nos députés qui pourront dire le contraire ;  http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/M01869A.pdf

Et bien à la lecture du "catalogue", point de nouvelle prison préventive à l'horizon 2013, ni même trace d'un projet d'étude ou du dépôt d'un PL par le Conseil d'Etat pour l'avenir. "Champ-Dollon 2" a disparu des discours politiques et sécuritaires. Il y a bien quelques places, avec la Brenaz 2, Curabilis et un projet pour une prison administrative, mais pas la solution à nos problèmes. Questionné par un représentant syndical, le Conseil d'Etat a répondu que ce projet n'était pas abandonné, qu'il fallait voir à l'horizon 2016 en étant optimiste. En clair, il faudra attendre une prochaine législature, et un nouveau "catalogue", pour espérer y deviner ce grand projet de prison préventive. C'est un peu comme un nouveau Palais de Justice, faut espérer, et surtout attendre, mais je ne suis pas certain qu'aujourd'hui nous pouvons nous payer le luxe de gaspiller, non pas de l'argent, mais du temps justement.

Troisièmement, la halle technique vétuste de l'Office Cantonal des Automobiles et de la Navigation n'est visiblement toujours pas une priorité, alors que le parc véhicules à Genève explose, toutes catégories confondues (source OCAN, total de véhicules 2008/2009 + 3684 unités soit 1,25%), alors que les professionnels perdent un temps précieux et que les particuliers n'en peuvent plus de cet exercice fastidieux par manque de moyens. Bernex et un nouveau bâtiment avaient été envisagés, mais là, plus rien. Les genevois vont devoir s'armer de patience, les collaborateur de l'OCAN aussi, mais là nous ne sommes pas certains du résultat.

Nos députés ont eu raison d'imposer la présentation d'un programme de législature au pouvoir Exécutif, car avant il y avait le catalogue de la  Redoute, maintenant il y aura que le "catalogue" que l'on redoute. Mais sur le coup là, ce n'est pas le Parlement qui a pris des risques, mais bien le Conseil d'Etat.

Minet.

Union du Personnel du Corps de Police

Section Gendarmerie - Section Prison - Section OCAN

"Genève, un monde en soie"

 

29/05/2010

Prévention et Caves Ouvertes ; ne gâchez rien, ni le vin, ni la vie !

En ce samedi ensoleillé, ce week-end s'annonce reposant et revivifiant, même si pour certains il sera spécialement goûteux lors des Caves Ouvertes.

De Soral à Anières, de Dardagny à Céligny, ces rencontres se veulent arrosées, commerciales, amicales car elles sont aussi un moment de partage, d'échange, de convivialité, de rires, d'allégresse, de retrouvailles, dans l'ivresse du bonheur partagé. De beaux instants qui nous laisseront des souvenirs joyeux ou une migraine ennuyeuse.

Afin de ne pas gâcher ces gouttes de bonheur, du contenu des verres au sang qui coule en nos veines, n'oublions pas qu'après l'étourdissement de la fête il nous faudra rentrer chez nous, sans incident, sans accident.

Pour ne pas gâcher cette fête, ayons le bon goût de prendre un Capitaine d'épique ce jour, celui qui conduit ne boit pas d'alcool, il devient de garant de la vie de ses amis, mais aussi de celle des autres, de ceux qui n'ont rien demandé aujourd'hui, si ce n'est de faire une balade en vélo, en moto, en famille, sans risquer de subir un plaisir goûteux excessif qui n'était pas partagé.

Vive le vin genevois !

"Genève, le respect en soi"

 

Minet

24/05/2010

Faut-il demander une révision du code de procédure pénale afin que la justice obtienne enfin les moyens de ses ambitions ?

Sept coups de feu à Martigny, un mort, des personnes mises en cause connues, récidivistes dans divers délits selon la police cantonale valaisane. L'intégration difficile des étrangers n'est pas en cause dans ce drame, ce sont les comportements humains qui sont répréhensibles, comme souvent, et pourtant.

Comme partout, les polices cantonales se retrouvent dans un grand désarroi, un ras-le-bol sur des phénomènes urbains devenus incontrôlables car démesurés par leur violence. La prévention est le nerf de la guerre et doit le rester, à tous les niveaux, mais pour que cela fonctionne il faut aussi que la répression, à travers la sanction, soit aussi dissuasive, ce qui n'est pas le cas avec le code de procédure pénale en vigueur. Et ce n'est pas la nouvelle mouture au 1er janvier 2011 qui va améliorer les choses.

http://info.rsr.ch/fr/rsr.html?siteSect=201&playerMod...=

Les policiers, qui se retrouvent devant de grandes incompréhensions, ne lancent pas la pierre à la justice, car celle-ci doit oeuvrer avec les moyens législatifs à disposition, qui ne sont pas, qui ne sont plus adaptés aux situations rencontrées, ni pénalement, ni administrativement.

Les technocrates qui rédigent les textes de loi devraient prendre le temps d'être à l'écoute des procureurs, des juges d'instruction, des chefs des polices cantonales et des commandants de polices, car donner de plus en plus de droits aux auteurs d'infractions, ou sanctionner avec de simples jours-amende, c'est aussi offrir un message conciliant et laxiste aux récidivistes.

http://info.rsr.ch/fr/rsr.html?siteSect=201&playerMod...=

La récidive doit être sévèrement punie et les multirécidivistes doivent subir des sanctions crédibles, pour dissuader, réinsérer, voire expulser pour éliminer.

N'oublions jamais qu'au-delà des auteurs, bien souvent étrangers, les victimes sont des habitants de notre pays, sans distinction de nationalité, d'origine, d'âge, de sexe. Lutter contre les récidivistes c'est protéger cette population, qui comme tous les policiers suisses, dit halte à la violence.

Les jours-amende sont un véritable échec. Il devient nécessaire de commencer aujourd'hui une révision du code de procédure pénale, des sanctions, des mesures, afin d'obtenir une application adaptée aux besoins des procureurs, aux attentes des policiers, aux voeux de la population.

"HALTE A LA VIOLENCE"

Minet.

 

 

17/05/2010

BOB, la rubrique de la TDG, a lu le dernier bulletin de l'UPCP, vous aussi maintenant mais sans travestir nos propos !

«  Le dernier mot » du Président.

 

 

Au moment où vous lirez ce texte, un nouveau Président aura pris ses fonctions, et il en est heureux ainsi. Le temps du renouveau, du changement de caractère dans nos relations avec les autres, d’un élan vivifiant pour notre association était nécessaire. Le comité en place avait aussi besoin de retrouver une forte personnalité à sa tête, afin de poursuivre les travaux en cours et orienter ceux-ci sur un avenir meilleur.

 

Je quitte mon poste confiant, car la devise de notre union restera la voix à suivre pour arriver aux buts que nous voulons nous fixer, Camaraderie et Mutualité.

 

À travers ce dernier mot, sous ce titre, je tenais à remercier les personnes qui m’ont accompagné durant ces quatre dernières années dans mes fonctions.

 

A mon arrivée, j’ai été mis en présence d’un comité en place qui a su m’ouvrir ses portes sincèrement en m’offrant ainsi la possibilité d’apprendre très vite les rouages d’un fonctionnement syndical qui était pour moi une véritable inconnue. Que ces comitards, anciens et nouveaux soient vivement remerciés, car sans eux l’UPCP n’est rien.

 

A ma nomination en qualité de Président, je me suis entouré d’amis, de personnes pour lesquelles j’avais une confiance avérée, nourrie par une grande amitié qui avait elle pris forme professionnellement. Ces gens m’ont suivi, m’ont donné leur confiance en se lançant dans le grand bain. À travers mon amitié indéfectible, qu’ils en soient vivement remerciés.

 

Durant ce parcours, certaines personnalités ont été mes guides, mes maîtres de stage si j’ose dire, et sans dénigrer les qualités des autres ni les blesser, je me dois de les nommer, sachant que leur charisme est reconnu.

 

Alain Devegney, dit Dede. Mon prédécesseur, une personnalité hors normes, d’une très grande intelligence, dotées d’un sens de l’analyse impressionnant,  trempé dans un caractère de bison, mais avec un cœur humaniste incommensurable. A ses côtés j’ai beaucoup appris et je crois qu’une grande partie de la confiance qui est la mienne aujourd’hui lui est due.    

 

Jean-Marc Widmer, dit la Bible. Un ancien Président, un être entier totalement dévoué à la cause de l’UPCP, de l’USPRO, de la FSFP et de leurs membres. Rarement j’ai rencontré une personne aussi investie dans une société, dans une association. Il apporte souvent l’historique nécessaire à la réflexion, mais également le point de vue qui nourrit une vision d’avenir. Humainement bien plus réservé, il a néanmoins su être là aux bons moments pour soutenir votre serviteur. Une amitié basée sur un très grand respect des qualités de l’autre est née de cette relation. Le futur Président trouvera en cet homme les références humaines et techniques nécessaires qui permettront à notre union d’avancer. 

 

Roger Golay, dit le Rédacteur. A son retour au sein du comité, j’ai vu en lui un ancien Président à qui j’avais accordé ma confiance, car j’aimais le style du personnage. Ami du football, il n’était pas un inconnu pour moi. La richesse, qu’il a su me faire partager, au-delà des idées, est d’avoir su me faire découvrir le monde politique, relation nécessaire à une présidence d’un syndicat. À travers son accompagnement, cet homme d’engagement m’a apporté une lumière certaine sur la qualité des gens, qui se doit bien souvent de dépasser celle des idées, tous partis confondus. Ces liens tissés, bien que souvent éphémères, ont néanmoins été précieux ces deux dernières années. Il m’a ainsi donné goût à la politique, monde qui lui ne m’a pas encore séduit à ce jour.    

 

Ces trois personnes n’ont pas été Présidents de l’UPCP pour rien, ils avaient tous cette petite chose en plus qui font que certain hommes, même s’ils ne sont pas d’exception, demeurent des leaders incontournables dans notre société, voire des exemples.

 

Après avoir remercié les membres ayant siégé au comité, après avoir rendu un petit hommage au trois hommes précités, je me dois encore de vous transmettre, chers membres, toute ma gratitude,et bien plus encore. Durant trois ans, vous avez été mon sang, mes battements de cœur, mon énergie et surtout la raison d’être de mes motivations principales. Sans vous je n’aurai jamais trouvé les forces qui ont été miennes pour me battre, pour débattre, pour convaincre, pour démontrer, pour prouver, pour défendre nos professions.

 

De l’OCAN à la Prison, en passant par ma corporation de cœur,  j’ai rencontré des gens formidables, extraordinaires parfois, mais humainement généreux toujours. Je tiens donc à vous remercier du fond du cœur pour la confiance que vous m’avez bien souvent témoignée, tout en espérant que celle-ci aura été à la hauteur des défis que nous avons rencontrés.

 

Longue vie à l’UPCP et bonne route au comité et à son Président à qui j’accorde déjà toute ma confiance.

 

                                                                                              Walter SCHECHTEN

                                                                                                     Dit « Minet »

15/05/2010

Appel du témoin, les voleurs sont là !

Ce matin je suis en congé. Je me lève et la nuit m'a enlevé les soucis syndicaux avec lesquels je m'étais endormi. Tout va bien, ce soir c'est l'anniversaire de ma mère, je vais descendre en ville pour prendre en main le cadeau commandé. Je trouve une place vers les rues Basses, un miracle, non le pont de l'ascension, comme toujours les gens quittent Genève à la première occasion.

Alors que je chemine rue de la Croix-d'Or, mon attention est détournée par des vociférations. De l'autre côté de la rue, trois femmes et une dizaine d'hommes sont regroupés, deux d'entre eux s'insultent dans une langue étrangère. Ils attirent l'oeil, les passants se détournent. En trois secondes j'analyse ces gens visiblement sans grand argent, à leurs vêtements, origine, comportement, attitude en rue. Pour moi se sont des voleurs à la tire, ils sont d'ailleurs déjà par groupe de trois et scrutent les gens, cherchent visiblement une proie. Ils préparent leur journée de travail, dans les rues Basses en plus, haut lieu des vols à la tire.

En congé, pas de délit, l'intention n'étant pas punissable, je poursuis ma route. Mes collègues travaillent et feront, comme tous les samedis, leur possible pour lutter contre cette délinquance de rue. Arrivé devant l'UBS, une mendiante, une de plus. Je l'ignore, comme tous les clients qui partent du bancomat.

De retour sur mes pas, après un arrêt café, je devine devant chez Martel un homme qui fait le guet. Il est le long des voies de tram et scrute de gauche à droite l'arrivée éventuelle de la police. Je le reconnais, il était dans mes premiers suspects. Mes voleurs se sont mis en oeuvre.

Mais là surprise, une dizaine de mètres plus loin un groupe, avec un homme qui à la criée gère cet attroupement. Ciel je me suis trompé, une terrible erreur, ces gens ne sont pas des voleurs à la tire, mais des joueurs de bonneteau. Un léger remord me prend, mais il ne dure qu'une seconde. Un pigeon est déjà là, l'oeil qui brille, avide de gagner de l'argent facile. Une des trois femmes est une fausse joueuse, tout comme deux hommes, un jeune et un vieux. La partie se déroule, je regarde, j'ai envie de traverser la rue pour prévenir ce client qu'il va se faire avoir, que c'est une arnaque, un jeux d'astuce truqué par la manipulation, et que s'il se rebiffe pour récupérer sa mise perdue, trois où quatre costauds vont immédiatement l'intimider, voir le menacer. Le client, s'arrête de jouer, pas convaincu. Il vient de sauver 20 ou 50 francs de sa poche, c'est bien.

Je poursuis ma route, et constate la présence d'un deuxième groupe de joueurs, puis un troisième. La quinzaine de suspects que j'avais mouché sont donc là, en place, trois guetteurs, trois crieurs et les autres qui jouent les clients heureux. Des badauds vont se faire détrousser cet après midi, c'est moche, mais ils vont aussi choisir de jouer, et de perdre surtout. Mes souvenirs d'enfance remontent, vacances en Italie, l'huile d'olive et le soleil, mais aussi les arrêts sur les parkings des restoroutes, les Pavési, et les fameux joueurs. Les touristes suisses étaient mis en garde à l'époque avant de partir, ne jouez pas vous allez vous faire plumer.

Là, c'est dans nos rues que les pigeons se font attraper. Je me dis que Figaro va passer par là sous peu, je me dis que les collègues de Rive vont immanquablement passer dans les rues Basses un samedi, je me dis que que je suis en congé et que je ne vais pas me faire casser la figure pour ça, donc je passe mon chemin. Je me dis encore que je pourrais les signaler à la Cecal, mais que des commerçants ont probablement déjà fait cette démarche, ils supportent souvent les musiciens, mais ils n'aiment pas les mendiants, ils n'aiment pas les joueurs de bonneteau non plus.

Au volant de mon véhicule, je rentre pour préparer cet anniversaire, mais cet incident me travaille et le présent texte prend déjà forme. Que faire pour que la population et les touristes ne se fassent pas avoir par ces voleurs agiles où l'astuce et le jeux ne sont pas vraiment des armes dangereuses, si ce n'est pour nos porte-monnaie.

La police ne peut plus tout faire. Un samedi, en ville, les voleurs à l'étalage et à la tire sont les principaux clients, avec nos petits vendeurs de drogue, et nos automobilistes mal parqués qui gênent souvent les TPG, quand ce n'est pas une manif. A un certain moment, il faut que la population se responsabilise. Si elle ne veut plus de mendiant, elle doit cesser de donner de l'argent à ces gens. Si elle ne veut plus se faire voler par des gens astucieux, elle ne doit plus jouer au bonneteau. Si elle ne veut plus se faire voler son porte-monnaie, elle ne doit plus laisser un sac à main sans surveillance ou ouvert.

N'oublions jamais que pour de nombreux délits, c'est l'opportunité qui crée celui-ci. N'offrons plus ces opportunités, l'amélioration de la situation à Genève passe aussi par une modification des comportements des citoyens de cette ville. Au fait, vous avez joué à l'Euromillion hier soir, moi oui, et j'ai perdu !  

Minet !

 

09/05/2010

Champ-Dollon, 601 détenus selon la TDG, il y a péril en la demeure !

Selon un article de tdg.ch, Champ-Dollon compte plus de 600 détenus dimanche soir, 601 précisément. Alors que cette prison préventive a été conçue pour 270 détenus, alors que le point critique pour cet établissement pénitentiaire a été évalué à 360 dans un rapport d'experts, alors que nous avons longtemps côtoyé la barre de 500 détenus en 2008-2009, alors que le personnel de cette prison a obtenu une prime pour surpopulation vu ses conditions de travail, nous relevons que depuis ;

La décision de construire enfin Curabilis a été prise, la première pierre a été posée le 3 novembre 2009, soit 12 jour avant les élections du Conseil d'Etat, depuis plus rien.

http://www.webtvgeneve.ch/video-geneve/premiere-pierre-po...

La décision de construire Champ-Dollon 2 a été prise, mais la date la plus optimiste parle de l'horizon 2016-2017.

http://www.geneve.ch/grandconseil/data/texte/M01869A.pdf

L'idée de mettre en place des containers dans l'enceinte de Champ-Dollon, pour soulager cet établissement, a été proposée le 20 février 2010 par le DSPE, mais rien avant juin 2010.

http://info.rsr.ch/fr/news/Des_prisonniers_en_containers_...

Alors que le nouveau code de procédure pénal devrait entrer en fonction au 1er janvier 2011, avec un fort risque de voir augmenter les détentions préventives, ainsi que la charge de travail des policiers et des gardiens de prison.

http://www.bj.admin.ch/bj/fr/home/dokumentation/medieninf...

L'Union du Personnel du Corps de Police se demande jusqu'où les limites seront repoussées par nos élus, sans que le risque d'incident ne retombe sur les employés de l'Etat, simples exécutants dans un système pourtant dénoncé depuis plusieurs années ?

Il y a peu, l'USPRO dénoncait encore les conditions de travail, et de détention dans les prisons romandes, en invectivant les autorités  d'assumer les répercutions de cette situation catastrophique. 

http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu/drame-bochuz-syn...

Selon le directeur Constantin Franziskakis, le calme régnait dans les couloirs en fin d’après-midi, malgré ce nouveau record. «Tout le monde met du sien pour rendre la situation acceptable.»

La véritable question est de savoir pour quelles raisons, depuis 27 janvier 2009, et l'obtention d'une prime pour surpopulation, la population de la prison de Champ-Dollon n'a cessé de croître depuis, passant de 502 à 601 en 14 mois, et si cette situation est acceptable, humainement, politiquement ?

L'augmentation de la criminalité n'explique pas tout, le système judiciaire doit bénéficier de moyens urgemment s'il n'arrive pas à assurer les tâches de sa fonction afin de libérer de sa charge cette prison préventive.

Walter SCHLECHTEN

Rédacteur de l'UPCP