16.03.2010
Communiqué de la FSFP - Non à la sous-traitance des tâches policières !
Communiqué de presse de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police
Lucerne, le 12 mars 2010
Communiqué de presse
Pour la Fédération suisse des fonctionnaires de police, la décision du Conseil national est incompréhensible
La décision est désormais définitive: les employés de sécurité privés pourront contrôler les vignettes autoroutières aux frontières! C'est ce qu'a décidé hier le Conseil national, à la demande de la Conférence d'unification, et bien qu'il ait plaidé auparavant contre la sous-traitance du contrôle des vignettes à des tiers. La Fédération suisse des fonctionnaires de police FSFP se déclare déçue de ce revirement et de cette attitude contraire aux avis du Conseil fédéral et du Conseil des Etats. Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP, considère comme particulièrement délicat le fait que ce contrôle soit lié à la prononciation d'amendes, dont le suivi sera problématique: «Les privés ne doivent pas obtenir le droit de contrôler des personnes ou des véhicules. Cette tâche appartient clairement au domaine de compétences des forces de sécurité de l'Etat.» Depuis des années, la Fédération qui rassemble 23'000 membres environ dans l'ensemble de la Suisse, soit plus de 90% de l'effectif total des policières et policiers, dénonce la sous-traitance de tâches étatiques à des entreprises privées. Les difficultés et les problèmes auxquels on s'expose dans ce cas ont été mis en évidence dans deux études approfondies que la Fédération a fait réaliser par des professeurs de l'Université de Berne. «Nous ne pouvons pas admettre ce minage progressif insidieux du travail de la police et nous continuerons à nous opposer avec véhémence à cette pratique», souligne Max Hofmann.
Pour de plus amples informations:
Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP, tél. 076 381 44 64
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12.03.2010
Quelle police pour demain à Genève ?
Alors que le discours de Saint-Pierre a été prononcé il y a plus de cent jours, alors les le PL 10541 vient d'être amputé d'une bonne partie de son contenu, alors que les écrits restants au sujet de la réorganisation de la police se doivent d'être complétés, finalisés afin de trouver une véritable application législative et opérationnelle, un nouveau grand débat sur la police survient. L'engagement de personnes de nationalités étrangères dans le corps de police, voire d'autres fonctions d'autorité.
Notre première réflexion est de justement constater que la véritable réflexion, sur le fond et sur la forme, au sujet de la vision d'avenir que l'on veut accorder à la police genevoise n'a pas eu lieu. La réorganisation traitée ces douze derniers mois n'était qu'un placebo qui n'a servi qu'à colmater une brèche ouverte.
Le temps est venu, au-delà des rapports Annoni ou de la Cour des comptes, qu'une véritable réflexion, analyse, recherche des sens et des besoins se produise.
Si des travers ont été relevés par différents audits au sujet du fonctionnement, de l'organisation ou des structures statutaires de la police, il reste un autre bilan à faire, celui des mesures mises en place récemment à travers des modifications déjà lourdes de conséquences. Avant de dessiner l'avenir, nous nous devons de relire le passé. Que constatons nous au quotidien.
- La suppression de l'obligation d'avoir servi dans une arme, à travers un service militaire accompli, a fait disparaître un sens aigu du respect de/des hiérarchies, de l'ordre, des ordres, de l'engagement pour autrui, du travail de groupe en corps constitué, pour nous diriger vers une police civile bien moins régie par des règles militaires, organisation pourtant nécessaires dans un corps comme le nôtre.
- La diminution des critères d'engagement ou d'examen, notamment cette fameuse suppression de la dictée, qui pour certains était à elle seule responsable d'un véritable problème de recrutement, nous plonge dans une problématique d'école et de formation, à savoir devoir enseigner les règles de base de la langue française, avec l'appui de cours de rattrapage, aux aspirants engagés en insuffisance flagrante de connaissances élémentaires. Des heures d'études qui viennent se greffer dans le planning déjà bien lourd de l'école de police.
- La création de la PSI est historiquement issue d'une nécessité opérationnelle indiscutable. Le rapprochement avec la gendarmerie, à travers une fusion et/ou la création d'un seul corps en uniforme une utopie. La problématique d'une école unique, pour deux fonctions fondamentalement différentes, mais avec au final un brevet fédéral identique et reconnu pour le métier de policier, une aberration. Les passerelles transversales attendues se doivent d'être enfin construites.
- Les placebos proposés dans le cadre de la réorganisation de la police n'ont à ce jour en aucun cas résolu les problèmes qui nous occupaient il y a encore six mois. Les horaires, le travail de nuit, les heures supplémentaires, le piquet, l'école de police, le recrutement, les statuts des uns et des autres, la création d'une nouvelle entité d'assistant de sécurité, une appellation nouvelle pour une police municipale sans policier, voire l'organisation de la police et les tâches dévolues à chaque corps ou partenaire. Tel est le sentiment qui anime le syndicat de la gendarmerie, alors que certains dossiers avancent à reculons.
Une analyse froide qui ne fustige personne, mais qui relève un système de gestion de la cause, motivé par les circonstances, qui s'avère ne pas être opérationnel, les buts recherchés ne sont pas atteints et des effets pervers apparaissent.
Aujourd'hui, un débat sur l'engagement de personnels étrangers est activé. Ce débat n'a pas lieu de se produire, car les solutions attendues ne passent pas par là. La globalisation à travers les bases de la mondialisation des corps de polices est une vision d'avenir qui doit d'abord engendrer une véritable réflexion sur les droits humains, avant de passer aux devoirs de l'homme et à l'accomplissement de ses missions. Un droit de vote à accorder aux étrangers nous semble devoir être le premier pas de cette réflexion nouvelle.
La police genevoise n'est ni meilleure, ni pire que les autres, mais elle dispose des capacités nécessaires pour devenir plus performantes, plus en adéquation avec les besoins d'une société qui change trop vite, qui perd ses valeurs et ses repères si vite que les nouveaux jalons qui se devraient de redessiner l'avenir n'ont pas eu le temps d'être composés, proposés, déposés et appliqués, pour enfin guider la police dans un vingt et unième siècle en plein bouleversement.
Walter SCHLECHTEN
Président de l'UPCP
12:52 Publié dans Culture, Genève, Police genevoise, Politique, Région, Syndicat de police | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09.03.2010
L'ombre d'un bilan cachée par l'ombre d'une analyse étouffée !
Alors que la commission judiciaire et de la police a rendu un rapport accablant sur le PL 10541.
Alors que l'analyse de ce projet de loi est un véritable diagnostique sur les travaux menés par le DI durant 4 ans, ou tout du moins sur les huit derniers mois de la législature précédente.
Alors que les propos tenus par les députés sont très durs, alors qu'ils ont auditionné les parties concernées, analysé les éléments relevés, synthétisé les faiblesses et les manquements de ce projet de loi, nous avons la vague impression qu'ils sont nombreux ceux qui vont se satisfaire de cet échec annoncé.
Et pourtant, tout reste à faire, et bien plus encore si l'on veut dessiner une vision d'avenir pour la police genevoise, pour la sécurité de la population du canton et pour la crédibilité de hiérarchies étouffées par les lourdeurs politiques.
Issus de ce projet de loi ;
- Les éléments considérés comme aboutis doivent encore être finalisés à travers divers groupes de travail, dans lesquels rien n'est simple car les vérités d'hier ne sont pas les réalités des textes d'aujourd'hui selon certains de nos interlocuteurs.
- Les éléments considérés comme bâclés doivent faire l'objet de travaux de fond, à travers une réflexion opérationnelle et statutaire.
- Les éléments considérés comme établis doivent encore faire l'objet d'une période de transition dans laquelle rien n'est simple, ni pour l'employeur, ni pour les syndicats, ni pour la hiérarchie.
La route est encore longue pour réussir ces travaux d'Hercule, mais pour cela il faudra tirer un trait sur un passé récent et repartir avec des idées, des choix, des volontés, des ambitions revus et corrigés, pour la grandeur de nos institutions, de notre police, de notre État de droit.
Rarement un bilan parlementaire aussi lourd aura été déposé contre un ministre de tutelle. Rarement un rapport parlementaire aura été si peu analysé et commenté par le premier pouvoir, une presse pourtant habituellement avide des tracas policiers ou politiques. Rarement ceux qui criaient au loup ou hurlaient sur les syndicats de police n'auront pris si peu de temps pour se retourner et analyser les faits issus d'une réflexion parlementaire pertinente, unanime et au plus près des réalités et des problèmes qui nous occupent.
http://www.tdg.ch/geneve/politique/refonte-police-echoue-...
Un peu comme si l'ombre cachée d'un bilan devait être dissimulée par l'ombre d'une analyse étouffée !
http://www.tdg.ch/geneve/actu/chantier-ouvre-isabel-rocha...
" On a beaucoup tapé sur les syndicats policiers, accusés d’exercer un pouvoir occulte sur le gouvernement, de défendre pistolet au poing ses intérêts corporatistes ou de tenir d’inquiétants discours séditieux. Or, il faut aujourd’hui constater que le rapport parlementaire, sévère, jette une lumière crue sur le plus haut échelon hiérarchique censé mener le navire policier. Cet éclairage semble justifier certaines plaintes de la base."
Bravo à Marc Moulin pour le courage de son analyse journalistique, l'un des rare qui a saisi l'importance de la décision parlementaire qui nous occupe !
L'avenir est devant nous, mais malheureusement il traîne un lourd héritage qu'il faudra revisiter afin de pouvoir avancer, la tête haute, avec franchise et discernement, juste pour assurer à Genève un avenir meilleurs à travers une vision nouvelle.
Walter SCHLECHTEN
Président de l'UPCP.
01:05 Publié dans Genève, Police genevoise, Politique, Syndicat de police | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20.02.2010
Assemblée Générale de l'Union des Syndicats des Polices Romandes (USPRO) à Vernayaz.
Vendredi 19 février 2010, Vernayaz, fin de l'assemblée générale de l'USPRO. Tous les participants, venus de Romandie, voire de d'outre Sarine, écoutent l'allocution de Chritian Varone, Commandant de la police Valaisanne, canton hôte de cette réunion. Nous repartons de cette assemblée avec un fort sentiment. Celui que les problèmes rencontrés par les policiers genevois liés à la réorganisation amorcée politiquement et structurellement se retrouvent ailleurs.
Si nous avions déjà tous pris note du rejet populaire vaudois sur l'initiative "d'Artagant" , 54,26% des voix contre une police unique, il n'en demeure pas moins que sectiorellement, au niveau municipal ou des cantons, ces projets de rapprochements, de fusions, rencontrent des oppositions.
Au-delà du débat sur les nécessites structurelles, financières, policières ou politiques de ces modifications, une question nous taraude, nous policiers.
Quelles sont les plus-values professionnelles, statutaires et plus encore opérationnelles qui sont recherchées à travers ces très fortes volontés de réorganisation ?
Presque tous les cantons sont en manque d'effectifs, grand nombre de cantons ou de municipalités doivent faire encore plus avec les mêmes moyens à disposition, tous les cantons rencontrent des problèmes identiques suite à l'augmentation de la criminalité, des actes de violence, des délits liés aux trafics de drogues, aux agressions de bandes organisées, aux violences faites contre les policiers. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police (FSFP) vient de lancer une grande opération nationale intitulée "ça suffit" pour lutter contre celles-ci ;
http://www.vspb.org/fr/actualite_evenements_formation/for...
Ce titre évocateur a été très justement choisi, car il témoigne du ras-le-bol des policiers suisses, de leur désarroi mais aussi de leur intention de dire clairement "ça suffit".
Les policiers romands veulent aller de l'avant, ils n'ont qu'un souhait, celui d'obtenir les certitudes de travailler dans des conditions stables, avec les moyens nécessaires, des statuts clairs et adaptés aux réalités de leur profession, accompagnés d'une doctrine politique qui se devrait elle aussi d'être unique face à la criminalité et la violence, "ça suffit".
Une grand merci au Comité de l'USPRO et à la commune de Vernayaz pour l'excellence de leur accueil. Bravo à la FSFP pour son initiative.
Walter SCHLECHTEN
Président de l'UPCP
11:20 Publié dans Genève, Région, Suisse, Syndicat de police | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.02.2010
Un appel urgent de la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police qui demande une répression sévère en cas de violence contre la police.
La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police mène une nouvelle campagne contre les actes de violence commis à l'encontre des policiers. En soutenant cette requête urgente, l'UPCP tenait à partager avec nos lecteurs cette prise de position importante.
La FSFP exige une répression sévère en cas de violence contre la police
Des supporters belliqueux à la sortie de manifestations sportives, des automobilistes agressifs lors de contrôles de circulation, des délinquants prêts à faire feu ou à frapper pour éviter d'être appréhendés – ces derniers temps, de tels actes et d’autres encore contre la police se sont multipliés. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police FSFP estime désormais insupportable, la façon dont le nombre de rapports faisant état de policières et de policiers blessés augmente. «La statistique présente des chiffres alarmants : rien qu’entre 2000 et 2008, le nombre des actes de violence contre la police a augmenté de plus de 160%», affirme Max Hofmann, secrétaire général de la FSFP. Dans les pays voisins de l'UE, en Allemagne par exemple, cette évolution est encore plus catastrophique. La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police refuse de tolérer sans réagir la situation inquiétante régnant également dans notre pays; elle exige que des mesures efficaces soient enfin prises. Dans une pétition, cette organisation de plus de 23'000 membres, active dans toute la Suisse, demande :
- la réintroduction des peines de prison de courte durée
- l'augmentation des amendes minimales en cas de violence et de menaces contre les fonctionnaires et les autorités (art. 285 CPS)
- un doublement de la peine en cas de récidive d'actes tombant sous le coup de l'art. 285 CPS, comme la France le pratique depuis longtemps déjà.
«Le monde politique doit enfin agir, et rapidement même!», souligne Max Hofmann. Pour lui, ainsi que pour la FSFP, la protection des collaborateurs de police constitue une tâche primordiale que l'Etat ne peut négliger de manière irresponsable plus longtemps. Simultanément, il appelle les autorités judiciaires à utiliser pleinement leur marge de manœuvre en cas de violence contre la police. Il déplore que les actes de violence contre les policières, les policiers ou autres représentants de l'Etat soient trop souvent minimisés et leurs auteurs traités avec une indulgence excessive. «Cette pratique va totalement à l'encontre du respect dû à l'Etat, à ses autorités et à ses représentants, ce qui ne peut avoir que des effets néfastes sur la sécurité intérieure», affirme-t-il.
Pour de plus amples informations :
Max Hofmann, secrétaire général, tél. 076 381 44 64
13:40 Publié dans Genève, Police genevoise, Politique, Suisse, Syndicat de police | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09.02.2010
Pour quelles raisons les policiers de notre canton sont-ils perpétuellement les têtes de Turc de certains milieux politiques genevois ?
Le projet de Loi du député Deneys est-il une nouvelle salve dirigée contre les policiers, ou un message adressé à la Constituante ?
Alors que le parti socialiste est en pleine restructuration, alors que des gens de bonne volonté (Brunier-Velasco-Bolay) tentent de redonner un capitaine, un gouvernail et une voile à ce navire politique, d'autres refusent de monter dans cette arche de Noé, qui veut pourtant et à juste titre se rapprocher de la rue, du peuple, des ouvriers, des syndicats, des préoccupations sociales de la population. Le député Deneys n'a visiblement pas le pied marin et garde une ligne d'horizon qui stigmatise perpétuellement la police.
Depuis 2003, un cercle restreint d'élus, de gauche comme de droite, n'ont comme principale préoccupation que de s'enquérir de l'institution policière, de sa culture, de son organisation, de ses actions, de son statut et des acquis de cette corporation.
Si le pouvoir Législatif se doit d'observer, d'analyser, de réfléchir et de proposer des solutions pour apporter une plus-value à une institution ou à un problème, on se demande pour quelles raisons ces gens sont habités d'une grande volonté de bloquer, restreindre, étouffer, retenir, contenir, limiter, contraindre, astreindre, dénigrer, abroger, crisper, contrarier, réorganiser, sabrer, statufier la Grande Maison et ses employés.
Personne n'a la réponse à cette question !
Pour certains Mai 68 a laissé des traces indélébiles - Pour d'autres le réveil de ces fonctionnaires qui cherchent à faire respecter leurs droits élémentaires n'a pas encore été digéré depuis 2003 - Pour d'autres encore le poids moral, social, politique pris par nos policiers dans la société devient incompatible avec les règles politiques qui sont en place.
Ce qui nous dérange, c'est que toutes ces action qui stigmatisent sans cesse la police donnent l'impression que notre corporation est devenue une cible, un objectif, une omnibulation, laissant ainsi de côté d'autres professions, d'autres institutions étatiques et surtout les véritables problèmes qui polluent la vie de nos citoyens dans cette société qui perd ses valeurs, ses croyances, ses repères, dont le policier, l'instituteur, le médecin et l'homme d'église faisaient notamment partie.
Le constat est là. La question reste posée, et nous nous interrogeons sur les motivations de ces législateurs ?
A travers sa sélection, le policier est un excellent représentant de la classe moyenne, il est en contact avec les réalités de la vie, de la société, du terrain, auprès du riche ou du pauvre, du jeune ou du vieux, du suisse ou de l'étranger. Il dispose donc d'une bonne expérience pour s'engager, humainement, sociétairement, politiquement, en sa qualité de citoyen au bénéfice du droit d'éligibilité et de représentativité.
Walter SCHLECHTEN
Président de l'UPCP
16:04 Publié dans Genève, Police genevoise, Politique, Syndicat de police | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03.02.2010
Un discours très franc de Mme ROCHAT Isabel, où elle pose un bilan sans concession sur l'insécurité lors de la prestation de serment des nouveaux policiers genevois !
Ayant été invité à la prestation de serment de nos nouveaux policiers-ières, c'est avec grand plaisir que j'ai écouté le discours de la présidente du DSPE.
Mme Rochat Isabel a pris la parole avec grande émotion, mais aussi avec conviction.
Dans son mot, elle a rendu hommage à un métier, aux hommes et aux femmes qui l'exercent, ainsi qu'aux nouveaux venus dans la profession. Elle a su relever les difficultés de nos fonctions et celles liées à la réalisation de nos missions.
Pour ce premier exercice, elle a dressé un bilan de situation sans concession mais tellement proches des réalités du terrain, de la rue. Elle a su faire preuve d'empathie et de franchise. Ces qualités là n'ont pas de prix.
- Oser dire que nous assistons ces dernières années à une escalade inattendue de la violence, avec une délinquance de plus en plus sophistiquée et une criminalité se comportant en maître des lieux.
- Oser dire que nos citoyens sont effrayés, nos policiers découragés et qu'il partagent leur désarroi devant des quartiers perdus, avec une population qui crie sa colère.
- Oser dire que nous sommes en présence d'une constellation très préoccupante, une situation de crise où nous avons plus que jamais besoin d'engagement et de forces vives.
La présidente du DSPE a su faire preuve d'un courage politique, d'un courage humain, d'une proximité affirmée avec les attentes et les besoins des policiers, mais surtout de notre population.
Au sortir de cette prestation de serment, mes collègues et moi-même étions à nouveau fières d'exercer l'un des plus beaux métiers du monde, fières de servir l'Etat, fières car reconnus et respectés.
Une profession difficile exercée par des hommes et des femmes qui ont fait un choix, celui de servir les autres, de défendre nos valeurs, avec une doctrine importante prononcée lors de ce discours ;
- Ensemble, nous représentons l’Etat de droit, avec ses lois et ses règles de vie commune que nous sommes résolus à faire respecter. Et nous nous en donnerons les moyens !
Pour conclure, comme pour réaffirmer la qualité de son analyse, Mme Rochat a repris des termes d’Alexandre Dumas : « un pays sans police est un grand navire sans boussole et sans gouvernail ». Une belle métaphore qui pour rappeler que notre mission est une des plus noble qui soit au service de la Cité.
Je n'aurai qu'un mot Madame ; Bravo !
Walter SCHLECHTEN
Président de l'UPCP
http://www.ge.ch/dspe/presse/welcome.asp?rubrique=discour...

"Photo Chancellerie"
18:21 Publié dans Genève, Police genevoise, Politique, Syndicat de police | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.02.2010
La montée de la violence et la hausse de la criminalité à Genève ne sont pas des fatalités !
26 janvier 2010, Couleurs locales, une émission régionale de la TSR traite de la problématique des cambriolages récurrents à Genève, 25 par jour, 31 la veille du reportage. On devine une certaine fatalité dans les propos du porte-parole de la police, ainsi que dans la narration du journaliste. Les victimes tiennent un seul discours ; " Y en a marre, nous avons peur".
Le même jour, un hold-up, le troisième cette année, il y en a eu neuf l'année dernière, vient de se dérouler à Plan-Les-Ouates. Un échec pour les voyous qui n'avaient pourtant pas hésité à utiliser des explosifs, équipés d'armes lourdes, pour tenter leur coup. Ce qui choque, l'heure du délit, 18h00 et surtout la proximité d'un centre commercial et d'un quartier populaire d'habitations. Là aussi, les personnes domiciliées à proximité tiennent le même discours ; "y en a marre, nous avons peur" (27 janvier, Le Journal de la TSR - 1245 et 1930).
Retour en arrière. Fin 2009, une campagne politique est menée tambour battant pour les élections cantonales, avec un leitmotiv, l'insécurité. Il aura fallut des semaines pour que ce sentiments devienne lors de ces joutes politiques un enjeu, mais aussi un fait, une réalité reconnue. Chacun y va alors de son programme, de ses solutions, de ses arguments. Les élections se déroulent normalement, le sujet retombe immédiatement aux oubliettes, comme à chaque fois. Souvenez vous, il en avait été de même pour les municipales de 2007.
La hausse de la criminalité est reconnue. Les délits avec violences ne sont plus des faits occasionnels, mais malheureusement des faits divers. Les actes sont identifiés, les causes sont étudiées, les indices analysés, pourtant il nous manque encore une réactivité politique et policière.
Depuis des mois, aucun signal fort, aucun message clair, aucune doctrine déterminée, voire déterminante, un silence qui ressemble à un aveux d'impuissance. Et pourtant, l'augmentation de la criminalité et des violences ne sont pas des fatalités. Genève se doit de devenir pro-actif, moralement, opérationnellement, politiquement. La population est en attente de ce message fort, nos policiers aussi.
"Y en a marre", un cris du coeur de la population genevoise, mais aussi un appel sans ambiguïté à nos dirigeants pour qu'ils prennent leurs responsabilités.
Reste à savoir si l'on préfère diminuer les heures supplémentaires de nos policiers, leur imposer des horaires administratifs, restreindre leurs acquis sociaux et les transformer en fonctionnaires qu'ils ne sont pas, ou lutter contre la délinquance et la criminalité de rue en se donnant les moyens de réussir ce challenge pour l'avenir ?
Walter SCHLECHTEN
Président de l'UPCP.
01:00 Publié dans Genève, Police genevoise, Politique, Région, Syndicat de police | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
31.01.2010
Les assistants de sécurité arrivent, la police des transports aussi, et pourtant !
| Nous tombons sur une offre d'emploi de l'Etat de Genève, et nous nous surprenons de constater que les aspirants assistants de sécurité publique disposaient d'un délai d'inscription au 4 janvier 2010, pour une entrée en fonction au 1er mars 2010. De toute évidence, ces futurs collaborateurs-trices, dont certains seront armés par la suite, ne suivront pas une formation nécessaire avant engagement. Nous relevons dans l'offre publiée qu'ils seront formés "en cours d'emploi" à l'ERAP et au centre de formation de la Police. De plus, ils se retrouveront en classe 12, qui a été durant des années le niveau d'engagement des gendarmes. Heureusement, selon nos dernières informations, l'entrée en fonction a été repoussée au 1er septembre pour ce personnel. Tout ceci alors que la nouvelle loi sur la police, dans laquelle devrait figurer le statut des assistants de sécurité, n'a pas encore été promulguée. http://www.geneve.ch/grandconseil/data/texte/PL10541.pdf il semblerait que tout aille très vite à travers cette volonté étatique, comme le relevait la TDG il y a peu en parlant de la réorganisation de cette institution. Vu les prestations proposées, la fiche Miope des OPE a été validée pour cette nouvelle profession, dont la première volée devrait surtout réaliser des missions en lien avec la protection du monde diplomatique, dont la garde statique, en uniforme et armé, de lieux stratégiques et d'ambassades. C'est la commission judiciaire et de la police qui doit être contente, car ses travaux ne sont pas terminés et le PL 10 541 en aucun cas finalisé, ni adopté. Séparation des pouvoirs, anticipation ou précipitation ? A se demander si la réorganisation de la police n'est pas désorganisée ? On peut se poser la question, alors que d'autre problèmes apparaissent comme la création probable d'une "police des transports" aux TPG, grâce aux largesses d'une nouvelle Loi fédérale sur les organes de sécurité des entreprises de transports publics (LOST). Mais une régie publique autonome comme nos TPG peux-t-elle se doter d'un tel corps ? Le doute est autorisé car seules les tâches du service de sécurité pourront être déléguées à des organismes privés, mais pas celles de la police des transports ! De 1975 à 1996, cette entreprise était une régie d'état, mais depuis elle a retrouvé son autonomie ! Peut-on dès lors donner des pouvoirs de police à une régie publique autonome, sans que l'Etat, garant de l'autorité de contrainte et de la force publique, ne dispose d'un droit d'administration plus important ? http://www.admin.ch/aktuell/00089/index.html?lang=fr&... Si policier est un métier, la police est en train de perdre son identité, et ça c'est grave. Mais dans l'attente, engagez vous, la police a besoin de vous, nos policiers aussi, nos citoyens également ! Assistant de sécurité, une solution pour Genève. |
Assistant-e de sécurité publique 3 à 100%
3.03.036 cl. max. 12
Les assistant-e-s de sécurité sont des auxiliaires de police dotés de pouvoir d'autorité. Ils-elles seront amené-e-s à assurer des tâches de sécurité et des missions d'appui aux policiers, telles que la surveillance du trafic, la gestion des centrales d'appels, la surveillance et le transport de détenus ainsi que l'appui à la protection des sites diplomatiques de la Genève internationale. C'est précisément dans ce contexte de surveillance des ambassades que le département des institutions, respectivement la police recrute aujourd'hui. Le/la titulaire sera amené-e à réaliser des missions en lien avec la protection du monde diplomatique, dont la garde statique, en uniforme et armé, de lieux stratégiques. Le-la titulaire pourra également être appelé-e à appuyer sous l'angle opérationnel ou administratif les policiers/policières dans certaines missions ou lors de grandes manifestations.
Formation :
Un CFC d'employé-e de commerce ou une formation jugée équivalente assortie d'une expérience de 3 à 5 ans idéalement dans le domaine de la sécurité.
Connaissances spécifiques :
Avoir des notions d'anglais et/ou d'une autre langue nationale. Etre au bénéfice d'un permis de conduire. L'aptitude à l'usage de l'arme ou la détention du permis de port d'arme serait un atout.
Compétences particulières caractérisant le poste :
Les assistant-e-s de sécurité publique doivent jouir d'une excellente condition physique, d'une moralité irréprochable, d'une grande capacité d'adaptation et d'une résistance avérée au stress.
Observations:
20 postes sont à pourvoir. Les candidatures seront soumises à la même sélection que les policiers/policières avec des critères pondérés. Les candidat-e-s devront passer une visite médicale complète. Une formation spécifique, ponctuée par un certificat, sera dispensée en cours d'emploi à l'ERAP ainsi qu'au centre genevois de formation de la police.
Lieu de travail:
Corps de police - Genève
Entrée en fonction : 01/03/2010
Délai d’inscription : 04.01.2010
Adresser votre offre à :
Service RH
Ressources Humaines de la police
Chemin de la Gravière 5
Case postale 236
1211 GENEVE 8
Annonce parue le : 04.12.2009
01:22 Publié dans Formation, Police genevoise, Politique, Syndicat de police | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.12.2009
LES VŒUX DU PRESIDENT DE L'UPCP
Chers membres, chères familles, chers lecteurs,
En ce mois de décembre 2009, au terme d’une année si pleine pour notre union, c’est avec reconnaissance pour la confiance que vous m’avez témoignée par vos nombreux mots et messages d’encouragement et conscient des devoirs qu’elle m’impose que je prends la plume.
Comme chaque année à même période, les fêtes qui approchent se préparent en famille.
Je pense à vous, chers membres qui allez vous replonger quelques instants dans le monde enchanté des enfants, en oubliant les soucis de la vie quotidienne.
Je pense à vous qui êtes obligés de travailler ces nuits de fêtes, loin de vos foyers et qui vous vous mettez au service des autres pour défendre nos valeurs.
Je pense aussi à vous qui êtes seuls et pour qui ces soirées sans personne à qui parler seront des nuits de solitude semblable à toutes les autres.
Je pense à vous, que la vie a éprouvés, et que la tristesse ou la douleur tiennent à l’écart de la fête.
A chacun de vous je veux adresser un message d’espérance, un message de foi dans la vie et dans l’avenir. Je voudrais convaincre même celui qui en doute qu’il n’y a pas de fatalité du malheur.
Au milieu des joies et des peines que l’existence réserve à chacun d’entre nous, nous pouvons, par l’effort de tous, bâtir une société où la vie sera plus facile, où l’avenir pourra être regardé avec davantage de confiance, avec une police plus forte, des prisons sécurisées, un service public plus performant et une société plus sûre.
C’est la tâche qui nous est confiée, à nous policiers, gardiens de prison, inspecteurs. Tâche immense tant Genève a pris de retard sur la marche du monde, à cause d’un comportement nombriliste et attentisme. Il nous faut des policiers, des gardiens de prisons, des prisons, un office cantonal des automobiles et de la navigation d’avenir, dans des locaux salubres et avec des technologies de pointe.
Je sais combien est grande votre attente d’un changement profond de politique après des années d’efforts et de sacrifices que la plupart d’entre vous a le sentiment d’avoir consentis en vain au service de l’Etat. Malheureusement, les choix de certains ne sont pas les nôtres.
Je sais les craintes que beaucoup d’entre vous éprouvent pour l’avenir de leurs enfants. Je sais l’angoisse qui vous étreint quand vous avez peur de perdre votre emploi suite à une erreur ou quand vous craignez que l’augmentation du coût de la vie ne vous permette plus, même au prix de sacrifices personnels, de vous revivifier avec votre famille sereinement.
Je sais votre exaspération quand vous voulez entreprendre ou quand vous voulez travailler davantage sur le terrain et que vous avez le sentiment que tout est fait pour empêcher que la situation change. Nos priorités ne sont pas les leurs.
Alors, tout ne peut être résolu en un jour ! Mais, croyez-le bien, ma détermination est sans faille. Malgré les obstacles, malgré les difficultés, malgré les menaces, ce que j’ai dit, je l’assume. Je ferai tout ce qui sera nécessaire dans l’intérêt des membres de l’UPCP, de la Police genevoise, de nos gardiens de prison, des nos inspecteurs de l’OCAN.
Depuis que vous m’avez choisi pour présider notre union, j’ai voulu tout mettre en œuvre pour que cesse ces attaquent incessantes contre nos professions, de nous rendre fiers d’être au service de l’Etat, de vous donner le sentiment que dans notre République tout pourrait devenir possible à travers le dialogue.
J’ai, avec mon comité, engagé des négociations depuis ne nombreux mois sur beaucoup de changements profonds.
A ceux qui trouvent que nous n’avons pas été assez durs, je veux dire que j’ai fait tout ce que je pensais possible de faire en tenant compte de l’exigence du dialogue social et de la négociation. Je ne crois pas à la brutalité des mots ou des actes comme méthode de discussion. Je crois que mon rôle est de convaincre et de rassembler, non de heurter et de diviser. C’est ce à quoi je me suis efforcé dans le respect de tous, sans obtenir la réciprocité légitimement attendue.
Et si certains voudraient que ces changements soient plus rapide, je veux dire qu’il ne faut pas perdre de vue que nos professions ont un historique à défendre et que nous voulons rester maîtres de notre destin, pour l’intérêt de nos profession, pour l’avenir de Genève et de la sécurité de sa population.
A travers mes mots, j’ai voulu mettre chacun face à ses responsabilités. J’ai pris les miennes. J’ai pu commettre des erreurs. Mais depuis 3 ans, je n’ai agi qu’avec le souci de défendre les intérêts des membres de notre syndicat, des nos métiers, de la sécurité des genevois, et pas un jour ne s’est passé où je ne me sois répété l’engagement que j’ai pris envers chacun de vous : « Je ne vous tromperai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je garderai la tête haute, fière de la mission que vous m’avez confié et de ma profession ».
A travers les négociations que nous menons, je vous dois la vérité. Je vous la dirai toujours. Je ne m’autoriserai aucune hypocrisie.
J’ai mis tout mon cœur, et toute mon énergie dans mon rôle de représentant des personnels et pas seulement de ceux qui ont toujours partagé ma profession. C’est pourquoi j’ai voulu l’ouverture, c’est pourquoi je l’ai faite avec des hommes et des femmes de valeur en qui j’ai toute confiance. Je ne leur ai pas demandé de se renier. Je leur ai simplement proposé de servir leurs collègues à travers notre comité. Ils l’ont accepté. Je leur en suis reconnaissant.
Beaucoup reste à faire, j’en suis bien conscient, pour que les mesures envisagées ne se traduisent pas par des péjorations visibles dans votre vie quotidienne, pour répondre à toutes les attentes que vous avez exprimées ou pour que nos métiers retrouvent leurs rôles dans notre société, à travers le respect.
En cette fin d’année 2009, tout était quasiment bouché du fait des comportements de certains de nos interlocuteurs. Pourtant une lueur d’espoir est arrivée, cette lumière doit éclairer nos chemins pour combler des mois de perdus, une confiance détruite envers les pouvoirs politiques et trop d’inconnues. Pourtant il y a urgence que nos professions se retrouvent dans la lumière, nous nous tenons prêts à continuer de parler avec tout le monde pour qu’elles puissent jouer les rôles qui doivent être les leurs au service de la société, de la paix sociale et de l’équilibre de notre canton. La signature d’un protocole d’accords n’est qu’un début, il nous faut continuer sur cette route, car nous ne sommes pas que corporatistes, nous sommes aussi au service des autres, de ceux qui souffrent, des enfants et des femmes martyrisés, des persécutés, des jeunes, des vieux, des étrangers, des victimes, même de ceux qui attendent au fond de leurs prisons que le pouvoir politique parle et agisse pour eux.
Avec 2010, une dernière étape s’ouvre : celle d’une politique qui touche davantage encore à l’essentiel, à notre façon d’être dans la société et dans le monde, à notre culture policière et judiciaire, à nos identités professionnelles, à nos valeurs, à notre rapport aux autres, c'est-à-dire au fond à tout ce qui fait une civilisation.
Dans l’attente de ces jours nouveaux, au nom du comité de l'UPCP, nous vous souhaitons de très joyeuses fêtes de fin d’année et nous vous adressons nos meilleurs vœux de bonheur et de succès pour 2010.
A vous aussi, chers lecteurs et lectrices de ce blog, je vous adresse mes vœux les plus sincères.
Walter SCHLECHTEN
Président de l’UPCP
« Grand merci à Nicolas qui m’a aidé à la rédaction de ce mot »
03:07 Publié dans Genève, Politique, Solidarité, Syndicat de police | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

